COLONIES DIVERSES DE LA FRANCE: LA GUYANE; LA TRANSPORTATION
partiennentà la partie robuste de la population. On fera ainsi une œuvre sérieuse et utile; les conditions hygiéniques de la Guyane s'amélioreront par les routes, le défrichement, la plantation de certaines essences d'arbres, comme se sont améliorées celles de l'Algérie et celles de la Cochinchine. Quoi qu'en disent certains anthropologistes, l'homme est beaucoup plus cosmopolite qu'ils ne l'admettent. La race anglo-saxonne, essentiellement septentrionale, s'est implantée dans les Garolines, dans la Géorgie, la Louisiane, le Texas, à Queensland, aux Antilles. Les Espagnols, dont beaucoup étaient originaires des régions montagneuses du pays basque ou de la Gastille, ont réussi dans la Colombie, dans la république del'Equateur,à Cuba; les Portugais, dans le nord du Brésil. On sait l'admirable développement de la race hollandaise dans l'Afrique du Sud. Pratiquons donc sans crainte, avec résolution et intelligence, la transportation à la Guyane; ce n'est pas par l'épreuve incohérente qui en a été faite qu'on peut juger d'un phénomène de ce genre; ce serait par un demi-siècle ou un siècle de méthodique application de ce régime.
Voici, très incomplet, à cause de l'insuffisance des statistiques officielles, un aperçu des conditions matérielles et des ressources de la Guyane française, à diverses époques. Il témoigne du constant déclin et de l'insignifiance de notre colonie. On y a découvert depuis vingt ans desminesd'ordevenues assezprospères^qui, peutêtre, relèveront un peu le commerce de cette contrée expirante.
La superficie est de 122,000 kilomètres (1).
Population 25.287 26.839 30.300
Dont : Immigrants 3 516 » »
Indiens indigènes 1.800 » »
Fonctionnaires et leurs familles. » » »
Troupes 974 > »
Transportés hors du pénitencier
on libérés 691 > »
Condamnés en cours de peine. » » 7.090
Cultures
Hectares. Produits. HcctaTes. Produits. Hectares. Produits.
Cannes à sucre. 462 1.375.699 fr. 120 58.890 fr. 42 112 500 fr.
Café 521 107.424 402 35.396 205 9.000
Coton 6 883 6 »> » »
Cacao 253 56.581 252 38.070 S'iô 26.000
(1) Le chiffre de 122.000 kilomètres carrés ou 46.850 milles carrés est celui qui est fourni par le StaissmarCs Yearbook for the year 1901, paçe 578. La Guyane est portée, dans le rapport de M. Le Myre de Vilers, sur le budget de 1901 (page 171) comme ayant 150,000 kilomètres carrés; elle aurait cette étendue et même beaucoup davantage si l'on y eût joint la région qui est située entre l'Oyapock et les Amazones, territoire contesté entre la France et le Brésil ; mais malgré des droits historiques fondés sur le traité d'Utrecht, qui paraissait nous conférer cette vaste région, l'arbitrage de Berne en 1900 a donné gain de cause au Brésil sur presque toute la ligne et ne nous a accordé qu'une insignifiante rectification de frontière.
118 DE LA COLONISATION AU XIXe ET AU XXe SIÈCLE
Les chiffres ^ ci-dessus ne concernent que les cultures dites coloniales. Voici pour l'ensemble des exploitations, y compris les cultures vivrières, les renseignements officiels, déjà lointains.
Hectares cultivés 6.672 5.722 3.093
Habitations 1.415 1.678 1.166
Travailleurs 6.813 3.406 1.900
Valeur des propriétés.... 8 216.312 4 186.000 22.632.000
— des produits 415 328 756.484 1.087 865
Commerce.
Importations 10 699 239 7.640.255 8.633.071 12.099.731
Exportations de marchands • 2.154 870 504.132 5.200 083 6 844 076
Totaux 12 854. 109 8.144.387 13.933.154 18.943.807
Le commerce avec la France était tombé de 10,017,176 francs, en 1867, à 5,446,340 francs en 1878; il s'est relevé à 11,031,502 francs en 1887 et à 15,247,864 francs en 1899, dont 8,800,609 à l'importation de France et 6,447,252 à l'exportation pour la France. L'or forme la presque totalité de l'exportation, à savoir 5,006,186 francs en 1887 et 6,349,315 francs en 1899; le seul autre article un peuimportant était en 1887 les bois d'ébénisterie pour 32,900 fr. ; en 1899, cet article est tombé à 7,073 fr. ; en revanche les denrées coloniales, jouissant d'une énorme prime dans la métropole, représentent, en 1899, une exportation de 50,613 francs ; même des primes de 78 francs le quintal à l'importation des cafés coloniaux et de sommes analogues pour les cacaos, vanilles, etc., des colonies françaises ne parviennent pas à galvaniser l'agriculture à la Guyan e.
'Navigation.
Entrées. Sorties. Entrées. Sorties. Entrées. Sorties.
Bâtiments français 110 103 67 68 45 42
— étrangers 26 22 24 23 42 47
En 1899, le mouvement maritime de Gayenne à l'entrée et à la sortie fut de 180 navires, jaugeant 38,872 tonnes.
On voit par ces statistiques combien cette colonie est peu florissante. Les cultures, le commerce et la population sont représentés par des chiffres dérisoires, si l'on tient compte de Ténor mité des espaces et de l'antiquité de la possession. Sauf la production de l'or, tout est dans le marasme à la Guyane. Cependant, il s'agit ici d'une terre dont l'aptitude à la production du bétail et du bois est infinie. Un usage régulier etintelligent de la transporta-