COLONIES FRANÇAISES DE L'OUEST ET DU CENTRE DE L'AFRIQUE
lion eût pu et pourrait encore avec le temps vivifier cette contrée.
Vers ]a fin de l'année 1901 la colonie de la Guyane s'occupe de concéder à ses risques et périls un chemin de fer d'une centaine de kilomètres, conduisant aux mines d'or.
En dehors des dépenses de la transportation (8.890.800 fr.) en 1901 pour la Guyane et la Nouvelle-Calédonie réunies, mais la plus grande partie aujourd'hui pour la première, la Guyane coûte peu de chose à la métropole : 470,078 francs par an, d'après le rapport deM.LeMyre de Vilers pour 1901, dont 285. 0U0 francs pour les frais de la gendarmerie ayant surtout la surveillance des condamnés et libérés, 185,433 pour les autres dépenses guyanaises. Le budget local delaGuyane,en dehors des dépenses sus-nommées, s'élève à la somme de 2,493,439 francs, chiffre colossal pour une population qui, en dehors des transportés, ne dépasse guère une vingtaine de mille âmes. C'est une dépense d'environ 129 à 130 fr. par tête, M. Le Myre de Vilers dit môme 138 fr. (1). Il y a là une rare extravagance constatée par le rapporteur du budget de 19 )1. Cette colonie devrait pourvoir largement seule à toutes ses dépenses.
La Guyane fournit à la fois la démonstration la plus frappante, d'une part de l'incapacité d'une métropole riche, mais indifférente et incohérente, pour mettre en valeur et peupler une possession éloignée, cependant pourvue de ressources naturelles, et de l'exploitation d'une métropole par une colonie comprenant un chiffre infime d'habitants.