PRÉFACE DE LA GINQOIÊME ÉDITION . V
lîble de développement en est à nos portes. Nous ri*en sommés séparés que par une vingtaine d'heures de mer et nous pourrions, si nous faisions le nécessaire, le parcourir tout entier et en atteindre Textrémité, située à plus de 2.000 lîeUes de distance, en une douzaine de Jours.
Pas une seule nation au monde n'a une situation aussi splendide. La Russie seule s'en rapproche, mais dans des côndîtiortS moins ftivorables-, cluasi comme elle, nous avons une colonisation avec continuité de territoire, car vingt heUres d*une mei» dont nous possédons, sur une grande longueur, les deux rives opposées n'interrompent pas la continuité de territoire. Nous avons barre — et nous sommes les seuls dans cette situation — sur tout le Continent africain ; nous avons la possibilité de mettre les tropiques et l'équateur, par une étendue ininterrompue de terres françaises, à une dislance dfe six à sept jours de Paris pour les tropiques et de neuf à dix pour VEquateur; cette situation exceptionnelle dont on ne retrouverait pas l'analogue sur Tensemble du globe, les Français ne s'en avisent pas, ils n'en ont pas conscience.
Cette œuvre impériale coloniale par excellence, d'une réalisation si aisée, d'une nécessité politique, stratégique et administrative, si pressante, d'une productivité économique certaine, le chemin de fer Transsaharien, ne rencontre chez nous qu'indifférence. De prétendus coloniaux et géographes, gens pour la plupart inexpérimentés et ratatinés, passent leur temps à applaudir aux grandes œuvres des autres peuples et à critiquer celle de môme nature, infiniment plus aisée, que Ton pourrait et devrait faire chez nous.
Toutes nos colonies, sans doute, sont intéressantes; mais c'est en Afrique, en face de nous, qu'est notre principal avenir colonial, à la fois politique et économique; et le Transsaharien peut-être même les deux transsahariens, celui du Tchad et celui du Niger, sont les instruments nécessaires de la constitution, du fonctionnement et du maintien de notre Empire africain.
En dehors de cette lamentable pusillanimité devant les
TI PRiTACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION
grandes œuvres indispensables, nous avons fait, sans doute,
quelques progrès en colonisation ; notre personnel colonial a
contenu et contient quelques hommes de mérite, qui ont Tait
œuvre utile. Malbeureu sèment, l'espril de suite continue à
manquer chez nous; on alterne entre la prodigalité et la lési-
nerie; on ne suit pas les dessins ébauchés, comme le montre
le très regrettable récent décret qui enlève au gouvernement du
îon individualité. On dépense sans méthode et souvent
'ofit. Nous espérons, néanmoins, que la force des choses,
s medicatrix qui est dans tout organisme, triomphera
défauts.
je ce livre qui, entre toutes nos œuvres, nous tient parement au cœur parce qu'il se rattache à la grandeur de e, aider la France à une politique coloniale meilleure, fléchie, plus cohérente, plus décidée et redoutant moins indes entreprises, plus prévoyante en un mot el plus
Paul UROY-BRAtitiEU.
PREFACE