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En ce tjni coccerne l'astro^énie aboutisssul aux inouveméota niolci'<ilairc.4 rt ù Li f^ca^sc des tirct^s rayonnantes, il ne faut pas supposcrque ceci signifie les forces produites chiniiqueuient. Le mouvcmcut ni'iLécuhiire, auquel on fait ici allusion comme se dissipanl au rajODiicmenl. esl l'équivalent de co niouveineut sensible qui se perd pendant I inlégniliun de la masse des moléculeii qui rteoltc de leur attracUoa mnliielle.
En ce <]ni concerne la méléorologic solaire, elle embrasse l'eipUcftlioii de ccrlaiiis pliônomèncs, comnae les taches du solûl, les tftcules cl les couronnes de flamme.
Tel csl le liiblcau donné par Spencer de son syst&me. tableau que nous Yciious de reproduire litLéralemenl avec ses aunotationB. Ajoutons que Spena>r suit l'ordre ci-apris : i* les sciences concrètes, a" les nbslrailcs-concrèles, 3' les abstraites.
Celle clns^iTication est très vraie et profonde, nous ue la détruirons pas, noua l'élar^firous seulement, car elle n'est pas assez comprébeusivc, ainsi que uous l'élabUroDs un peu plus loin. D'un autre ciïté,eUe n'envisage pas tous les points fie vue k la fois, et dans cette direction aussi uous essaierons de la compléter. Mais ce qui doit demeurer. c'est cette lumineuse division en concret comprenant la matière, absteail-concret comprenant le mouvement ou force, et abstrait comprenant les lois ou relations, la force étant l'application de la loi k la matière.
Spencer a développé et perfectiounc ainsi la théorie d'Auguste Comte en substitiiant des démarcations nettes entre le concret et Yabstràt à la sériation insensible, et en établissant Y abstrait-concret, qui est YappHcalion de l'abstrait au concret. II a défini nettement cet abstrait-concrel qui consiste en la force ou mouvement, et a détruit la confusion entre les idées de l'abstrait et du concret et celles du simple et du co})iplexe. En d'autres termes, comme nous le dirons plus loin, Spencer a fait de la classification principalement objectioe de Comte une classification subjective, car si le simpleel le complexe sont dans les choses, l'aèsti'ait et le concret existent surtout par rapport a l'intelligence humaine. L'abstrait-concret est la véritable création de Spencer qui restera acquise à la science classificative.
D'autre côté, il a établi la vraie place, parmi les sciences concrètes, de l'astronomie, que Comte avait placée à tort parmi les abstraites, ne se préoccupant que de sa connexion nécessaire avec les mathématiques dans un temps où l'on ne connaissait de l'astronomie que les relations et les calculs de ces relations.
■ ISS -
Enfin UaCaitunedistinctioa, sinon fondamentsie, au moins trèsinénieuse, entre ce qui allecte les mdsws et ce qui alTecte les moteîf/w. d'autre côté distingue soigneuEcment le quantitatif du gitaii- \atif. Ce sont des éléments importauls de subdivision.
Il place très heureusement la logique dans les sciences abslrniles A au dessus des mal tiéma tiques.
Mais son système présente les graves inconvénieuts suivants ; r Herbert Spencer, au lieu de prendre les sciences, telles qu'elles estent Aawsleur unité naturelle . les divise trop, plaçant uao partie le telle science dans telle catégorie, une autre partie de la m^me dans e catégorie tout à fait différente. Par exemple il divise la géométrie trois et lui donne trois places différentes. L'astronomie occupe quatre places ; la physique n'en a pas moins de six. Nous ne nions pas que certaines sciences devraient logiquement se dédoubler, mais Spencer les morcelle pour les faire entrer exactement dans son cadre.
Spencer, poux classifler les sciences, ne les combine qu'à un senl loint de vue, qui n'embrasse pas leur aspect total, \e\ir solide. Par pie, la division suivant l'applicabilité aux molécules ou aux lasses, la distinction entre le qualitatif et le quantitatif ont quelque losequi séduit, mais qui devient faux dans les divisions principales, irce que cela ne suffit pas pour la caructérisati'in ititégrale qui ■mprendre les ressemblances de plusieurs calés. Voici, par lemple, tous les phénomènes de biologie, y compris la saciolot/ie. caractérisés comme participant k la lot de redestribulion de matière mouvement entre les molécules de n'importe quelle masse céleste et rapprochés ainsi de la minéralogie; la caractérisation est Irop nseitig, comme disent les Allemands.
3" Le savent auteur fait entrer, pour remplir son cadre, dans sa ^assification, des sciences qui no sont que dès parlîesd'autres sciences ou qui sont h peine des sciences. Tel, par exemple, le calcul indéfini, 3' Spencer ne fait valoir l'élément objectif que dans les subdivisions de subdivisions. Ailleurs l'objet est trop oublié pour ne se souvenir le des diverses actions exercées sur lui el do la manière dont 'homme l'envisage.
4° EnQn et surtout il ne distingue pas les objets externes à l'homme l'homme lui-même. Peu de place pour les sciences de l'esprit. !omte avait déjà commis cette faute, en réalité, quoiqu'il distingue la et l'homme. Spencer efiace entièrement cette distinction, et
S0U8 l'empire d'idées philosophiques ou religieuses, il écrase l ctiologie ot la sociologie, dont il ne fail que des subdiri subdivisioRs.
Ea somme In claKsificutton de Spencer, malgré son très g rite, est trop compliquée pour êlrc naturelle et se pose à des j do vue Irop exclusifs.
Comparons maintenant au poini de vue de lu subjectivité otdeB y'ecIitiiM celle de Comte et celle de Spencer. Celte companîsôo i sera utile dans la suite.
La classilicution de Spencer est certainement subjective, quoiqd présente les apparences d'être objective.
Eu elîet, elle distribue les sciences selon que leur objet consiste datiB les élres eux-m^mes. ou dans les lois gétiérales de l'être, ou dans l'application de ces lois aux êtres particuliers, ce qui semble être objectif. Mais il faut bien distinguer, comme le font les philosophes, l'existence d'avec l'essence : les êtres seuls ont une existence réelle objeclivu ; les lois générales, l'application do ces lois aux êtres sont des abstractiojis de l'espiit, ou tout au moins de pures idées qui n'ont que l'essence, non l'existence proprement dite. L'esprit humain ne voit d'abord que les êtres particuliers, c'est lui qui crée ensuite les êtres généraux, c'est lui qui extrait les lois. C'est donc bien la succession de son trava'd qui fail cette classification ; une science n'est concrète ou abstraite que pour l'esprit humain. Pour un esprit inférieur, elle ne serait uî l'une ni l'autre; pour un esprit supérieur, l'enveloppement et le développement, la synthèse et l'analyse se confondraient, il verrait l'objetsous lous les aspects à la fois, avec son relief, sa forme Aesolii/e, tandis que l'esprit humain trop faible ne l'aperçoit que. ou bien confusément, ou bien successivemoit, comme une surface et sur chaque face séparée.
En comparant ces deux classifications, l'une objective de Comte, Vaalresubjeclive de Spencer, on voit qu'elles différent, non seulement par le classement des sciences, mais par l'ordre successif de celles-ci. Comte commence par les sciences du simple et de Vmiiversel pour passer peu à peu aux sciences du complexe el du particulier ; Spencer commence par les sciences concrètes pour passer eus sciences de pl]is en pïus abstraite.'! . Il en résulte qu'une science classée par l'un vers le commencement se trouve souvent placée par l'autre vers la fin. Comment se fait-il donc, si les deux systèmes sont également vrais k un point de vue difTéront, qu'ils établissent un oi'dre à peu près j
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^w verse sur bien des poiats, l'ordre cboz ces deux auteurs étant doané ^* également pour un ordre chronologique, ou qu'ils élabliasent ailleurs lem^nieordre,raais d'après des principes qui devraient les faire aboutir à un ordre tout ditTérent.
Ainsi, d'après Comte, l'astronomie prccâde la physique, parce que l'objet de l'astronomie Est plus universel et plus simple que celui de la physique ; d'après Spe.ncer la physique suit aussi l'astronomie parce que la physique est une science plus absiraite que celle-là. C'eat qu'ici Comte a considéré l'aatrouomîe principalement comme science des rapports, comme science mathêmalique, et Spencer l'a consi-
»dérée comme science des êtves. comme astronomie descriptive. Cette divergence s' ajoutant à la première, mais agissant en sens contraire, les a fait ici par hasard coïncider.
La clefdecette dilticullé, qui semble établir dans Vespril un ordre inverse de tordre des choses et détruit la concordance naturelle du subjectif et de VohjecHf, est fournie par ce fait, que l'ordre dans les deux cas est chronologique, maïs que dans l'intention de Comte il est chronologique dans l'humanité, et que dans l'intenlion de tBpencei' il esl l'hrotiologigite dans l'individu.
En elTet, le genre humain a cultivécerlainemeat les sciences simples,
bniverselles. ayant pour procédé le raisonnement et non l'observation,
robjet les dires dans leur ensemble et non dans leur individualité,
Éiien avant qu'il s'occupât, surtout utilement, des sciences ayant un
[bbjet complexe, le! qu'un 6lre particulier à la formation duquel ont
ioncouru tant d'éléments divers, physiques, chimiques et mécaniques.
L'bistoire le prouve : les premiers savants sont des mathématiciens
adoa philosophes. L'astronomie suit ou accompagne les mathéma-
liques, parce que l'astronomie, tant qu'on n'a pas des moyens perfec-
ionnês d'obsen'ation. ne consiste guère qu'en calculs sur des données
jimples qu'une observation incomplète a fournies. D'un autre côté.
ffeofant apprend plus facilement les sciences concrètes que les
ciences absiraîles, le composé que le simple, l'ensemble que le détail,
(t c'est précisément pour avoir toujours voulu commencer par l'abs-
iraitque l'instruction a fait et fait encore fausse route. EUe croit
Cependant être dans la vraie en suivan^pour l'individu l'ordre histo-
■ique que l'humanité a suivi.
Comment ce désaccord entre la^ marche logique de l'espèce et Belle logique de Vindividit est-il possible ? Est-ce que l'espèce ne Icousisle pas seulement dans la collection des individus ?
Voici U réponse. Le ^enre humain, si cels lui nvait élé posniblo, s'il Avait été BufRfloaiinenI ontillé, eAt suivi dans k-s connaissances le miîmeordrc sériairR quo l'iudividu. que l'cDraiil; il eât commeEicé par le concret, par les sens exlérîcurs. par Vabservtaion, car l'âHpècti et t'iodividu ont IHpu la mémi; nauiro. Mels. taudis que l'enfant ojiil r>n pleine civilisation muni d'urmes et d'inslrumniUa de Iravuil pur Icrns ceux qui l'ont précôdê et ceux quileatonrenl. de manière à lataser se dêvclojjper cl se diriger son esprit nBlurellcmeDt et sans obstocle eilMeur, le genre liumalu, oi mâiue chaque nallon, passe successivemenl do la bnrtjiirle fi In civilisation par ses propres edorts. se trouvant sans armes, sans instruments de travail, cl devant se créer lui-même ses inslrumcnls avant toute aulre chose, el travailler d'ubord les sciences qui demuiideul le moins d'instruments, sans autre choix. Le courant naturel de l'esprit se trouve ainsi contrarié, resserré, dévié. Voyons comnicn l cette diïvîaliou le porte d'abord vers les sciences qui ont un objot simple, général, par conséquent toujours un peu abstrait.
Quel est l'insLrunienl commun h lo plupart des sciences ? It y en a plusieurs, mais tout d'abord i'observalion qui a pour l'élément la ?:«<• uisKeyp, la vuedes jeux, Comment l'aveugle né pourrait il peindre s'il n'a jamais v'i les couleurs? Comment le médecin connaitra-tril la structure intérieure du corps, s'il n'a pratiqué la dissection pour mieux voir. I«8 sciences concrètes, les arts concrets demandent donc pour point de départ la vision externe. Mais la vue de l'homme est extrèmemenl bornée : dès qu'im objet est un peu plus petit ou un pou plus éloigné qu'il ne faut, l'homme no le voit plus. Son observalion, comme sa vue, reste superficielle ; sur elle, comme sur une base fragile, il échafaudedessy/i/ejHes tout subjectifu. Tanlqu'ilnepourM pas augmenter sa vue il ne pourra augmenter sa science : son instrument, l'oeil nu, est trop imparfait. Il se rebutera donc vite, s'il essaie, et se Inurnera vers les sciences qu'il pourra manier avec un instrument toujours prêt, qu'il porte sonS cesse en lui, sa vision interne, son ùifirition, son esprit, c'eat-à-dire vers les itr.iencesde l'i/iée.-
Tout à coup il découvrira un tiistnimeiit de vision doublant, centriplant le premier dans le lélescope el le microscope. A partir de C6 moment, la science d'observation impuissante devient capable de tout : l'esprit de l'homme reprend son coiir^ primitif, nature/, relùurnc à l'observation qo"i\ prolonge et élève par la comparalsonel par l'induction ; il brûle ce qu'il avait adoré Faute de mieux, les abfltractions métaphysiques, et réparc son erreur.
Etaît-ca cependant une erretir ? Non, ce n'était qu'une impiiissance Efaule d'îaaIrumenU Le philosophe $co!ml.ique fait ce qu'il peut ; ni nous u'avlons pas d'autres inslrnments que ce qu'il avait, nous ne ferions pas mieux, noue discuterions à perte de vue avec lui.
Cela est si vrai que Bacon le premier découvTe la méthode in'/iicbive donl il pose nettement Irnis les principes, personne ne le suit ni me récoiile ; il n'uç^it pas liii-mâDie conlurmément & ce qu'il écrit, il n'applique pas l'induction. Pourquoi? Parce qu'il a deviné l'importance > l'observai iou, mais qu'il n'a pas les inslnimenls matériels né- [cessaires pour observer. DH qno ces instruments sont découverts, on De comprend tout à coup.
Le télescope et le microacope ne sont pas les seuls instruments néhcessaires ans connamaitces concrèles : ils s'appliquent parliculi^re- 1 sciences; muis dans les beaux-arts, mais dans les sciences morales, nous en trouverons d'autres dont l'absence a produit le nême résultat, celui d'iutorvertîr l'ordre naturel. Voici quelques exemples dans chaque ordre :
Les sciences mathématiques sont toutes essentiellement des bcîences abstraites, tandis que les sciences naturelles sont des Hciences concrètes, et il est incontesté que l'ourant a plus de goClt et ^'aptJtudo pour la zoologie on la botanique que pour l'algèbre. Cependant les sciences naturelles étaient encore presque ignorées quand les malbémaliques Uorissaient déjà Pourquoi? Parce que pour l'élude [des mathémalirjues, il n'est besoin ni de scalpel, ni de microscope. e collections; l'étude solitaire en est fructueuse; onpeut s'en servir Kaans autre préparation de son esprit ; matériellement il suffit de jtos- Teéder avec quoi écrire ; cela n'est même pas nécessaire pour le calcul mental. Une fois qu'on rencontre un axiome simple on s'y suspend, -fia tisse alors sa toile d'arguments, de déduelions. que, comme l'arai- ;néo, on lire de son propre fonds, et si l'on n'est pas toujours dans le cesse pas d'être logique, le sjllogisme le prouverait. Ce qui semble une exception aiTive à démontrer la pénétration plus ■ profonde de ce principe. L'astronomie est une science concrète, puisqu'elle a pour objet des êtres dans leur existence complète; de plus, elle a pour but d'étude des objets très éloignés, les astres, qui ont besoin du télescope pour être bien observés. Cependant l'astronomie natt en même temps que les mathématiques, bien des siècles avant . que le télescope soit découvert. D'où vient cette anomalie ? C'est que
^^H i'astrodoniie concerne d'abord et principalement les astres dans leur
— eo —
ginératilf. plutAl que dans leur in<iivitiufilitf:, ci éloiifnement mhwi; ollo b'occu(io surtout «le \f.\XT» rflalùms eX m résout (Ml calculs. Le Verrier découvre iiiic pIsiiMc, sans «ucune obscrvalioD, par /'■ calcul iful, Judîquo In place où elle doll être, ne Vûrifle jamaÏB, niéme plus tard, où elle se trouve ; c'estl iiii autre qui lo véririfi pour lui, et reuronlri! l'astre nii poiiil indiqué ^ans le cbercher. Pour que l'aslrorioiuîe Jevicnnp ÎTidiviiluolle, qu'elle coniiidâre chaque corps céleste seul, sa coii^tiluliiiu. bu rniuliuii. !1 ftiut racijuisitian d'un oulU, d'un Instruraenl nouveau, l'analyse, s/iectralr. Pour découvrir l'ffïistence cl la grandeur de ces corps, il avait fallu le télescope; pour connaître en partie leurs rfila/îons, le cnlrul aynW suffi : c'est ce ijui fil qu'une science coticr^tc peut i^lre une des prcmiËrea cullivves, parce qu'à cause del'insxiffistmcrdcs instrumfinU elle était traitée comme abstraite.
La mécanique est une science aùslrtiiie. le physique et la chimie sont relativement concrètes; la niéconiriiie avait déjà fait de grand» progrès, en particulier dans l'art milltairi?, lorsquu la chimie et la physique étaicnl encore embryonnaires, parce que la première science a pour principal instrument le calcul, et n'a pas besoin d'observations ans*! minutieuses avant qu'on eo découvre les principes.
Ce que Yoliservfilîon visuelle est dans les sci>/ircs, les instrumetili tnatniels le sont dans les beaux-arts.
Pourquoi la musique na-l-elle pas commencé par la symphonie! C'est cette symphonie qui plaît à l'enfant, lequel recherche les instru* meuts les plus bruyants et les plus nombreux. Parce que la symphonie exige, pour produire eËFel. un certain nombre d'in»^lru meuts, et qaa l'homme^ demi civilisé n'en possMeque quelques-uns très insuffisants. La musique ainsi arrêtée reflue vers le chant, vers la mélodie, ve» X'élémertl le plus simple.
La peinture est beaucoup plus naturelle à l'homme que l'arekitecliire; ce qui plait aux enfants, ce sont les couleurs les plus vives. De plus, la peinture est l'art le plus concret ; il représente seul dans un étroit espace l'homme^ le paysage, des scènes entières, des pays entiers. Au premier abord, il semble pourtant se partager cette qualld^ d'art concret avec la sculpture, et même celle-ci l'emporter. En cITet. la sculpture est en relief et solide comme l'objet représente lui-même, tandis que la peinture ditîère de cet objet en ce qu'elle ne préseule qu'une surface. Mais la sculpture ne représente que des êtres isolés, tout au plus quelques-uns groupés, point la nature quiles entoure;
a outre, elle elliace la couleur, de sorte que l'objet ne vit pas : il est plus parfait que dans la peinture, mais il ne vit pas, et c'était là lo K>int essentiel. Cela est tii vrai ([u'oii a'efiorce d'abord dépeindre lei Wttatups et de les habiller, \J invraisemblancp de Ut statue augmente oicore dans les pays froids où l'homme n'est pas nu, mais constamsut et totalement Uabillé ; le nu qu'on ne voit pas dnna la réalité feet une abstraction vis-à-vis du valu qu'on voit lous les jours ol diniie la ressemblnuce. La peinture est donc, des trois arts de dessin, rt le plus concret, par conséquent le plus complet et le plus naturel ; s'il ue donne malérlellemenl que la surface, il fournit le relief, le solide, par l'illusion do la perspective, La scidpture vient easuite, puis \ l'arcliiteoture, laquelle se compose, non plus de solides, ui de lurfaces. mais de simples lignes, ce qui la rend Vai't le plus abstrait- I Eh bien ! historiquement on a commencé par Varchilectiire. elle-ci s'ornomeute peu à peu, s'enibosse de sculptures qui s'en dèbicbent lentement, d'abord eu bas-reliei, puis en haut-relief, puis en nade - bosse ; elle se couvre aussi de peintures, dépendantes d'abord K4aQB la Iresque et les vitraux. D'où vient ce désaccord, pourquoi l'arfChitecturea-l-elle précédé, pourquoi la peinture a-t-elle terminé? Tout en l'expliquant prouvons-le.
A partir de quel moment commence la peinture moderne, la prc- B^iàre de toutes, la peiuluro italienne? Lorsque la peinture à l'huile r.êsi découve rte,çarce qu'on ne possédait alors, sauf pour les fresques, que des instruments d'application iucouimodes. Des fresques remarquables ont pu précéder ; la peinture du tableau ne date que d'alcrs. La peinture suppose le dessin qui en est comme le squelette, la nervure; pour le dessin il faut avoir étudié la structure du corps. Tout cela fait défaut aux premiers artistes, ils n'ont ui la couleur, ni le
t pinceau, ni le dessin, ils font les peintures et les statues du moyeu âge, ils ne peuveut faire mieux faute d'instruments. Mais l'architecture ne suppose, tout d'abord au moins, aucun de ces instruments délicats, le premier architecte est le maçon ; il fait solide, et le beau résulte de la direction de la masse et de sa force, le monument mégalithique est le premier monument; la colonne dorique est nue, et, comme l'arbre dont elle fut l'imitation, s'enfonce directement en terre où elle semble prendre racine. Si l'architecture se perfectionne, c'est toujours par les lignes que le véritable beau se distingue, et dès que toute sa simphcité disparait c'en est fait de son caractère.
La sciil|»ltirc a liesoîn dun iiistiiimciil iloplus quo celui de la force du bnis ; il Jui fnut d'abord uu luoixis l'outil de bilex, plus lard le ci>cuu, La ]teinlure vient plus tardive, laule d'instramcotB ; le pinceau fuit luii^tcnips défaut.
Dniis l'ordre des sciencfs moratrs, même gradation. Ne faudrait-il I>a!i foitilcr In sociologie, récoiionûe politique, toutes d'observations, j)oiir iillcindre ensuite une urgani^iatioii plus parfaite de la société de la religion et du droit '? Les premières sont concrètes, la dernière abstraite et on ii'j punient qu'en combinant les éléments fournis par les deux premières. Cependant la sociologie n'est encore aujourdliui qu'une science eu voie de foruiation ; la religion, La morale ont fourni un long règne, Pourquoi? Parce que la sociologie n'a pu s'étudier faute d'instrument. Quel en est l'instrument? C'est l'observation de l'histoire. Tuut que les fiiîts humains ne sont pas exactement connus, quelles couclusious pouvoir tirer de ces faits? La morale est laqtiiutcM^eni^c de ceux-ci. Faute do pouvoir l'en extraire, comme on ne peut »Q passer, il faut bien se contenter d'une morale a priori : supposée, déductive, abstraite, et commencer par elle.
lin tout cela, il n'y eut point faute du genre humain, l'esprit eut à subir les influences et les obstacles du milieu.
Non seulement donc les classifications de Comte et Spencer ne se contredisent pas, mats 11 n'y a pas. non plus contradiction dans l'ordre inverse choisi par cliacim d'eux pour la nomenclature.
H ya ainsi une classiQcalion et un ordre subjectif etun objectif, &i le subjectif est diflércnl chez le (jcnre humain et chez Yindividv.
Nous en venons maintenant à une théorie qui procède de celles de Comte et de Spencer en les intégrant, mais avec de remarquables innovations.
La classificatiou la plus complète avec celle de Spencer et lapins récente est celle de l'émincnt philosophe Wilhelm Wundt qu'il a pubhéedans son livre ; Système de Philof^ophie (Leipzig, 1889), et qu'il a développée davantage dans ses Philosophisclie Studien (•>' tome, r" livraison, Leipziz, 1888) sous le titre de : Uber die entstehunti di.r Wis&ensc.haflen.
Aucun des systèmes précédents, même ceux de Comte etde Spencer, n'ont paru suffisants à Wundt, et il fait précéder sa reconstruction de leur critique. Suivant lui et suivant nous, le système de Comte mérite un grave reproche, c'est le domaine si restreint qu'il accorde h la psychologie et à la sociologie, à la première surtout.
L'homme, uialériellemeDl, a une très petile place sur le globe, il ne
, laisse que celle mdmo place dans sa classificalion, sans tenir
mpte de son excellence relative. C'est une conséquence des doc-
s matérialistes de cel>auleur ; la pensée n'étant que le résullat des
fccliona cérébrales, ne tient que le coin réservé h ses ronetioD§ dans
é du monde. EaL^e lu se conTormer k la réalité des faits '! Esi-
■que les siennes n'ont pas imc place d'aprts leur importance et leur
b'/t'e, et non pas senlcmenl d'après leur siêi)''^ Le môme reproche
Bit èli-e adressé au système d'Herbert Spencer. Il faut, suivant Wundl,
Jablir sur ce point ce que Comte et Spencer avaient détruit, et tracer
abord deux cinbrancliements : celui des sciences nattirelles, celui
BScÎGUces humaines. Wundl, coniraireineot k noire avis, loue, au
contraire. Comte d'avoir borné la classiflcation aux sciences propro-
ineot dites, eu en excluant les arls el autres connaissances. D'aulre
jû^. Comie écarte les applications des sciences, l'élude théorique de
Ipe-ci se suffisant àelle-même ; enfin il retranche aussi les sciences
i ne sont que la saôt/iwisio» des aulrea, en ncrclenant que les prîti-
Kiles : malhémaligu'i, ailruiwniie, p/ii/sii/'ie , binh'jte elsocio-
Corame nous l'avons vu. il coordonne et sxtbortlonne ces
:eâ las unes aux auti'es, et sa classification est surtout une sé-
^Uon\ celle sériation a la prélenlion d'être à la lois objpc-
e et subjective à l'humanité : objective en ce sens qu'on passe de
■science la plus simple et la plus n^/iérale à la plus cumposée et
plu8;)ar/j'cu/(t?/'fl, celle-ci supposant la connaissance préalahledecelle-
K subjective à V/tumanitê. en ce que, à raison de la plus grande fa-
^lé pour l'esprit de la science simple, les sciences de ce genre furent
plus tit cultivées. Une seule objection ruine, suivant Wundl, le principe
même de la sériation de Comte. Ce dernier place l'astronomie avant
lii physique, comme plus générale, parce que l'tistrouoviie s'applique
à l'univers enlier, tandis cpie la physique à* la terre seule. Or il
est aujourd'hui reconnu qu'il y a un astrophysique, aussi bien d'aîl-
iprs qu'une astrochimie. De même, suivant Comte, la physique pré-
ne la chimie et en est indépendante, tandis qu'il est reconnu que
îrie physique de la chaleur et de réleclncîtéesl vivement éclairée
l'élude des actions chimiques qui accompagnent ces phénomènes.
a connaissance de l'astronomie est peu utile au physicien et au
liute, encore moins toutes ces sciences sonl-elles utiles h la socio-
lâ. Un troisième reproche non moins grave consiste dans l'élimi-
pion de la philosophie dons toutes ses branches, sauf la psycho-
togic, sou» prétexte qu'il ii'exi>tc rédlcmorit tfiie c-etlo philosopli /rz/rn/f qui cstdotnuttM les sciences porlicalières, et consislo en aud ilana leur clasaJAcatioa Hyalliéliciue. Or on ne pout faire ainal Upfe térili'tn nrLiilruiro il'uiie sirieiice réelle et iiiiportHotc.
Wundl formulo encore d'autroB criliqae» contre le système deComd D'abord sa claaslQcation, en sciciice.t abutralles el acleuces concrèt4| avec uuo sériaiion conliriue de» unes aux autres, Buivant la déerc saocQ de l'abstraction, serait fausse en partie. La loologia, exemple, h uti certain poiut de vue. est aussi bien abstraite quel physique. Considérer un vcriébrè comme vertébré, «a écnrtantB autres caractârea de l'iadividu, ost une purr abstraction ; obs^n une pierre qui tombe, avant d'en avoir di^duit encore les lola de|| pesanteur, est une opération concrî^te ; ranalonilsle qui couBld&re } nerfs, abstraction faite des autres tissus, abstrait à son tour. Atu Spencer reproche-t-il à Comte d'avoir confondu l'aburait et te co crel UEPcle général et le parliculicr La physique serait plua ç4m raie que la biologie et non pas plus aàstraite. Wundt A &o critique cette distinction, mèuie ainsi recliSée ; certains phénc de physiiiue. par exemple la double réfraction des cristaux, n'élaî pas plus généraux que l'idée de vertébré en zoologie. La distinction rée qui se cache sous celles énoncées de coucrel et d'abstrait, ou de génél^ el particulier, est celle ea procesuns [vorganfi) et objet {gegensi de la nature. Dans l'élude du processus, l'abstraction est plui quenle que dans celle de l'objet, et plus importante.
Un autre critique faite par ^yundt consiste en ce que Comte D'état pas rfe ôam^re entre l'abslrait et le concret, mais fait passer potffl /leu de l'un à l'autre dans la sériation des sciences, ou plus exacq ment, en ce qu'il n'établit pas entre les mathématiques, d'un c6té, i autres sciences, de l'autre, cette démarcation profonde qui existe ^ réalité. En efTet, Comte parmi les mathématiques délacfae la géomé^ et la mécanique qu'il place dans les sciences naturelles, quoiqu'et soient bien mathématiques et forment un groupe naturel iodivisiri avecl'algèbre et l'arithmétique. C'est qu'en réalîlécequi sépare ng tement les sciences maihémaliqucs des autres sciences, ce n'est p leur a6s/r(rc/io«, mais c'est qu'elles ont pour but àes abstracHûi formelles, c'est dans ce caractère de formel et non dans celui d'à! traction seule que se trouve le vrai critérium. Or ce caractère ap] tient aussi bien à la géométrie qu'ji l'algèbre.
ËnSn l'ordre sériai établi par Comte, non seulement n'est pas jnH
;e que Bouvenl la scicQCc qui vieni la dernière dans la série est nécessaire h une classe antérieure pour obtenir son intégralioa, mais en ca que cette sériation pinçant chaque science successive à la même distance entre elles méconnaît le groupement naturel de ces sciences, C'est ainsi qu'un tel groupe existe entre la physique et la chimie, cotre la jurisprudence et l'économie politiquo, sciences moins éloignées entre elles qu'elles ne le sont des autres sciences.
Wundl critique moins en détail le système de Spencor que celui de
Comte, parce que le premier se base sur le second qu'il perfectionne.
Spencer précise mieux la distinction entre les sciences concrètes et
les sciences abstraites. Sont abstraites d'après lui seulement les sciences
qui portent, non sur les objets eux-mêmes, mais sur leur relation de
^existence ou de succession, en dernière analyse sur le temps et
Espace ; les malhcmaliques seules, maïs eotières, sont dans ce cas,
tadis que l'astronomie, la mécanique sont rétablies à leur vraie place,
l'dehors des sciences abstraites. Mais il commet la faute d'établir
^vision entre les tihjetf d'une part, les rclalioits des objets de
Ejitre ; il en résulterait que la chimie aurait trait à la relation et l'as-
rnomie h l'objet, ce qui semble douteux, l'astronomie étant sou-
e science de relations. D'un autre côté, les mathématiques ne
ixtipent pas seulement des relations des objets réels, mais aussi
k relations, abstraction faite de tous objets. Un autre défaut de
Btème de Spencer hérité par lui de celui de Comte est la prétéri-
Q des sciences de l'esprit, et le classement subalterne de quelques-
tes de celles admises. La psychologie, par exemple, n'y est consi-
irée que comme un rameau de la biologie, il exclut la philosophie
ponne à la sociologie, science encore en voie de formation, une im-
Blance trop grande, oubliant que c'est d'après Tétat actuel des
lences qu'il faut classer.
Après avoir déblayé le terrain par la critique des systèmes de ses illustres prédécesseurs, Comte et Spencer, Wundt établit le sien. 11 en pose d'abord les principes. Il insiste surtout sur ce point que la classilication ne doit pas se faire d'après les oi/'e/s des sciences (objet ffegeiisland, étant pris dans le sens d'objet matériel), mais d'après le vutnl rie vue auquel on envisage l'objet. Un corps, par exemple, peut i88J bien appartenir à la géométrie, à la mécanique, à la physique, a chimie, etc. Le monde et l'esprit opposés l'un à l'autre par Wundt a faire de cette opposition une base de sa classification ne sont Ifime pas réellement bien distincts, au moins ne sont pas universellc- CLASsmcATiON (Soo) 5
iQCDl reconnus tels. Dans un as le corps est oontidéré «u pwnt de vue iitatériel, dans l'autre au point de vue inleUectuei, voUk loat. De même les muthématiques peuvent s'appliquer aux objelslea plus d rentE, le prucédc seul et l'idée les caractérisent. Ce n'est qoe dans toi subdivisions qu'on peut prendre en considération la nature de l'objet eu lui-m^me, ce qui constitue la difTêrence entra la zoologie, h mtnéralo^e el la botanique. Un exemple frappant de cette viilti, c'f:t la philosophie qui s'empare de tous le» objets dont les scâencea ' !!C bont successivement occupées, mais les considère k un point do vue tout nouveau, à celui, non de traiter les questions géniralea. mais de recoudre les problèmes dont les sciences particulières n'ont pas fail emploi, it en résulte que la division ta plus générale doit éire cil : l' sciences /j'irliciiliérea, a' iâeacei philosophiques. Cesscimcea particulières comprennent d'abord dans une brancbe spéciale les mo- Ihithialiques, qui se distinijuent des autres en ce que ce sont des sciences funneUcs par opposition aux autres qui sont des sciences réelles. L'abstiactiou n'est pas le critérium, mais lùea le caractère dcformel. Même les ma tbéma tiques ne sont pas plus proches des sciences de la nature que des sciences de l'esprit qui forment les sous* embranchements des sciences réelles, car les sciences del'esprit. avec elles, peuvent être conçues formellement. Ces sciences réelles se divisent en sciences de la ïiafîi^e et sciences de lVs;)r(7 ; cette divisiou, contraire uux systèmes de Comte et de Spencer, a été Urée par Wundt de ceux philosophiques de Bentham et d'Ampère ; elle a été indiquée aussi par Sluart Mill. Cette distinction né se fonde pas d'ailleurs seulement sur celle des objets, mais elle ouvre un autre ordre d'idées. La science de l'esprit est réfléchie, forcément subjective, tandis que celle de la nature est objeclive. D'où résulte ce cadre gérjcral : i" groupe de la science philosophique, a" groupe des sciences particulières ; celles-ci se divisent en sciences formelles (mathématiques) et sciences réelles ; les sciences réelles se subdivisent en science de la nature et science de l'esprit.
Les sciences mathématiques ou sciences formelles ne s'occupent des objets que quant à leurs qualités et à leurs relations formelles. Par qualité formelle on entend celle qui se rapporte i l'ordre d'une diversité {mannig faltigkeit) donnée dans l'expérience, mais non i sa consistance {die sich nur aufdie oïdniing eines in der erfahrung ge- (/ebenen mannig faltigen nicht aufden Jnhalt derselben bezieht) ; c'est aussi celle où l'on ne retient que la fouelion intellectuelle, en
il ce (iiii s';i(lrefse a^l^ sens. A es poini de vue la logique formelle lest eucufe plus que les ma thè ma tiques elles-mêmes : c'esl à ce ■re qu'on la met à \i\ li'tf drx scit-ncfs /ihiluaophiqKfs; les mathélaliques ne sont m^mo que VappUcalion tle la lo-jiqxie formelle wj: idées formelles Les mathématiques se divisent en générales et méciales: les premières s'occupent des qualités fortnelles pouvant appliquer à tous les objets ; ces qualités plus générales sont : une iantif'tlive. h irawlnir; une qualUalive, ïordre d'une itwersiiê. i parlie des matliCRia tiques qui ^'occupe de cette dernière qualité est e science nouvelle, La forme quantitative est soumise, à son tour, à be distinclion, suivant que l'on considère les opérations qui confefnenl la grandeur ou les rapports de dépendance réciproque des ■andeurs données ; le premier cas est celui de l'algèbre, le second Nui de la théorie des fonctions. De même l'idée de la diversité com- Bfte deuK sciences, celle qui obsene comment retk-ci nait de ses lémeDls. el celle qui envisage les rapports des i/iversirlrs entre Hus et avec, les qualités quanlitati%es parallèles des formes. Dans I sciences formelles spéciales, les idées de U grandeur et de la di- Srsilé se cumulent toujours. Trois idées, n ces litres, forment l'objet i sciences malhcmaliques : celles du tioiuhre. de Yespace et du \puvemeii/ : c'est celle du nombre qui s approche le plus de la science B la grandeur en général, parre que le nombre est le moyen de K^iirer toutes les graiideurs. Comme la science de la grandeur, elle B subdivise en deux parties : i" lariliimélique répondant à l'algèbre, lia théorie des nombres comme Ihéorîe des rapports des nombres, hiondant à celle des fonctions. Les deux autres sciences Formelles ■écialee, celle de l'espace et celle du mouvement ont des fonctions plus "nlreintes : c'est la géométrie et la dynamique ou cinématique ; chann(^ d'elles se subdivise en syathélïque et analytique. La géométrie liitUétique s'occupe de l'abslracliou des figures de l'espace hors de (• éléments, l'analytique ramène les qualités simples des figures de ^pace aux idées générales des grandeurs.
■Les sciences de la nature qui forment la premiùie branche des réelles peuvent êlre aussi nommées sciences d'observation, [Elles sd divisent en deux classes, car la nature peut être envisagée, fet dans les processus fvûr.jang) qui s'y produisent, soit dans les \'ets eux-mêmes (qeqenst'md) qui la composent. Les deux sont en ttlilé, inséparables, mais l'esprit les dislingue. Les événements s'actnplissent dans les objets ou consistent dans les changemrnis des
rapporl« réciproques entre ceux-ci, et les olyeU sont à leur tour les réHiiltaU des processus ou devienuent la condîliou de procesaus nouveaux. La science des processus ie divise en deux parties, le, première csl la science générale de la causalité dans la nature, ou dynamique, recherchant ses lois générales d'après les fonnes prin- <;î|ialvs do la inutiére , et d'après ces formes se subdivisant en dynatiii(]uo do Véther et dynamique des masses pondérables, fj dynaiiiirjuc iluH inanso!! les considère tant6t dans leur totalité sans obsetvulioii dos parties intégrantes de chacune (dynamique des cmps), laiitùt duiis leurs molécules ialérieures (dynamique des molécules). Im deuxième partie de la science des processus se compose de leara sciences parliculièrus.et comprend: la physiquequi ne tient pas compte des dillérciiccs <iualîtatîves des molécules auxquelles elle peut s'appliquer, cl lu chimie qui on lient coniple. La chimie, aussi bien que la phyHiipiD, se divise ensuite en partie générale et en partie spéciale. Im phyrtiquc générale traite des rapports d'échange entre les divers phéuitmèuuH de la nature ; ia spéciale, de ces divera phénomènes : cliuloiir, lumière, éloctrîcité ; la chimie générale s'occupe des rapports des phénomènes pliysiqucs avec les chimiques. La science des objets de la nature coinproiid, dans un ordre d'observation de plus en plus restreint : I* l'usliouomio, j* la géographie, 3' la science des divers objets tciTewlrea. U autre côlc.les objets peuvent être considérés d'après leurs rapporis propres iitlernes (histoire naturelle systématique) ou d'après leurs relations avec la lerre (géographie spéciale). Chacune de ces parties se subdivise. L'iiisloire naturelle comprend : la minéralogie, lu botanique , la zoologie ; la géographie spéciale comprend l'orographie (distribution des eaux sur la surface de la terre), géognosie (ilistribulion des minéraux) , géographie botanique et zoologiquo, otl'anthropogéographie. Enfin on peut appliquer i' un des dfax points de vue ci-dessus l'un et à l'autre ; on obtient ainsi une Iroisiéme classe générale des sciences de la nature, celle qui 8'oc'.cupe des processus de la nature sur les différents objets- de la nature, mais alors, ou bien ces objets dans leur état actuel sont l'objet des observations, ou on les considère à l'état de leur origine et dans leurs transformations. Dans le premier cas U existe une série de sciences physico-chimiques parallèles aux divisions ci-dessus des sciences des objets : astrophysique, géophysique, physique et chimie des minéraux, physique et chimie des organismes, ou physiolog^, avec sa subdivision en minérale, végétale et animale. Dans le second
l'ouvre la série de ecieoces de l'histoire de VévoUilion, celle de l'univers ou cosmologie, celle do la terre ou géologie, celle dea plantes, des animaux, des hommes.
Les sciences de l'espril se divisent aussi en sciences des processif et sciences des ofijWs qui sont ici les productions de l'esprit, mais le lien entre le processus et l'objet eat beaucoup plus intime. Les sciences des processus comprennent celles qui sont le fondement des autres, \& psychologie , puis les sciences spéciales qui s'occupent, les unes du développement des processus de conscience cheï les êtres vivants comme dans la psychologie des animaux : 1 s autres des mômes chez les diverses nations, comme la psychologie, l'ethnologie ; les autres enfm desrapports de la vie spirituelle avec cer- B processus corporels, comme la psychologie pure et simple. Cette nrniëre aminé à l'observation de l'hisloire naturelle psychologique, j développement de l'humanité, dans l'anthropologie et l'ethnologie. tes productions do l'esprit à leur tour sont considérées, ou bien par fepport à leurs (/««^[(("s générales si à leurs conditions d'existence, ■ns qu'on s'occupe de leur genre spécial, ou, au contraire, en tenant fempte de celui-ci. Dans le premier cas se trouve la philologie qui Hie ainsi le riile de science générale des productions de Tesprit. ses productions spéciales de l'esprit sont : l'agriculture, l'ordre de tttat et le droit, la religion, l'art, la science, auxquelles correspondent 8 sciences suivantes : l'économie politique, la politique, la science Jrstématique du droit, la science de la religion, la théorie de l'art, la nélhodologîe spéciale des sciences, et cependant ces sciences spéciales approchent plus de la philosophie que la philologie ; plus spécialement la théorie spéciale de l'art louche à l'esthétique, la science do la religion à la philosophie de la religion. La troisième classe contient les sciences qui s'occupent de l'origine des productions de l'essrit, 00 sont : les sciences historiques. Celles-ci se divisent en Bience générale et sciences spéciales, la première envisageant i process^ts humains relatifs aux difTérentes sphËres d'activité dans nr ensemble, les autres les étudiant dans leur dépendance réciproque, I autres considérant chacune des classes prise à part de l'activité . l'esprit. L'hisloire générale, suivant son degré de compréleDsion. contient l'histoire individuelle, l'histoire d'un peuple et liistoire universelle. Les spéciales sont ; l'histoire de lagriculture, (elle du droit, celle de la religion, celle des arts et des sciences. ' La classe de^scietices philosophiques a les mêmes objets que les
autres sciences, mais considère c«a objets b un point de vue toQl dilîâreot, c'est à-dire (ians leur nnspnibln el leur nynthHe. CependBOl elle aussi a ses divisions, non d'après les objets matériels, mais d'après le classement des dilTérents problèmes qui s'y rapportent. L'ensemble des sciences peut être considéré relativement à l'origine el i l'évolution {enlslchung), ou relativement à l'état actuel et à la synthèse systématique. Dans un cas il s'agit de la science en formation, dans l'autre de la science formée ; l'une de ces sciences est celle de la rounaissancc (er Kennlitisslehrej, l'autre celk des principes (principieiilehre). La science de la connaissance se subdivise en logique formelle et science de la connaissance réelle. La logique tormelle joue ici le même rôle que jouent les mathématiques dans les sciences de la nature : elle domine même dans un sens ]es mathématiques et souvent à ce titre on t'a détachée ot mise en léte de toutes les sciences. La science de la connaissance réelle se divise à son tour en fitstoire de la connaissance el théorie de la connaissance, la première exposant l'évolution historique de la science et surtout de la science des idées générales sur le monde, mais non de la philosophie seule. La théorie de la connaissance, ou logique réelle, en explique le développement logique, elle applique les lois logiques de la pensée K la genèse psychologique de nos idées sur le monde et au développement historique de la connaissance scienliRque du monde. Elle se divise en partie générale el partie spéciale ; la première B'occupe des conditions et des principes généraux de la connaissance, la seconde de la science de la méthode; elle emploie ces principes k l'investigation scientifique : c'est l'application qui rapproche celte science des autres sciences isolées.
La seconde science phiiosophique, câlle des principes, se divise en partie générale et en partie spéciale La première est la métaphysique qui expose les idées et les lois fondamentales de l'explication du monde dans sa synthèse scientifique ; la seconde suit les idées fondamentales des sciences séparées, el reproduit leurs divisions. De là la philosophie des sciences de Yesprit et celle des sciences de la nature. Chacune de ces parties se subdivise en une générale et une spéciale. Tandis que la philosophie générale de la nature établit les idées fondamentales de la science de la nature, la spéciale les examine par groupe de sciences: d'un côté, la cosmologie pMIosophique : de l'autre, la biologie philosophique. La philosophie de l'esprit à son tour se divise en générale et spéciale ; la générale abstrait des matériau
fournis par les diverses psycholoriies une idée fondamentale et synthétique de Texialence el de la vie de 1 esprit. A celle psychologie philosophique se subordonnent les divers domaines où l'on s'occupe des formes particulières de la vie de l'esprit et de son développement généra! dans l'histoire de l'humanité. Ces domaines sont surtout ceux de la morale, de l'art et de la religion. L'élhiqoe et la philosophie du droit ensemble, l'esthélique, la philosophie de la religion, forment les trois parties spéciales de la philosophie do l'esprit. Chacune d'elles met en relation les fails des sciences séparées avec les principes généraux delà psychologie, de la connaissance et de la métaphysique. C'est d'une manière analogue que s'élabore la philosophie de l'his luire.
Tel est l'exposé de la classification nouvelle de Wundl. En voici
sinlenant le tableau.
» s ■la
lit
■lll ï i -s
li§
lui
■a S Cl.
n. — Sciences réelles
Premièhement." — Sciences réelles de la nature.