PRÉFACE DE LA TROISIÈME ÉDITIOH. XIII
Texpérience lui ait médiocrement profité I Aussi prompte à se lancer sans préparation dans des entreprises, qu'à s'en retirer au moment précis où le succès est dans sa main. Elle fait tous les pénibles et lents sacrifices du début, puis elle se retire, laissant à d'autres la récolte presque mûre. Avec quelle insou** ciance elle abandonna jadis et le Canada, et la Louisiane, et Saint Domingue I Que sont devenus, en d'autres mains, « ces arpents de neige » qui bordaient les grands lacs et ces plaines marécageuses qui s*étendaient sur les rives du Mississipil L'opinion publique d'alors était indifférente à ces pertes de ter^ ritoires, réputés ingrats et presque inhabitables. Le cœur en saigne aujourd'hui à tout patriote français ; et voici que, maintenant, malgré les leçons éclatantes de l'histoire, nous serions prêts à recommencer les mêmes fautes I
Des esprits étroitement renfermés dans le temps présent semblent n apprécier les avantages des entreprises nationales que d'après rhabiluelle mesure des spéculateurs de bourse qui n'entrevoient que les résultats de la liquidation de la fin du mois.
C'est avec plus de prévoyance et de patience qu'ont agi les grandes nations colonisatrices. Nous reproduisons dans ce livre un extrait du Times sur la publication récente de la correspondance de la Compagnie anglaise des Indes et sur les humbles et difficiles débuts du vaste empire britannique de l'Hindoustan.
La même loi de succès s'impose aux peuples et aux particu* liers ; le monde a toujours appartenu aux patients et aux persévérants.
La conscience nationale française heureusement n^est pas encore complètement assoupie : en dépit des sophistes, des politiciens à courte viie, elle croit que le rôle historique de la France n'est pas terminé; elle sait que la colonisation seule peut encore maintenir ouverte cette vaste carrière d'activité et d'expansion, ce champ nécessaire de l'idéal dont ne peut se plisser complètement aucun peuple qui n'est pas caduc.
Tous les Français réfiéchis doivent distinguer entre la poli-