LA COLONISATION BRITANNIQUE
On trouve aussi dan s les mêmes documents britanniques récents quelques informations sommaires sur les petits Etats Malais protégés par la Grande-Bretagne : Malay Protected States. Ils sont situés dans la presqu'île de Malaisie dénommée par les Anglais Malay Peninsula. Ils se composent de cinq petits Etats : Pérak, Selangor, Sungeï-Ujong (avec Jelebu), Negri Sembilan et enfin Pahang. Leur surface totale est évaluée à 24,909 milles carrés, environ 65,000 kilomètres carrés, soit dix fois la surface d'un de nos départements moyens ; cependant leur population n'est estimée qu'à 620.000 âmes, ce qui, malgré la nature montagneuse de certains de ces districts, paraît fort au-dessous de la vérité. Le revenu de l'ensemble monte à près de 15 millions de piastres en chiffres ronds ou 36 millions de fr. environ en 1899; les dépenses, en y comprenant celles de travaux publics, sont inférieures à ce chiffre. Les importations en 1899, dépassaient 34 millions de piastres (81 millions de francs) et les exportations approchaient de 56 millions de piastres (134 millions de francs). Ces petits états Malais protégés par l'Angleterre avaient 225 milles de chemins de fer (plus de 350 kilomètres) en 1899,lesquels encaissaient plus de 1,726,000 piastres de recettes brutes et laissaient 792,000 piastres, ou environ 2 millions de francs de recettes nettes.
A ces petits Etats Malais protégés, il iaudrait ajouter l'exigûe, mais magnifique, possession de Singapore, qui domine tout le détroit de Malacca et les Straits Satilements, dont nous parlons plus loin et qui ont avec un immense commerce 600.000 habitants environ.
L'Angleterre est donc magnifiquement et fortement campée dans cette région où bien des territoires sont encore à prendre. Sur le Continent, le Siam viendra-t-il à lui échoir? La présence de la France dans l'Indo-Chine pourra prévenir cette dévolution. Parmi les îles malaises une beaucoup plus grosse part de Bornéo et des archipels environnants tombera-t-elle en ses mains avides, puissantes et expérimentées? Elle n'a guère pour rivale dans ces parages que la Hollande, bien petite métropole pour ses vastes possessions, en partie nominales. Et l'Angleterre a là dans l'Inde et la Birmanie une base d'action à la fois énorme et jusqu'ici très solide.
Il nous reste à dire un mot d'une possession britannique encore bien embryonnaire et bien fruste, mais vaste : la Nouvelle-Guinée Britannique, Brilish New-Guinea ; ce territoire de 90,540 milles carrés, soit 23.3,000 kilomètres carrés environ, équivalant à près de la moitié de la superficie de la France, a été déclaré possession britannique le 4 septembre 1888 ; il s'y trouve environ 300 Européens et la population indigène y est évaluée à 350,000, ce qui est insignifiant pour la superficie. C'est, en quelque sorte,
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une dépendance de l'Australie, dont elle est voisine. Aux termes d'un Acte du Parlement de novembre 1887 et de Lettres patentes du 8 juin 1888, le coût de l'administration, à concurrence de 15,000 liv. st. par an, était garanti par la colonie australienne de Queensland, laquelle avait, pour sous garants et participants dans l'administration générale des affaires du pays, deux autres colonies australasiennes, la Nouvelle-Galles du Sud et Victoria.
Les revenus publics étaient, en 1899, de 11,683 livr., un peu moins de 300,000 francs, et les dépenses de 15,583 liv., près de 400,000 fr. Il y a un peu d'or dans la contrée; les importations en 1898-99 montaient à 52,200 livr., un peu plus de 1,300,000 fr., et les exportations à 68,500 livr. (1,730,000 fr. environ) ; l'or et les perl.es en forment une notable partie.
C'est peut-être là le plus embryonnaire des établissements britanniques ; mais l'espace ne manque pas ; et là où il y a de l'espace, il y a des chances d'avenir. Néanmoins, comme ce pays est une sorte de dépendance de laCommonwealth of Australia,qui a beaucoup à faire chez elle, que le climat, en outre, est peu propice, il est problable que le développement en sera lent, à moins que l'on n'y découvre de très riches mines de métaux précieux.