‹ De la colonisation chez les peuples modernes (volume 5)Chapitre 10 sur 131 · DE LÀ DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LÀ DEUXIÈME ÉDITION

n y a hiril an» qu'a para la première édition de ce livre : il dut la naissance à un concours académique: Nous le publions de nouveau, après l'avoir remanié et agrandi.

Entre les ouvrages déjà nombreux que depuis quinze ans nous avons offerts au public, celuf-cî particulièrement nous tient au cceur.

Chaque jour qui s'écoule nous convainc de plus en plus de rimportance de la colonisation en général, de son importance surtout pour la France. Aussi chaque occasion qui s'offre à nous pour faire comprendre à notre pays sa grande mission colonisatrice, nous la saisissons avec empressen^nt, par ta parole et par la plume. Articles de journaux et livres de doctrine, allocations ou cours publics, nous employons tous les moyens pour rappeler à la France qu'elle a été une grande puissance coloniale, qu'elle peut et doit le redevenir.

Depuis deux siècles, à notre sens, la politique française a perdu sa voie. Après avoir, vers la fin du xvn* siècle, conquis en Europe des frontières solides, la tftche qui lui incombait, c'était de mettre en valeur les immenses territoires que nous occupions dans tes deux mondes, le Canada, les rives du Uississipi, la Louisiane, les Indes.

La politique continentale a prévalu : elle a duré deux cents ans, a laissé notre pays diminué en prestige, rapetissé en territoire. Nos colonies ont été la rançon de nos échecs continentaux ; nous les avons abandonnées avec une insouciance de prodigue. Rien de frivole comme le mot de Voltaire sur la perte des « quelques arpents de neige du Canada ». La Louisiane vendue pour quelques millions; Saint-Domingue, la perle des An-

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