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LA TUNISIE : LES MINES ; LES PÊCHERIES

reste se partageait entre la France et la Belgique (1). On ne nous donne aucun chiffre pour le plomb. Nous ne trouvons dans le « Rapport sur la situation de la Tunisie » en 1899 aucun renseignement de même nature : cet extraordinaire document qui contient sur le commerce extérieur du pays des séries de tableaux, singulièrement lâches d'ailleurs, s'étalant, avec les blancs, sur 25 pages, ne mentionne spécialement, parmi les produits exportés, ni le zinc, ni le plomb, ni les phosphates dont il s'exportait déjà plus de 60,000 tonnes, et noie toutes ces matières si importantes, d'un intérêt si considérable pour l'avenir de la Tunisie, parmi les 16 millions 393,062 francs de produits tunisiens qualifiés en bloc « autres marchandises » ; sur une exportation totale de 49,433,460 francs en 1899, les statistiques tunisiennes jugent à propos de laisser en dehors de toute spécification 16.393,062francs de produits, soit j uste le tiers du total. Gela montre quels grands innocents sont les rédacteurs de ces statistiques et les chefs, y compris les plus hauts, qui devraient prendre quelque intérêt à ces documents et y chercher quelques enseignements !

Il y a tout lieu de croire que, si l'exportation des minerais de zinc a été de 3 millions de francs en 1898, le chiffre a dû augmenter de moitié, sinon même doubler en 1900; le plomb devra y joindre un appoint appréciable. Il y aussi de nombreux minerais de fer, notamment aux environs de Tabarca; ces derniers ont été concédés à des compagnies au lendemain de l'occupation française, mais jusqu'ici ils n'ont pas été exploités ; il est peu douteux qu'ils le soient avec le temps. Il y a des traces de minerai de cuivre ; on pense aussi trouver du pétrole et du lignite. Mais en se bornant aux phosphates, aux minerais de zinc, de plomb et de fer, on se trouve en face de ressources naturelles considérables qui arriveront, sans doute, à fournir une exportation d'une valeur de 15 à 20 millions de francs au port d'embarquement, en donnant un trafic rémunérateur à un certain nombre de lignes ferrées et en assurant aux ports principaux un précieux mouvement.

La Tunisie possède encore sur ses côtes et dans ses lacs une autre branche de richesse qui n'est nullement négligeable, ce sont les pêcheries : les éponges et les poulpes sur les côtes méridionales, le thon sur celles du centre, les sardines, anchois, allaches et toute la variété des poissons divers, communs ou fins, sur celles du Nord et dans le magnifique lac de Bizerte où se fait, depuis des siècles, un aménagement attentif du poisson, une sorte de pisciculture traditionnelle. Un recueil officiel estime à 2,650,000 francs, pour chacune des années 1893 et 1894, le montant des pêches sur les côtes de la Régence, dont près de moitié pour les éponges et

(1) Bulletin de statistique et de législation comparée (du ministère français des finances), tome II de 1$99, page 305,

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les poulpes. Il est probable que cette somme pourrait notablement augmenter par des précautions plus conformes aux données de la science en ce qui concerne les poulpes et les çponges et par l'ouverture de nouveaux marchés, notamment celui delà France méridionale, en ce qui concerne les poissons divers. A ce dernier point de vue il a été fait, de 1895 à 1900, de grands progrès et l'on importe à Marseille des quantités importantes et croissantes de poisson frais tunisien.

Ainsi non seulement l'agriculture, mais les richesses extractives promettent à la Tunisie un rapide essor; des « possibilités » industrielles et du commerce, nous parlerons plus loin.

Si l'on calcule qu'il n'y a pas encore un quart de siècle que nous occupons l'ancienne Régence, on ne peut trouver négligeables les résultats déjà obtenus. La métropole, malheureusement, en entravant, à deux reprises, comme on le verra plus loin, la construction des chemins de fer, est cause que la première mise en œuvre de toutes ces ressources naturelles n'a pas été plus rapide.

LE PROTECTORAT, ADMINISTRATION, JUSTICE, FINANCES, TRAVAUX PUBLICS, INSTRUCTION.

Le protectorat est la méthode la plus pacifique et la plus fraternelle de colonisation. C'est la plus économique, la plus rapide, la plus sûre, pour toutes les colonies d'exploitation et aussi, quand on se trouve en présence d'une organisation indigène suffisamment cohérente, pour les colonies mixtes. Avec ce régime souple, perfectible et humain, on pourra obtenir en Tunisie, dans un laps d'un quart de siècle et sans dépense pour la métropole, des résultats plus considérables que ceux auxquels on est arrivé, en Algérie, en soixante années et en versant beaucoup de sang et en dépensant 4 milliards. Il est vrai que l'Algérie, par défaut d'un pouvoir suffisamment centralisé et stable, ne se prêtait pas à un régime analogue au protectorat (1).

(1) Voir sur les tentatives du gouvernement français, dans les premiers temps delà conquête de l'Algérie, pour organiser un régime qui, par certains côtés, se fût rapproché d'un Protectorat mon ouvrage : L'Algérie et la Tunisiet pages 12 à 18. Paris, librairie GuUlaumiu.

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