‹ De la colonisation chez les peuples modernes (volume 3)Chapitre 3 sur 62 · II PRÉFACE DE LA. CINQUIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

II PRÉFACE DE LA. CINQUIÈME ÉDITION

acte. Aux anciennes colonies, dont diverses sont devenues adultes, se sont joints d'immenses embryons coloniaux. On n'en est encore, en ce qui concerne la plupart, qu'à la période d'exploration ou à celle de la cueillette ; c'est le cas, notamment, de toute l'Afrique, sauf, en des points très restreints, quelques étroites bandes de la périphérie de ce continent.

La colonisation de toutes ces étendues sera, à coup sûr, la principale œuvre du xxe siècle; celui-ci ne fera encore que l'ébaucher et elle s'étendra sur les siècles suivants.

Si les colonies de peuplement peuvent, en un siècle ou en un siècle et demi, franchir les étapes de l'enfance et de l'adolescence, bien autrement lente et prolongée est la croissance des colonies soit mixtes, soit d'exp!oitation,etilne reste plus guère que de ces deux là.

De bonnes méthodes, de l'esprit de suite et une infinie patience, sont les éléments de succès dans l'œuvre colonisatrice. Les Romains même, qui avaient une grande aptitude à cette besogne, ont eu besoin de trois siècles et demi pour porter à un haut degré de richesse ce petit pays, si voisin d'eux, qu'était la Province romaine d'Afrique, notre Tunisie actuelle.

L'accumulation et le transfert rapide des capitaux, les progrès des connaissances techniques, la facilité des communications, peuvent, dans une certaine mesure, avoir réduit la durée de ces étapes; il n'en faut pas moins des séries de générations chez le peuple colonisateur et chez le peuple colonisé, pour que l'œuvre colonisatrice porte la plupart de ses fruits.

Cette pensée ne doit pas être un motif de découragement; elle permet, au contraire, de se consoler, tout en les regrettant, des bévues et des mécomptes ; elle condamne aussi les critiques de l'opinion frivole qui s'étonne qu'un quart de siècle après sa fondation une colonie ne soit pas arrivée à sa maturité.

il faut espérer que la concorde va maintenant régner entre les différentes grandes nations colonisatrices; elles sont toutes si amplement pourvues de territoires que ce serait folie, de

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