‹ De la colonisation au BrésilChapitre 50 sur 145 · REPTILES · texte numérisé non relu

REPTILES

Les excursions dans les bois de Sainte-Catherine, et même dans les broussailles, ne sont pas tout à fait sans danger, car on y rencontre plusieurs reptiles dont la morsure est très-dangereuse. Mais ce qui doit prémunir contre les craintes que ces animaux inspirent, et qu'on a très-souvent exagérées, c'est qu'il est reconnu que tous ceux d'entre eux, en général, qui sont à redouter, tels que lejararaca et la cobra cascavel (serpent à sonnettes), sont stupides, paresseux et très-craintifs, à tel point qu'il est des nègres qui n'ont pas peur de les poursuivre et de les prendre à la main. Mais pour cela ils se gardent bien de les saisir par la queue, parce que ces animaux, en se repliant sur eux-mêmes, les atteindraient à l'instant de leurs morsures. Ils les attrapent par la nuque, et c'est ainsi qu'ils s'en

rendent maîtres. Ceux dont la morsure n'est pas à craindre sont très-agiles, et tous, sauf le sucurin, qui n'a point de venin, mais qui est redoutable pour sa force, fuient au moindre bruit. Le sucurin ou boa d'Amérique, qui est amphibie, atteint quelquefois une longueur de trente pieds. Jusqu'à présent on n'en a point vu à Sainte- Catherine.

Une autre circonstance qui doit rassurer singulièrement ceux qui hésiteraient à se hasarder dans les forêts du Brésil, c'est que les guides ôtent toujours leurs chaussures pour y entrer; ce qui prouve le peu de danger qu'il y a à craindre. De préférence ces hommes cheminent pieds nus, et, en effet, à quoi leur serviraient des chaussures qui se trouveraient anéanties dès le premier jour, obligés qu'ils sont de traverser à chaque instant des ruisseaux, des flaques d'eau, des rivières ou des torrents. Du reste, ils ont soin, lorsqu'ils entrent dans les bois ou dans les champs qui n'offrent pas de sentier pratiqué, de battre l'herbe ou les broussailles avec une baguette qu'ils tiennent à la main, ce qui suffit pour mettre en fuite tous les reptiles.

Les rivières contiennent quelques caïmans ; mais ils sont si peu à redouter, qu'il n'y a pas d'exemple qu'on ait eu à déplorer la perte d'un nageur.

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