‹ De la classification objective et subjective des artsChapitre 12 sur 67 · B. — SCIE\CES DES PRODUCTIONS DE L ESPRIT · texte numérisé non relu

B. — SCIE\CES DES PRODUCTIONS DE L ESPRIT

I I, Science des productions de l'esprit ou général : philologie.

I II. Sciences des classes séparées des productions de l'esprit : éco-

tomio nolionale, politique, science systématique du droU, théologie

bslématique, Ihéories des dilîérents arts, méthodologie spéciale des

piences.

— SCIENCES DU DEVELOPPEMENT DES PRODUCTIONS DE LESPniT : SCIENCES HISTORIQUES

Fl. Histoire générale, histoire individuelle (biographie), histoire des peuples, histoire universelle.

II. Histoire des diverses classes des productions de i'espril : histoire de l'agriculture, histoire des Etats et du droit, histoire des religions,

ustoire de l'art, histoire des diverses s

m. — Sciences philosophiques

Première science fondamentale.

Science delà connaissance .

[ Premièrement. — Sciotcr formelle de la connaissance ou Logique I Deuxièmement. — Science réelle de la connais

— Développement kiilorique de la connaissance : histoire

générale de la science.

— Dévrloppenienl logique de la connaissance : théorie lîe tu

connaissance .

I* Théorie pure d« U connaissance ou théorie de ~ la o stricto. sensn; 3" Théorie appliquée de la connaiBumce. on adence de la méthode.

Deuxième science fondamentale.

Science des principes.

Prcmi^rcracot. — Science générale des prindpes, on métaphysiifuc Deuxièmement. ~ Science 5;)^cm/e des principes.

A. — Philosophie de la nature.

l'hiloRophic Rpécîale de la iiuluic, cosmologie générale, biologie ffônéralc.

R. — Philosophie de F esprit.

1" i'IiiJnsophic générale de l'esprit ou psychologie philosophique;

■i" i'hiiOBophic des diverses créations de l'esprit, éthique et philosophie du droit, esthétique, philosophie delà religion;

H" Théorie du développement spirituel de l'humanité : philosophie de l'hisloiro.

Tel est le tableau, très complot comme on le voit, présenté par Wundt. Passons à son examen critique,

Wundt, et c'est un immense mérite^ a retiré les sciences humaines, psychologie, sociologie, histoire, de la place, non seulement trop humble, mais inexacte que Spencer leur avait donnée. U n'en fait plus une dépendance des ramifications de ta biologie. Elles forment un ginnd embranchement, celui des sciences de l'esprit^ à l'opposite de celui des sciences de la nature. Et ce rétablissement est juste, non Boulemenl au point de vue SMi/'ecïî/", puisque les sciences humaines ont pour l'homme un intérêt tout particulier, mais aussi au point de vue objectif, parce que les sciences doivent se classer, non seulement d'après la grandeur de leur objet matériel, mais aussi d'après son importance et sa valeur relative.

U réunit certaines des sciences que Spencer avait divisées et dispersées, et en établit bien quelquefois le caractère distinctif. C'est ainsi que la physique se distingue chez lui de la chimie, que dans

sciei

l'une on ne tient pas compte de la diftérence qualitative des molécules, et qu6 dans l'autre on eu tiotit compte.

11 établit dans chaque ordriî une distinction heureuse entre les

sciences i/énérales et les spéciales. C'est ainsi que le mouvement

Béteut lu cause ou la condition de tous les phénomènes chimiques et

bbysiques, il classe la dynamique comme une science générale, h

jôté de laquelle la chimie et la physique forment les sciences spéciales.

Il restitue à l'histoire la place importante qui lui appartient. Il rétablit aussi celle de la philosophie avec ses différentes branches, et en particulier celle de la logique.

Enlin il reconnaît à lion droit que la classlBcatiou no peut être objective que dans les détails, et que les grandes divisions doivent être subjeclives à l'esprit humain ; la distinclton entre les sciences

IEormelles et les sciences réelles en est uu exemple. MaisàcAté de ces qualités incontestables se placent de graves défauts. Le plus évident est une complexité fâcheuse qui dépasse beaucoup Belle du système de Spencer, et qui conduit à des résultats peu nalu- (cls. Cet inconvénient se remarque surtout dans sa construction des sciences do l'esprit et des sciences philosophiques. Sa distinction de la science des connaissances el de celles des principes ne se conçoit pas bien dans les sciences philosophiques. Ces subdivisions sont à ^K. l'infini .

^^H La grande et principale division en sciences formelles, sciences ^^MréeUes el Bcimces philosophiques est fausse. Le philosophe a voulu ^^^Hci faire ime bulle part à sa science, mais il lui eu a fait une peu lo- ^^Vgique. La philosophie rentre, en réalité, dans les sciences de l'esprit ^^Fqui [ont partie, suivant l'auteur, des sciences réelles, sauf la logique 1 qui pourrait rentrer dans les sciences formelles; aussi ce sont les

sciences philosophiques que l'auteur a le plus mal classifiées, parce qu*d leur a donné dans leur ensemble une place inexacte. U ne peut L y avoir, si l'on adopte logiquement sou système, que les sciences fur- ^melles et les sciences réelles.

Mais cette distinction elle-même est contestable. 11 en résulterait Wtiae les sciences tormelles seraient a la même distance des sciences ) la nature que de celles de l'esprit; aussi l'auteur va-t-il jus- ■qu'à dire que les mathématiques servent aussi bien d'instrument l|K)ur les unes que pour les autres. Cela n'est pas. Il y a une ■ grande connexion entre les sciences ma thématiques j d'une part, et les t chimiques, physiques et naturelles, do l'autre; aucune entre les

sciences malhiiiiitliqnes et celles de l'homme: c'est la lo^içuaq est la mnlhémaliitie .i/iécialr do ce dernier, s il lui ea lallaif i

Coiir remplir son cadre, l'aulaur îtiLroiluil cerluiues sciences q semblent appurnilru que diins ce bul, par exemple : dans la acioi formelle ifiinulililive, tht^oiie de la diversité ; aîlleiirs : h sci«Dce d /trijicipi'i.

Une des divisions fondumuntuilea de Wundl, c'est celle en procensiii vùrtjatige, el objets laéme& : ^f^e/iï/M/it/?, qu'il applique d'abord a sciences do la nature, puis k celles de re>pril en ri3Rl plaçant olora t oAyf/x(gegeustftiule)par le3/jio'/7((:/io/(.v.ïoutd'ubordon uecompre^ pas bien comment les productions do l'esprit aient un ranf^ paraU aux objets de la nature. PuIh la division, même en ce qui couoeme B sciences de la nature, ne semble pas justifiée Si Wnndt a substilD cette division à celle de Spencer en sciences aèt/raiten-concrétes et À concrètes, que nous préférons de beaucoup, les sciences des ;jfoce«sa ont remplacé sans avantage les sciences abstraites concrètes. Celit n servi à Wundt qu'à créer une complication : la classe dos sciences d /j?'oce3S?'i delà nalure sur les oA/p/.v de la nature. Ici l'on ne C( prend plus c)u<; difficilement C'est rnsliupbjsique, la géopbysiqm le physiologie des animaux. Il nous semble que c«lte dernière est bid plutôt la science des /o/ti^/iojis de l'animal, ut qu'elle ffi' me labicdogl branche de la zoologie. Ce qu'on comprend moins encore, cette rubrique contienne 1 histoire du développement des objets du nature.

Celte division appliquée aux sciences de l'esprit est encore i naturelle. Dans les processus de l'espril se trouve classée la psychf logie, et dans les productions de l'esprit, la politique, le droit. Ne sei il pas mieux de considérer l'esprit comme objet et d'y rattacher a la psychologie, ou comme processus, et à'y rattacher alors le drt ËnQn les sciences hisloriques y sont placées à part, mais s connexion logique avec le reste.

Les divisions de la science plrilosophique son t obscures et non l tiSécs. Celle entre la logique formelle et la ioffiqiie réelle ne se o prend pas bien ; celle en philosophie générale cl philosophie spéc de la nature est aussi obscure. En général.lu classiâcaLion des science philosophiques se coordonne mal

11 y a, sans doute, des idées précieuses à retenir de la théorie d Wundt, mais dans son ensemble elle est inférieure à celle de Spcnca auquel elle apporte cependant le précieux complément de la clasH des sciences de l'esprit.

Tels sont les systèmes des prédéoesseurs, leurs [{ualîtéti et leur» tdéfauU. Essayons {nainteuaut do couatiuirc. guidé pai' leui' expârieilce, I uae classilicalion nouvelle, plus complùmet plus iulc^'riile des sciences.

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