‹ De la colonisation chez les peuples modernes (volume 4)Chapitre 14 sur 69 · XX PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION

cents millions d'hommes. Joignez à ces grands peuples Vampire Chinois qui, alors sans doute, recouvrera une vie nouvelle. A côté de ces géants, que sera la France? Du grand rôle qu'elle a joué dans le passé, de l'influence, souvent décisive qu'elle a exercée sur la direction des peuples civilisés, que lui restera^ t-il? Un souvenir, s'éteignant de jour en jour.

Notre pays a un moyen d'échapper à cette irrémédiable déchéance, c'est de coloniser. Si nous ne colonisons pas» dana deux ou trois siècles nous tomberons au-dessous des Espagnols eux-mêmes et des Portugais, qui ont eu le rare bonheur d'im^ planter leur race et leur langue dans les immenses espaces de l'Amérique du Sud, destinés à nourrir des populations de plu* sieurs centaines de millions d'âmes.

La colonisation est pour la France une question de vie ou de mort : ou la France deviendra une grande puissance africaine, ou elle ne sera dans un siècle ou deux qu'une puissance européenne secondaire ; elle comptera dans le monde, à peu près comme la Grèce ou la Roumanie comptent en Europe.

Nous ambitionnons pour notre patrie des destinées plus hau« tes : que la France devienne résolument une nation colonisatrice, alors se rouvrent devant elle les longs espoirs et les vasted pensées.

Parife, ie 8 mai 1882.

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