‹ De la colonisation au BrésilChapitre 130 sur 145 · EXTRAIT DE L'OUVRAGE DE M. AGKERMANN SUR LE BRESIL · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE L'OUVRAGE DE M. AGKERMANN SUR LE BRESIL

« En 1829, des motifs de santé me déterminèrent à me transplanter dans un climat méridional. Je connaissais depuis longtemps le Brésil et les ressources qu'il offre sous ce rapport ; je me décidai donc à y fixer mon séjour, et je ne me trompai pas dans mon choix,

car c'est à ce beau pays et à la salubrité' de son délicieux climat que j'ai dû une guérison radicale, sans que jamais, pendant tout le temps que j'y ai demeure', maigre' les travaux les plus rudes, maigre' des peines sans nombre, et souvent maigre' la privation de toutes les commodite's habituelles de la vie, j'aie e'te' atteint de la moindre indisposition, ni que j'aie ressenti le moindre symptôme du mal dont il ne m'avait pas e'te' possible de m 'affranchir en Allemagne.

« Tout mon temps, aussi bien que mon activité', fut employé au but que j'avais à atteindre. En attendant, je trouvai chaque jour de nouveaux motifs d'encouragement dans les merveilles de la nature qui m'entouraient , et c'est pourquoi je dois avouer franchement que ce voyage de trois ans dans les provinces de Rio de Janeiro, Espirito-Santo et Minas Gérais (j'ai parcouru cette dernière dans toutes les directions), m'a procure' des jouissances telles, que le souvenir en restera éternellement gravé dans mon cœur ; car je pense encore sans cesse avec attendrissement à mon séjour dans les forêts vierges du Rio Doce et à mes relations si pleines de charme avec ces bons et simples Brésiliens, dont aucun sentiment de jalousie n'empoisonne jamais le cœur, et qui laissent à côté d'eux chacun parcourir en paix le sentier de la vie.

« Une rapide comparaison entre F Amérique du Nord, où la foule se précipite, et le Brésil démontrera que tout l'avantage reste du côté de ce dernier pays, où on trouve tout autant de garanties pour les libertés civile et religieuse, et où la fécondité inépuisable du sol est telle, qu'on pourrait presque dire que c'est moins pour travailler la terre que pour recueillir les récoltes que les bras y sont nécessaires.

MÉLANGES

« Un séjour de trois ans au Brésil m'a mis à même d apprécier cet état des choses, et mes rapports fréquents avec des Américains du Nord m'ont donné la conviction qu'avec de la peine et du travail on peut parvenir en Amérique à se créer une existence exemple de soucis; tandis qu'au Brésil on peut, avec moitié moins de peine, non-seulement arriver au même but. mais encore se procurer à satiété toutes les jouissances de la nature, et avec de lintelligence et du zèle, combinés avec le choix d une bonne localité, parvenir a une grande fortune. La meilleure preuve de ce que j avance, c'est que les Américains du Nord s expatrient depuis quelque temps au Brésil.

« J'ai passé bien des nuits dans les forets vierges, et jamais je nai aperçu un seul de ces terribles serpents dont l'aspect donne le frisson. Trois fois seulement, la nuit, dans un bivac, j'ai été inquiété par des onces, et une seule fois, en plein jour, j ai aperçu un tigre. Les insectes incommodes ne se rencontrent qu'au bord de la mer; dans lintérieur, ils sont aussi inconnus que dans le nord de l'Europe; enfin, les indiens ne sont point à comparer avec ces peuplades sauvages et guerrières qui viennent journellement porter la dévastation et la mort dans les habitations des colons de l'Amérique du Nord; et d'ailleurs, au Brésil, les colons se trouvent suffisamment sauvegardés par des cordons militaires toujours établis dans leur voisinage. »

Ceux qui désireraient avoir de plus amples renseignements sur le Brésil peuvent consulter les auteurs suivants :

Spix et Martius: Eschwege; cle Langsdorff {Observations sur h

596 G H API T R E Q U A f O RZ1È M E .

Brésil, à l'usage des émigrants allemands) : D1 F. X. Ackermaim (l'Empire du Brésil) ; prince de Neuwied (Voyage scientifique) ; Freireis, colon au Brésil: Pohl: ^cheffer.

ANGLA IS.

Henderson (History ofthe Brazil). Soiithey (History of Brazil) J. J. Sturz: Grant, avec des notes de Navarro Andrada: Walsh: Morris; Mard.

FRANÇAIS

Auguste de Saint-Hilaire (Voyage au Brésil): Alcide dOrbigny (Voyage dans les deux Amériques): Freizier, ingénieur du roi. Paris. 1716; Freycinet, capitaine de frégate; baron Duperrey. amiral; baron Roussin. amiral (Pilote du Brésil): Koster; Balbi: comte de Clarac.

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