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PROCÉDÉ PERSONNEL

Tout chirurgien qui pratique la circoncision a deux grandes préoccupations : 1° de garantir l’immunité du gland ; 2“ de sectionner la plus grande partie de la muqueuse préputiale. Je dis la plus grande partie de la muqueuse et non la totalité. En effet, la portion qui en reste nous sert pour faire l’affrontement régulier avec la plaie cutanée. En l’absence de ce vestige muqueux on aurait un bourrelet cicatriciel très fâcheux.

Pour obtenir ce double résultat de protection et de régularité dans la section, je me sers de la pince de Ricord modifiée par M. Mathieu. A l’aide de branches montantes, M. Mathieu a donné à cette pince une pression très douce et suffisante cependant pour bien fixei* le prépuc Avant tout, je rompts les adhérences avec une sonde cannelée, puis j’attire à moi le prépuce à l’aide d’une pince simple qui mesure la portion à sectionner. Je couche horizontalement et d’arrière en avant ma pince de Mathieu, de façon à saisir une grande portion sur la surface dorsale du prépuce et à toucher à peine le prépuce au niveau du frein. Un bistouri fin passe entre les mors de la pince et le prépuce coupé a la forme d’un V ouvert. Je coupe ensuite avec des ciseaux fins le fragment de muqueuse que je rabats en arrière du gland. En couchant ainsi sa pince on a rarement une hémorrhagie, car on ne touche pas aux artères du frein. Aussi je fais très facilement l’hémostase avec de l’eau boriquée froide et un peu de pression. Chez les petits enfants j’ai rarement recours aux serres-fines. Je produis l’affrontement avec une simple bande d’ouate hydrophile trempée dans de l’eau boriquée. Chez les enfants âgés de plus de 2 ans je fais l’affrontement avec des serres-fines et je panse encore avop

de l’eau boriquée. Les adultes sont opérés par le même procédé et le pansement est fait à la gaze iodoformée. La durée de la guérison varie de 3 à 10 jours.

En passant je tiens à attirer l’attention deg chirurgiens sur la grande susceptibilité des jeunes enfants qui ne tolèrent pas facilement les pansements antiseptiques soit phéniqués, mercuriels ou iodoformés. J’ai assisté à des accidents très graves causés par la solution phéniquée très légère, 1 pour 100, avec laquelle on a pansé des jeunes enfants. Aussi ai-je complètement renoncé à des antiseptiques puissants chez les nouveaux-nés.

Au lieu de bistouri tranchant, j’ai pratiqué maintes fois la section du prépuce avec le galvano-cautère de Chardin. On opère ainsi sans hémorrhagie et la cicatrisation s’obtient aussi rapidement.

On ne peut pas employer le procédé auquel je donne la préférence dans tous les cas. Quand le prépuce est le siège d’une affection spéciale qui cause une déformation de l’organe, soit un chancre, une ulcération, une tumeur, etc., il faut recourir à la section dorsale,

M. de Saint-Germain a préconisé, dans ces temps derniers la dilatation forcée du prépuce et l’a préférée à la circoncision. J’ai moi-même eu recours à ce traitement dans un certain nombre de phymosis. Or j’ai constaté, en outre des cicatrisations vicieuses qui reproduisaient le phymosis, les mêmes accidents septiques qui se produisent à la suite de la péritomie. Je crois donc que la dilatation forcée ne pourra pas remplacer la circoncision.

Dans tous nos actes chirurgicaux nous devons, autant que possible, supprimer la douleur. Faut-il, pour la circoncision, employer le chloroforme ? L’opération peut se pratiquer si rapidement que nous croyons l’anesthésie locale, avec de la glace ou la réfrigération par l’éther, suffisante. L’emploi du chlorhydrate de cocaïne ne donne aucun soulagement.

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