‹ De la colonisation chez les peuples modernes (volume 4)Chapitre 11 sur 69 · XIV PRÉFACE DE LA TROISIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE DE LA TROISIÈME ÉDITION

tique coloniale et les fautes inouïes, inexcusables, par lesquelles on Ta déconsidérée.

Notre gouvernement, depuis plusieurs années, a voulu faire de la politique coloniale^ en dehors de toutes les conditions requises pour mener à bien une entreprise colonisatrice. 11 n'a pas su constituer une administration centrale et spéciale des colonies ; un personnel instruit et compétent de fonctionnaires coloniaux; il a changé à chaque instant et ses généraux et ses gouverneurs; jamais dans ses expéditions lointaines il n'a proportionné les moyens à la fin poursuivie ; mais le vice principal de sa conduite c'est qu'il n'a pas su créer une armée coloniale.

Qu'on nous permette de répéter ici ce que nous écrivions dernièrement dans V Économiste français (1) :

« L'histoire est décisive sur ce point; et, soyez-en sûrs, l'histoire de l'antiquité est aussi celle des temps modernes. Le monde ne change pas aussi vite que le croient beaucoup d'esprits ingénus qui ont négligé de jeter un coup d'œil sur toute la riche série de siècles et d'expériences qui forment les annales de Thumanité. Toute puissance coloniale doit avoir une armée coloniale, composée d'engagés volontaires et, disons nettement le mot, de mercenaires. Oui, Carthage, Venise, la Grande-Bretagne n'ont pu faire la police dans leurs colonies qu'au moyen de troupes de mercenaires. Si nous avons un tant soit peu de jugement et de prévoyance, nous devons, comme Carthage, comme Venise, comme la Grande-Bretagne, c'est-à-dire comme les trois grandes puissances colonisatrices aux trois époques différentes de Thumanité, constituer une armée coloniale de mercenaires.

« Voyez- comme tout se répète dans le monde, comme en dépit de toutes nos prétentions à l'innovation, on ne fait guère que renouveler ce qui se faisait autrefois. Si vous examinez les procédés de la politique coloniale de l'Angleterre, vous verrez

(1) Voir, dans V Économiste français du 28 ùovembre 1885, notre article iùtituié i La solution raisonnable et patriotique de la question du Tonquin, etc.

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