LA MORALE
Cette science est lu morale.
Elle est subjective, parte qu'elle est relative à l'homme, clairement qnc pour lui, suppose mâme dans certaines de ses ] comme condi lion d'exercice des organes corporels dont l'emploi ; de plus des actes qui chez l'homme sont essenliellenj immoraux sont indilTérents chez les animaux. La morale n'it^ d'objet qu'elle appréhende, situé à l'extérieur, comme les scia sociales qui ont pour objectif la sociélé des autres hommes. \ s'étudie et se règle elle-même.
,1/aw elle sert aussi de règle el de contrôle à toutes les scîencei^ ciales, parce qu'elle ranferinc certains axiomes qu'on peut 1 appliquer. Comment recoanaltre ces axiomes de morale ? Par UQ sens intime qui nous indique, non pas absolument sur tous points, qui; cela est bien el ceci mal. mais qu'il y a entre le bien et le mal una différence profonde. La morale est non seulement une science, mal» aussi un crilerium dans l'étude des autres sciences sociales. Il en étail de même delà lorjiqae visà-vis des sciences positives . Cn cniK,\\\im qui se manifeste dans la morale vient de In conscience , non dans l'accei»lalion scientifique, mais dans celle vulgaire do mot, en entendant par là ce sens intime qui nous nu«r/ilde cequi est bien el de ce qui est mat.
Cela ne veut pas dire que cet intérêt soit invariable, ni même sVIc, puisqu'il est d'ailleurs subjectif. Est-ce que la polygamie n*es( p» permise parla conscience che2 beaucoup de nations, voire même la polyandrie, et dans un autre ordre d'idées le cannibalisme ? Est-ce que pour d'autres consciences le divorce, le mariage même n'est a défendu ? On voit que le critérium n'est pas un point fixe, Cepeu
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1 ne l'empiiche pas du servir le crilenum. Il esl pxe, ua slade do pitlgation étant donnù, Il an «e déplace pas soûl, mab «eulcoient c ce stade lui-même.
ti est de mdiiie (le l'éloilc polairo pour uotre pUnèle. Ell« peut bder silremenl le navigateur. CopcDiIiint esl-ellu lixeSY a-t-U des oiles réellement fixes ? L'astronome lêpood négali veinent. L'aie du \pnde Ëe dépliice, mai» al lenleiiieul que pendant bien des siècles on ml le consîdt^rcr comaie fixe.
BOn disliogue souvent les sciences inaraUs des sciences sociales, urne si elles apparlenaieut à deux branches diDérenlea. C'est une ur. Le /nom/ et Ip uni- in! ne font qu'an. C'est delà société elletan que vieni la caractérisalion des actions, on est bou ou mauvab ^ours emera quelqu un : il n'y a donc dans cet ordre d'idées que B sciences sociales; mais le sentiment du bien et du mal peut se tunier sur lui-même, se rt'Jîichir. au lieu de se mouvoir vers aub, et s'étudier : sIojh le social devient le moral propccmeut dit, dont cîeiice est subjective.
1 morale, comme toutes les sciences autrefois enfermée dans la Rlilosophie, a subi trois étapes d'évolution, et conserve encore trois élcils. Elle est : i° ihéoltifjiqw, a" métapfiysîijae, 3* indépendante.
Mais dans ses trois étals, il ne faut pas faire entrer dans son domaine les questions do libre arbitre, fatalisme ou détermiulsuic, qui appartiennent k la psychologie, à propos de laquelle nous en avons traité.
ion domaine propre est la définition, la recherche et l'application K ce qui est bon, par contre de ce qui est mauvais, et la classijtcalton j actions ou habitudes bonnes et mauvaises.
parce point, elle donne des réponses qui varient suivant chacun de \ trots états.
fi morale Ihéologi'jue déliait Is bien : ce qui est commandé ; le mal: ce ï eat défendu.. Sans doute, ce qui est détendu c'est, entre autres, le J naturel, mais la défense s'étend bien au delà. Ce qui est fâcheux, bt qu'aucune dilTércoce de degré n'est bien nette entre le naturalleoit mauvais et le défendu, de sorte que l'inobservancede certains us préceptes qui peuvent être utiles est sanctionnée d'une manière iQ, et tout autant que le véritable crime. C'est là le point faible ilfl morale religieuse.
D'un autre côté, la morale religieuse diffère des autres par le mode, Ittensité et la durée de la sanction. De même que le commandement
} CLASSIFICATION [.3oo) 17
a été exUrne. veoo plat&l du dehon qoe de U conscience, de même la punition esl matcrieHe et externe : elle coastilae Is justice sodale an delà de la vie En outre, celte punition 1res intense dépasse l'intenûtè de la faute, el s'élend dans beaucoup de religions à toute l'étemilé. C'est un autre /''•inf f-iHAe de celle morale, parce que le délinquant est ainsi conduit au découragemenl. et que, s'il conserve la vertu, c'est sous l'cmpiredune sorte de terreur qui atténue le mérite de ses actions.
Enfin, pour appliquer celle sanction et envisager la moralité de l'homme, la morale religieuse ne considère qu'an seul moment, le dernier ; jusque-là. l'homme peut réparer la faute par le repentir, ou perdre le bénéfic;! de toute sa bonne conduite par une faule ; un seul instant fixe tout : l'état de grâce est requis à la mort seule Cette doctrine est le contre-coup de celle qui en psychologie reconnaît le libre arbitre absolu el capricieui Ici encore la morale religieuse prête à la critique : le caractère. la probité ou même l'hértdsme accumulé n'a plus aucune importance, tout dépend d'une action, et l'homme, espérant être averti de la fin de sa vie par quelque circonstaDce, ne croyant pas à une mort probable, au moin^ pendant la jeunesse, peut se livrer au vice, avec larrière-pensée dune pénitence en temps opportun.
Tels sont les vices essentiels de la morale religieuse. Il faut reconnaître, par contre, qu'elle les rachète en partie, en donnant à la moralité une excitation puissante et une grande force de résistance dans les circonstances extraordinaires. Les martyres subis successivement par les catholiques et les protestants pour ne pas renier une coDviclion en sont une preuve éclatante.
La morale mélaphysi(iue donne du bien et du mal une déHnitian tout autre. Le mal n'est plus ce qui est défendu ; le bien n'est plus ce qui est permis. Ils existent en dehors de toute défense ei de tout commandement. Quel est alors le critérium entre le bien et le mail Les écoles diffèreat dans le détail, mais leurs théories peuvent se réunir en ceci : le bien, c'est le projrès, l'augmentation des forces physiques et morales de l'homme, el lorsqu'il y a lutte entre ces forces^ la préférence est donnée à celle qui est supérieure. Il en résulte que le bien dinère essenliellement, d'uncùlé, du commandement; d'autre côté, de V utile. Quel sera ]c critérium du proi/rès ? Comment se ftûlil que ce qui esl le Lien dans un pays ou dans un temps soit le mal dans un autre pays ou dans autre temps î La morale métaphysique répond
■ »ït —
!iit rine la morale religieuse. Ce criieriiim lo trouve dans l'ot humain lui-même, un sens spécial dépendant dola volonlé lui I connaître le bien et le mal au moment où elle ai^it : la voIonU a liscience directement du bien, comme VinlelUijcncf a conscience du bi. et la sensibilité conscience du beau. Ce sens intime esl ce qu'on Sicile vulgairement eonxr.ienre . Comment se lail-il alors que celte nscieuce varie suivant les tiommos? Parce que son principe est le progrès, mois que son point de dépait diflurc L'ii liooime fait il partie d'une nation qui tue les vaincus prisonniers, le point de dépari de Ih moralité de cet homme esl le meurtre ties prisonniers ; s'il épargne leur vie et les rend esclave, il esl en progrés, et la mise en esclavage esl une verla. Un peuple sauvage n'a-t-il connu encore que la promiscuite, la polygynie elmétoG \a polyandrie sOal des l'ertas relaUvej. Le
In ti'esl pas variable, étant loiyoars an progrès ; le point de départ rie seul.
La sanction est encore extérieure ; elle consiste en punitions et rétapenses extrinsèques ù l'acte ot postérieures h la mort, mais elle est aporlJonnée aux lautes et temporaire. Ce qu'elle perd en énergie, e le regagne, et au delà, en encouragements. En outre, la moralité n'est plus indivisible, et on conserve lout inlérél à cultiver certaines Vertus, même en conservant des vices sur d'autres points.
Enfin la morahté ne s'apprécie plus à un seal moment, le dernier, niais forme une résultante qui a pour composantes tous les moments de la vie ; chaque action méritoire est une r/c/iMJii? mora/e définitive-
Snt acquise, et forme les éléments d'un compte courant de moralité il la balance varie sans cesse. L'iiomme a donc toujours intérêt à m agir; il répare pour ainsi dire d'avance le^ lautes qu'il pourra ■v^uiii mettre.
En somme la morale métaphysique esl plus équitable, mais moins énergique. Elle possède un autre côtê/aibk ; c'est qu'elle s'appuie sur des principes de théodicée qui, lorsqu'ils viennent h s'ébranler, risquent de l'entraîner toute dans leur chute. La sanction de peine et récompense demande un sanctionnateur, suppose l'existence prouvée de ce sanction na leur, en outre la survivance de l'homme à lui-même, ce qui implique l'existence séparée de l'àme qui, pour être immortelle, doit d'abord exister. En ce sens, la morale est dépendante.
C'est à ce vice que veut remédier la troisième morale, la morale indépendante, dite aussi positioiste ou évolalionniste. Celle-ci, sur toua les loiots essentiels ci-dessus, apporte une réponse dîflérente.
Lu morale in'li'penilanti: justifie
1 ci: qu'elle ne |
dopcBctrc aucun de ses priiicipcs d'axiomes luétapliysiques prw su|)poséa ; la morale csl une science ijui se siifflt ù elle-même.
Elle se buse sur Viililifé., uon point qu'elle iic reconnaisse que l'utile seul, tuais en ce qu'elle lail dériver l'honnête de l'utile par évulutiuu cl abslrai:Uon. Lebien n'oâl plus, ni ce qui esL commandé, ni c« qui cépond uu sens mlinif el au principe rclalif de pro'jrès, c'est ï'utUr d(/vc/. dévoilant d'abord l'uWe indirect, ou utile bien entendu, pois l'utile au point de \ue gâoéral, euliu l'utile au point de vue d'auLrul, ce qui est déjà le désiotérussemenl el llionnètc pur. Ces gradutions sont : i" lo plaisir, a* l'intérêt direct, 3' Vintérêl indirect ou recipraque, U" l'affection intéressée, 5" VaJJ'ection pare.
Celle base esl plus /arje et plus solide que les autres, et l'iudâpcndance apporte de la iorce à cette morale moins élevée, moins étendue, mais ayant des laciues profondes en nous.
De quelle manière l'ufrVes'épuret-îl ets'élève-t-il peu à peu? Nous l'avons fait voirprccédemiuent en étudiant comment de lu vertu égoïste liait la vertu éijo-atlruiste , et de celle-ci la vvrla altruiste. Le plaisir momentané fait place au plaisir rfurat/c, non plus envisagé seul, mai» avec les peines qu'il entraine, et ce plaisir durable lui-même fait place à la considération de l'absence de douleur qui cooslitue l'intérêt direct ; riulérélindirectnait de l'idée des sacrifices qu'on doit faire pour obteoir cetteabsencede souflrauces ; et commeil faut se sacriQcr à anlrui dans certains cas pour qu'autrui se sacrifie à vous dans d'autres, l'ét/o-uttraisme, le sealimeat de la Justice est né ; si ce sacrifice est fiiit non seulement pour obtenir le respect de nos droits, mais le plaisir de l'aOection, nous commençons l'altruisme qui peut finir dans son évolution par le sacrifice de noire propre personne.
La sanction dans ce système est tout aulre ; nous ne parlons pas de celle sociale qui lepose sur un principe tout diiTérent, la nécessité de se défendre ; mais la sanction indîoiduelle n'est plus externr, commandée et expresse, elle est interne et virtuelle ; elle résulte de l'action même, de ses conséquences : c'est ce que Spencer a admirablement décrit dans sou livre sur l'Education. Cette sanction ne doit pas se confondre avec celle du remords, elle consiste dans les .luiles nialérieUement/unesles des actions, el en oulre en une punition. Si l'on a le droit de trouver celle sanction un peu faible, la morale indépeudatite répond qu'elle est plus cerlaine, el que celle de punition exlerae tire le mérite de la verlu.
de punition oxlero^^
EnBn la moralité e«l appréciée comm(Mlnn« la momie roétaphysiinie jiktoiiB les mo monts dv [a iw qui concourent à In r^flullontc. Los f BcUonsp.issées ont niômo l'edcl de flélermÎHrr on grande pnrtie les \ actions futures, en sorte tiuo riinnime n, pour riicompense de ce qu'il [a faille bien, l'avantage de s'assurer qu'il ne pourra presque pas com- 1 mettre de crime; pour le mdme motif ses bous antécédents eomman- 1 deront In conOanoo, et l'homme pourra se donner une véritable valeur.
Telles sont les trnis morales. Si elles se suivent successivemcnl ■dsns l'ordre des temps. l'une détruisant et remplaçant l'autre, nous CivoDS en lorl d'en parler ici, puisque nous avons ù faire des classifiptullons, et non l'tiistoirc des évolulions. Mais nous pensons qu'il I n'en est pas ainsi. Elles se suivent, mais ne se détruisent pas ; leur \ eODservalion aimallanée importe au genre humain.
n faut commencer par où i'hisloirea tint, parla morale iniUpendanfe-
I I>eKe indéiieudancn t^st m^ccssaire pour que la morale résiste à l'ébran-
rkmcnt du reste. Elle est peu élevée, mais ses racines pour être basses
Vn'eo sont que plus protondes, />/(is /mmctmes ; souvent on conteste un
[ijtoiDitle doctrine pour détruire unpoInLde morale, cet inconvénient
nji'eïîstcra pas id. la morale indiiitadanle n'est paa d'ailleurs une
} morale noiivelle, elle (orme tout le subslralam de la religion des Clii-
f noia et autres peuples de l'Eilréme-Orient, dont les livres sont remplis
^'aph orismes utilita Ires .
, I,a mom/cp.ïj'f/j'j/oi/riyHc vient ensuite ; elleajoutece qui manque
artaiucmcnt à l'autre, la suffisance de la sanction : elle dégage mieux
e ban de ïalik, elle éclaire de son rayon l'arbre sorti de terre et le
[utt pousser; quand il s'agil de sacrifice sans récompense possible, sans
r. même celle de l'estime des hommes, la première morale aurait pu
r devenir impuissante. Celle-ci habituée à se tenir quotidienuement à
^ îine hauteur où l'autre n'est parvenue que par un etTorl.
La morale religieuse a de nombreux inconvénients que nous avons signalés, mais mieux que tout aulre elle eHace le mal par le repentir. l'écarle par des sanctions précises et le définît en y ajoutant un cer- ' tain commandement. Elle a prise sur des esprits qui seraient rebelles l'-à d'autres morales. Si son rôle doit diminuer, puisqu'elle partage son T domaine, il ne doit pas cesser entièrement. Elle contribue à ce ré- E^iiitat de la psychologie dynamique, qui est de reher la volonté h l'in- Itélligence par la définition du bien, à la sensibilité par l'enthousiasme.
Cet te premi'.Ve diminn de la morale élant faite, voyons quelles autres ^ elle comporte dans d'autres sens.
(Juelques-uns l'ont divisée ea devoirs : i" envers soi-même, a* envers autrui, 3' envers Dieu- Celte division est tout à fail inexacte, puisque la morale ne consiste pas en obligations résultant de commandemeut ou de convention, mois dons le Hivrloppement naturel, de même que. d'ailleurs, s'il s'agissaîl d'obligations, on ne pourrait eo contracter avec BOi-mi}mc.
La liiorule étant lu réiiUsution du progrès, c'est-à-dire du mieux par les aclions, il faut se demander pour la classiiier intérieurement en quoi consiste le mieux, k quel point ou peut s'en approcher, et de quelle manière tes actions peuvent y parvenir.
Le mieux, comme nous l'avons dit, consiste dans : i" le plus utile, a" Vutile mutuel, c'est-à-dire le juste ; 3° l'utile pour autrui, c'est-i-dire l'honnÉle proprement dit, le vertueux. D'où les vertus sont ou éijûïsles oaégo-altruistes, ou altruistes. Nous avous, en parlant de l'éducalioa morale, classiQé chacun de ces groupes de vertus. Nous ne pouvons qu'y renvoyer, sous peine de réiiélilion,
Quant au degré du mieux, il est au dessus ou au dessous d'un zéro qui marque l'acte indKTèrent ou inconscient. Au dessus est la vertu, au dessous sont les vices, ou plulût les actions mauvaises. Quel est le zéro de cette échelle!' C'est la moyenne de la moralité régnant dans le lieu et dans le temps où l'on vit.
Enfin une autre classilication vient de lu maniËre dont les actions se produisent. En effet, ou l'action bonne ou mauvaise est unique, ou au contraire, elle se répète et forme une habitude, ou enfin elle n'a pas eu lieu, mais elle résultera presque nécessaiiemeul d'une disposition de l'homme, soit congénitale. soit venue des circonstances. D'où dans le bien division en : i° bonté du naturel, a" bonté de, l'action, 3* àontè de l'habitude ou verla, et dans le mal, division eu : i" malice du naturel, a° malice de l'action, crime ou faute, 3° malice de l'habiludA
A côté de la morale se placent deux autres sciences qui sont aussi subjectives et régulatrices. Ce sont: i" les régies de chaqu« science humaine et sociale séparée; a" la méthodologie ou l'ordre à suivre dans l'observaliou pour chacune de ces sciences, divisions que nous avous déjà trouvées dans la science subjective de l'ordre des arts, et dans celui des sciences positives.
Telles sont les divisions de la morale. Cette scienceest le couronnemeal des sciences sociales, elle en est le but déEoitil , elle eu est le conlràU. C'est aussi la plus nécessaire : aussi a-t-on essayé de rélublir tout
d'ibordel a priori. Il le fallait bieu provisoireDieiit ; mais défiailivemeut, au contraire, la morale ne pouvait être formulée que quand toutes les sciences qui y conrourenl ont reçu elles-mêmes un certain développement
DEI.VIEME CATEGOHIE
tiVMNASTKJUE D£S SCIENCES DU FAIT HUMAn
(Côté de la volonté).
Dans les sciences du fail humaia. il y a. nous l'avons déjà dit, à
considérer d'abord le ci^té objectif : celui du bien, plus exaclement lit
l'acte, puis celui delà «o/odW.productrice de l'acte, et enlin \' application
LdeTun k l'aulre ; en d'autres termes, ces sciences soatpares ou exer-
Wcèesou appliquées.
C'est ici de l>^erc/ce</e /auo^unfe, et non plus de l'étude du fait agi, que nous traitons. ?Sous n'étudions pas la volonté en elle-même, ■cela rentrerait dans la psychologie, mais nous nous occupons delà f science de son exercice.
Cela est analogue à la classification par nous faite dans les sciences f -d^ la nature ; nous avons traité à part de l'exercice de l'intelligence, eiiercice consistant surtout dans l'instruction, envisagée tour à tour dans celui qui la donne, d'oi'i la science pédagogique.
Ici l'exercice de la colonie se manifeste par trois sciences bien distincte : celle de l'éducation, celle de la discipline, celle de la politique.
i" Science de l'édacnlion.
Elle s'adresse a l'enfant et au jeune homme ; elle dilTère essentiellement de celle de l'instruction qui a trait à son intelligence, et non à sa volonté.
La science de l'éducation est très complexe et nous entraînerait k
I de longs développements dans lesquels nous ne pouvons entrer. Nous renvoyons sur ce point k ce que nous avons dit plus haut sur les exercices de l'éducation morale. L'éducation a successivement pour
^base la morale religieuse, ou la morale métaphysique, ou la morale
l^sitive et expérimentale. Ici se place la querelle de la neutralité ou
fde la non-neutralité de.l'école.
i" Science <lf ta disniiUnc.
Passé la période de l'àducalioii. il semljte ijue l'exeicii-fl du vould n'est plus soumis Ji aucune règle Cela est vrai, en générnl. mat» danâ certains services ou certaiuos professiona, la volonté eslcuL-ore l'objet d'une éducalion spéciale, par exemple, dans le service militaire DU danslescmploispnblicï. Oc lit, la scieucf? de la discipline qui Irait à la volonié.
(' >lc la iif'tiligite
11 ne s'agit plus ici seulement de se gouverner soi-même au moyen de la volonté, mais de gouverner les autres, ou tout au moins deee gouverner vis-ù-vis d'eux ; celle science de l'expérience dI de l'agir se nomme la iiolHique.
La politique peut être prhée ou publique .
La privée esl celle qui coHsisle à jwuvoir se guider ulilcmeut soimême dans la vie. Elle prend son pbinl de départ datia la biographie, comme la politique proprement dite dans l'iiisloire.
La publique, la seule dont nous ayons à noue occuper en détail, est géncralemeut considérée comme un nrl, comme un simple procédé.. c'est bien plulôl une science. C'est la science de la direction des mouvements de la société humaine dans le sens le meilleur pour la défense et le prôgrî^s, soit d'une nation, soit d'une fraction de nation, eoit d'un individu : dans ce cas la politique dégénère on politique dynastique. Par exemple, l'art de la guerre est cullivé au plus baut point, les citoyens seront défendus au dehors, mais ne progrès' seront pas au dedans si eetic occupation les absorbe. 11 faudra détourner l'allention de ce côté, et la diriger vers le commerce, vers l'industrie, si aucun danger sérieux ne les menace du dehors. Y a-l-ïl lieu d'être protection nislo ou libre échangiste pour une naliou? 11 ne s'agira pas de savoir in abslrach du libre échange ou du la protection lequel est le meilleur, mais lequel est le plus expédienl pour le temps et le pays donnés.
Si la pohtique n'a trait qu'aux relations extérletires, elle cotisUlUft lapolitigue diplomatique ; si elle a trait aux choses de l'intérieur, elle constîluc la politique proprement iliie.
Dans ce dernier domaine, elle consiale. oa dehors du but de llntcrët général, h Caire prédominer tautiM lalle clause sut telle autre ou tel parti sur tel autre, tantôt telle individualité. C'est la polili([ue dans un sens étroit, intiîs réel eucort*, c'est-à-dire uns .icienee de l'exercice de la volonté.
TROISIEME CATÉCOUIK
SCIENCES DU FAIT 111 M\1N APPUgUÉES
(Côté à la fois du bon et de la volonté).
\a Yolûuté peut employer lea faita faumains et le Lien ou l'utilitc qui
s'en dcgago, de manii-re à oblenir des rréaUons num^elles Nous ne ré-
péleioiia jtas ce que nous avons dit des sciences de la nature appliquées.
Par exemple, l'agriculture est nu emploi utile de la botanique d'abord.
puis de la chimie cl de lu géi^logie, de manière fi avoir des produits
nouveaux que la nature ne donneratl pas seule. De même ici la
volonté «'appliquant aux diUcrentes séries d'actions crée des séries
f d'actions nouvelles ; les sciences sociales ne sont plus seulement
I Irouvécs, ou réalisées, mais appliquées; on est dans le vaale champ de
\ Vaclivité humaine.
Diverses /ira/tfWon.ï emploient les sciences sociales, mais non pas r lout^ ; il y en a qui, au contraire, emploient les sciences de la nature. I l'agriculture, par exemple. C'est uue proression qui s'exerce directe- I ment sur la terre, De même, les autres industries; elles s'exercent I directement sur tel ou tel produit delà terre, pour l'extraire, le Irans- \ iormer ou l'ouvrer.
D'antres professions ne s'exercent pas sur les objets de la nature, lU moins immédiatement, mais sur les hommes. Par exemple, le ^ commerce. Il porte sans doute sur les objets de la nature, bruts ou transformés, non point dans le but de les transformer de nouveau, mais dans celui de les faire passer de main en main, pour que les hommes puissent s'en servir. C'est donc une profession sociale ou plus haut degré. Le commerçant prend l'objet des mains de l'industriel el le porte au consommateur. C'est une profession superposée I à une autre. Cela est encore plus frappant quand il s'agît des prof fissions libérales, par exemple de celles de l'avocat, du professeur, ou [ des fonctions, comme celles du juge : elles ont directement pour
objet lie régler les rapports ealre les botumes. A cet égard on peut appeler cen professious des profesaiouii sajirrposées. Via t'Qet, elles ne s'excfceiit paa sur les ubjels de la nature cux-iuêmes, mais sur les Uligea née eutro les hommes relativsmenl à ces objeU.
Les sciences du tait liumaîu appliquées le sout de manière h former las iadustrios et sciences suivantes :
U'aliord lii acîeuce du cummerce et des finances.
Puis celle ries fimctions publiijaes.
Enlin celle des services publics ou prioii.
Nous commencerons par ces derniers.
1" Classe des Tonctions sociales.
Des sebvicbs pihucs et privés
Ces services sont les fonctions qui absorbent tout ou partie de lati berlé d'une personne, soit sans compensation, soiL moyennant fF laire, soit dans l'intérêt commun de deux individus, soit dans cqI( de la collectivité ; les preniiej-s cunstitnent les services privés.
■ Services pn
Il faut bien distinguer le service privé qui n'est pas rendu direcffl ment au prollt d'une personne et qui constitue alors Vindaslria, $pA cation des sciences de la nature, el celui rendu dtreclemenl à une p sonne. L'ouvrier qui travaille ctie^ lui h, la tàcbe ou à la pièce est dans la première catégorie ; il en est de marne de l'ouvrier d'usine, s'il est libre de n'y pas consacrer tout son temps.
Au contraire, le servitear h tous les titres, précepteur, lecteur, à mestique est attaché à la personne, il eu est de même de l'ouvrêfl attaché à une usine et qui u'a pas la faculté de travailler d'une mw nière intermittente,
Les services privés sont poraii(/(/ues en ce sens que le travail i s'applique pas directement ou uuiquement mxix objets de la naluri mais aux personnes.
b). — Services publia
Ces sciences sont ceux qui n proprement dite, mais simplei
! constituent pas unefooction publlqui!
lenl une charge au prolil de la sociét^rJ
par exem{>le, le service militaire, le service mariUnie au moyeade llntcriptioti. celui du jury, ou celui de 1 clectorAl m sou excu'Ice Attiil
forcé.
Deuxième classe de fonctions sociales Le Commbrce.
Le commerce prend les objets fabriqués par l'iiidustrie ou le travail fouiai par elle, s'en empare, et les nwhUise; elle les accumulr, les répartit, les transporte ol les divise, de maoière qu'ib soient mis â la portée do tous. Mais l'objet n'a de valeur, une fois que les besoios de la coaaominatioii sont satisfaits pour ceux qui l'out produit, que s'ilest échangeable, et pour être commodément échangeable, il faut qu'il le soit d'abord contre une contre- valeur commune, la monnaie. Aussi le commerce ne se borne pas i faire drcater la. marcbaDdîse, il fait aussi circuler la monnaie et le travail.
EuSn le commerce a pour but de faire vivre celui qui l'exerce par des bénéfices et ces béuéûces s'obtiennent comme prix : i' ou du frauai'/seul, a° ou des risques mêlés au tiavall, soit la spéculation, 3" ou des risques purs, soit Ic^'eu.
De là, les divisions suivantes de ta science commerciale.
fKEMiÈitEMi^NT. — Scicnce commerciale proprement dite, ou de la circalalion de la marchandise.
EUle comprend :
I' La ti'i'(r(i'ui(o« ou l'achal e/i (/tos pour revendre en détail. Cette revente constitue la partie du commerce où le travail prédomine, et où la spéculation a lapluaiaible part. C'est la circulation de personne à personne.
Mais elle est précédée du groupement ou accaparement de la marchandise, et alors la pari de la spéculation augmente.
a° Le transport de la marchandise, ou sa circulation dans Vespaee.
Le transport de la marchandise comprend : i* le transport par t'au , pendant longtemps le seul important ; j" le transport par terre, et surtout par chemins de fer.
'S La circalalion de la marchandise dans le temps par la spéculation à terme sur cette marchandise.
Il 6*flgit de l'acheter h un bas cours pour le revendre lorK^H'elle aura stleiol un cours plus élevé. C'nst le Lui du grand commerce. Ici la spéculation domine.
SV/cnrr ramnii-rcinle de circuliilîon de la monna^ (III science flnanciire,
EllecomprcQii :
r L'accumulation ilex capitaux pour une entreprise, et la redisiribulion de ces capHaas de Vassocialion, ce qui (orme la circulation de main en main ;
a" Le transport delà monnaie dans l'espace ou le cimnge ;
3" Le transport des capitaux dans le temps, ou le prêt cl la banqOt les éniissious d'ubliga tiens.
Ces divisions correspondent à celles établies pour la inotchandiM
Tnoisif:MFMRNT. — Science rnmmerriate de la circulation du trao^
Elle comprend :
1° Le transport du travail A'itne personne à l'autre lorsqu'il ouvrier pilroo loue les services de ses ouvriers pour les donni louage au maître pour le compte duquel il entreprend le travad, ■ lorsqu'une société spécule sur le travail de ses ouvriers, on le ct^ taine sur le travail de ses matelots :
a* Le Irunsport du travail d'il» /('*■(( « un autre, on la omm commerciale, la représentation ;
3° Le transport du travail dans le temps, ou le crédit sur marchandises dont DO n'exige le prit que quand on a laisse le temps de les revendre, ou qu'on accumule dans des magasins généraux qui font des avances de fonds pour empêcher la vente à contre-temps : d'où les elTels de commerce, et le prêt commercial sur gage d'objet* fabriqués.
Tel est le domaine de la science commerciale qui est bîea i science à aussi juste titre que la science militaire ; telle est, du moÎDi son domaine actif, et sa classilicatton d'après îon objet.
Mais elle doit être classiliée aussi d'après son but cl les qualit différentes qu'elle requiert de celui qui s'y consacre.
>, en effet, ne vit pas seulement d'action et de Iravaj^
— ^'ffll —
tTocctUréroriiit alors que peu de l'industrio; les béncliccs qu'il procure lienaent à deux autres causes.
La premîëro est l'urdre. Il faut «jue te coumierçjint puîase se rendre compte k cliaque instaut do sa situation pour savoir ce qu'il peut eu- Ircprendre. Cet urdro fait l'objet d'uae scieaco apétùale : lit complal'iliU el la ttnae -Us lîeres, qui sou! île la première importance pratique. La cotistatatioD des cours publics, tous les rouseiguenieuts officiels rentrent dans le même ordre d'idi^es.
La seconde eat i& spéculalion qui parfois dégénère enjeu. Elle a pour utilité d'action le mouvement dont l'exéculiou matérielle est l'œuvre du commerce proprement dit. C'est un ressort dimpulsiou. La Ihil'orie et la pratique des opérations do bourse rentrent dans celte classe, comme celles de Banque rentrent dans le commerce proprement dit.
En parlant du droit comnierciiil nous avons plus en détail classitié le commerce lui-même.
Troisième classe dos fonctions sociales.
Les i'0?(tTio>s l'L uLi(,iL E,^ .
L'activité humaine qui a pour objectif non pluslatranstormation des I sciences de la nature, mais l'application à des faits sociaux d'autres faits sociaux d'autres personnes ne s'eierce pas seulement par les services privés ou publics, et par le commerce, mais aussi par l'exercice des fonctions publiques.
Ces fonctions sont parasiliques (ce qui ne veut pas dire : inutiles) en ce sens qu'elles ont pour but de régler par une action directrice ou I répressive les actions des autres hommes. £Ues sont toujours liées I plus ou moins à une puissance sociale.
On doit tes diviser en trois groupes : i° les plus élevées, celles politiques et qui donnent la direction suprême : ce sont les fonctions gouvernementales ; 3" Les professions qui n'ont pas pour ellel une direction générale, ^naaïs un fonctionnement social utile, accompagné d'une délégation ■ d'une partie de l'autorité publique ;
3" Les professions, dites libérales, qu'elles soient monopolisées ou ion à l'exception de la médecine qui a pour objet l'homme, con- I sidéré comme une partie des choses de la nature.
a). — Prof^ss
s goaverntinentales et poliliijues.
Ce sont celles (jiii donnCDl l'impulsion, l'airêl et le recul à la msj de la sociélp Elles sont V application de la science lir la politique.
Elles compreuneut: r* les prolosslonst'/^cf/iifi, celles consistant dam le droit ou le fait d'être élu et d'examiner les droits résultent de l'élection . et aussi celles résultant du tirage au sort, comme les fonctions de juré; a* les profesaloDS conférées par nomination, mais exerçant la direction publique, celles de chef de l'Etat, de ministre, tant â l'intérieur qu'à l'eilérieiir, et celles plus restreintes exerçant U direction politique i l'exlérienr: préfet, ministère public, exerçant cette direction k l'extérieur : diplomatie.
b). — Prn/exxions officielle/i et hiérarchisées.
Ce sont celles oti il ne s'agit nullement dloaprimer la directîa blique, mais seulement de faire un travail social qui ne peaV accompli qu'avec une délégation de la puissance publique, au en l'état.
Cette branche comprend ;
i» La profession mililaire, soit dans l'armée de terre, soîli l'armée de mer. 11 s'agit des cadres, car autrement on serait les services et non dans les fonctions publiques.
a" La profession ecclésiaxUijue, dans les pays de concordat, i ment elle rentre dans la classe des professions libérales.
3' Les fonctions j'iirf(C(«i>« qui parleur importance et par la] pari de pouvoir public dont elles doivent être investies se détj sur toutes les autres, en n'y comprenant pas, bien entendu, les gistrata du ministère public, qui exercent en même temps des) lions politiques.
Il '.-is -diverses administrations forestières, pénitentiaires, minière* et autres, parmi lesquelles très nombreuses et importantes sont Ici administrations financières.
Toutes ces fonctions sont hiérarchisées et soumises k une dlscipUoe particulière.
Leur étude constitue des sciences spéciales. Aïnfi aux admiuisttv lions financières répond le droit fiscal qui est un droit appliqué, \\i
<S&ce de la pratli^ue judiciaire, aux fanclinnM du clergi f drofi canonique, à l'artnéo et k ta marine des codes de peines et finstruction spéciaux.
Cl — Pro/,-sxi')niilîyr(ik.i.
m Ce<4 prorexsionH se divisent en deux clauses : celles qui ne aonl pas looOpolisées et celles qui le sont. Psruii celles mouopoUsoes il y en
■a quelques unes de vénales, mais ceci est un droit contre un droit.
I Les professions entièrement libres sous la garanlie d'un dipl&me
BQt celles de professeur par exemple.
r Celles monopolisées simplement sont celles d'avocat, d'agréé.
F Celles monopolisées avec vénalité sont nombreuses. C'est le cas de s les offices d'avoué, agent de change, huissier, notaire.
iQaelques-unessonldoublées d'une délégation delà puissance pu- Eque ; ce aonl celles qui possi-dout à la lois lo monopole et la vénalité.
uCes fonctions donnent lieu à des sciences spéciales. C'est ainsi n'eiisle la science notariale qui n'est que du droit appliqué, mais en H une branche très importante, comme tout à 1 heure le droit fiscal.
iy a des écoles d; nnlariat, des écoles de basoche, où l'on s'exerce en
me temps à la parole. Du reste, il y a ou il peut y avoir des écoles
ro/essionnelles pour toutes les profes
DEUXIÈME SECTION
tCLASSEMENT D'APUÈS LE MILIEU DU TEMPS
jorîqu'il s'agit des arts ou des sciences positives, le classement bprèsie milieu du temps n'a qu'une importance secondaire; en ma- Bre d'art elle est très faible ; elle augmente lorsqu'il s'agit des sciences ! la nature. C'est là que nous rencontrons la paléontologie, cette ^ence des fossUes qui ne peut reconstituer l'histoire d'êtres dont les
s sont inconnus (homm^ quaternaire) ou d'êtres n'ayant pas de pis volontaires et conscients, mais qui remonte la série de leurs trans- Hmations et de leurs apparitions successives, en d'autres termes, de pr évolution. Ici l'importance du milieu devient de premier ordre. A kté do chacune des sciences du fait humain que nous avons décrites liste nue série parallèle d'autres sciences qui opposent à l'agir de
Prenons pour exemple l'hisloire, elle se compose de (aUs volonti prCiiqiiQ capricieux, desquels on imluit biea des points do tùs blai)i:e, et quand les mêmes cause» reviennuul, ilrs lois, mais des lois qui ne formoni pas sdrîe continue, qui sont ce qu'on a appelé hs ervseir/ncmcnls de l'histoire, c'est-à-dire, au point de vue de la société, co que l'examen de la biograpUie fournil un profit de l'cipérience lujivïduelle el de la psychologie. Jusqu'à notre siècle, on n'avait lira fie l'histuirt "/«c f /iij!toi>e; seul Bosauet avait entrevu qu'on pouvait y chercher quelque chose de plus élevé et de plus scîentiiique, et son discours sur l'histoire universelle est certainement un pres.tfrilinienl rematquahle, mais il s'était trompé de direction ; il avait vu le monde mù par la volonté personnelle et externe de Dieu, sans qu'il évoluât de lui-même, comme le moudc physique, d'aptes des lois et à la tiuila d'une seule impulsion piîmitive, et cependant il est certain que, même en se posant au point de vue catholique et biblique de DossucI, le monde doit évoluer d'aprcs des lois primitivement posées, et ijue rien ne vient plus Iroubloi', pas même la volonté du uiaitro, autrement l'harmonie logique qui rè^Mie partout ailleurs n'existerait plus dai monde moral. Mais il y avait cependant parmi celle erreur un prei liment de génie, qui tirait l'histoire du domaine du hasard l'ap[irochir de la science.
Aujourd'hui une science nouvelle est née, qui, comme autrâl philosophie englobait toutes les sciences, semble devoir tout ri vrir à son tour- C'est la sociologie. Elle corresponde Vhisloire. Vliisloire envisagée dans le milieu du temps. C'est la science da devenir humain, de Vévolution.
Le mot évolution est né à propos des êtres aulres que l'homim;, q«f ne produisent pas de Jait uolontaire, qui par conséquent n'ont pas d'hisloirc. Voici, par exemple, los invertébrés, ils ne sont capables que d'instincts, de mouvement, pas d'actions proprement diles ; leur? actes sont les mêmes, toujours répéléa; il semble qu'il n'y a qu'à les examiner dans l'état présent. Ce serait une erreur ; ces êtres n'onï pas toujours été identiqiuis; ils se sont modinés sous l'action des milieux, sous celle du temps, èous celle de l'espace. Il taut étudier ces modilications , remonter , si possible, au premier état, l'animal fossile. Dans ce cas, l'évolution est l'histoire des êtres qui ont pas d'autre. Il en est de même dans l'inliniment grand, sans sortir du domaine de la nature, quand il s'agit des astres, exemple. Us se sont transformés, des asires incandescents se éteints, sont devenus terre, et l'axe du monde lui-même se dépl
îi (lue ornent
ïcflputdatit aucune volunlé apparente, aucun acte ; pas d'ayir, rien
e If devenir, on léludlc, et il remplace Vagir. Ill semble que vis à-vis du derenir tlos autres êtres se trouve Vagir ms haninies ;que les premiers ont leiirévoluliou, mais les seconds leur gloire ; que dt;s qup Vagir surgit, il n'y a plus à s'occuper du devenir, gnel est même imposï-ible en face de l'acte volonluire, Ou le crut, et il f oui de science de l'évolution que pour ces autres êtres. En d'autres mes, Vévolution ne se superposai! pns à l'action : mais biontdt elle ïffU/ier/iosa. On comprit que ruijir n'exclut pas le (iti^enir, qui est * [écédé de l'agir ; que le devenir est soumis à moins d'oscillations, s d'arrêts ; que cependant il s'accomplit ; bien plus, qu'il puise ses Ircei dans l'agir qui lui donne une nouvelle impulsion, sans cependant nivoîr le faire changer de route. De ce jour naquit ce qu'on appela bbord la philosophie de riiisloîre, ce qu'il faut appeler plus juslclenlson évolution.
■ Cetle évolution tâche de remonter le plus loin possible dans le Bssé ; elle cherche à trouver le point de départ, l'origine, ce qui lui Bra probableuieul toujours refusé; puis, elle se tourne d'un autre ^té, vers l'avenir, el s'efforce, non pas de deviner, maïs d'amener un Ut social meilleur. Dans ce but elle suit la direction prise par l'évoluadans le passé, el comme celle dans l'avenir n'est que le prolon- [emenl de celle ligne, elle tend seulement à en hâter la marche; ^ais comme les savants cherchent alors à donner une impulsion BTsonnelle tl'après leur idéal, il en résulte que la sociologie à un Krlain point n'eel plus seulement une science d'évolution, mais une eiencede doctrine cherchant èi donner à la société une constitution ulvast leurs désirs.
F Dans ce sens la sociologie s'approche d'une science que nous avons
crite, celle delà législalion, et --emble «econlondre avec elle; il n'en
ptrien. Elle ne cherche pas Rétablir directement des lois nouvelles,
s bien ù amener un état social nouveau qui rendia ces lois non-
dles nécessaires ou possibles ce qui est bien différent En effet, les
8 ont un subslraliim qui est I elat social , elles ne sont logiquement
I aécessaîrement telles ou telles que lemëmesubstratum étant donné :
e n'est qu'une superstruction ; si le subslratum varie, on doit fonder
I ensemble de lois autre ; aussi la réforme de la législation n"a rien
^ directement commun avec la réforme sociale; c'est pour ce motif
Bue les socialistes font peu de cas du perfectionnement et même de la
terfection de nos lois: c'est une chose en dehors de leur objectif. Ils
CLASSIFICATION (3oo) l8
s'occupent du »iilj»lraluin, L-crlaios que celui-ci cbunge, la l^gisl changera d'elle -mémo.
Dans ne sens aussi la sociologie s'approche de l'économie politique, cat r.e qu'i^lle coasulle, c'est celte économie, bien plus que les principes abstraitset les entiKJs morales : cependant il n'y a pas coïncîdeuce, car récononne est la résullante des Faits d'un étal donné, cl tx sont CCS faits eux-môtnesqucles écoles sociologiques veulent cbeogei.
D'après ce que nous venons de dire, il semble qu'il y ait une grande analogie entre la sociologie elle Bociiilisme. Pas le moins du mondes la coïncidence, lorsqu'elle exisle. n'est qu'accidenlelle. Le socialisme, comme on l'entend ordinairement, procide par rèvrAutinn lirasijtte ', la sociologie, au coulraire, procMe esscDlielleinent par évotulion qu'elle continue.
Cependant c'est une science qui tranche sur la manière do vtiîr et de penser Iraditîonnelle. Il pourrait résuller de celle persistance (lu denenir, malgré Vagir, qui est la condition même de son existence, que la sociologie implique, soit un déterminisme complet, soi) un déterminisme mitigé, en tout cas un Talalisme scientiBque contraire au plein exercice du libre arbih'e humain.
Telle est la sociologie dans ses deux p.^rlies ; l'une du préscHl, l'autre de l'avenir, l'une de [/ure constatation, l'aulro de doctrine.
A coté de celte sociologie qui correspond à l'Iiisloire, Il en exMa une autre qui rt'pond 6 la géographie, et qui étudie les étals ao- , ciaux chez les dillérenls peuples, leurs ressemblances et leurs dilTéi-cnces. ou plutôt les deux sciences n'en font qu'une ; c'est l'étude du devenir à la lois dans le temps et dans l'espace ; noue les réuuin,<oi dans notre description sommaire.
La sociologie embrasse lousles faits humains el non pas ceux senleffitnl de l'ordre dit politique; elle comprend l'évolution delà religion, do lafamiUe, de la propriété, etc. ; elle peut n'envisager à la fois que l'une d'elles ou le tout ensemble, et est ainsi intégrale ou partielle.
A côlé delà sociologie se place ici une autre science qui poi«è^ avecelle beaucoup d'analogie ; c'esllliistoire interne de chaque branullt'' de faits devenue science particulière ; cela correspond à la aociologlft' partielle. Par exemple, la religion est une des science s du fait humain i l'histoire interne de la religion est la science de son évolution prujirA Chaque science morale et politique possède ainsi son histoire iiiteraft Il y a celle du droit, celle de la législation , etc. De sorte que les objeU ' des sciences considérées daus le temps donnent naissance : i" à laM ciologîe, a' aux histoires internes.
De la Sociologie proprement dite.
Celle-ci se divise en : i** sociologie étudiant révolution du passé ; 2° sociologie dogmatique cherchant à étudier et à diriger révolution de l'avenir.
i''. — Sociologie étudiant révolution du passé.
Cette science étudie successivement dans l'histoire : i° V évolution de la famille f a* celle de la propriété, 3» celle du gouvernement et des occupations sociales, 4* celle de la religion, le tout au point de vue des personnes. Elle prend l'humanité à son origine, soit chez l'homme préhistorique ou très ancien, soit chez l'homme sauvage, soit chez l'enfant ; elle observe ses changements successifs par rapport aux points ci-dessus.
a). — Etude de la famille.
La famille se composant de l'homme, de la femme et de l'enfant, elle étudie d'abord simultanément la condition sociale réciproque de l'homme et de la femme, partant de lai promiscuité pour parvenir à la monogamie avec ou sans divorce possible, en passant parla polyandrie et la joo/y^/yme. Dans la monogamie elle-niême la capacité civile ou politique de la femme augmente de plus en plus sa liberté ; aussi, de là, de nouveaux degrés d'évolution, jusqu'à ce qu'on soit admis à pressentir l'évolution de l'avenir.
La famille se compose , en outre, de l'enfant, et aussi d'une annexe conventionnelle, le serviteur. La sociologie étudie l'évolution historique de deux pouvoirs autres que le pouvoir marital, celles du pouvoir paternel et du pouvoir dominical. Tous deux, comme le pouvoir marital, commencent par être absolus, puis se transforment.
L'étude de la famille comprend donc celle de : i® l'état de lAjemme, 2" l'état de Venjant, 3° l'état du serviteur,
b)« — Etude de la religion.
La religion lient de près à la famille ; c'est même celle-ci qui, d'après certains philosophes, est le point de départ de la rehgion elle-même. Le premier culte serait celui des ancêtres ; les ancêtres deviennent des dieux, puis les dieux très nombreux diminuent jusqu'à
un dieu uni<iue- AvanI ce culk' de» ancdlrc», il y «a avait un |)lii général où rbou[a(> ae s'adorait pas eculumnat lai-mSmo dans | pcrsonnedcscs ancêtres, inaisoii il adorait tout Cl} qui vit, tniilesl4 forces aalurellea: c'était le lÉlichisiue Maia la clvilisutîna quant . culleconimweelejour où les ancêtres soni vénérés. Lca preuves ( celle origine du culte semblent nombreuses : l'uulel n'est arcbéolo^ queraent quo la pierre du tombeau
L'Étude de la religion, qui serait le prolongement de la famiUd comprend duncleïi^tudes: rdu folicliisme. ^"dorantliropomorptiisiui 5" du théisme ronfermaul k son tour : a) le poljHiéisme, b) le mona ttiéisiiie.
Mais, npi'i'^ les doctrines religieuses et comme leur suite, vi les doctnneii philosuptiiques qui prennent pour point de dopait ] plus liant échelon di- la religion proprement dite, le monothéiai elTacenl la différence entre le contingent et le nécessaire, entre Dieu i le monde, et se sont incarnées jusqu'à présent en deux syslèraca : panthéisme et le transformisme consistant en arfirnialious et joitad le rôle de religion.
Il tant laisser en dehors de la nomenclalure les doctrines qui comme le positivisme, u'aflirment rien, n'onl pas de dogmes et i peuvent ôti'e regardées comme le prolongement des religions.
c). — Elitdf tle lu jtrojirk'lc.
L'idée delafumiUe, de même qu'elle avait entruiné celle delà religîo eutraina aussi colle de la propriété ; celle ci est d'abord social^ elle n'est ni familiale ni individuelle, mais alors elle est très vagin c'est il peine la propriété. Un reste, elle a changé de nature suivad les genres de vie que l'homme a successivement adoptés. "
L'homme est d'abord chasseur, en cette condition il se rassêiB ble par troupes, el change continuellement de demeure. La propriété appartient alors par indivis au groupe enlier, et privativcment k loiB antres groupes, miis chaque famille n'a une part distincte quâ dan la jouissance : le butin est partagé pour être immédiatemcnl com sommé. Il n'j a en cela aucune propriété véritable.
Puis il devient pasteur ; chaque famille possède eKclusIvciJlCnt c qu'il ne s'agit plus de consommerde suite, mais de faire produire et 4 soigner ; mai^ aucun individu dans la famille ne possède on {>rop(| telle ou telle tète de béluil. La propriété est ftuniUnk : c'est la coi«
mencement de U vraie propriété, car oa trouve alors devant soi des hommes de la même Iribu auxquels la propriélé est opposable. Or, un droit n'existe que par sou opposition. Cet étal subsiste, même après l'introduction de l'agriculture , la propiiété &'indii<idualise de plus en plus, parce que chacun apporte des soins plus disUncIs. Cependant toute communauté lorcée n'est pas détruite, par exemple celle imposée & la femme mariée, soit par notre code, soit par nos mœurs.
L'étude de la propriété se divise donc en : i" celle de la propriét- ~ nationale ; a° celle de la propricléyamfViafe ; 3" celle de la propriété indi viduelle, les droits se dlfTérenciant de plus en plus.
d). — Elade des occupations sociales et tla gouvernement.
Le tout se tient, et la forme du gouvernement diflère d'après les occupations habituelles.
Ces occupations se suivent historiquement ainsi : i° le militarisme, a" le mercantilisme, 3' l'industrialisme.
Au premier correspondent trois gouvernements qui ne sont que des modifications les uns des autres ; i° la théocratie, a* l'aristocratie guerrière, 3' la monarchie.
La théocratie représente les forces de la nature mystérieuses et supérieures à l'homme ; l'arisfocratie guerrière, les forces de l'homme ; la monarchie, les mêmes, mais coordonnées et unifiées : c'est la même marche que celle de la progression ci-dessus décrite dans le culte.
a. — Sociologie dogmatique, ou étude de l'évolution dans tavenir.
'Au mercantilisme correspond l'aristocratie ploutocralique ou la bourgeoisie ; au privilège de la naissance succède le règne de la fortune ; l'homme d'ailleurs, el en cela est le progrès, ne s'occupe plus de détruire, mais de créer, non de lutter, mais de commercer.
Enfin l'industrialisme ouvre l'époque démocratique : c'est le règne du travail, et comme le travail est à la fois ce qu'il y a de plus utile et de plus juste, ce gouvernement est le plus parfait.
L'étude comprend donc ici : i° le militarisme renfermant théocratie, aristocratie et monarchie ; a" le mercantilisme ou ploutocratie ; 3° l'industrialisme ou démocratie.
Telle est la première partie de la sociologie. La seconde étudie ce
Hiif dûivcnl devenir la fiimillu, le culle, la propriété, le gouvcrnemea liaus l'avenir en cûnlinuanl l'évolulion comincncéc. A ce point ( vue, la queslion du dîmrce cal une question de socinhfjie i celle i l'émancipation de la femme, des droits polillqnea el civils à lui a corder et h lui refuHer, rolle de la représentation des minorités en si d'autres. La sociologie à ce point de vue renferme toutes les réforni sociales possibles, pourvu qu'elles consistent en principes, non a applications, celles ci formant la science spéciale de la législaUon,] pourvu, d'un autre cité, qu'elles visent lejrw/c et non Vnlilf, car dai ccderniercas elles rentreraient dans le domaine de \' économie poliUiili La seconde partie de ta sociologie consiste dans la position et la soM tion d'une partie des questions sociales,
Comment grouper ces questions f Comme nous l'avons fait pourï première partie : questions relatives : i° à la fiimiUe, 3° au culte. ! propriété, i" au gouvernement.
1° \ïa famille. — Quels doivent être les droits de la femme, < l'enfant, du serviteur?
a" Au aille. — Séparation ou non séparation des Ëglises et de l'Ei — liberté limitée ou illimitée des clergés de prêcher, de faire des vœd! et d'acquérir — liberté de conscience.
3° A la propriété. — Restrictions qu'on peut y apporter — partie de la , propriété artistique ou littéraire — attribution des mines.
4" Au ijouvernement. — Organisation de la démocratie — limites J suffrage universel — droit des imnorilês, etc.
- Histoire interne des divers groupes île /ails sociaux.
La sociologie peut étudier l'évolution d'un seulement des groupj de faits sociaux, el alors naissent les diETérentes histoires internes. mol : histoire est inexact, car ici ît s'agit toujours, non de Va mais du devenir.
Voici les principales de ces histoires internes :
1° Histoire interne delà relif/ion. C'est l'évolution religieuse de l'fc manité depuis les premiers leraps connus ; c'est aussi l'évolution de telle ou telle religion prise séparément.
a" Histoire interne des Jaits philolof/iques. C'est la linguistique dans le domaine du temps, c'esl-à-dire l'étude du devenir el des transformations successives d'une langue prise isolément, el aussi de sadéri-; valion d'une langue antérieure en filiation descendanlo. Il faut b{|
SUttogner cette liQgiiisUque de la philologie cllc-m(nae dans ton état nctiidoudunssonélal 4ua(!6p(H|ui*[>n8scai]oQD6e:il taul aussi bieoU distinguer de la granimnirr aiinpnrré qtii examine detix Ungues en état de parenté collalêralc ol les compare «u poitil <\c vue de «ttc parenté ou deui langues hou ii/ipareHUes et les compare au point de me des resacmblnnce* et des dissenililiinces grammaticales. Nous Iroarerone celte dernivro eeienco lorsqu'il s'agira tout à l'heure du milieu lie l fsftace
> Histoire iitlrrnr du droit II s'Rgit d'étudier l'évolnlion du droit d'on peuple. Il ne faut pas confondre cctie science avec celle delà législation raniparée tpil compare les lois des dilTêrenls peuples k la mëine époque.
!i' Ce sont les seules groupes de faits qui sont susceptibles d'avoir une évolution digne du nom de science, les autres n'en présentent que des a
TnOISIËMK SECTION
CLASSEMENT D'Al'HKS LE MILIEU DE L'ESPACE
A côté de l'évolution dans le temps se place la dilTéroaciation dans - l'espace ; en elTet, les milieux font varier les actions et le devenir des êtres, et celui de l'espace aussi bien que celui du temps agit sur eux : les deu\ tendent It les dil!érancier ; cependant l'efTet n'est pas exactement le même; la différenciation qui vient du temps prend lo nom plus convenable de transformation, parce qu'elle semble le développement naturel et nécessaire d'un genre. Le miheu de l'espace, au contraire, diversifie, fait évoluer dans des sens divers et plus rapidement.
Voilà un peuple compact qui parle la mémo langue ; cette laugue se modiTiera avec le temps, mais fort lentement ; si, au contraire, une des fractions quitte l'habitat primitif et émigré, bientôt, sous l'inQueiice d'un nouveau climat, de nouvelles productions du sol, de nouveaux voisins, peut-être des croisements de races, la langue devra se modifier rapidement, tellement que si on la compare à celle du peuple dout ta fraction s'est détachée, ou ne reconaaitra plus leur parent. On peut donc dire que l'espace a une intluence surtout diversifiante.
La différenciation dans l'espace est un tacleur nouveau du devenir kamain. En pratique on ne distingue pas celte action de l'espace de celle du icmps, et la sociologie est la science de l'un aussi bien
([uode l'un Ire, du [nuins quand il s'agit deleascrablcdii fail hurniiiii ; mais (juand il a'ugit de groupes spéciaux de faits, deThistiiire inlume, alors le milieu de l'Gjpace donne naissance à des sciences spéciales.
Ce* sciences spéciales sont : la science des nd^ionn comparées, ta lè/jislalion compiirce et la grammaire comparée.
La science des religions comparées date du présent siècle, elle est des plus inléresBUnles et renferme comme dépendances celles diM mythes ou mythologie, et celle des cultes on ccrémouies. Elle se réunit à celle de l'évolution de la religion pour former une science unique.
La grammaire comparée éluUie lea langues appai-enlées et celles qui ne le sont pas, ce ({ui la divise en deux branches pour en découvrir les ressembla ace a et diiyèrences et leurs causes sut divers points tie vue psychique, lexiologique et phonétique. Nous renvoyons sut ce point à notre rubrique des sciences philologiques.
Enfin la législation comparée ou droit comparé, qui est une science d'hier, consiste à dégager de cette comparalsoQ.ea ayant soin d'èliminvr les (iiiLs et les motifs particuliers et accidentels, les dispositions Les plus justes cl les plus utiles pour en faire des cléments d'une législation nouvelle plus rationnelle ; mais tel n'est pas son seul but, elle dégage aussi de ces faits des lois psychologiques et sociologiques.
Il ne faut pas la confondre avec l'étude des législations clrangères. Cette éluda qui fail partie do la science dn droit a pour but : i* de connaître ces législations, si l'on a iatér<^t à les appliquer, par e\emple si l'on doit habiter un pays étranger, on avoir des relations avec lui ; a" de servir do substralum à la science du i^oiillit des lois de divers pays au droit înlernational privé.
La législation comparée est donc à son tour le substralum d'une autre science, de celle de la législation. C'en est la.parlie soUdc : le fulur législateur, grâce à elle, profite de l'expérience des autres peuples, sans être obligé de la faire subir à la nation, à gouverner, iiille est Is condition essentielle du véritable progrés d.ms les lois. Telle^ sont les sciences qni tiennent compte dn milieu du temps ot du milieu de l'espace.
Il y en a d'autres qui correspondent même aux sciences contingente». C'est ainsi qu'à calé de la biographie, qui est la science de l'agir lulU viduel, aetrouveune science inn'immie qui est celle du dsof nir iudividucletqui tire de la biographie les enseignements de l'expérience etlea processus de la psychologie.