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COMMERCE DU BRESIL
Rien n'est plus propre à donner une idée de la richesse de cet empire, que l'étude approfondie de ses rapports commerciaux avec les autres nations du monde. Nous regrettons de n'avoir pu nous procurer tous les éléments nécessaires pour former un travail complet sur un objet aussi intéressant, et de devoir nous borner à quelques aperçus particuliers et généraux; mais dans un pays comme le Brésil, où la nécessité d'une statistique générale s'est à peine fait sentir, il est difficile, et quelquefois impossible, de se procurer les renseignements les plus utiles, soit à cause de l'insouciance naturelle des habitants, soit par suite de la grande distance qui sépare les provinces du siège du gouvernement. Quoi qu'il en soit, nous essayerons d'établir, par des tableaux synoptiques, les progrès toujours croissants de sa prospérité depuis l'ère de son indépendance, et nous tâcherons de constater d une manière sans réplique de quelle haute importance seraient les relations commerciales que les États de l'Europe, et principalement la Belgique, pourraient établir avec lui.
Nous l avons déjà dit, et nous nous plaisons à le répéter, il n'est pas de production naturelle, si riche qu'elle soit, que la terre du Brésil ne renferme dans son sein. Et en réfléchissant ensuite à la beauté de son climat, à la prodigieuse fécondité de son sol, à fin*-
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mense étendue de son territoire \ en opposition à la faiblesse numérique de sa population % en considérant les obstacles que les deux circonstances que nous venons de citer opposent à la création de bonnes voies de communication, sans lesquelles nulle industrie n'est possible, on sera frappé avec nous de l'urgente nécessité pour cet empire de favoriser les établissements agricoles, fût-ce même à l'exclusion de tous les autres; car c'est seulement par ceux-ci qu'il parviendra à se mettre en possession réelle de tout son territoire, et à développer la richesse publique, soit en reliant entre elles les diverses provinces, si éloignées les unes des autres, au moyen des routes que ces établissements ne manqueraient pas d'ouvrir et d'entretenir dans leur propre intérêt, soit en exploitant successivement toutes ces richesses du sol, aujourd'hui inutilement dispersées ou oubliées, non pas faute d'en savoir tirer parti, mais faute de moyens de transport du lieu de production au lieu de consommation.
De cet état de choses, nous concluons naturellement que de longtemps encore le Brésil ne peut et ne doit songer aux établissements industriels, et partant, qu'il y a tout à espérer pour les entreprises commerciales; mais, nous nous hâtons de le dire, pour autant seule-
' Plus de douze fois aussi grand que celui de la Fi ance, et 216 fois plus grand que celui de la Belgique.
En acceptant, pour ie Brésil, l'évaluation approximative de 5,000,000 pour sa population et 650,000,000 d'hectares pour sa superficie, et pour la Belgique 4,000,000 pour la population et 3,000,000 pour la superficie, on trouvera pour le Brésil 130 hectares par habitant, tandis qu'en Belgique il restera à peine 75 ares par individu, ce qui donne le rapport de 173,3 à 1 ; et si on admet la production du sol au double de celle de la Belgique, ce rapport sera de 346,6 à 1, d'où l'on peut conclure que si le Brésil était peuplé et cultivé comme la Belgique, et sans tenir compte de l'excédant de sa production, il pourrait nourrir 173 fois sa population actuelle ou environ 4 fois toute la population de l'Europe.
ment qu'elles fussent confiées à des hommes probes, intelligents, d une prudence et d une expérience consommées dans les affaires, et qui par cela même ne seraient pas destinés à faire leur apprentissage aux dépens de ceux dont les intérêts leur seraient confiés.
Maintenant jetons un coup d'œil sur la position géographique du Brésil, et voyons si sur le globe il existe un État qui y occupe une plus belle place.
Central entre l'Europe, l'Amérique du Nord, le Mexique, les Indes occidentales d'une part, les ports de la mer Pacifique, l'Océanie, l'Australie, les grandes Indes et la Chine de l'autre part, le Brésil qui, sur un développement de près de 900 lieues de côtes, présente -plusieurs ports magnifiques, se trouve ainsi placé au centre des transactions commerciales de l'univers, et est destiné peut-être à devenir la cheville ouvrière du commerce du monde.
A 40 jours de navigation des ports de la France, et en moyenne de toute l'Europe, à 25 jours du cap de Bonne-Espérance, à 60 jours de Java, 70 de la Chine, et par le cap Horn à 35 jours de Valparaiso, 40 jours de Lima, M jours de la Nouvelle-Zélande, 60 jours de la Nouvelle-Hollande, les ports du Brésil sont, pour les navires qui se rendent vers ces différentes destinations, presque autant de points de relâche, où ils trafiquent en échanges, font des vivres, et alimentent ainsi 1 activité toujours croissante du commerce brésilien.
Après ces considérations générales, auxquelles nous avons cru devoir nous arrêter un instant, parce quelles peuvent servir a asseoir un jugement sur les destinées futures de ce beau pays, nous allons nous occuper de sa situation commerciale. Mais comme notre bu! n'est pas de donner une relation complète du commerce actuel du Brésil, et que nous avons spécialement en vue de démontrer les avantages que la Belgique, par sa position indépendante de
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toute colonie, peut en retirer un jour, nous nous contenterons de grouper quelques résultats particuliers et généraux qui seront suffisants, nous l'espérons, pour faire appre'cier toute l'importance des transactions commerciales de cet empire.
Avant d'entreprendre cette tâche, nous croyons utile de donner l'évaluation des principales mesures brésiliennes en mesures françaises, et les fluctuations qu'a éprouvées le change depuis une vingtaine d'années.