SCIENCES PHILOLOGIQUES
La philologie peut se définir
Ih
■nce des tangues, mais ^
peut descendre j'usqu'à l'art dti langage, \^ mot ail élaiit pris daus le sens de métier. Ellu comprend, en ellet : i"Ia linQuislir/ue prapreinent dite qui consiste à connatlre, soit les langues d'une faniilie, ïoit inéme l'ensemble des langues coanue^, dans le premier cas pour en decoui'rir les lois spéciales, dans le second et le Iroisième pour en rechercher les lois communes el les rapports, soit étymologiques, soit grammaticaux, et tes lois de ces rapports ; a" la philola if qui n'étudie point les lois des langues, mais qui étudie celles ci aupoinl de vue littéraire, pour lire et apprécier les productions de respiil faites en ces langues el dont l'impression eist inhérente au laugjge lui-même el ne peut s'en détacher; c'est dans ce sens iiue le lutin et \e grec ont été longtemps étudiés et le sont encore dans I înaliuclioii scolaire; il s'j joint Va\iia\Bg6 d'une gymnastique inlellecluflle ; 3° le polyaloUisme ou gloUisme qui consiste à apprendre une ou plusieui's langues, pour s'en servir comme d'un instrument ; dans ce but, ou doit uoa seulement lire et écrire, mais aussi parler la langue dont il s'agit; à cet ordie d'idée se rattachent les essais de langue uni- \ei'selle ou iutenialionale. La philologie est limitrophe de la littérature.
La philologie proprement dite fait seule partie des xcieuces conciétes du fail humain ; la linguistique est la même science, mais ciiusîdéiaal le langage dans le milieu du temps et de l'espace, tandis ipic le polygloltisme est lu même science appliquée. Cependant pour IK- pas nuire à l'exposition du sujet nous traiterons ici à la fuis de la ]iliiliilngie et de la linguistique. Mois il laul se garder de les uoul'uLiilie. La philologie étudie de simples faits huinaius. la linguistique le devenir humain qui en résulte dans une certaine classe d'activité.
biuis chacune de ces branches il existe des divisions, par exemple, eiitie l'étude du langage normal : de la prose, et celle du hiiigiigc tmeptionnel et rjlhmé : de lapoésie; mais cest à propos de l'euiUranchement le plus important, la linguistique, que nous ferons ces disliticlions.
La \iiigiiiai\que proprement dile est esseutietlement lu science des /u/ff et des lui» dj l'évolution de l'expression de la pensée humaine el du st'iilimeut humain.
. lai -
Celte cxpressiun n'a pas lieu seuleiaoïil pur la fiarule, mais aussi par l'écriture et par le gesle. La parole est le seul instrument acoutUque ; le r^esteelléciilure soaldea iastr\iin^aU optiques. DclJi le premier graoïl I embranchement : l'expression de [a pensée et d» seaU'menl par no m aeotixtique : la parole ', 2' expression des m^mes par un moyen , opliipie ; ici il y a subdivision eu; l'iustrunieut optique du gesW. 3°îns- Iruraenl optique de Virrilure. Ces troi^ moyens coexistent toujours dans une certaine mesure. Ils sont d'abord indiipendanls, l'écriluie n'a auruu rapport avec les sons dans le système Iiicroglyphique, elle pfintilireclement les objets, plus tard ce rapport s'élablit successivement par l'écriture ijinbolique, la syllabique et l'alpliabètique.
La linguistique se divise donc d'abord en : i" mimique. 3* linijuisliquc proprement dite, > graphique.
La liuguialJLjue proprement dite, c'eat-àdire rocale. emploie la l'w.r ilans ses deux fonctions diverses, celle de la parole et celle du chant et originairement celle du cri. A )& parole appartient plus spécialement l'eipressiou de iapensée. elle devient la prose. Au chani revient l'expression du sentiment Mais le chant, quelquefois laissant sa couleur, ne moutre que son dessin, ne conserve que le rythme, la mesure, non les inlanations. Le chant dépouillant son caractère essentielleiiieut musical devient le vers. Il n'est pas nécessaire pour cela d'admettre quGi tout vers ait été d'abord chanté ; c'est la mesure abstraite du chant qui est venue quelquefois s'appUquer directement à la prose el In transformée.
De là celte grande division de langage oral en /^/c*f et en c^ca'.
L'éludede la première constitue la Unijuislique dans un sens de plus
en plus spécial; l'étude du second constitue la métrique ou rythmique.
Considérons la linguistique ainsi restreinte. L'étude de \a prose
consiste: l'en cetlei/unelungue seulecousidéréeeuelle-méaie, de ses
L règles, de ses lois, de ses applications; 3° eu celle de plusieurs langues
I apparentées, de manière à découvrir les lois communes, el enTin leur
v^r&p^rt généalogique ; 3" eu celle des langues non a/>/ja'vni^f a, ou même
fiaVuniversalité des langues, pour y découvrir, non plus une parenté
I généalogique, mais les divergences, et surtout les ressemblances basées
f,aur des racines logit/aes ou physiologiques.
D'où: 1° linguistique consistant dans les lois de constitution des langues isolées : a* linguistique consistant dans les lois de filiation des langues apparentées; 3" linguistique consistant dans les lois de discordance et de concordance des langues non apparentées.
La linguistique des langues prises isolément comprend trois
grandes parties : i" l'éUide dea phonèmes ou phonétiijue ; a" celle des formts ou morphologie ; 3' celle des catégorieB, de lo filiation, el de l'ordre des pensées, partie împropreraenl nommée syntaxe et que nous appellerons psychii/iie du langage.
La phonétique, comme d'ailleurs les luitrea division», est slatiqat on di/namique. A l'étal slalïqne elle étudie les sons OU mieux les phonèmes, en eux-mêmes et isolés ; i l'état dynnniit/ne elle les suit en leurs rapports et en leurs actions et réactions réciproques : enfin i un état qu'on peut appeler s/aWco-'/ynamiçiie elle observe leur vie el leur aclivilé à l'étal isolé, ou abstraction faite des actions et des réactions externes.
l,a phonétique statique étudie, à l'élat d'isolement, non seulement l'atome phonétique le plus simple, maïs les diverses unités phoniques : le phonème, les syllabes, le mol, la proposition. Dans le phonème elle observe successivement ; sa tonalité, son accent, sa durée ou mesure.
D'un autre ciité, elles les recherche, non seulement dans Vorr/ane producteur de la voix, mais aussi dans Yonjane récepteur de Vouh.
La phonétique dynamique étudie les actions et réactions des phonèmes les uns sur les autres, et aussi celles des unités phoniques sapérieures et celles des divers éléments du phon-'^me les uns sur les autres ; en particulier, celles de l'accent sur la tonalité, do raccent sur la quantité, de la quantité sur la tonalité. Lorsqu'il s'agit <ta l'action de diflérenls phonèmes les uns sur les autres, on distingue celte action à contiguïté ou ï distance.
Elle s'occupe aussi de l'action âes/acteurs externes sur les phonèmet, soit qu'ils soient naturels, soit qu'ils dépendent de la volonté de l'homme.
La morphologie est l'étude des foimes de la langue, c'esl-à-dire des mots, desquels n'est plus absente la signiâcatiou, commedans la phonétique ; cependant ce n'est pas encore le sens des mots, ni les relations en elles-mêmes qu'on étudie, mais les mots seuls, tels qu'ils sont préparés pour recevoir le sens. La morphologie est le terrain de rencontre de la phonétique et de la psychique linguistique.
La morphologie se divise, comme la phonétique, en élude des mots à l'état statique ou à l'état dynamique.
L'état statique a Irait k la formation des mots sans relation entre eux, l'état dynamique à celle des mots constituant la proposition dans leurs rapports, celle statico- dynamique à celle de deux mois is olés, d'où : i' la morphologie lexîologique, a* la morphologie délerm. 3* celle des relations.
lA morphologie statique OMUxio{f>giquc ctiidiedDosle mot isolé: t'ia (0(/ie el ses LTûissauces ; a° ta mtn/on de (leuï racini-s ou composilion : 3" la xubordiniUlnn eulre elles do deux ou pliisicura cacities, ou ilérivatitin.
La morphologie slalii-o-dynamiriue ou de délenninalmn esl celle qui il L à expcimer la relalion, par exemple du ijénilif, de même l'accord ' ulre le substantif et l'adjectif.
La moipholo^ie dynamique, ou de relation, de beaucoup la plus importante, observe les fomies qui servent à lexpressiou des relations lie mot a mot, de mauière à constituer une proposition entière. Queljiicfois celte relalion se marque sur un seul de ces mots, quelquefois sur MiL-uu, el alors l'ordre de ces mots suffit pour indiquer cette relalion, :.i est sur \& morphologie dynamique que se fonde la principale ciasstjiciition des langues, où, comme nous le verrons plus loin, on distingue: l' les laogues isolantes où l'ordre seul marque les relations et conslitiie l'unité de la proposition: a" les langues agglutinantes où les relalioQs s'expriment par un mol spécial h. ce destiné, le mot vide ; 3° les kmgues flc.riunneltes où ces relations se matérialisent par une modiliouliou inleruc du mot, quoique le moi /leMoniiel soit souvent détourné de son sens vrai.
La morphologie dynamique se divise donc en : t ■ expression des relations par l'ordre des moU, j° expression par les mots vides, el 3* exprès- ?ion par modilication phonétique interne.
Dons des unités supérieures elle établit par ces divers moyens les lâlations. non plus entre les mots, mais entre les propositioua ellesmênies.
srphulogie dynamique n'étudie pas seulement les rapports ol ■ actions entre les mots qui se rencontrent dans la phrase, mais il ceux entre les mots qui ne sont pas en présence. 11 s'agit alors I la lutte pour la vie entre eux. Une des armes principales de celte pte est l'analogie.
Iq^q les mots ne sont pas seulement soumis à leur action et h leur KctioD réciproques, mais aussi ^ celle du milieu ambiant, ycompris bclîon capricieuse do la volonté humaine.
mLa psychique linguistique, communément et improprement appelée •ptaxe, s'occupe des idées en tant qu'cxpreasibles par le langage ^maisnl se marque le génitif ou l'accusatif ? C'estde la morphologie, 'est-ce que le génitif ou l'accusatif, el comment %' emploie ni- ils ? st de la syntaxe, ou mieux de la psychique linguistique.
Ct^SMFlCATlOS (300) l3
La psychique liaguislique étudis les divers concepts à traduire par le langage, soit à l'état statique, soit à l'état slalico-dynamique , soit à Vélat dynamique.
La syntaxe à Vétal statique est relative aux idées séparées, sans relation encore entre elles dans la proposition ou penaée : c'est la sémantique ; elle comprend l'observation de l'idée en olle-raôme, puis des compositions d'idées, puis de ta filiatiou et des dérivations d'une Idée. Cela correspond à ce qu'est en morphologie l'étude de la racine, celle de la dérivation el celle de la composition, La eémantique ne peut étudier les idées qu'en lant qu'elles s'expriment, et seulement sur les mots, mais' alors elle observe ces mots, abstraction faite de leurs éléments phonéliquca cl morphologiques, C'est ainsi qu'un même mot, sans aucune modiScalion phonétique, exprime peu à peu, par la filiation, des idées de plus en plus divergentes. S'il s'y réunit morphologiquement un mot, une préposition, par exemple, à un verbe, la divergence augmenle encore, si bien que l'idée première finit par ne plus être reconnaissahle.
La syntaxe i l'état ^/«(/co-rfj-fiffmfçue est relative aux (//iiiT^ejca/ei/mM des idées et à leur passaire de lune k l'autre catégorie Elle dislingne l'idée verbale de l'idée subslantîve et de l'idée adjective. Elle établit, en outre, les divers concepts accessoires de chaque catégorie d'idées, par exemple, dans les substantifs, ceux du genre, du nombre, de la dépcndancegénilive; dans les adjectifs, l'accord, la comparaison; dans les verbes, les modes absolus, les temps, les voix ; dans les particules enfin, les fonctions de détermination. Cet état statico-dynamique est celui de la détermination. Bien entendu, il ne s'agit plus icid«U manière dont ces diverses catégories el ces divers modes s'expriment, mais de ce qu'ils sont en eux-mêmes avant d'avoir trouvé leur mode d'expression.
La syniaxe ou psychique linguistique à l'étal (/}'ria»i<Vy(ig étudie tes relations entre les idées, de manière à ce qu'elles forment une pensée, et les relations entre pensées de manière à ce qu'elles forment un logismeouun conglomérat de pensées, le tout correspondant au mot, à la proposition et à la phrase en morphologie, et aussi l'ordre entre les idées, d'où lui est venu le nom de syntaxe ; elle les observe succâssl' vement dans la catégorie verbale, dans la catégorie substanllve, dans l'adjective, etc., etaussisuccessivcmentdanslaproposition simple, dans la phrase, dans des uni tés psychiques de plus en plus compréhensivea. A létal dynamique appartiennent la théorie des cas, celle des temps et des modes relatifs. Enfin elle étudie les influences, non plus d'unfl idée présente sur une idée présente, mais aussi celle d'une idée al>seal4
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suruoe idéepréseole, cequi implique la lutte pour la vie cnlre lenid^s et l'élimination des unes parles nuIres.Son dernier terme est l'observaîon de l'iofluence que poasèdeni sur les idées cl les pensées les autres irlies do la liogidalique, de la morphologie et de la phonétique, et :s agents plus extérieurs, mais ambiant»^, les milieux du temps, b lieu, de la race, et aussi la volonté volontaire de l'homme. I L'étude et la ompanmon des langues apparentées est la seconde hrtiede la linguistique proprement dite.
■ Cette étude comprend l'observation successive do ces langues : ' En qualité de langues ascendantes, de langues culminantes et de
Ingues descendantes ; en d'autres termes, dans leur double processus, mîniégration, de désintégration, de réinfègraliim, chaque langue, tout n évolution propre que dans sa génération d'autres langues, ftrcourant ces trois étapes :
■ a" En qualité de Ua^ues synthétiques ou de langues anatyliques, 1 d'elles passant aussi par ces deux étapes ;
13' En qualité de langues subjectives ou de langues objectives ;
l'Ea qualité de langues /ormeWfs ou de langues non formelles ; l5°En leur qualité de langue dominuntes ou de tangues suborannèes ou dialectes ;
I d* En leur qualité de langues mortes ou L-ivanles ; 17' En celle de langues civilisés ou incultes ; '8° Enfin et surtout au point de vue géuéalogique, en leur qualité de kigues parentes, soit en ligne directe, soit en collatérale, soit de Éigues alliées ; à l'alliance se rattachent l'hyhridité, le bilinguisme et I combinaison.
■La troisième partie de la linguistique proprement dite est l'élude de ' fomparaison des langues non apparentées entre elles, elle conalilm.' I linguistique /n/f^ro/e: c'est une science de date très récente. iLea divisions dans celte étude coïncident avec celles de la Jassification des langues.
■1,8 classificalion des Idiifjaes est, ou enlièremenl objective, répondant |etir nature intime et à l'ensemble de leurs phénomènes, et corttpond à ce que serait une véritable classificalion naturelle en botau en zoologie : c'est une science réservée à l'avenir ; elle Eut cependant être des aujourd'hui tentée au moyen de la snbordinaun des caractères ; ou seulement subjective, et alors elle n'est que par-
ille, se plaçant successivement à tous les points de vue dilTérenls, I La classificalion subjective des langues se lait, soit au point de vue Bonétique, soitau morphologique, soit au psychologique.
— iM
L'i division au [loiul ilu vuu phonétique dislingue surloul. 1 inonoayUabiqnns , les dhsylldbi'jaes, et les trUylliiblques.
Celle au point tlo viio iisychilogique dislingue : i" les laugues furinetles, le» XMafurmdtes, les concrètes et les abstraites, les sabjeclii-es et lc3 olijeclwes. Les langues qod formelles sont celles où il a'y a {Ku de dislluctlQu iiellu : i* entre les diverses porlies du diecoura ; 3" entre les coucepls de relations ; a" entre ceux de déterminatioa ; pat exemiilc, le .Hubolanlir) tait fonction do verbe. Les langues concréUt sont celles où l'on individualise et actualise les âlres d. les uctions, par exemple cUcx les peuples où l'un ue peut dire (jue mon frère, ou fait /'rèrc. et jamais /e fri-re d'une manière abxirailf. Les langues fl>6jecltves sont celtes où les relations ne peuvent s'exprimer que par un sur le prunoiu.
Enlin la division au [wiat de vue morphglogique distingue ; i" les langues isolantes où l'expression des l'elations et des délertnins lions ue se fait que par des mots de subslance et par {'ordre entre ces mois, cetordre étant, d'ailleurs, tanlùl enveloppant, tantôt développant ; a* les langues à mots vides, où ies relations se nxarqueul par des oiflla vides, tantôt séparés, tantôt agglutinés, tantôt soudés, et d'un aud-e côté, tantôt préposés, tantôt poslposés, tantôt infixés au mot plein, 9l dans un troisième sens, tantôt modifiant pbcmétiqucmenl le mol plein, tantôt modiliés par lai ; 3° les langues à l'arialion vocaligue on à accord, dans lesquelles les relations s'expriment, tantôt par une mulallon vocaiique interne, tantôt par un accord phonique entre les mots on relation.
\ côté de la linguistique qui s'occupe de la prose se ti^iuve la ryllimique qui étudie le vers.
La rytliiniquc possède aussi sa partie phonétique ou prosodie, sa partie psjctiique qui constitue un rythme psjchlque, et surtout sa partie morphologique qui est la versiQcaliou.
La rythmique étudie tantôt la versilicuUoa d'une langue, tantôt celles de diverses Ianguesapparenlées,lanlût celles do langues nonapparen> têes : c'est la rytlimique générale qui cherche à découvrir les lois méoM* du rythme.
La rythmique d'une langue isolée dans la partie morphologiquo
ou versification étudie successivement les diverses unités rythmique»
qui se contiennent les unes les autres : i" le pied, a* le métré. 3" 1'
misticlie, 4 ' le vers, .V le distique, 6* la strophe, 7" le poème.
Dans la construction d'une quelconque de ces unités, daos cel
— lOT ■
K'Vers, par exemple, elle envisage: i' lfia^/(<nicfjr.t des vers, qui sont 1 tADl&t la phrase, taiilûl le mol, lantût la syllabe ; -j' le temps. 3" le lieu. I à" eoûa le mouvement, <jui, opérant dans ce cadra, forme l'unité rylli- ("juique.
Dans la syllabe, nn particulier, elle examine suc-cesBivcreienI ses qualités rythmiques, l'IVieccn/, a' la quanli'h', 3' la Umatilé.
Dans le temps elle observe surtout les divinions du temps, et le moyen de rendre ces divisions sensibles par Vicias.
Dans le /'Vu, elle étudie la symélrïi- cl le retour des mêmes phénomènes h la même place.
Eolîn dans le mouvement elle observe les diverses sortes d'harmonies qui naissent de la combinaÎBon de la force vive et la pusanleur, soit de la force de dissiniilation et de celle d'assimilation.
Noua avons classé eu dehors de la linguistique proprement dite la f/i-aphique el\a mimique. Celte dernière ne demande pas une plus longue attention. La graphique forme, au contraire, une branche importante. Dans l'intérieur d'une même langue elle constitue la paléogi'aphieet l'épigraphie suivant les cas, mais il existe une gr[ipbique comparée qui fait dériver les écritures des différents peuples les unes des autres et en étudie l'évolution. Elle ramène aussi l'écriture alphabétique k la figurative antérieure, Enfin elle recherche dans la sténo- ^^ graphie la graphique universelle el rapide, de mêmeque certains lin- ^K^uistes cherchent à créer une langue internationale.
- Science commune.
Science religieuse.
Pour nous, religion el philosophie, au poiut de vue de la classification des sciences, se louchent do très près. Non seulement la religion est imc certaine philosophie, ce qui est incontesté, mais aussi la phi- Inxophie est une religion. Elle en a tous les caractères : l'âpreté, l'exclusivisme, le dévouemenl el l'entliousiasme. La philosophie matérialiste elle-même, dès qu'elle devient affirmalive el dogmatique, par exemple, dans le transformisme, est une religion. Il en est de même du po.iitiLiii'iiie . en ce qu'il proclame l'impuissance actuelle de la raison.
Cependant, elles sont dislincles, tant par l'époque historique où
rMvs nnl apparu et le stade d'évolution auquel elles correspondonlT^ ()ue pnr leur procédé diuvesligalion.el nous avons cotnpiis m' la religion dans les sciences communes concrètes ; a' la philosophie metsphysique dans les abstraites -concrètes, 3* et la philosophie positive dans les abstraites. Mais nous ferons ici, comme tout â l'heure pour la philologie, nous les réiiniroos pour la consmodité de l'exposiliou.
Quelles sont les grandes divisions de la science religieuse-philosophique? Cette division est historique, nous l'empruntons à Auguste Comte qui l'a très Lien exposée.
Elle renferroe. en elTet, trois périodes ; i" la Ihéologiijuc, a' la tnélapliysique, 5' Vexpfrinii-ntiile ou positive.
■ Forme Ifiéoloijiguc.
L'c'IU'k fhèiiloiiiijue a été successivement l'objet d'une faveur. d'une <W/atif((r outrées, f'uiconquc s'occupe sérteusenieni de rechei l'origine, la nature et la fin de l'homme, est digne du titre de scit quelle que soit la méthodequ'il emploie, si cette méthode est d'e avec les perfectionnements qu'a requis alors la pensée humaine. certain que la diversité des religions lui tire de l'amorité. Mais est-il pas de mpme de la science juridique en présence des lé^ lions contradictoires ?
La théologie renferme ; i" une partie dogmatique, a' une autre morale, 3' une aulre mythologique ou légendaire. laqueUla ia. personnalise ot coDslitue le culle exlérlenr.
C'e:t cette dernière partie qui est la plus ancienne ; c'est de ce fondi personnel, individuel, que par abstraction sont dérivés d'abord la morale, puis le dogme. Lorsqu'une religion se dissout, la marche descendante se fait en sens inverse. C'est d'abord le dogme qui s'e[Ta<:e. puis la mora/e particulière. C'est le culle eitlérieur qui persiste le plus longtemps.
Ainsi se décompose chaque religion séparée. Si on les compare les unes aux autres, on arrive au même résultat. Dans le groupe du monothéisme, par exemple chez Ips Juifs, la religion consiste en observances, en cérémonies extérieures; elle devient déplus en plus dogmatique chez les chrétiens; enfin chez les protestants, elle est exclusivement morale. Si nous comparons au monothéisme le polythéisme et le fétichisme, nous remarquerons que c'est celle dernière religion, U plus ancienne, qui lient le plus aux cérémonies exlérieures,
D'au la religion théolo^que se classinc ainsi : t° culle. a' dogme, 3" morale. C'eal la morale qui esl le plus élevée ; c'est par ce poinl que les religions communiquent entre elles.
Diviser l'étude de la religion théologi^ue, ce n'est pas classiGer les diiTérenles religions entre elles ; cette dernière division, nous l'avons déjà faile ailleurs. Elle comprend : i* le fétichisme, a* le polythéisme, 3" le monoUicisine, qui se subdivise en : t" mahométisme, a' christianisme. Celte division concerne la sociologie.
Mais chaque religion, outre qu'elle comprend ces trois domaines : i" culte, a' dogme. 3* morale, comporte aussi, dans un autre sens, une division interne très importante.
La religion évolue dans toutes ses parties, non seulement en ce sens qu'elle se forme, croît et décroît, mais en cet autre qu'elle fait souche et donne naissance à des reUgions nouvelles, apr^s quoi elle peut périr ou survivre concurrenmient. Le phénomène qui s'est produi t dans la Hngwistiqiie se renouvelle ici.
Une religion.d'abord une, s'est différenciée sous l'influence combinée du temps, dn lifii et de la race ; elle produit des religions nouvelles qui
fôrent de leur mère, soit par le culte, soit par le dogme, soit par la lôrale.
a diUérenciation quant au culte est la première à se produire ; elle
►our principal facteur le lieu ; elle consiste dans un schisme ; c'est psi que le schisme grec a atteint des races différentes, mais ayant
lites les habitudes de l'Orîenl ; le culte est même resié divers chez les Orientaux orthodoxes.
La différen dation quant au -dogme se produit presque en même temp.s , mais croit peu à peu en intensité ; le temps l'amène ; l'arianisme était relatif surloul au dogme ; il régna dans différents pays, mais seulement h une certaine époque.
Enfin la différenciation quant à la morale, la plus importante de toutes, a lien sous l'influence de la race ; toutes les races germaniques sontprotestantes, sauf une petite partie de l'Allemagne dn Sud ; toutes les races latines sont restées catholiques, sauf quelques villes de la l''rBncc méridionale. Les confessions protestantes sont diverses par leurs doctrines, reliées par leur morale.
Va catholique lui-même ne peut nier que la religion chrétienne ne ^t fille de la religion juive. Celte dernière s'est dilTérenciée à plusieurs Bloques ea chrétienne et musulmane, pour former ensemble la Irande famille monothéiste. Le christianisme est né par différenciation