UTILITÉ DE LA PÉRITOMIE
Faut-il déclarer avec certains chirurgiens enthousiastes que la circoncision devrait être généralisée ? Cela serait nuire à leur thèse, car il existe de nombreux cas où la péritomie est complètement inutile.
J’ai examiné plus de 3000 nouveaux-nés, et, à de rares exceptions près, j’ai constaté chez la plupart des enfants une adhérence presque complète du prépuce avec le gland. Je sais que cette adhérence est détruite par les premiers soins de propreté ou par les premières érections. Mais au moment où le prépuce est détaché du gland, il se produit assurément de petites ulcérations qui sont autant de portes ouvertes à toute mauvaise inoculation. D’autre part tous les chirurgiens accoucheurs et les médecins s’occupant spécialement des maladies du bas-âge savent combien le phymosis congénital est fréquent. Sous l’influence du développement du gland et à la suite de quelques efforts violents* ce phymosis tend à disparaître, mais ces violences volontaires, ou produites par l’organe, sont également la cause de nombreuses érosions. Enfin je puis assurer d’après l’affirmation de médecins militaires très compétents que le pénis se développe mal chez les personnes affligées d’un prépuce tant soit peu rétréci ; e; Tout homme atteint de phymosis, et qui est circoncis, présente un gland considérablement atrophié. »
D’une façon générale, le prépuce est un appendice, sinon nuisible du moins inutile. Sa présence exige des soins de propreté très assidus dont la négligence entraîne la balanoposthite. Une accumulation de matières sébacées est souvent la cause d’une irritation et d’un agacement qui entraînent chez l’enfant des habitudes immorales et nuisibles à
la santé ; nombre de fois la circoncision a corrigé de l’onanisme.
On a aussi invoqué l’heureuse influence de la péritomie sur la fécondation. En effet la famille est très nombreuse dans la race juive et on a attribué cet heureux résultat à la circoncision. Quand l’orifice du prépuce est tellement étroit que l’éjaculation devient intermittente ou impossible, je crois que la circoncision guérit la stérilité. Mais il n’en est» pas ainsi dans les cas normaux. La nombreuse reproduction des juifs est due à leurs mœurs pures et à leur sobriété, et non à la circoncision. Cette grande fécondité tend du reste à disparaître à notre époque où les Israélites mènent la vie fiévreuse des autres races et fusionnent avec elles.
La syphilis est plus rare chez les circoncis et cela se conçoit aisément. Sous le moindre effort du coït la muqueuse préputialé se rompt facilement et cette plaie est une porte ouverte à l’inoculation. Par cette même porte peut entrer la tuberculose qui est une affection essentiellement inoculable. Tous les médecins savent aujourd’hui que le col de l’utérus est fréquemment te siège de granulations tuberculeuses : la voie de transmission sera donc facile, grâce à la présence de la moindre érosion.
Un certain nombre de spécialistes ont cherché à enrayer la marche de la syphilis en supprimant le prépuce atteint de chancre induré. Leurs essais ont été absolument infructueux et sans heureux résultat. I.a syphilis est une affection générale dont les redoutables effets ne sont pas supprimés par la disparition du chancre primitif.
Les auteurs citent un certain nombre d’observations où les pertes séminales et l’incontinence d’urines ont été guéries par la circoncision. Je rapporte ces cas à titre historique sans y attacher la moindre importance.
L’imperforation du prépuce qui met la vie du nouveauné en danger exige, de la part du chirurgien, une intervention immédiate.
Il est utile de circonscrire tout homme atteint de phymosis dont la présence est toujours la cause de grands ennuis et entraîne quelquefois des troubles dangereux.
Enfin toutes les malformations du prépuce, hypertrophie, tumeurs, cancer, fibrôme, épithélioma, éléphantiasis, etc., peuvent nécessiter la circoncision.
Les contre-indications de cette opération, bien que rares, existent cependant. Il ne faut point la pratiquer toutes les fois que le prépuce, normalement développé, est largement mobile et peut fonctionner sans gêne. Nous devons aussi, nous autres médecins, bien faire comprendre aux opérateurs religieux que cette petite opération peut causer la mort d’un enfant trop faiblement constitué, ou opéré dans un milieu septique.
Pour conclure, je tiens à déclarer que les attaques dirigées récemment par des écrivains, ont été adressées plutôt au baptême juif qui leur apparaît comme une exigence cruelle, qu’à la circoncision qui sera toujours une intervention utile de propreté, d’hygiène et de prophylaxie.
IMPHIMERIK
Henri JOUVE, 23,