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SITUATION FINANCIÈRE DU BRÉSIL PENDANT LA MINORITÉ DE DON PEDRO II

Le 7 août 1831 , l'empereur Don Pedro 1er abdiqua en faveur de son fils, qui n'avait pas encore atteint l'âge de six ans, et le 18 juin suivant les chambres législatives instituèrent une régence de trois membres, pour le terme de quatre ans, selon la forme prescrite par la constitution.

Indépendamment de la tache politique qu'elle avait à remplir, la régence eut encore celle non moins ardue de faire face aux besoins d'une situation financière des plus embarrassées.

La dette étrangère était cotée à 47 pour cent, celle non consolidée à 45 pour cent, et le change entre le Brésil et l'Europe était tombé à fr. 1 99 pour mille reis. Le cas était critique, mais les

chambres et la régence se mirent résolument à l'œuvre , et , diminuant d'une part les dépenses, augmentant de l'autre les recettes, et retirant peu à peu le cuivre de la circulation, elles firent remonter le change et relevèrent le cre'dit public.

Le premier soin de l'administration nouvelle fut de réduire le chiffre des troupes de ligne, ce qui produisit une notable économie ; puis elle introduisit d'importantes réformes dans le trésor national et dans les tre'sors provinciaux, apporta de salutaires modifications dans la perception des impôts, organisa régulièrement la douane et perfectionna le système de comptabilité'. L'ordre fut introduit aussi dans la classification des voies et moyens, et les budgets, exaclemcnt soumis aux chambres, ne dépassèrent plus les dépenses prévues et sanctionnées, tandis que les revenus s'élevèrent successivement au delà des prévisions.

C'est ainsi qu'après un affranchissement qui datait à peine de dix ans, et durant lesquels le Brésil avait eu à soutenir des guerres désastreuses tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, ce pays pouvait déjà offrir aux regards du monde une administration dont l'économie, la bonne foi et l'intelligence eussent pu servir de modèle à bien des Etats. Elle avait donc triomphé des difficultés inextricables dune situation tellement mauvaise quen outre de la dette de 281,303,840 fr. contractée sous le règne de Don Pedro 1er, en grande partie pour couvrir les exactions de l'ancienne cour de Portugal, celle-ci avait dévoré pour plus d'un milliard en or monnayé ; et en argent et cuivre , pour plus que n en sauraient charger vingt navires du port de 500 tonneaux. Mais là ne s'arrêta pas encore le zèle de cette administration. Ne pouvant plus admettre dans la circulation la fausse monnaie qui avait été émise avec tant de profusion, et voulant éviter les inconvénients d une transition

DETTE PUBLIQUE

trop brusque, elle s'occupa d'en améliorer insensiblement le coin, et d'en faire rentrer successivement autant que le'tat de ses finances le permettait. Le billon fut remplace' par ses billets, et finalement on arrêta un nouveau système monétaire dont, malheureusement, les coins à l'effigie de Don Pedro II ne se trouvent encore que dans les médaillers. En voici l'indication :

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