‹ De la classification objective et subjective des artsChapitre 49 sur 67 · B. - SCIENCE COMMUNE · texte numérisé non relu

B. - SCIENCE COMMUNE

Philosophie positive.

La philosophie positive rejette tout point d'appui unique, ; que, ce point venant à manquer (ce ipii est fréquent), lout s'écrOuM même lemps;elle s'enferme dans la recherche de ce qu'il eslB sible de constater ou de découvrir comme conséquence . talions certaines.

■vement \a philosophie positivUte fbn<)r«parAuguïlr> Conlr, maisbieti pille philosophie i{uj K'appuie uiiiipicaieDl sur l'abseri.'alîon. l'ex/té-

meiilatlon et Viniiaclinn. Ost le sticcî-s de celle ileriiière dans les tiencei naturelles qui a décidé k l'omplojpr dans les scicncca sociales. I- Celte forme positive s'est étendue non seulement h la métaphysique

roprcment dite, mais ii lu morale, à la psychologie, etc. Nous on

Laminons ici l'ensemble, B'La philosophie positive a jusqu'à nos jours Tonde deux écoles Lien ■^tinclea ^luï se contredisent sur benucoup de points, qui emploient

lartant la même méthode, et qu'on pourrait npprier In doctrine

titiee et la doctrine négative.

i" D'jcirine positive .

vLa doctrine positive part bien de l'induction, de l'observation, lais elle aboutit à un principe général, avant mtae que le lien direct pt établi entre ce principe et les Taîts dont on n induit '.elle commcepor Vobservafion. mais abri^ge, en finissant, pui l'inluition ■ c'est htrafisjbrmisme.

INous n'avons pas à exposer ici le système de Darwin et de ses suc-

seufs. Indiquons seulement sou canictùre : il est esseoliellcincnt

tinéahgique. Tous les êlres. organiques ou non, descendent origi-

îremeutd'un seul ; cel ôlrc, c'est la malih-e uniforme cosmique, iné-

^iemenl comlfiiséc.

(C'est à ce point précis que cette doctrine s'arrête, en la supposant »uvée. Il esisle une question essenlierc à laquelle elle ne peut fpondre, c'est celle-ci : comment la matière cosmique également 'mdenaée a-t-el!e pu devenir inégalement condensée ? IjEn outre, au point de vue delà preuve, cette doctrine a t'inconvé- ;nt de ne pouvoir établir la plupart des chaînons de sa chaîne, de fcpposer des êtres inlerméjitiires i^iû ne sont pas démoalréa, ce qui ~h fait se rattacher, coniinu la iLlélnphy^ique, a des axiomes par mpolkèse.

e transformisme qui, né de la science, a iiilnqué la métaphysique a cosmologie cl la Uiéodicée, sciences phi.njophiques proprement l'a enlnmée eusuile clans d'autres domaines, la pi vcfir'/')3ie, la hrale, etc.

lEa psychologie, elle a substitué la méthode pj:pf'r/mL'n(a/f à la dédac-

live ea eslgeaut un« double obserualion : i* Vabsematioit des fonclians cérébrales de l'homme el du cerveau liil-mâme iioiir des faîh produits et envisagés Bcparémtnl tniluirc des lois ; 3" l'observation des faits euxmfmes.ahulraction/ailede leur p^ducteiir celle faiè, maison obst^rvaat la rolfltion de cause u edcl de ces fûUs enire eux. C'est cette double méthode que uoos avons adoptée el oiposéo en classinant la psychologie.

En nioiûle elle a créa le déterminisme en réduisant la vùhnté que toutes les écoles niélaphysiques avalent lai&sée imlimome i u'élre qu'uoe résultante des iullucucos internes el externes.

Hu logique elle a substitué à la déduction et h \ induction proprement dites la métliatie i/f /f/iaf/on qui tîeut de l'une el de l'autre, et ([iii a pemiis fi celle doclrine de commencer à la fois par les derniers descendants et le premier ancêtre tenant ainsi les deux bouts de la cbaine. et chercbaul W loisir le milieu.

Le transformisme doué du caractère absorbant et exclusird'une doctrine religieuse a envahi ensuite non seulement le domaine des sdcuces positives où il était né. mais aussi celui dos antres sciences sociales ; il s'est vérillé en linguistique jusqu'au point où il est arrêté par le fait de l'irréduelibilité d'un gr.ind nombi-e de langues ; il s'est vérifié en hialoire par cette seule observation que 1 histoire n'est plus une science, si les événements ne se produisent pas d'après les iaits de l'homme et si ces faits eux-mêmes ne se sont engendrés que par une volonté capricieuse de celui-ci. lléteiid [larloul ses victoires, mais ne peut franchir certains points d'arri^t. nous verrons pourquoi.

3" Doctrine négaUoe.

C'eslle positivisme proprement dit. Nous avons vu que la trans^ misme est dogmatique en ce sens qu'il affirme un point d'arrivét \ cela seul qu'il a découvert le point de dépari el quelques repî sans pouvoir montrer toute la roule. Or tonte afBnnation sans pre complète, toute hypothèse, est anlt scienti/lque.

Le positivisme pèse sur le transformisme qui veut prendre soa J el le ramène à terre. Ce n'est pas un scepticisme, il ne nie pas t il affirme ce qu'il a vu. La raélliode esl rexpèrimentalion, l'obsej tion prise servant de base toujours immédiate à l'induction,

Par ailleurs, il procède comme le transformisme ; il en diUèrC qu'il ne conclut pas, et rejette toute intuition. C'est la seule méthi véritablement scientifique.

Telles sontlesdivenos variâtes do la forme positive àa la philodophie qui sui'cëile à In fbrme mélaphysiqae, comme celle-ci avait succédé \ sa forme relifiiftise.

M.iia nnus avons donc Tait une simple histoire, uo tableau d'évolullon des sciences qui se succèdent et doivent se remplacer défiuilivemeal au lieu d'une clsssillcatioii que nous voulions faire i*

Non, il s'agit bien d'une cUs^ificiition, car, suivant nous, quoique beaucoup de personne» pensent le contraire, ces sciences ne s'excluent pas. «lies doivent coexister. Il nst fucili; de voir 1 impuissance théorique ou pratique dî chacune entièrement séparée des autres.

Ainsi la mélaphysirfiie no peut remplacer entièrement la religion,

d'àhord iiralii/uement pour beaucoup de personnes qui n'ont pas la

possibililé lie raisonner el d'apprendre, et qui doivent accepter, ati

moins provisoirement, la pensée recounue vraie par la tradition, puis,

Sthéoriquemcnt pour tous, aucun argument analytique ne pouvant rem-

■pUcer pour l'homme concret la synthèse d'une croyance adaptée à son

rganisalioo.

La forme /)os//('i'e ne peut non plus se substituer entièrement à la

I forme mêtaphysiijae, paice que cette dûclrine positive s'arrêtera toujours

r 11 des questions insolubles pour elle, et que la doclrîne métaphysique

' I peut-être la puissance do trancher, au moins iubjecUvementt h la

f condition de reconnaître qu'elle ne donne que des solulions subjectives.

Le concours de ces trois philoaophîes : la religion, la mélaphysiqae

' 6lUi pasilivisme est donc nécessaire. Ch.icune mène jusqu'à un lieu

où elle nous abandonne et noua remet aux mains de l'autre. Le posi*

tivisme nous conduit de ce que nous percevons par les sens, au

moyeu du transformisme, jusqu'à la cause première, laquelle dépasse

incompétence; c'est alors que le métaphysique inlervïent et établit

par raisonnemont celte cause première, autant qu'elle le peut, sans se

charger de concilier des choses inconciliables, étant donnée l'organi-

esUon de notre esprit : par exemple, le libre arbitre et la prescience,

l'idée du temps et de l'éleruilé A son lour. la religion intervient et dé-

., dare qu'il doit exister des choses que notre élat de conscience ne nous

b permet poa do comprendre, et que, par conséquent, il est inutile de

[«bercher, qu'i des vérités plus hautes el plus compréhenaives notre

I esprit ne peut s'adapter. Si elle se trompe quand elle proclame les

( diïgrmes, elle est dans le vrai quand elle affirme le mystère. L'erreur

|!*do 1b raélaphysîque est de croire que Thonime peut tout comprendre,

comme l'erreur du positivisme est de penser qu'ilpeiit tout voir.

pEflIKHE STADE.

Siade de la recherche et de la découverte du fait humalE

C'est siins doute It premier stinte dutis l'ordre chronologi([ue, puis- (|u'il a fallu rechercher ot découvrir le fait humniu, et aussi ees groupes et ses lois, avant de les upineiidre ou de les enseigner.

La ilécoufrrle de la xcîence cotislilue «ne invention sui generit : un ne crée pas, il est vrai, puisque l'objet existe, mais c'eat comme si l'on créait.

On peut oompreudre dans celte partie Ir&s vaste de l'invenlion lè travail du siivaril qui cherche 'a découvrir le sens des inscriptions jusqu'alors iadcchilFrablee. qui retrouve une langue qui était restèa inconniio des philologues en en leciicilJaul oralement les élè> ments, qui collectionne des traditions ou des mylhes populaires, celui qui trouve des moyens économiques ou tinauciers auxquels nul n'avait songé, celui qui invente une nouvelle philosophie, vraie en quelquesunes de ses parties, el qui aide à révolution ultérieure, celui qui fait

nnaiire une législation d'uo temps ou d'un pays inconnue encore.

Ces cas sont nombreux, on peut eu trouver dans les scIenceB morales, aussi bien qu£ dans les sciences physiques.

■ la science des faits sociaux réalisée.

Prenons pour exemple l'hisloiie. Elle existe démembrée dans les journauï, dans les discours de Iribune, dans tes racontars individuels. dans les brochures, mais épacses ; elle se trouve aussi dans la correspondance des personnages importants, dans les documents de chancellerie, dans les débats dejuslice. On l'y rencontre morcelée, coupée jo ir à jour, province à province, sans lien, sans ensemble. Ou a, non l'hisloîre, mais des éléments d'histoire.

s éléments, si on les synthétise, sî on les place suivant l'importance el le rehef qui leur sont dus, on n'a pasinyenté, on n'a pas découvert l'histoire, elle était déjà écrite et conservée h la mémoire, mais elle n'esistait pos comme histoire. Ou l'a réalisée, et on la réalise de plus eu plus, à mesure qu on la perfeclionne, i|u'od

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met les étcmeals chacun dans leur vnii jour. Celui qui cciil l'Iiistoire réalise celte science.

Ce n'est qu'uu exemple. Un pourrait Inxivcr l<i réalisation dan» chacune des brandies do 1» scictico des faits humains. Ecrire la grammaire d'une tangue connue, former son vocabulaire, c'est la réaliser au point de vue acienlirupif

DEUVIËME Adl'ECT Science de l'individuel el du contingent.

Nous avons vu que le fait huuiain, à mesure qu'il sf condense el se présente par masse de plus en plus compacte, devient plus scientifique et capable de lois ; qu'au conlraJru îi mesure qu'il se rurêjîe, c'est-à-dire qu'on l'étudié dans son isotemenl. il devient moins scientifique, jusqu'à ne phis l'être qu'a peine ; (jue cependant il conserve toujours un peu ce caractère, parce que le fait de l'histoire n'est jamais celui d'un seul homme, ou que, s'il l'est, c'est que cet Jiomme représente la so- .tliété el agit pour elb el sur elle ; c'est le fait d'une collectivité.

Mais ce fait peut être puremenL contingent, il peut être individuel : je collige toutes les actions d'une personne ; sans doute cela me servira plus lard pour l'étude de la psychologique ou do l'histoire, si je répète ensuite celte opération surun certain nombre d'autres individus, mais en l'étal rien de tel ne s'est produit . J'ai dev,int moi des faits purement conlingents ; s'il y a \& une sience. c'est celle de I individuel ; c'est plutôt une connaissance qu'une science.

Si, au lieu de constater de tels faits qualitativement, ce qui constitue la simple bio'jra[ihie, laquelle est de l'histoire à un degré plus contingent, je relève certa ns faits accidentels qaanlilativement, je fais de la £/afi£- (l'i/ue, non point celle qui contient déjà des conclusions et que nous avons déjà vue, mais celle qui n'est qu'un dépouillement des faits feolés. leur addition.

;me en géographie physique, si, loin de dresser la carte d'un pays, je lève le p/a/i d'une maison, d un champ, ou même d'une ville. Je fais simplement de la topographie, laquelle n'est que de la géogra-

lie contingente.

La biographie, la topographie, la slalisliijue, voili trois sciences du

'Utingent des faits humains.

Wous avons vu que dans les sciences nulurellci' clles-n ù ..es il y a

des sciences contingentes, par exemple celle du nomlirc iniièjini,f^ de la météorolotjie, celle de U dislribulion de la faune et do la flore

C'est la fin de la science, le point nù celle ci se perd dans la connaissance de VindiJJérent, de môme que la vnlour des actinns se perd aasax pour beaucoup dans leur iiidifTércnce. Cependant ces sciences sont utiles : sans leurs constalatioca préalable», souvent la science proprement dite ne pourrait ni s'éddier, ui »o contrôler.

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