DEUXIÈME CATÉGORIE
Science positive subjective
Aucune science concrète ou abstraite, expérimentale ou théorique, ne peut exister s'il n'existe pas de certitude. Or, la certitude est relative à notre esprit ; rien ne nous dit qu'elle se trouve dans les choses ; si elle y est relativement à notre concept , c'est tout ce que nous pouvons demander.
Mais comment nous en assurerons-aous ? Par des instruments tout subjectifs, puisque la certitude est subjective. Quels sont ses instruments subjectifs î C'est, lorsqu'il s'agit d'objets perceptibles à notre sensibilité, l'instinct seiisible lui-même, l'impression ; lorsqu'il s'agit d'objets ficappant notre volonté, le sens moral intime ; lorsqu'il s'agit
d'objets percepliblcH par notre inlelHgence, le sens tnlelleclael intime, \' a perception et le raisonnement.
La science do cet inslmment, la science du raisonnement, est donc DÉceas^re et préalable aux sciences positives ; or, cette science, c'est la logique.
La science de la logique est purement qualitative, landia que les sciences positives objectives soûl loules quantitatives.
Dana l'étude de la logique, l'esprit de l'homme se tourne vers Inimâme. se réiléchit, s'observe dans son opération, et il ne peut se diriger utilement vers le dehors qu'après avoir pris possession de lui* Riâme ; aussi la logique est-elle très anciennement cultivée, souvent mal et outre mesure. Faute d'instruments objectifs pour étadier les sciences extérieures, on s'attarde à celle-ci ; on prend pied loin du réel.onpassedu subjectif à l'idéal, ou bien, après avoir trouvé le mouvement, le mécanisme de l'esprit, on le rend perpétuel dans le E«as découvert ; par exemple, ayant acquis la métliode déiiuclive, on s'en sert toujours, on n'en cherche pas d'autre, de là l'abus du syllogisme el de la scholaslique. Avant de pouvoir observer à l'extérieur, il a fallu d'abord rectiiier toute l'observation intérieure ; aucune science objective n'a. éié possible avant que la science subjective, li logique eût été retrouvée par la méthode Baconienne.
La logique renferme plusieurs parties, ou plusieurs méthodes bien distinctes :
1° La logique déiucdve, en date la première pour l'humanité, ia dernière pour l'individu civilisé. Elle s'applique uniquement aux sciences abstraites, en concurrence avec l'inductive, aux sciences abstraites-concrètes.
Il eu résulte que les fondements de la mathématique manqnenl sans la logique ; ta tSe:i la logique dé dîKtiveAQaas le syllogistne, et le théorème n'est qu'un syllogisme.
11 n'est pas étonnant qu'on ait d'abord voulu appliquer à tout la méthode déduclive ou syllogis tique, elle semble, en effet, une ressource universelle, et donne en apparence la certitude absolue dont l'homme a besoin et que l'inductive ne peut jamais fournir qu'approximative.
Là logiQue déductive est, en dernière analyse, \mt filiation descendante des idées. La majeure est une équation, la mineurela, seconde équation; la conclusion est une troisième équation i l'inconnue égale la valeur'Jirée des deux autres.
a» ta logique comparative. Celte logique compare des êtres ou des faits, non point encore pour en tirer un fait général les comprenant loua, mais pour les vérifier l'un par l'autre. Cette méthode e^t applicable aux sciences contingentes et morales, et se trouve à la base du témoignage. En devenant plus abstraite, et en recherchant le général, lon encore dans les phénomènes, mais dans les et tes, elle aboutit à la location. C'est la filiation collatérale, 3° La logique induclive. qui est la filiation ascendante des êtres idées, recherche à la suite de nombreuses comparaisons faites ce qu'il y a de commun dans les êtres comparés, ce qu'on peut en abstraire, et arrive par les phénomènes auï lois même de la □ature. Sa base est Botide, elle a l'avantage et l'iuconvéDJent de s'élargir à chaque instant, l'avantage, parce que cela la rend plus solide, rinconvénieni, parce que cela peul iaîre varier ses conclusions, mais toujours dans un sens plus rapproché de la vérité. C'est elle qui a créé la science moderne.
Parmi les logiques la déductive s'applique surtout aux sciences thématiques, l'inductive aux sciences physiques; la comparative ou latogiqueaux sciences humaines.
A côté de la logique, il (aut ici placer, ou plutM il faut comprendre en elles comme des sciences spéciales, i° celle qui consiste à poser les règles spéciales à chaque science, non pas à colles de la science qui sont cette science même, mais celles qui doivent guider dans son étude, a" la méthodologie, ou science qui règle l'ordre et la manière d'aiîptendre chacune d'elles.
La situation de la logique dans la classification a été vivement discutée. Les uns lui font une place en tête des sciences humaines et sociales, la logique étant la racine de la philosophique; d'autres la innent à ce titre parmi les sciences mathématiques : d'autres, comme ■, la rangent à côté de la mathématique elle-même, celle ci étant titative et la logique qualitative. Tous reconnaissent cependant le la logique est le fondement de la mathématique elle-même, qui is elle serait dépourvue de certitude. Cette dernière reconnaissance idique la place vraie de la logique. Elle doit être en tête de la malhélatique et des autres sciences exactes, comme nécessaire à celles-ci comme plus compréhensive,
La seule objection qu'on puisse faire à notre classement, c'est que la logique peut sembler aussi un fondement des sciences humaines et ■ociaies. Il fautrépondre que la logique proprement dite, la déductive,
j csl complètement clrangtre, puisqu'elle y est remplacée par une logique spéciale au monde de l'action, et qui a son évidence pi-opee lu morille, de mâme qu'eu fait d'arts cl de littérature elle est reprè. sentêe par l'esthétique qui u'est qu'une logique spéciale.
Telle est la classification des scienceis positives, ayant pour objet le frai. Passons maintenant à colles qui pour objet ce qui est situé visà-vis du vrai, Virtlelligence en elle-même.