DEUXIEME SOUS-CLASSEMENT
Gymnastique intelIectueUe ou instruction
[CiHé subjectif de l'iiitcUigeace).
L'intelligence est destinée à percevoir le vrai, ou du nioiQe une partie du vrai, car l'intelligence et le vrai ne se recouvrent pas pirfaitement, celui-ci est plus vaste que la première.
L'intelligence peut être l'objet d'une science spéciale qui a pour but direct, non la coulemplalion ou l'invesligatioa du vrai, mais le développement de r in tel lige née elle-même par l'exercice, Cette science est celle de l'instruction, qui a une double lace et peut se considérer tant dans la personne de celui qui enseigne que dans celle de celui qui apprend.
D'où I* la science de l'instruction, une partie de celle pédagogique, car cette dernière comprend aussi l'éducation ; a* celle de la gi/mnaS' tique intellectuelle. L'uue el l'autre reurernienl : i" les procédés, ai" la métiiode. c'est-à-dire l'ordre des matières, :*• le programme ou choiï des matières.
Nous avons parlé à la fois de ces deux sciences au commencement de cet ouvrage ; il y a lieu de nous contenter ici d'une simple indication.
Nous voulons justifier seulement la place que nous leur donnons. 11 semble que l'instruction, au moins au point de vue actil, devrait rentrer dans les sciences sociales, ou comme profession, ou comme direction de l'activité humaine. Il faut répondre que l'objeclion serait vraie s'il s'agissait de l'éducation proprement dite, mais qu'il s'agit ici de l'instruction seulement, que d'autre côté l'intelligence n'est cultivée que dans le but de l'adapter à la connaissance du vrai ; enflii l'instruction ne saurait rentrer dans les professions proprement dites ; elle s'applique à toutes, ainsi qu'à toutes les sciences.
La gymnastique intellectuelle joue ici le même rôle et tient la méma place que dans la classe des urls les exei-cices corporels,
TBOISIÈME SOUS-CLASSEMEfST
Science appliquée
f {Câté subjectif de l'inCelUgeiice et cité oô/ecliftiii v
i réunis).
L'iDtelligence ue se coatenle plus ici de percevoir le vrai, elle réagit sur lui, elle le fait servir à sou usage, elle l'emploie. Sans doute elle De peut le dénaturer, mais elle combine certaines vérités avec il*autres, elle leur donne une réalisation matérielle autre que celle fournie par la nature. Elle ne se borne plus à découvrir, elle crée.
Par là même on ne peut dire qu'une science appliquée réponde
r toujours à une science pure ; sans doute cela arrive quelquefois : il y
B, par exemple, une mécanique appliquée à côté de la mécanique
pure; l'arpentage est, en réalité, l'application de la géométrie; mais
I le plus souvent, ce sont plusieurs sciences pures qui concourent à
former une science appliquée.
Il en est résulté qu'en ce qui conceine le concrétisme et rabslracliou, la science appliquée est plus concrète que la science pure, même relativement la plus concrète.
Si la science appliquée se rapporte souvent à la fois à plusieuri sciences pures, en même temps elle se relie principalement à l'une d'elles; c'est ainsi que l'agriculture appliquée la (ois la géologie, la botanique, la chimie et la physique, mais qu'elle est surtout l'application .itile de la botanique.
On peut diviser les sciences appliquées en trois catégories :
Sciences qui se rattachent à uue seule science pure ;
Sciences qui se rattachent à plusieurs sciences pures, avec forte prédominance de l'une d'elles ;
Sciences qui, en se rattachant à plusieurs sciences pures, y ajoutent un élément scientifique nouveau qui leur est propre.
On peut, d'un autre cûlé, les diviser simplement suivant la science pure à laquelle elles se rattachent principalement.
On peut les diviser enfin, selon qu'elles ont pour but de faire produire, de recueillir ou de conserver les productions de la nature, ou de les transformer, ou d'en créer de nouvelles.
I' Classement d'après la science pure principale à laquelle la science appliquée se rapporte.
cLASsificATion (800) 11
A la xooldgiu se ruppoi tcut , d'im c6lé, les arts incdicaut qui exigent ia ri^unloQ des sciences pures Buivantes : analomie, physioLogio, Ihèrapoullque, palhologîe, et accessoirement bolonique, pliysique, chimie; d'autre cûté, Iftil vétérinaire ; d'un autre, le domplagc et l'élevage, la pisciculture.
A la botanique se ialla<'lienl l'agricnllurc. l'horticulture, la sylviculture,
A la minéralogie, l'industrie minière, ainsi qu'à la géologie,
A la géologie, la même science.
A la physique, raêrostalion, les emplois do l'électricité, de la «rapear, etc., l'industrie des chemins de fer, de la télégraphie, du téléphone -
A l'astronomie, la uavigaliou.
A la mécanique, l'art de la construction des machines,
A la géométrie, l'arpentage, etc.
Enfin h toutes les sciences abstraites se rattache l'art militai plutiJl la science mililaire. Ceci demande eiiplicaliot)
La science militaire, ou plutôt l'état militaire, peut élre envisagêo| points de vue tout à fait différents, ou comme eKercice corporel, cl«l elle se rapporte aux connaissances de la première clas>e. ou commo école de discipline, et alors elle rentre dans l'éducation dont nous tiaiterons dans la classe suivante : elle peut se considérer aussi comme fonction, et à ce litre nous la retrouverons sous la rubrique dm sciences apphquécs de la volonté. Mais si on la considère comme science, c'est alors ici qu'elle doit se placer. La science mîUtaire est la réalisation, nou plus, du moins en généra), des sciences concrètes-abstraites, comme la physique, la chimie, si ce n'est pas dans des branches spéciales, la balistique par exemple, ni des concrètes, maïs des sciences abstraites, des malhématiques dont elle est la réalisation propre. En etTet les études militaires sont, par excellence, des études mathématiques. Nous y reviendrons un peu plus loin,
H en est de même de la marine qui y joînl la connaissauco spéciale de l'astronomie.
a' Classement suivant que la science appliquée tend seuletttenl à extraire ou à conserver un produit de la nature, ou à le trans' former, ou à obtenir mie création noufelle.
Les sciences appliquées qui tendent à faire produire à la nature sont, par exemple, l'agriculture, la pisciculture.
Celles qui tendent à extraire les produits naturels sont l'industrie minière, la pèche, etc.
iôs -
e tout fornic la prcinicrc calfgoTic,
;oude, celle des sdsncca qui traua for meut les oliJcLa ilc lu iiute,conipread,enlreauli-us, la niétallufgie.la meunerie, la boulangerie, felanocne, etc.. tous les métiers qui IrattsfonncDl les produits. ' La troisième, celle des sciences (jui créent avec les objets de la ri.ilure des objets nouveau» ou eu foui des objets adaptés aux usages le lliouiiue, reurenni: tous les métiers qui consistent à ouvrer, k un puintde vue quelconque, pourvu qu'il ne s'agisse pas d'un objet qui devienue d'ail ou de luxu. car alors on reulie dans la classe des art«. En foui partie la sculpture induslrielle, la teiature, h tissage, en un
it toutes les industries.
I n ne faut pas confondre avec les scieuces appliquées leii sciences aliséee; par exemple, les machines, en tant qu'elles sont nécessaires r Incarner et rendre tangibles les principes de physique, les ma- ^ulalîons nécessaires pour démontrer les vérilés chimiques sont de càcnce réalisée et non de la science appliquée. La machine pneukfttique, 1 électrique et leur construction ne sont que de la science plisée, reudue palpable, rien de plus; la construction dételle maine n'est pas de l'industrie proprement dile. de même que celle 1 instruments de musique, quand il s'agit du modèle, reste encore B art, de même (nic lart de l'acteur n'est qu'une réalisation de l'art ■ non son applicatiou.
i sens encore, ou peut faire des industries qui entrent appliquées une autre division, celle en ; ,\j l'industrie ïractive qui comprend: i° l'Industrie minière, a' celle qui consiste à ptlraire les produits sous-marias, 3° l'industrie saline; B) lindusf de transformation qui comprend: i' I industrie métallurgique, I Ift t&UIe des matériaux, leur polissage, leur écarrissage, ou l'action Q tes forger, de les combiner ou de les fondre; C) l'industrie construc- [ qui comprend : i" la construction des édiliccs quelconques, gisons, temples, tombeaux, fortifications, ponls et viaducs, navires, lemlns et machines servant à 1 industrie, l'îlais en dehors des industries se trouvent : i" l'art de recueillir les duilsdela nature, la pêche, lâchasse, etc.; 3° lart de les recueillir, bis en conservant les êtres qui les produisent, art pastoral, éle. ; 3° l'art de les faire produire, agriculture ; 4' 1 industrie ppremeiit dile que nous venons de subdiviser; 5' la science delà ■vigalion. 6° celle de la guerre, 7° les sciences médicales. PUne aériation historique a existé entre ces diverses sciences. Le
gAnTchuniaiDatlt'i Inppliquer: i-dans lintcrêt de se procurer la noutritiire. k vâlemeut cl l'abri, a" dana celui de se dMendro, 3* dans celui dd au guérir de U ma Indieei des blessures. Voici, quant au premier pcnntf la progrcsaion suivie. L'homme cliorcha d'abord la nourriture au moyeu do la chasse et de la pioche, soJl dans le pays habité, soit duu des pajBplu3lointaias.ee qui l'amenait à uae □avigaltoarudlmeotaite; puis il fit paitre les troupeaux qu il entraïunit dans sa vie vagabonde ; eaTin il se lixa el cultiva la terre. Le soin du vêtement et de l'abri ne se fit sentir que dans les pays Troids, el les cavernes naturelles lui servirent longtemps de maison. L'agriculture n'est donc pas primordiale, mais elle est antérieure h toules les autres industries,
D ailleurs, k l'origine, l'homme se nourrissait par les iriémes moyens que ceux qui servaient k sa défense : la chasse et la pèche sont contemporaines de la guerre.
tin somme, la classiGcation des sciences appliquées qui doit dominer toutes les autres est celle-ci :
1° Sciences qui consistent à détruire et à lutter contre l'homme ou la nature, soit pour se défendre, soit pour se procurer la nourriture ; ce sont : la chasse, la pèche, la guerre, la marine ;
a* Sciences qui consistent à recueillir les produits ou h faire produire ou à produire soi-même par la transformation des objets. Dans là première catégorie rentrent : l'art pastoral ou de l'élevage, les industries extractives; dans la seconde, l'agriculture avec toutes ses branches ; dans la troisième , les industries qui transforment ou celle» qui construisent ;
3° Sciences qui consistent à conserver, améhorer ou guérir ; ce aonl tes sciences médicales.
ISous allons nous occuper ici de la classification intérieure de l'uoe des sciences appliquées les plus importantes, de la science militaire. Celte science renferme diverses parties,suivant qu'elle suit des règles différentes et se propose divers buts.
Le premier, le plus simple, est de détruire ou de viettre hors de combat, soit par les àlessures, soit par la caplivilè, le plus grand nombre possible d'ennemis. Il se réalise par la lutte en rase campagne, par la bataille au moyen d'instruments appropriés, mais d'aboi'd à l'arme blanche ou par des projectiles à la main.
Le second but est de créer des obstucles à rennerai, ou, pour celui' ci, de détruire ces obstacles. Do lîi l'art des fortifications, des siège»' Les moyens appropriés d'allaque sont, outre les contre-travaux' l'émission de projectiles lancés à l'aide de machines.
I Avant riovenlion de la poudre il y est procédé par des instruments Qe balistique, parmi lesquels des précurseurs de celle-ci, en un mot par l'artillerie, de même que c'élait l'ioTnDterie qui faisait la guerre
Le troisième but est celui de con/enir l ennemi vaincu pour ne pas recommencer la lutte, et pour recueillir le Iruit de la victoire : c'est l'occupation plus ou moins prolongée, c'est la covquHe. Or. pour garder un pays ennemi, il faut y tenir des garnisons, les relier au pays vainqueur, parcourir rapidement le pays vaincu : c'est le rôle de la cai;a/fWp. Celle-ci sert aussi à guider la marche dans le pays qu'on veut combattre, à s'éclairer. Elle exige des hommes plus hardis qui s'avancent loin du gros de la troupe. Elle sert aussi à la
idiEmsive. permettant la lutte de tirailleurs isolés quand celle d'ennnble devient impossible. EUe constitue enfin la guerre d'escar< louches, permettant k tout instant de se dérober. I Plus lard, lorsque les iustrumenla se perfectionnent, ces buts divers I confondent et surtout les moyens appropriés : c'est ainsi que l'ar- Derie a passé de la guerre de fortification à celle en rase campagne ont elle décide aujourd'hui.
Certaines branches sont mixtes ; ainsi la science des retranchements dans un camp se rapproche à la fois du premier but et du second. Le camp retranché est ime sorte de place-forte.
La balistique était à l'origine une partie de la science des fortificatiODs ; la topographie est dépendante surtout de l'art de la cavalerie \ la lutte de V infanterie au moyen Age n'était qu'une escrime.
Dans un autre sens, la guerre est offensive ou défensive; dans un troisième, elle est étrangère ou civile, mais ces distinctions qui doivent se faire dans la guerre elle-même n'affectent pas l'art de la guerre qui reste le même dans tous ces cas.
La marine, par ses dangers, par les aptitudes qu'elle demande, par l'éloigoement du sol natal qu'elle implique, se rapproche singulièrement dès le premier coup d'œil de l'art mihtaire, avant même qu'on ait pénétré l'analogie de leur fonctionnement. Elle forme transition entre la lutte et le commerce. Comme la guerre, la navigation esl d'abord le seul mode de rolations, pacifiques ou non, entre nations. seulement elle s'applique â des nations non limitrophes.
La marine comprend : i* la marine militaire, j" la marine incir- I ckande, 3* celle à.' exploration. La marine marchande se divise oie en fluviale, de cabotage, de lonq-coiirs. Dans un autre sens, e est à voiles ou à vapeur.
ifflî
Iji bcienre tla In marine est trt^s complexe. Elle s'uppiiie sur une certaine qiiaDlilé de soicnces inathémaliques et de physiques, et se rappttrle aussi au cAmmerne. Les claaBÎfler en détail serait trop long ici. Jnslilloii* Keiilemant sa pince La miirine, miîme marchande, a d« commun avec l'art de la guerre, qu'il s'tigil ici de braver le danger, et non -seulement d'un travail propremenl dil ; c'est ce qui la dititlogue des autres occnp.itiori», soit industrielles, soit commerciales.
DEUXIRME CLASSEMENT
Classement d'après le milieu du temps
Il s'ugit ici, non des sciences, mnis des objets des sciences qui impriment une nouvelle rlassiRcation h i^elles-ri. On peut considérer ces objets eu eux-m^mes. abstraction faite du milieu, nu, au cODiraire, en rapport avec leur milieu, soit du temps, soit de l'espace.
Les objets des sciences positives considérés dans le milieu du (emps tombeut sous l'étude de l'évolution. L'évolittinn est Xhistoirp de ces objets.
Mais il faut bien déÛnir ce mol d'histoire. L'évolution n'est pas toute l'histoire, mais seulement l'histoire interne, involoutaire, celle qui ne se base pas sur un fait, heureux ou non, mais accidentel et contingent : c'est la transforma lion, lente ou prompte, des objets. Cela est si vrai que nous verrons plus loin que Vhisloire elle-même a ane évolulioji, c'est-à-dire un rlevonr. au milieu de Va^ir qui constitue l'histoire proprement dite.
Voici la terre, par exemple ; par la géologie et même par une partie de la paléontologie on essaie de reconstituer son histoire interne, ses transformations successives et ses révolutions. 11 s'agit alors de l'évolution proprement dite. L'élude de l'évolution se fait en prenant les objets, non individuellement, mais par masses, pour dégager une résultante historique. Cependant l'étude des portious isolées peut être utile pour arriver ii l'ensemble. Telle partie a été recouverte par la mer à telle époque, elle ne l'est plus depuis telle autre : celle observation est un auxiliaire de la science géologique.
L'histoire proprement dite ne s'applique qu'au fait humain ; elle n'est pas le fait humain considéré dans le milieu du temps, c'est la fait humain lui-même, en dehors de tout milieu, mais qui os peut être que successif, de même que la musique, comme noua l'&vc
l-ai
ne peut être que successive, de m^me qua le nombre, fondement de rariltimétique, est successif aussi, tandis que \a pdolure, tandis que j^ géométrie sont synoptiques. Il ne s'agit [tas Ik de inilieu.
Au contraire, l'évolution, la liansforninlion interne s'accom[)li886nt
ins le milieu du temps et sous l'ioUuencc de ce milieu.
Le milieu du temps envisagé pour les objets des sciences positives donne naissance à une science spéciale : celle de l'évolulion des objets jusqu'à leur naissance.
Si l'objet est la terre, la science est la géologie.
Si l'objet est l'homme en général, la science est la paléootolo^e.
Si l'objet est l'homme individuel, k science est l'erabryogénie.
Si l'objet est l'ensemble du monde organique, la science est celle de r&volutioa proprement dite.
S l'objet est l'univers entier, la science est la cosmologie et la Uiéodicée.
TROISIÈME C1.ASSRMEMT
Classement d'après le milieu de l'espace
II faut dire de t'espace niutalîs miUandis tout ce que nous venons [ ide dire du temps. Il ne s'agit pas ici de la place respective qu'occupent les êtres, objets de la science, tes uns par rapport aux autres, de leur habitai accidentel, ni môme habituel, ni de leur distribution géographique.
Celte distribution géographique, ou habitat, cousiitue ce qu'on appelle la géographie de la faune et de la Hore, la géographie minéralogique et une partie de l'anthropologie.
La place de celle science est ailleurs, parmi les sciences les plus concrètes, parmi les sciences individuelles.
Ici il s'agit de l'élude du milieu où se trouvent les objets d'une manière générale et constante, par exemple du milieu de la terre, de l'air. [■ des eaux et surtout de l'élber. L'élher est, pour ainsi dire, l'espace pur, sans aucune matière, et cependant il propage l'action des agents physiques et quelquefois des chimiques.
L'élude des milieux est une branche spéciale de la science ; le milieu de l'espace a une aclion sur les êtres eux-mêmes. 11 s'agît 1& d'une étude naissante.
Telle est la classIRcalion des sciences positives ou sciences de la «ature : en voici le tableau :
TABLEAU DE LA CLASSIFICATION DES SCIENefl