COLONISATION ANGLAISE : L'OUEST-AFRLCAIN BRITANNIQUE
mencement de celui-ci, défectueuse sur plus d'un point. Son mérite a été de s'amender, de profiter des leçons de l'expérience. Voilà ce qu'il importe de constater, afin de nous préserver de ces découragements qui sont si fréquents parmi nous, de nous bien rendre compte que les fautes passées sont réparables, qu'un bon régime peut succéder à un mauvais ou à un médiocre et qu'une colonie qui a langui à son berceau peut, sous l'influence de réformes heureuses, prendre un essor durable et définitif.
Quant à la guerre de 1899-1902 contre les Boërs, amenée par la cupidité des directeurs des mines d'or du Transvaal, et accomplie dans un accès de stupide aveuglement et de coupable et envahissant nationalisme, avec la complicité de presque toute la nation anglaise, nous regardons cette sanglante et inepte aventure comme la plus grande faute qu'ait commise l'Angleterre dans tout le cours de son histoire. Cet odieux et borné politicien Chamberlain a flétri tout l'honneur de la colonisation britannique et a sapé les bases de l'Empire colonial de la Grande- Bretagne.
Autres possessions britanniques africaines. — Sierra Leone. Cote d'Or. — Nigeria.
La curée de l'Afrique, qui s'est accomplie dans les deux ou trois derniers lustres du xix.e siècle, a valu à l'Angleterre soit de grandes extensions d'anciens comptoirs côtiers, soit des colonies complètement nouvelles.
En outre du modeste territoire delà Gambie, l'Angleterre possédait, de longue date, sur la côte occidentale d'Afrique, au-dessus et y compris le golfe de Guinée, les établissements de Sierra Leone, de Cape Coast Castle ou de la Côte d'Or, autour d'Elmina, enfin de Lagos, aux environs des Bouches du Niger. Ces territoires n'étaient primitivement que des postes de commerce; même après les annexions récentes, on ne trouve dans les statistiques britanniques publiées en 1900que 69 milles carrés pour laGambie (1), 4.000 pour Sierra Leone, 39,060 pour la Côte d'Or, 985 pour Lagos, ensemble 45,000 milles carrés ou 117,000]kilomètres carrés environ' moins du quart de la France; ce serait peu relativement] à (l'immensité des colonies actuelles des peuples civilisés; mais, en réalité, les territoires soumis, d'après les traités récents, soit à la domination, soit à l'influence britannique, dans l'Afrique occidentale, sont bien quadruples ou quintuples de cette superficie et égalent deux ou trois fois le territoire de la France.
(1) Dans l'été de 1901, toutefois, l'Angleterre a émis la prétention d'anDexer les territoires d'un roitelet voisin de la Gambie, qui s'étendraient sur 3,550 milles carrés (plus de 9,000 kilomètres carrés) et auraient 200,000 âmes de population.
DE LA COLONISATION AU XIXe ET AU XXe SIÈCLE
L'Angleterre, en effet, s'est fait ad juger par le traité de 1898 avec la France, complété par celui de 1899, une partie de ce que l'on appelle la boucle du Nigerettoutes les bouches de ce fleuve, depuis un point un peu au-dessous du 123 degré, ainsi que celles de la Bénué,dont elle a héritédela Compagnie anglaise du Niger,celle-ci luiayantcédéses droits en 1899: d'autre partjetraitéavec la France de 1890 et un autre avec l'Allemagne réservaient à son action les plus riches parties du Soudan central, le Sokoto et le Bornou où, jusqu'ici, il est vrai, elle n'a établi aucun poste.
L'ensemble de ces territoires doit bien avoir deux ou trois dizaines de millions d'habitants. Les statistiques officielles anglaises se contentent de relever 15,000 âmes pour la Gambie, 75,000 pour Sierra-Léone, 1,474,000 pour la Côte d'Or ou Cape Coast Gastle et 85,000 pour Lagos, mais il faudrait y ajouter la Nigeria à laquelle on attribue4 à 500,000 milles carrés de superficie (1 million à 1,250,000 kilomètres carrés), et, avec exagération sans doute, 25 à 40 millions d'habitants (1), ainsi que la région du Soudan central (le Sokoto et le Bornou) réservée par les traités internationaux à l'influence anglaise. Il est incontestable qu'il y a là des contrées à sol riche, surtout entre leNiger,le lac Tchad et la Bénué, susceptibles d'un grand développement, quand les Anglais s'y seront installés et y auront entrepris des œuvres de véritable colonisation, c'est-à-dire d'apport de capitaux, d'initiative industrielle et agricole, tandis qu'aujourd'hui ils se bornent à y faire le commerce et à y construire quelques lignes de chemins de fer, ce qui est fort différent de la colonisation.
Le mouvement maritime pour ces quatre colonies britanniques officiellementclassées,la Gambie,Sierra Leone, Cape Coast ou Côte de l'Or et Lagos, a été, en 1899, de 3,685,621 tonnes; il faut y joindre pour la Nigeria (2) (Niger Coast Protectorate) 352.554 tonnes, ensemble un peu plus de 4 millions de tonnes. Quant au commerce, en voici les chiffres pour 1899 :
Importations
Exportations
liv. sterl.
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