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Fort-Dauphin

232 DE LA COLONISATION AU XIXe ET AU XX0 SIÈCLE

2° 6,678,000 fr. de contribution sur rôles et assimilées, c'est-àdire de taxes directes, les principaux chapitres en étant : 2,900,000 francs de taxes personnelles et livrets d'identité ; 1,350,000 fr. d'impôt foncier sur les rizières ; 950,000 fr.de rachats des prestations ; 510,000 fr. de patentes; 375,000 fr. d'impôt foncier sur les maisons, etc. ; 3° 3 millions de francs de contributions indirectes, dont 1,800,000 fr. de droits de consommation (voirplus haut, page 225) ; 750,000 fr. de droits de douane à l'importation ; 390,000 fr. de droits de sortie; 4° 1,919,000 fr. de revenus divers, dont 580,000 fr. de droits de place sur les marchés ; 375,000 fr. de recettes postales et télégraphiques; 170,000 fr. de droits d'enregistrement, de timbre et de chancellerie ; 145,000 fr. de droits de passeport ; 120,000 fr. de taxes d'abattage, etc. On voit que les taxes de nature locale sont mêlées ici aux taxes générales.

Le budget de 13,772,000 fr.,avec les 1,800,000 fr. de subvention de la métropole, ou de 11,972,000 fr. sans cette subvention, apparaît comme bien maigre, si l'on considère l'immense étendue de l'île ; mais il semble suffisamment lourd, si l'on tient compte de sa faible population, 21/4 ou 2 1/2 millions d'habitants, dont plus de la moitié doit échapper à tout impôt, et de la pauvreté même des contribuables effectifs. Une seule grande section de ressources sembleraitpouvoirêtre aisément accrue, c'est celle des contributions indirectes ou droits de douane et de consommation ; en élevant de moitié la taxe de consommation sur les produits français, en abaissant un peu celle sur les produits étrangers, ce qui enlèverait à cette dernière son caractère quasi prohibitif et la laisserait encore double delà première, on obtiendrait sans doute un gain de 1 million, sinon de plus, et l'on conserverait à l'industrie française une protection très large et suffisante.

Il ne faut pas, d'autre part, juger les taxes intérieures malgaches d'après notre idéal européen de taxation.

Il est possible que, avec le temps, du chef des redevances domaniales, le budget des recettes de Madagascar s'améliore sensiblement si les productions aurifère et forestière prennent de l'extension. D'après une note officieuse et sommaire récente, les recettes locales auraient produit 19 1/2 millions en 1900, laissant sur les dépenses un excédent de 2,300,000 francs.ee qui porterait l'encaisse du fond de réserve à plus de 5 millions. On espérerait pour l'année en cours (1901) un chiffre de recette approchant de 25 millions (1).

Néanmoins, pendant dix ou vingt ans, il est vraisemblable que le budget de Madagascar sera fort étroit; il ne cesserait de l'être que si la population prenait un grand essor, mais il y faut bien un quart de siècle, sinon un demi-siècle, ou si la production aurifère

(1) Note publiée dans le journal Le Temps du 30 octobre 1901.

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