POISSONS
Peu de pays offrent autant de ressources en poissons que la province de Sainte-Catherine , et , à ce sujet , le bon missionnaire Claude d'Abbeville disait , dans son style si ndify « qu'il n'était pas « plus possible de particulariser toutes les sortes de poissons qui se « trouvaient là, non plus que de dénombrer les étoiles du ciel. » Pour nous, nous n'entreprendrons pas une pareille tâche, et nous nous bornerons à signaler quelques espèces qui servent à l industrie et à la nourriture de l'homme.
Cétacés. — La pêche de ces mammifères qui, naguère encore, formait une des branches du revenu public, est à peu près abandonnée aujourd'hui. Au commencement du siècle présent il existait six établissements pour l'exploitation de cette industrie (armacào), savoir : aux îles Garcias. près du San-Francisco.; à Itapacoroia, près de lltajahi; dans la baie entre le fort de Anatho-Mirim et la pointe de Dona Maria ; dans l'île près de la Laguinha ; dans la baie de Garupaba, et enfin dans celle d'Imbituba. Tous ces établissements sont tombés en ruines, et, si on en excepte Porto Bello où il existe encore quelques baleiniers, cette pêche est aujourd'hui complètement négligée. Cependant, jusqu'en 1796, la moyenne des cétacés qu'on harponnait annuellement s'élevait à 188, qui donnaient 2,812 pipes d'huile de 200 mesures chacune. Chaque mesure valait alors 160 reis (fr. 1,12), soit 224 fr. la pipe, ce qui formait un total de 629,888 fr. pour le produit brut de cette industrie. En ce temps-là la pêche de la baleine, sur la côte du Brésil, était un monopole que le gouvernement affermait au plus offrant ; et, de 1781 à 1801, Joaquin Pedro Quintella s'en empara au prix annuel de 48 contos, ou 559,568 fr., dont20contos devaient être payés
m CHAPITRE CINQUIÈME.
à Bahia, 20 à Rio-Janeiro, 4 à Saint-Paul et 4 à Saint-Catherine. Or, cette répartition était d'une injustice criante, car il y eut des hivers où , sur la côte seule de Sainte-Catherine , on prit près de 500 cétacés qui, à 15 pipes par individu, rendaient déjà 7,500 pipes, soit une valeur de 1 ,680,000 fr., tandis que la province ne recevait en retour que 4 contos ou 28,280 fr.
En 1815 cette industrie se trouvait déjà tellement en décadence qu'on n'y harponna plus que 34 cachalots (physeter macrocephalus; Linn), qui ne donnèrent que 511 pipes; et aujourd'hui c'est à peine si on en tue quelques-uns, bien qu'ils soient encore assez nombreux sur cette côte.
Il est impossible de se faire une idée de lïnnombrable quantité de poissons qui pullulent au bord de la mer, dans les rivières et dans les lacs de Sainte-Catherine. Nous donnons à la fin de ce mémoire la table alphabétique de cent huit individus différents , observés par Paulo José Miguel de Brito, qui, après avoir séjourné à Sainte- Catherine en qualité d'aide de camp du gouverneur, fut nommé, après, gouverneur et capitaine général de Mozambique. On y remarque une foule d'espèces appartenant aux squales, aux salmones , aux pimélodes , aux silures , aux gais , aux murènes , aux gades. aux raies, aux muges, etc., etc. Autrefois la pèche du bagre, espèce de silure , était une des branches les plus importantes de 1 industrie et du commerce de Sainte-Catherine. On le faisait sécher pour 1 exporter dans les autres parties du Brésil. Le bagre y est toujours aussi abondant , et cette pèche , quoique abandonnée à peu près aujourd hui, est susceptible de reprendre un très-grand développement.