‹ De la classification objective et subjective des artsChapitre 13 sur 67 · CONSTRUCTION DE NOTRE CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DE NOTRE CLASSIFICATION

Noire classilit^tion da^ couaiiissiiuciii, q.ioiquc uuuvulîe, n'eu doit I pas motus recueillir dan& celles déjà proposées ce que chacuae a de ratioiiuel Eit do foad<^. A co poial de vue duvrouL âtre, ou purLiculiei' mues :

" La divisiou de SpcQcor en acieuce» ^OHCCt'/es', aùsirtiiles-coii' trétes elaàslraiifs;

■Celle de Wandt en sciences delà n'f('(reel sciences de rA«y««ji((é;

! 3" Celle du même en scîeuces ijéiiérali^s et scIcdccs spéciales ;

4° CellesdePlatou.d'Aristoto.dcBacon.de Benlham et ded'AIoQiberl

I sciences relatives à diQéi'euIcs facilités de l'espiit et à divers ôuts.

' Ce dernier élément de clussilicalion a été rejelê par les modernes,

uivant nous à tort, comme nous lo dèmontiei'uns tout îi 1 heure.

5° Celle de l'Iaton et des mêmes en arl et xcic/ices, également rejetée

aujourd'hui el que nous reprendrons pour le même motif.

Dunsledélail les idées de distinction du qualUulif et du quantitatif, de la succession et de la concomitance, du temps et de l'es-, pactf. de là ntasse eidslmnolécule sont fécondes aussi el doivent clro utilisées.

Cela dil, quels sont les p^rands principes qui doivent dominer notre ^plassiBoatton nouvelle ?

Lo premier, parce qu'il doit englober toute noire classification, c'est

idlsLinctiOD entré la classiRcatioum/er/icet la classification externe-.

Jusqu'à présent, on ne s'est occupé que de classiÛcalion externe,

f'^'est-à-dire de tracer des limites entre une science et une autre et

L leurs rapporta. On nes'est pas préoccupé do poursinvro les divisiojis

pusqu'en l'intérieur de chaque science. On dil bien, par exemple, où est

^luée la science du droit : mais ou ne cherche pas comment chaque

branche du droit doit être placée à l'égard de telle autre ; ou pourrait

scendre jusqu'aux dernières ramiticatious; nous ne le ferons pas,

jnals nous établirons les principales divisions intérieures.

D'un auti'ecûlé, nous élargissons le cadre général qui contient les loanaiasances, en y comprenant la lutéralwe et les ar/s, dans une

grande ilivisioii spéciale. Noua l'éleodrons auasi en comprenant dans une subdivision les oceuptUiojis humaines qui iostituent les travaux, a/iplicalioiis et réatisalions de la acienca. £xpliquonB dUXRd le premier point.

Nous avons vu que les divisions dea comuiaaaiiceB pouvaient étn objectives ou Mubjectivea, cellea de Comte, par exemple, aont on s'eirorccnt d'Clro uAJectices, tandis que celleadeSptticeretdeWandt SQiit sii/ijrclives, la première surtout.

Il t<Nl iiuiiossiblo qu'un système de clasaiQcation aoît entièrement ol)jo(:Ur,i|U[iiqiic tous les syslèmea prétendent l'être, et Wundtest bien obli^i' de l'cctinnaitre que ce n'est pas d'après ïoùjet matériel qu'on cluii-tUle, niiii» d'après le point de vue auquel on l'flnviaage. il résulte di! l'f'Kiuuuii de tous les systèmes proposés que la claasiflcation doit (lire aiihji'ilii'i' dans ses durnièrea manifestations externes.

MiiiM, Il ('<M(! do lu division des connaissances humaines au p(Hnt de vni! ]i(ircrii(.>nt .vrrfty'ccfi/, à c6té de celle au point de vue auasi poreri'ttiinit oftjfclif, il en existe une autre naturelle, à un point de vue (pii c.tt xitfijntif cl'u^Jpctif ionih la fois : subjectif en c» qu'il conccrrii! li'H(livcr»nHpcctB de VesprH, objectif en ce qu'il concerne les divern dhiiocIh de l'objet. Il y u ici coïncidence entre les aspects de l'un et IcM QHjicirts de l'autre.

Kii cllet, l'esprit liumain se manifeste par le sentir, le cotn- /ufitiliif et le vouloir, et l'objet se^présente sous l'aspect du beau, du l'i-iti, ou du bon. Tout cela est bu fond indivisible. Sentir la beauté d'un objet, c'est eiictire le comprendre, l'appréhender par l'eaprit, iiu se laisser upprébcmlcr par lui ; mais c'est une aperception plus iiidislincte, insliiictivc, si/nthétique, d'autant plus saisissante et violente : on ressent plus vivement ce que l'on comprend moins, l'eu h. i>cu môme la première opération se transforme en l'autre en se décompusunl ; l'estliéliquc n'a jamais précédé l'œuvre d'art, si sa préoccupa tiou accompagnait celle-ci, non seulement cette œuvre serait troublée dans sa conception, mais elle le serait aussi dans sa dégustation ; si celui qui assiste à une comédie ou à un drame pour la première fois l'analyse on l'écoutant, il pourra juger la pièce, il n'en jouira plus. Le sentiment doit rester une intelligence sourde et latents, une intuition panoptique. Est-elle inférieure pour cela? Nullement : les heures les mieux vécues sont celles où l'on a compris le vrai. Le sentiment coïncide avec le beau au moyen de \' amour, il le clierche au moyen du goût, cette raison inconsciente. La satisfaction du sentiment par le goût constitue les beaux-arts.

Vicnl eosuile la satisfaction de Viiilel licence par le vrai dans la scif.nce proprement dite.

La volonté recherche le bien, s'y adapto par l'éducation raoralo. mais auparavant il faut qu'elle le découvre au moyen des sciences ftiorali's et sociales. U ne faut pASconfondrc ces doux adaptations bien dîlTérenles de riioiiime au bien ; la première est tout instinctive, toute pratique, constitue l'éducation morale et non l'intellectuelle, se ratluche par la discipline à l' éducation phvsique, nous en avons traité ; ellu précéda mi^me l'instruction de la sensibilité : ce n'est pas une instruction propiement dite, c'est une habitude donnée- L'autre, qui prend sa place ici après l'étude du beau et du vrai et celle du bien, c'est la morale sociale devenue concrùle et certaine : elle n'est possible que i^uand le vrai est plus ou moins connu, et qu'on peut étudier une mgue succession de faitti d'où elle se dégage. Les beaux-arts et les sciences socîalesont intérieurement, comme is sciences, uns double série chronologique, parce que, comme elles. Ftdles se divisent aussi objectivement et subjectivement; mais, dans ^^eurs rapports respectifs, les heaux-arts, les sciences positives et les ciences sociales ne possèdent qu'une seule sêriathn chronologique K^e voici ;

L'iiomme, aussi bien comme espèce que comme individu^ comî d'abord par sentir le heait ; ce sentiment reste la partie intel- K lectuelle la plus forte des hommes moins développés, c'est-à-dire des feulants ot des femmes. C'est donc bien le commencement. Les beauxfarts sont le premier élément de civilisation : c'est comme tels qu'on P'^^efforce maiutenan [ de les répandre parmi le peuple; c'est aussi comme llela qu'on les trouve dans les premières traditions mythologiques. La pjthologie tout entière n'est que de l'art servant de religion provi- Wï're. Les cérémonies du culte, même moderne, tiennent encore à Blte idée.

1' Chez l'enfant le même ordre se produit et prend ici une impurmce pédagogique : le beau, le sensible seuls le louchent ; la chan- IQn, le conte, le spectacle, l'imagerie, quand ils n'exercent pas son trps, absorbent son esprit entier.

Le beau donne busoin du vrai; l'art a recours à la science à sfaaque instant ; te dessin mène à la géométrie descriptive, la tisique à la science des nombres, l'architecture à la géométrie. i avons déjà exprimé cette idée. De même, dans l'histoire hule, après les périodes artistiques et littéraires, viennent les périodes ientiâques.

ctA3su>icATiùn (3oo). 6

Enfin le onti con'liiit au ^ten : U mélhodo scienUQqua est i mSiDO uécessaira et doit être aci|uiâe par ki acitiiici:» avant qu'o puisse voir culLivei rructuc!(iâi;iai;ul l'amas des fuit» sociaux : l'iniJitclioa Bsl bîoQ plus délicate à appliquer au fait bumain voloulaire qu'au fititpurecaealpliyâiulogique; il Taut avoir assuré et délia son esprit par les sciences ovaut du pouvoir débrouiller un tel fail. Aussi ces sciences Quot-elles suivi oocore que de loin Ig§ ptogrèe des sciences poeilives. Dans l'homme îudividuel, m<^nie progrossiou : l'enfant ut le jeune homme s'appliquent uu beau, l'iiunime mùr rectiercbe ardemuienl le vrai, l'bomrae plus âgé se préoccupe principalement du bien.

Les divisions les plus larges du cadie seront donc : connaissance du beau relative k la sensibilité {arts et liilérature), connaissance du vrai relative à Vintelligence (sciences positives), connaissiriice du bon relative à la volonté (sciences humaines et sociales).

11 serait pout'ètre plus exact de renverser l'ordre et de dire, par exemple, connaissance relative à la sensibilité ayant pour objectif le beau. Voici pourquoi ■ le domaine de la sensibilité dans l'art dépasse le domaine du beau, de même que le domaine de la volonté, ou mieux de l'action dans la science humaine, dépasse le domaine du bien L'art, en ellet, ne rend pas artistiquement le beau seulemeul, mais aussi le laid, de même (fue la science de l'homme, la science de l'action, n'étudie pas seulement le bien, mais aussi le mal, La faculté et le but ne se recouvrent pas exactement : la faculté est plus large.

Les ctassiScateurs récents ont répudie cette grande division que les anciens avaient pressentie ; ils l'ont méconnue parce qu'Us oestiment être vraie classification qu'une classillcation objective. C'est erreur de leur part puisque eux-mêmes ne font de clas^Bcation i-é^ement objective que dans les détails cl classiflent subjectivement l'ensemble.

Tout en admettant cette classification subjective-objective comtne principale, nous conservons à côté une classification objective et une aubjeclive.

La classî&calion objectioe cons'isle dans le classement par objets matériels avec cette sériation qu'on passe du plus simple au plus complexe, en allant, par exemple, de l'astiotiomie à la biologie.

LacIassificatîonsHi/ei'/iîte peut l'être de deux manières : ou i tivement à 1' humanité dans son évolution, ou relativement à l'hoo] civilisé qui apprend, mieux à l'enfant. La première se confond t sa sériation avec la classification objective ; on passe de l'objet le p simple au plus complexe.

I L'nnire. cille relative h renfaDt, est en sens ù/iposif, no passe du fficrct h l'abstrait-concret, puis à l'abstiait. C ebl la sérinlion qui bipuse à Vfithicalion C'est dans ce sens que nous l'avons eiileudue liis le litio du présent ouvrutre (/« lu r.laisificaliun ohjecthw et ^jrtlivfi des foftnaUsances.

Noua avons (Ut que nous aWons étendu le domaine do la chssi-

lallou d'une autre manicie en y comprenant les professions liu-

îsiues et le tmoitil. qui n'est k proprement parler ni science ni

n. No. 18 estimons que c'est lUr/iplU-nliun de la science, que celle-ci

edôil pas rester seuteuient Ihéorique.juais aussi s'incarner prall-

icnl dans des œuvres. On ne saurait méconnaître que lagn-

Hlltire ne soit une scleuco, de même la mélalLurgie, et cependant on

B a omises dans les uomeuclalures. 4

■A quel titre et où Tallail-il les Taire entrer dans la classiQcation ? Ëtail-

jiossible de dire que c/uitftie brattche comprenait la théorie et l'ap-

:atltin, par exemple qu'il y ndss sci''iicn/iu!'ilii!rs l/iêoriqufs : clii-

3, physique, el des scimceH posiiires a/i/ilif/iiées : métallurgie, agri-

Bture, el mSme des sciences iitterinédiaîrvi faisant entrer les uaes

iB autres. De même, dans les arls. à cûlé des arts proprement dits,

Aarroient prendre place, comme partie pratique, les arts '•! métiers,

r exemple ceuK qtiî coasisliiul k fabriquer des objets de go&t esthé-

^ue. Ainsi : le mobilier, l'.ada, dans les sciences humaines, à côté des

lences purement lliéoriques, comme l'histoire, l'économie politique,

i t-il celles pratiques tournant eu professions les relations sociales,

exemple le commerce cl les fonctions publiques ?

j bien, toutes ces applicalïous sont-elles, en définilive, uou des

îpticatioDs de la science Ibéorique directementparun travail naturel

^objets de celte science, mais des applications de Vaclivilt- hu-

us différetiles sciences théoriques pour produirodes résultats

I but d'utilité pour l'homme, et comme lellos rentrent-elles

pites dans la science humaine et sociale seulement, non pointmême

aime application de celte science, car ils appliquent aussi bien les

Jres sciences, mais comme scienc de l'w/ion Initiiaine, acimce

^rs plus coticr fit e '?

lèpres aiAre rétlexion, nous avous conclu que ce n'est pas le but ■ne connaissance qui doit décider d'une classification, mais sa nais conditions d'existence. En cou séquence, chaque classe de Imaissances renleroio une série de sciences Ihéoriques et uue série iBcienoes appliquées. Il y a aussi une séiio inlermcdiaire. Pourne

pus nous répéter, uous renvoyons a lit classe d'art el littérature où nous développons cette idée.

Nous avoQs parle plushaut avec détail de la clissificalioastf ^Vcfiee. de l'objectivfi cl de la subjective-objective. La mime diaUuctïoo eulrc l'objectif cl le subjectif, mais tout autre, se retrouve entre les sTjVjiC.i ellfx-mfmes. 11 y a des sciences objectives et des sciences .vu&/>(r/j(.'fj.Otteclassificatîou est ii^fiur. Qu'enteodonB-DOUSpareUe? Une science est objcclive lorsqu'elle a trait ù tel ou tel objet ou ù tel ou tel pliénoruèno eo lui-même ; elle est subjective, non lorsqu'elle a pour objet uous-mènies, car nous pouvons très bien nous cuusidùrer comme objet et non comme sujet, maïs quand elle rapporte la science d'un objet externe à nous. C'est ainsi que lea nombres conGidcrés en eux-mi^mcs et abstraits des objets qu'ils Donibrcnl forment la matliématique, qui,pourétre abstraite^a'ea&iX pas moins objective, même dans ses axiomes ; mais dès qu'elle se sert du raisonnement pour fonder ses théorcmes, elle ae sert d'un élément subjectif et se l'éfùrc fk une science subjective, c'est-â-dire rapportaot l'objectif au subjectif, la logique. En eflet les théor&mes de la mathématique n'auraicnl aucune ccrlilude pour nous si la logique n'existait pas et n'était pas fournie par notre esprit, lien csldeméme àeVeslkétique et de la critique vis-à-vis des arts et de la litlérature, de la morale innéo vis-à-vis des sciences humaines elles-mêmes. Ces sciences objectives, qui sont peu nombreuses, servent de criteria aux autres. Elles comprcnneul chacune : j" les principes généraux, a* les règles spéciales de chaque art, 3° là méCliodc.

A côté de cette division en sciences subjectives et sciences objectives il en existe imc autre en sciences spéciales et en sciences générales. Un autre exemple la fera comprendre. La peinture, l'arcbilecture, la sculpture sont des arts spéciaux : un sculpteur peut ne pouvoir peindre, mais tous les trois, peintres, sculpteurs, architectes, doivent pouvoir dessiner. Ce dessin est Varl commun aux trois autres qu'on appelle pour celte raison couramment les arts du dessin. De même la grammaire est la base de toutes les branches delà bttéralure.

Nous divisons aussi les sciences en complexes et simples, reprenant en un sens la division de Comte que nous dégageons des éléments de concret et abstrait qui s'y trouvent mâles, et appliquant celle distinction un peu autrement. L'astronomie, par exemple, a été rangée par lui au rang des sciences simples ; il avait raison s'il entendait par là l'astronomie envisagée comme science des rapports entre les astres ;

hl avait lort si l'aslronomio comprend la description et l'annlyse de

fchaqiie asLre. i» qu'elle tend à faire de plus en plus. De là la conTusioD

pée de celte classilicalion. Nous y reprenons ce qu'elle avait de vrai.

Ce qui est simple, ce n'est pas la science de tel être vis-à-vis de celle

B tel antre êlrc, c'est la science des relatioDH vÏB-.t-vîs de celle des

brganesEt formes ou de l'être lui-même; entro cette simplicité et

B complexité se trouve la demi-complexilé. celle de la science

fondions. Ainsi rangeons-nous l'astronomie non descriptive

Jtirmi les sciences simples et, au contraire, l'astronomie descriptive

Mrmi les sciences complexes. La biologie est une science complexe,

1 physiologie est une science demi -complexe.

D'un autre côté, la science, au regard de l'homme, existe aeasible-

feent pour lui à trois étals diilérents, ou bien il la découvre (soit qu'il

ngnorât seul, soit que le geuro humain l'ignore), c'est le point le

1 élevé, ou bien il se contente de la percevoir, ou enfin elle lui est

ransnaiee par l'enseignement. De même l'art: il le produit lui-

le, ou il lui est transmis par un intermédiaire (l'acteur, l'exécu-

mt, qui transmcllcnt l'idée de l'auteur oi^e compositeur), ou il en

ieconsomme. est dilettante. Cette division se croise avec toutes

fcs autres. Nous en avons déjà traité à propos de l'éducation.

F Telles sont les idées qui oui présidé a notre classification interne

S sciences et des arts, mais il y en a une beaucoup plus importante

a été la doraînanlo. La voici. Tous les classificateurs sont lombes

n défaut capital. Ils ne classifient que daus un sei/l sfins,

^elquefois bien choisi, mais toujours exclusif: plus exactement ils

^ssifient en bgne ou eu surface, non en solide, et daus toutes les

dimensions à la fois, et pourtant c'est cette classification intéf/rale

aspectée de tous côtés qui est seule vraie. Comme corollaire

Qiportance de telle place ne correspond pas toujours à l'importance

1 science.

[ C'est ce genre de classification que nous voulons établir. Il ne s'agit pus seulement de savoir si telle science est abstraite ou concrèle lour lui donner sa place, fi faudra cbifrcber en même temps si elle est subjeclive ou objective, spéciale ou générale, simple ou complexe, si elle a pour milieu le temps ou l'espace, si elle a trait à l'une ou à l'autre s facultés de l'homme ; toutes ces coordonnées réunies finiront par uquer sa situation naturelle et nécessaire.

j'flsl ce que nous appellerons : la classification dans toutes les mtnsions.

Tels sont les principes de notre clataiRcalîon extt'me ou de seî4 h scicuco. l'ussons n reiu dclaclassiQcation interne

Outre ces classillca lions qui oui pour bol d'indiquer la pta d une scienca relaiivemoiit h une nuire science, d'un art rolativeiatml à tin autre art.il existe, eu elTet, une clnssificalioii intérieure qui classifie lea unes envers les autres leiî diverses parties de chaque arl, celles de chaque science, c'est ce que nous appellerons la classî/icalion interne, qui, h ce qne Boas croyons, n'a Jamais été faite.

Par exemple, la scieuce du droit considère chaque droit à l'état starique, à l'élnl dynamU/ue, àl'étal slaticu-dynamique. Quenteadons-uous par CBS trois états ? Est-co d'ailleurs une division mihjeclive ou objective^

Lorsqu'on envisage un droit h l'état statique, c'est qu'on en étudie les divers éléments : par oxeniplo la personne ou la chose (lesquels pourront être ultérieuromeul siijels ou objets d'un droit), encore séparés Ki ne faisant pas pas partie d'un droit actuel, ou encore comme formant un droit, mais détaches de ce droit; lorsqu'on l'envisage à l'état statîco-dtjnamiqiie, c'est qu'on le prend dans son existence formée, sa vie, sou acLiou. et dans les diverses périodes de celle vie: naissance, tranformation et disparition, ou dans les fonctions que chacun des éléments matériels a prises pour fornur le droit, celles de sujet, d'objet ou de cause ; lorsqu'on l'envisaffl l'état de ilynamique, on étudie alors les mouvements extérig les relations, les actions et réactions d'un droit sur l'autre.

De même, dans la linguistique et dans'cliacune de ses parties, < la phonétique, par exemple, on étudie k l'état slalique la nature él 1^ place exacte des phonèmes, à l'clat slatîco dynamique leurs tnin«; formations spontanées, à l'élut dynamique leurs changements Taction d'un autre phonème.

De même, dans i'anatomie et la physiologie, on observe succâél ment les corps à l'état inerte dans leur composition, puis à l'étaf] vie dans les actions réciproques de leurs parties el dans leur pro^tS tion, enfin les corps dans leurs relations entre eux.

De môme, en mécanique, on considère, dans la statique, les { à l'état d'insensibilitéel d'équilibre, dans la dynamique les corpi mouvement.

Il en est ainsi pour chaque science : elle est dynamique, ou stat^ dynamique ou dynamique.

Cette classification interne est d'ailleurs toute siihjpctioe : c'eBiJ

un corps, abstraction dehors de son emploi.

l'analyse intellectuelle qu'on peut e

faile de son mouvement, ou un phonèm

La réalité est toujours ifynamifitte.

Mais celte division n'en correspond pas moins à des éléments

1 objectifs réels, mais que l'espril seul sépare. Dans la nature il y

a matière, puis le mouvement, enfla Vaction du mouvnifnt

I sur la matière. C'est le mouvemeni qui en s'appliquant à ia niuliiiia

donne la vie. C'est lui qui à des degrés d'intensité divers est chaleur,

l lumière, action chimique et électricité.

Mais la division interne de chaque science et de chaque art n'est pas [ seulement subjective, il y en a aussi une objective. Par exemple la linguistique dislîngue la phonétique ou science des sons, la morphologie I ou science des Torroes. et la syniaxc ou science^des concepts grammati- . La science du droit distingue le droit sur la personne, le droit [ sur la cbose, le droit sur soi-même. Ce sont des divisions objectives. Enfin la division interne de chaque science peut être svbjecttveohjeclivp. C'est ce qui a lieu dans la linguistique où le mode d'expression reste dans la pensée (relations ou fonctions grammaticales exprimées par l'ordre des mots) ou emploie des mots vides, ou se réalise par des uiodiflcatious vocaliques internes. C'est ce qui ^arrive ' dans le dioil oîi l'on , dislingue la détermination, la probation et la sanction.

La cJassiBcalioQ interne peut se faire encore à un autre point de vue en tenant compte des deux jra/irfsmi^/eua: : le temps ell'espace, où se trouvent tous les êtres, la matière elle-même dans son ensemble. Pour faire mieux ressortir l'importance cosmique du temps et de l'espace comme milieux, nous ne saurions mieux faire que de renvoyer au tableau qu'en donne Schopenhauer (le Mojide comme volonté et comme représentation), tableau qui établit d'une manière frappante les corrélations de ces trois éléments.

Faisons l'application du temps et de l'espace comme milieux à quelques-unes des divisions des sciences et des arts: D'abord dans la classiflcation externe.

Il y a des arts qui se manileslent dans le temps, qui sont successifs, la musique par exemple ; il y en a d'autres qui ne sont pas successifs, tn^a simtillanés, qui, par conséquent, ne se manifestent pas dans le mais qui s'étendent dans l'espace, pap exemple les arts du dessin ; les autres s'étendent à la fois dans le teinps et dans l'espace, temple la littérature, surtout celle dramatique.

Il y a des sck-nr^es positives qui ac mikiiifeiiUnit dunsie Ie4il|i*êll sitccessives. pur oKemplo celle du nombre ; d'autres qui se I iiirestcnl dans l'espace. In gi'-oinôtrio ; d'aiitru» calin foal abatrata du temps et de l'espace, par exemple l'olg^bro.

Il y a des xcicaces sociales qui se meuvent dans le temps. VhistùM d'autres ijui se meuvent à&naïespacp, les sciences géographie d'antres loiit abstraction du temps et du lieu, par exempte la ;

Diiiis Viniérinur de chaque science {classificalion mleme) Ui lieu de faire les mêmes distinction». Dans ta science du droit," exemple, il faut distinguer quant à l'espace le droit individuet, led national, le droit înlernational ; il Taul distinguer quant au tempr. le droit!) l'étqt violent, celui k l'étal indicieiiialisle et paciliqui celui k l'élal social. Dans lu science de la linguistique, il faut i guer dans le temps la formation, l'intégration et la désinlégma d'une luDgue, formant son évolution historique, et dans l'espace distribution géographique des langues.

Ce point a été complètemcat oublié par Comte et par Spencer d leur classification. Comte seul a eu en vue, mais d'une manière i consciente, le milieu du temps, lorsqu'il classait les sciences d*a| leur apparition historique.

D'un autre c6lé, Schopenhauer, en établissant sa triade : espace, matière, a oublié que ces trois éléments en présence. resWi inertes, que la matiËre se place bien dans le temps et l'espace. qu'aussi elle s'y meut, qu'il y a donc un nouvel élément qu'il fa^ juxtaposer, mais qui n'es! pas un milieu, le mouvement, lequel est Vaction, la vie elle-même. La véritable formule est : la iHe/i'^re se^ meut dans l'espace et dans le temps ; en même temps qu'elle se meï elle attire les autres corps et est attirée par eux, d'où la pesanteur i résultante du mouvement et de la pesanteur lui donne sa directia Son tableau devrait donc être complété ainsi :

Lois

Matière Milieux où se place la matière :

i* Milieu du temps ; a" Milieu àel'espacf.

rorce qui

vivifie la matière :\

i* Mouvement;

a" Attractionàorn

3° Attraction Eubiel

ou pesanteur. |

1> mouvement se diviserdit \ son [our en :

' Mouvement interne ou moléculaire produisant inlfigratinn et ^Réintégration :

1 a' Mouvement l'n/e'ViC-PX/c/'HP ou de rotation ; ' 3* Mouvement externe, ou de direction.

[ Ce que nous venons d'écrire est une digression, mais servira à

e comprendre plus clairement nnire dernière classîlicalion.

f Tels sont les principes de notre classification intérieure, laquelle

il chose entièrement nouvelle.

p En les appliquant voii?i maintenant cette classification elle-même.

! Notre cadreprincipal, le plus comprâliensif, sera celui se divisant, au

OJot de vue subjectif-ohjeclif . eu : i" arts c/ letlri-a correspondant &

s au beatt et à la sensibilité ; a" sciences positives ou de la nà~

correspondant 'a la fois au vrai et à V intelligence; 3' sciences

maines, morales G,\, sociales. OM de lW/;n7ou du /ai7 humain.

rrespondant à la fois au bien du fait humain et à la volonté.

Bpn voit que cette division \tihJ"cfii.'c-oO/ecfivf' a une double face

\fù6 l'ordre des arts et lettres : le beau et la sensibilité; dans celui

i sciences positives, le vrai otï in(el!igenct; dans celui des sciences

btnaices, le bien et la volonté. L'une de ces Taces est objective.

Vàqaeabsiraite . C'est, du reste, la réunion de ces deux aspects qui

Utltue le caractère de chacune de ces trois sortes de connaissance.

Ëependant on peut examiner successivement davantage l'une ou

ptred'entreelles. Ainsi, par exemple, s'il s agit des arts et des lettres,

K.peat s'occuper d'abord exclusivement et surtout du beau, puis et

plemenl ou surtout de la sensibilité. euQu de l'un et l'autre aspect

pla Eoia dans leur réunion concrète, de manière à obtenir cette

e entière et dans son relief. Il en est de même en ce qui con-

tae les sciences positives. Ou peut ne s'occuper que du vrai, ou que

^'intelligence, ou des deux à la fois. EuHn, dans les sciences

, il y a le côté du bien, puis celui de la volonté, puis la

bion des deux. Nous aurons à revenir sur ce point. C'est de lui

B dépend notre sous-division la plus générale.

{fooB ne voulons en donner qu'un exemple plus sensible. En ma-

e de sciences positives, par exemple, il y a d'abord la science pure

B s'occupe de la connaissance, delà oue directe du vrai, abstraction

intelligence qui est l'instrument nécessaire pour le con-

be ; puis il y a un art nécessaire qui consiste à adapter rintelli-

I, à la rendre capable de voir le vrai ; en lin il y a la réaction de

illigence sur le vrai. Cette réaction consistera à appliquer le vrai.

à l'utilixer, à l'employer. Il y a enfin VacHon du vrai sur l'iotelligence, mais elle se conTond avec la coDnaissaace du vrai lui-même. Il y a donc lieu d'eit faire absiraclion ici. j

De Ih dans la sphère des sciences positives : l' le côté du vrai, 1a science théorique ; a' le côté de Yintettigence, l'exercice de l'intelligence^ ou ïinilniction, en tant que gymnastique de l'eaprit ; 3' l'ao* tion de rintelli^ence sur le vrai, ou la science appliquée.

Nous retrouverons les marnes aspects dans la sphère des arts et des lettres, et dans celle des sciences humaines.

Dans la première il y a : i" le côté du bien, ce sont les arts proprement dits ; 3° celui de la sensibilité, ou plus exactement des sens : il s'ngii alors de l'exercice, de la gymnastique des sens ou du corps ; 3* le côté de la ràunion des deux éléments, c'est-ft-dire l'art appliqué. Nous ne voulons pas dire : réalisé ; l'art réalisé n'est autre que l'art lui-même proprement dit. Nous disons l'art appliqué, c'est-à* dire l'art rendu utile aux besoins humains.

Dans la apht-re humaine il y a le côté du bon : c'est la science humaine sociale proprement dite ; -j* le côté de la volonté : c'est Vexercii'.e de crtte «o/o»f^, sa discipline, en d'autres termes l'^t/ucation. la f/?/mn astique de la volonté ; 3° enfin la réunion des deux éléments est la science humaine utilisée, appliquée, en pleine activité et en fonctionnement social.

D'où la science, l'art et la connaissance sont successivement envisagés : i* comme théoriques, a° comme qymnasttgues. 3° comme appliqués. Nous développerons davantage cette idée lorsque nous l'emploierons tout à l'heure.

Enfin, dans chaque groupe de connaissances, il faut soigneusement distinguer les objets des connaissances en eux-mêmes et le milieu dans lequel ils se trouvent. Ce milieu est double : il ya celui du temps et celui de l'espace.

L'élude de chacune de ces milieux, celui du/emjtiset celui del'^space, forme l'Ais/oîVe interne ou évolution et la géographie des objets de chaque connaissance.

L'histoire, lorsqu'elle ne s'applique pas au faire, mais au devenir, prend le nom spécial d'évolution.

Il ne s'agit que de l'histoire interne et non de l'histoire externe : l'histoire externe est celle de la science des objets, tandis que l'histoire interne est celle des objets eux-mêmes, ce qui est bien diftérenl. Dans chaque classe de connaissances, nous examinerons donc suc-

cessivement: l'celie classe pu e/le-m^me ilaos sesoûyc^s; •i']e milieu du lemps où se Irouvent ces objt'ta, soit leur histoire ou leur évoiKtioH ; 3^ le miliâii de IV*^ •m»' où ils se trouveat, soit leur géographie . Quant kla l'Iiisloire exleroe, elle a une tout aulre place : c'est une branche de l'histoire propiemeol dite des Tails qui forment la troisiî'ioe branche de connaissances.

PREMli^RE CLASSE DES GOÎVNAISSANCES Arts et Littérature.

{Objeelivement ; perception du beau ; subjectivement : exercice de la sensibilité).

îSous aurons à examiner successivement ici la science du beau et des objets qui le produisent en eux-mêmes, celle du milieu du temps où se trouvent le beau ou les objets qui le conlîeanenl, et celle i^du milieu de l'espace où les mêmes se meuvent. Le milieu du temps, 1 l'évolution du beau, est révélé par la succession des œuvres d'art ; ^ milieu de l'espace, ou la géographie du beau, est Tourni par la comaison des œuvres d'art des diITérents paya. On voit qu'ici l'histoire e louche de près k l'histoire externe, mais elle en reste distincte 1 qu'elle ne s'applique qu'à l'art lui-même et non â l'œuvre idividuelle. Un exemple le fera bien saisir. L'étude des st>les des 8 architectures rentre, partie dans le milieu du temps, parité B celui de l'espace, parce qu'ils résultent de l'art lui-même ; 1 hisfiîipe des diITérents architectes et de leurs œuvres considérées comme ienvres individuelles fait partie de l'histoire externe.

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