LE RECENSEMENT DE L' ALGÉRIE EN
Au moment de mettre sous presse ce premier volume (septembre 1901) nous recevons communication des résultats généraux
(1) Nous renvoyons pour des détails sur le Chemin de fer Transsaharien à notre article de la Bévue des Deux Mondes (1er juillet 1899;, où nous avons notamment étudié tous les éléments de trafic, qui pourront devenir considérables, une fois la paix établie définitivement dans la région du Tchad, ce qui y augmentera immensément la population, les cultures et les possibilités d'échange. Nous avons l'intention de publier prochainement un livre à ce sujet.
(2) Pour une étude plus complète et plus détaillée de l'Algérie, on peut se reporter à notre ouvrage spécial, L'Algérie et la Tunisie, où les mêmes questions sont traitées d'une façon plus étendue et avec plus de documents. 1 volume, in-8, 2e édition, Guillaumin, Lc97.
Au mois d'avril 1901, on parle de faire contracter par l'Algérie un emprunt de 210 millions pour les travaux publics ; ce serait exorbitant et ruineux. Si elle veut faire une œuvre efficace, notre colonie n'aurait pas besoin d'emprunter plus de la moitié de cette somme en dix années.
LE RECENSEMENT DE ï/ALGÉRÏE EN 1901
du recensement de 1901 en Algérie. Ils constatent que cette colonie a franchi une nouvelle et importante étape de son développement. La population globale, d'après ces renseignements encore provisoires, s'élève à 4,739,331 âmes, en augmentation de plus de 300,000 depuis 1896 et même de plus de 350,000 si l'armée, comme il le semble, n'est pas comprise dans les chiffres de 1901 (voir plus haut, page 389). Tous les éléments de la population, sauf les étrangers non naturalisés ont pris part à cet accroissement. Les « sujets français », c'est-à-dire les indigènes musulmans (Arabes, Kabyles, Mzabites) et les juifs du Mzab, ceux-ci très peu nombreux, sont portés pour 4,071,835 âmes ; les juifs indigènes naturalisés figurent pour 57,132; les Français sont au nombre de 364,257, dont 71,793 étrangers naturalisés et 292,464 Français d'origine. On compte 246,107 étrangers, dont 23,872 Marocains et 2,394 Tunisiens, les 219,871 autres étrangers étant, tous, sauf quelques unités, d'origine européenne. Ainsi, le nombre des Européens en Algérie était, en 1901, de 584,000 en chiffres ronds, dont 364,000 Français de nationalité et, parmi eux, 292,464 Français d'origine, ceux-ci formant ainsi légèrement plus de la moitié du bloc européen. L'armée ne paraît pas être comprise dans ces chiffres provisoires. Parmi les étrangers, on a recensé 155,519 Espagnols, 2,031 de moins qu'en 1896, sans doute à cause des naturalisations effectuées parmi eux, et 38,791 Italiens, soit 3,452 de plus qu'en 1896.
Ces résultats, en bloc satisfaisants, tendent à confirmer nos espérances que vers 1930, quand on célébrera le centenaire de l'occupation de l'Algérie par la France, cette colonie comptera entre 6 et 7 millions d'habitants, dont près de 1 million de race européenne. Ce sera, en définitive, un grand succès.