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COLONIES DE LA FRANGE. MADAGASCAR: EXPORTATIONS ; RESSOURCES

334,880 pourl'étranger,est aussi très extensible. La cire a fourni à l'exportation pour 525,000 fr. en 1899, dont les trois quarts pour la France. Il n'est encore quepeu exploité deboisd'ébénisterie, dont il n'est sorti, en 1899,que pour 70,220 fr., presque tout à destination de l'étranger; mais ces bois d'ébénisterie et de même les bois communs, étant donnée l'énorme étendue des forêts de Madagascar, paraissent, avec le temps, devoir devenir un des éléments importants du commerce extérieur de la grande île.

Nous sommes plus sceptique sur l'avenir, prochain du moins, des cultures coloniales de luxe qui sont l'objet de tant de faveurs officielles et de demandes d'encouragement encore plus exorbitantes dans les organes de la presse coloniale. La vanille a été exportée pour 140,846 francs en 1899, dont 88,096 francs en France ou dans nos colonies et 52,750 francs à l'étranger; le chiffre atteint en 1897 était plus élevé, soit 172,000 francs. Le girofle a été exporté pour 16,055 francs, les trois quarts à destination de la France; en 1897, l'exportation de cet article avait été bien plus considérable, à savoir 48,000 francs. Il n'est pas question, dans le document officiel, du café, à la production duquel on pousse si vivement nos colons ; il est vrai qu'il faut environ cinq ans pour arriver au plein rendement des caféiers.

Il ne faut, sans doute, pas décourager ces cultures de luxe, mais il ne faut pas non plus les développer artificiellement par les primes énormes que constituent les détaxes déjà accordées à l'entrée en France et que certains interprètes, très mal inspirés, des intérêts coloniaux, voudraient faire doubler encore. Ce n'est nullement là qu'est l'avenir, surtout l'avenir prochain, de Madagascar; ne serait-ce que le manque de main-d'œuvre entraverait leur développement. C'est de l'exploitation extensive, mais méthodique, des richesses spontanées de cet immense territoire qu'on doit attendre l'essor et la prospérité du pays. Le bon aménagement du caoutchouc, du raphia, l'exploitation des forêts, non seulement pour les bois d'ébénisterie, mais pour les bois communs dont manque le Sud de l'Afrique, l'élevage du bétail et l'utilisation des énormes pâturages naturels, puis aussi les cultures vivrières, la production du riz, notamment, dont on vient de voir qu'il a été importé pour 813,000 francs en 1899 (1), voilà, avec les mines, soit d'or, soit peut-être de houille ou de métaux divers, les véritables fondements de la grandeur future de Madagascar. Il n'y a pas une seule de ces branches sus-indiquées

(1) L'importation du riz à Madagascar ne paraît pas un fait exceptionnel : il en a été importé, en effet, régulièrement chaque année, de 1896 à 1899, a savoir : pour 387,000 francs en 1896, 514,000 francs en 1897, 1 ,060,000 francs en 1898 et 813,000 francs en 1899; il y a donc pour cet article une insuffisance permanente de production.

DE LA COLONISATION AU XIXe ET AU XXe SIÈCLE

de production, qui ne vaille dix fois plus que toutes les vanilleries, caféïeries, etc., et toutes réunies ont cent fois plus d'importance que ces décevantes cultures de luxe. Il importe que les Français, en fait de colonisation, ne soient pas toujours dupes de ce qui brille et qu'ils ne donnent pas la préférence à des feux-follets, comme toutes ces plantations de denrées de luxe, sur l'exploitation extensive, mais raisonnée, des produits spontanés et simplement utiles d'une île immense.

Une seule production de luxe peut être l'objet d'une attention particulière, à cause du développement considérable qu'elle peut prendre quand la nature s'y prête, et de son rôle incomparable comme stimulant dans un pays neuf, c'est la production de l'or; on vient de voir qu'il en a été exporté pour 3 millions en 1900, contre 1,071,000 en 1899 et 200,000 à 300,000 francs en 1898 et 1897. D'après le rapport du général Galliéni, cité plus haut, les concessions individuelles de gisements aurifères représentent une superficie de 2.550 hectares environ, formant 298 lots, et les concessions à cinq compagnies s'étendent, en outre, sur environ 5.000 hectares, ensemble plus de 7.500. La plus grande partie de l'or est obtenue par des procédés primitifs de lavage des terres d'alluvion; dans les établissements des compagnies, il y a un outillage plus perfectionné. Mais toute cette production aurifère est encore rudimentaire. Il convient que l'administration soit très libérale pour les prospecteurs et les exploitants. La licence de prospecteur coûte 25 francs; quand il a été trouvé un gisement, on peut le marquer, moyennant une redevance annuelle de 100 francs par claim (terrain d'une étendue déterminée) ou de 500 francs une fois payée. La taxe est de 10 p. 100 sur l'or produit dans la période préparatoire et de 5 p. 100 ensuite ; ces dernières taxes peuvent être trop élevées et il serait bon d'accorder au producteur d'or le choix entre une redevance de 5 p. 100 sur le produit brut et une de 10 p. 100 sur le produit net. Il semble que, dans ces conditions, la production de l'or serait aussi bien traitée que dans les pays où elle est le plus favorisée.

Au moment ou nous revoyons ces lignes (juillet 1901) nous n'avons encore que les chiffres généraux du commerce de Madagascar en 1900; il s'est élevé, on l'a vu, à 40 millions en chiffres ronds à l'importation (exactement 39,895.897 francs), soit approximativement 12 millions de plus qu'en 1899, et à 10,700,000 francs à l'exportation, soit un progrès de plus de 2 1/2 millions, qui tient pour 2 millions à l'accroissement de la production de l'or. Les importations françaises atteignent près de 35 millions de francs sur les 40 du total, soit les quatre-vingt-sept centièmes; nous sommes très loin de considérer cette exclusion de l'étranger et cette séquestration de l'île comme un triomphe. L'essor des

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