FÉLIX ALCAN. ÉDITEUR
I08, Boulevard Salnt-Gsrmaln
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OBJECTIVE ET SUBJECTIVE DES AIIÏS. DE LA LriTÉKATURE ET DES SCIENCES
' La classiDcal'oa géocrfile des connaissaiiccs humaines h fait l'objet
e Iravam, oon pas nombreux, niais importanls ; elle a formé jusqu'à
ésent l'annexe ou plua exactement Imlroductîon de travaux pliilo-
RiOpbiques. C'est Auguste Comte qui en a posé les bases, et Herbert
tpeucer qui a essayé de la construire daus son iulégralilé. Depuis,
Ë'autrcs phitosoplies ont soumis ces classifications à leur critique, les
pnt réformées sur bien des points et ont coolribué à préparer des tra-
kaiuplus déHnitil's. Cependant, ils se sont tous contentés de tracer 13
Ecadre le plus général sans entier dans les subdivisions, à plus forte
FTi^tson n'oiit-ils pas classiûé chaque science piise à pari. Eniiu, ils
qu'ont compris dans leur classification qui; les scieuces proprement
m la littérature et les arts, de sorte qu'elle n'arieu d'encyclopé-
BÎijrwe el se Uenl bien en deçà du cercle de l'aclivilé el des productions
e l'esprit. Aussi une classilîcation à la fois intégrale et détaiUée nous
\ lâublë une entreprise nouvelle.
Celte entreprise cst-clle utile '} N'a-l-elle pour but qu'un ordre mnéoionique el non essentiel ? Peut-elle influer sur la science elle-même? be telles questions ne sont plus k poser au stade d évolution des con- CtlSSlflCATIOS (3oo) I
Dt^ssancos et des idées où nous aonimes aujouid'hiii parvenus, N^ aeulcmenl les classilications tentées dan» l'bisloîre ualuielle et gui t forment, en mâius temps qu'au insniment, uu des buts les plus essen liels, nousenmonlrenirimporUace. Qui ue sait que, si la classiGcat!^ naturelle dos âtres était connue, nous aurions la solution mâiue ( grands problèmes ontologiques I Muîs les autres classements qu'uo j tentésonldi^Jbjeté une vive lumière suc uu grand uombio d'incouDuai et placés mâiae provisoirement dans des équaliuns peuvent oîdorJl es résoudre.
Dans d'autres travaux nous avons essayé de faire une classiflcalA entière de certaines sciences, par exemple de celle du droit («( notre Classification scientifique du droit) et de celle de la linguistique (voir : Des dioisioiis de laliu^juistique, de ht psi/c/iologie du langage, de la classification deslanques). Il B'agitici de la synthèse la plus vaste k laquelle aucune œuvre de l'esprit ne devra échapper. Non-seulement nous avons pour tâche de classer les /filtres et les arls^ aussi bien que les scie7iccs, mais nous comprendrons dans l'ensemU mânie les arts et métiers, même les exercices physiques et la CUJ ture morale
Cette classification, pour être juste à tous les points dov être tour à tour subjective et objective. Qu'eu tendons-no us par G mots ')
La classiGcation obyVc/itv; est bien connue. C'est lu classïQcatil pure et simple, celle qui indique les rapports réels qui existent eujfl telle et leUe science, tel et tel art, abstraction faite de la personne t les exerce, les apprend ou les produit. C'est bien ta plus difficilQ,'J siTou pouvait l'obtenir parl'aite. on aurait par là même classiiiéV partie les objets mômes des sciencesj et l'on aurait alors une ia exacte de l'ordre du monde.
La classification sjrâ/'ecn'i^e est tout autre, et contraire quelquefoiffS la première. Elle est moins importante, mais plus sûre, si l'on t change pas sa nature subjective ou objective. Elle classifie les science par exemple, suivant Tordre où elles deviennent applicables k l'espil de l'homme, enseigne dans quel ordre on doit les apprendre el^ quelle manière, et quels sont leurs rapports entre elles, elles-mêmes, mais relativement à nous. Eu d'autres termes, c'm la classiUuation des arts, lettres el sciences, dans l'éducation . l'instruction.
De plus, il ltiu[ compremire cctlc éducadim cl iiisii-uclion. en Tail
leclassiCcation.dedcuKniaaiùru?. Taiil<^t il s'a^'il de X'ImmaniLé dans
I son ensemljle, tatitàt de Y homme isolé, de roiifanl, loaqaels ne suivent
I pas toujours la même marche. Faute d'Inslniriienls et aussi faute de
connaissances accumulées derrière elle, l'iiunianitô. eiiap|ueuatil. n'a
pas, dès l'origioc, pu snivre l'ordre plus nvliomiol et plus naturel qu'un
, peut observer aujourd'hui dans 1 éducation de l'eutant. l'ur e\empte, les
mathémaliques ont été une des premières sciences révélées ii riiunia"
, uilé, bien avant les sciences naturelles pour lesquelles manquaient les
I ioBtrumcnts nécessaires, taudis que la calcul pouvait tïtie tiré par
f l'homme, pour ainsi dire, de son propre fond.
La classification subjective se confond lionu jusqu'à un certain point avec les règles de l'éducation elle-nnîmc, et ainsi le ti-uvail présent se relié avec celui que nous avons publié en i885 sur les Vicex île l'inslnicHon publique en Frannc.princiixtlemenl de t'inslriiclioii \ secondaire, el avec celui que nous comptons publier bientôt sur ta liéori/anlsaUoii de rinsinicliuii. sans cependant faire dîrecteiuonl partie du même sujet. Scnlemenl la classificatiou subjective fera dans le domaine de l'iustruclion et de l'éducation des incursions I nécessaires.
Il semble qu'il y aurait lieu de construire séparément et successive- I ment la classiCcalion subjective elobjeclive, et qu'on devrait commencer parcelle dernière. Nous ne l'avons pas pensé ; toutes les doux se 1 pénèlrent, et s'il faut les dîsiiuguer avec soin. Il ue faul pas rompre I leur union naturelle. D'ailleurs, c'est ici la subjective qui doit dominer I presque absorber l'autre- li-bas au contraire, l'objective. Ainsi, I lorsqu'il s'agit des sciences morales il nous semble que c'est Têdu- I cfition qui est loul d'abord tn jtu et que c'est vis-i-vis do l'homme I que CCS sciences doivent dire examnaes et classées. Au contr.iirj, les I sciences positives appellent luul d abord l'exameu objectif.
C'est même la classîilcation subjective, celle de la science, de l'ai I. 1 de la littérature, telles qu'elles doivent être enseignées, qui nous aer\iia I décadré plus général: c'est que son étendue est plus vaste, c'estqu'aussi lune telle classilication est moins abstraite; c'est qu'enHo elle est I plus sflre, puisqu'elle n'exige pas que nous connaissions parfaitement f lo8 chose» en elles-mêmes.
Ce n'est qu'à propos des sciences proprement dites que nous examinerons les classiiieations déjà proposées, parce que celles-ci n'ont eu