MONNAIES D'ARGENT
Pièces de
Inconnu.
Non encore en cir-
culation.
Cette nouvelle monnaie n'étant pas encore en circulation, il ne nous a pas été possible d'en constater exactement le poids, le titre ni la valeur. Aussi le tableau ci-dessus ne doit-il être considéré que comme une approximation. Du reste, il prouve que le gouvernement brésilien n'a pas encore su s'affranchir entièrement de l'ancien système monétaire de la métropole, et il est à regretter qu'il n'ait pas cherché à coordonner son nouveau système avec celui qui a été adopté en France, et qui est le seul qui ait une base fixe, la mesure de la terre.
A la suite de ces travaux importants, l'administration de la
régence porta son attention sur la dette consolidée, et principalement sur la partie qui concernait la dette intérieure, dont elle chercha à opérer la réduction par voie de rachat. A cet effet, elle affecta à son amortissement : 1° divers revenus dont on pouvait disposer sans entraver le service public; 2° le montant de différents impôts réservés autrefois à la banque, et que la suppression de celle-ci avait rendus sans destination; 3° plusieurs autres sommes sans emploi: 4° quatre cents contos de reis, depuis longtemps inutilement déposés dans la caisse des dépôts publics, pour des dividendes qui n'avaient pas été réclamés, et qui probablement ne le seront jamais. On parvint, par ce moyen, à réduire la dette en question de 7 à 8 pour cent, et on put , vers la même époque , opérer une autre réduction de 12 à 13 pour cent avec les fonds déposés à la caisse d'épargne établie en 1831 (juillet), dont le nombre des actionnaires alla, d'année en année, presque en doublant.
ïl y avait un motif réel et bien raisonné pour aviser, en premier lieu, à l'extinction de cette dette intérieure qui, contractée entièrement en monnaie du pays, pouvait être remboursée en papier au pair, quel que fût l'état du change; tandis que celle qui avait été contractée en Angleterre était remboursable soit en or monnayé ou en lingots, soit en traites sur l'Europe , toujours subordonnées aux variations du change qui alors était excessivement onéreux.
A peine ces améliorations furent-elles accomplies, qu'on pensa à régulariser l'état des employés civils et militaires, et à assurer leur avenir en créant un fonds de réserve destiné à leur garantir une retraite honorable, par une souscription volontaire ou par l'abandon d'une faible fraction de leur traitement ou de leur solde, dont le montant fut destiné au rachat de la partie de la dette inscrite au grand-livre qui portait intérêt à 6 pour cent.
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Par cette mesure et par celles que nous avons citées précédemment, on espérait arriver graduellement à l'amortissement de la dette intérieure.
Enfin en 1833, après une longue discussion, les chambres brésiliennes approuvèrent la charte dîme nouvelle banque. Mais, soit esprit de parti ou intérêt privé, soit que ce fût la connexité qui parla charte devait exister entre ce nouvel établissement et le gouvernement, à qui non-seulement était accordé la faculté de prendre jusqu'à concurrence de 40,000 actions pour son compte, mais qui naturellement s'était réservé le droit de contrôle, toujours est-il que la banque ne put se constituer, et que le privilège concédé par la loi est resté jusqu'à ce jour une lettre morte.
Plus tard les chambres revinrent sur ce sujet; et à cette occasion, en 1835, voici comment s'exprimait le ministre des finances à la tribune :
« Mon opinion relativement à cette banque est connue des cham- « bres J'apprécie les avantages quelle nous présenterait pour la « grande entreprise de l'amélioration de nos moyens d'échange u Mais si je m'oppose à son établissement, c'est que j'ai la conviction n intime que cet établissement est impraticable tel qu il a été pro- « posé, à cause des scandales de l'ancienne banque encore si présents « à vos souvenirs, et parce que. à mon avis, une confiance exagérée « dans les résultats de cette mesure pourrait avoir des conséquences u plus sérieuses de jour en jour sur l'état du crédit public. Au « surplus, je ne me suis pas contenté de me conformer à la lettre « de la loi. J'ai nommé une commission de personnes connues pour « être favorables a un tel établissement, afin de reviser la loi et « d'indiquer toute mesure quelle jugerait plus convenable: mais
jusqu'à cette heure, je n'ai encore reçu aucun rapport. Il résulte
« d ailleurs des documents que je soumets à votre appréciation. « que dans tout l'empire il n'a été' pris que 196 actions. Ceci est un « fait grave et qui me semble décisif pour prouver qiïil n'est pas « de loi , quelle quelle soit, qui puisse avoir son effet, si elle n'a c< l'opinion publique en sa faveur. »
Après Favortement de ce projet, on élabora un nouveau moyen pour remédier au mal et pour améliorer le crédit. En 1833, on se décida à envoyer en Europe le marquis de Barbacena, avec la mission de se mettre en relation avec les principaux banquiers, et de les consulter sur la matière. Sa mission accomplie, le marquis revint au Brésil muni de différentes propositions qui furent soumises à l'examen d'une commission composée de négociants et nommée par le gouvernement. L'avis de cette commission fut qu'aucune de ces propositions n'était acceptable et ne pouvait être prise en considération, parce quelles étaient trop ruineuses pour le pays. Elle proposa d'autres moyens qui ne furent pas plus adoptés. Nous regrettons que le cadre de cet ouvrage ne nous permette pas d'y joindre tous les documents qui ont été publiés à cette occasion, car, bien que surannés, ils n'en serviraient pas moins à constater la marche progressive du crédit brésilien à l'étranger, et les efforts incessants et louables du gouvernement pour mener le vaisseau de l'État à bon port, à travers quelques écueils qui restent encore, et contre lesquels ii serait dangereux de se heurter.
La nomination de cette commission, choisie dans le sein du commerce, fut une preuve de plus du bon esprit dont était animé le gouvernement, qui, non content de tous ses efforts pour combler le gouffre où le pays était plongé, ne dédaignait pas d'avoir recours aux lumières et à 1 expérience de cette classe de la société qui vit par le crédit public, et dont l'opinion, par cela même, n'a que plus
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de valeur dans tout ce qui a rapport aux matières financières. Son travail n'eut pas de résultat immédiat, mais il n'en fut pas moins d une grande utilité par l'attention qu'il attira à l'étranger sur la situation financière, et par la lumière que ses profondes investigations y portèrent.
Parmi les combinaisons que la commission mettait en avant pour améliorer le crédit public, elle proposait de faire disparaître en partie l'altération des monnaies de cuivre, en y frappant un nouveau coin de la moitié de la valeur nominale d'alors, ou bien de refondre ces mêmes monnaies pour les rendre à la circulation avec un coin perfectionné et toujours réduit dans la même proportion. La commission proposait en outre de retirer de la circulation la moitié de ce cuivre, dont l'émission avait été poussée au delà de tous les besoins. En supposant qu'on remboursât la perte qui devait en résulter en billets au taux de fr. 7,07 pour 1,000 reis, valeur de compte, cette opération devait dans l'avenir obérer la nation de fr. 44,788,450, et voici comment :
1° Cuivre légalement frappé, évalué à 16,600:000*000
2° Cuivre retiré de la circulation en vertu de la loi du
5 octobre 1855, et remplacé en bons du trésor. . . 10,125:000$000
Restant en circulation 6,475:000*000
5° Cuivre illégalement frappé 8,500:000^000
Total. . . . 14,775:000*000
4° Le gouvernement ne devant admettre à l'échange que des sommes de 20,000 reis et au-dessus, on supposait que, soit à raison de cette circonstance, soit à cause de l'éloignemenl des provinces et de l'indifférence si natu-
A kk porter. . . . 14,775:000*000
Report. . . . 14,775:000$000 turelle chez les Rrésiliens, 5 pour cent de la quantité
en circulation ne serait pas représenté 738:000$000
Restant 14, 037: 000 $000
5° Fausse monnaie évaluée à . . . 701:000$000
Ce qui réduisait le total à 13,336:000$000
6° Sur lesquels il était accordé 5 pour cent par la loi pour
couvrir les frais de l'opération. ....... 666:000$000
Total général a rembourser 12, 670: 000 $000
dont la moitié, ou 6. 335: 000$000, à émettre au nouveau coin., et lautre moitié, ou 6,535:000^000. produisant fr. 44,788,450, formait la perte à supporter par le gouvernement, ainsi que nous l avons dit plus haut. Mais tout en grevant le trésor, cette opération raffermissait le crédit public, et, avec les développements que prenait de jour en jour la prospérité du pays,, il n était pas possible de laisser subsister plus longtemps le cours forcé d'un numéraire si altéré.
Enfin la commission proposa encore une mesure fort sage qui avait pour but de prévenir toute falsification des billets, en obligeant les détenteurs à les renouveler tous les ans.
Au commencement de 1837, on évaluait le cuivre en circulation, qui déjà était réduit à la moitié de sa valeur, à la somme de 18,275:000^000: ce qui, au change du pair (fr. 7,07), représente fr. 129,204,250; et les bons du trésor (apolices),au change du jour de 250, a celle de fr. 136,956,000.
i\ous avons en notre possession quelques documents officiels importants sur les exercices 1841-42 et 1842-43. que nous allons analyser, et qui fourniront une nouvelle preuve des efforts que fait le gouvernement brésilien pour améliorer de plus en plus son
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système de finances et pour amortir sa dette, chaque fois que les circonstances politiques le lui permettent.
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