‹ De la colonisation chez les peuples modernesChapitre 4 sur 76 · PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION. VII

çais qui les ont accomplies ou qui les accomplissent. Nous avons de nos jours, en Gochinchine notamment, des explorateurs aussi hardis que l'était autrefois Cavelier de La Salle. Notre pays fournit à Theure actuelle des aventuriers aussi originaux et aussi audacieux qu'il y a un siècle. -

La France, dit-on, n'a pas d'exubérance de population, et ce serait un obstacle insurmontable à la fondation de colonies. L'objection n*est pas décisive; les naissances présentent encore sur les décès un excédant annuel de 100,000 âmes environ. lien faut beaucoup moins pour fonder des empires. On ne trouve pas 100,000 Anglais aux Indes, etJl n'y a pas plus de 35j000 Hollandais aux lies de la, Sonde. Les colonies sont de trois sortes : les colonies d'exploitation, comme les Indes et la Cocliinchine ; les colonies dépeuplement, comme l'Australie; les colonies mixtes, telles que l'Algérie. Les secondes seulement exigent une immigration considérable. Les colonies d'exploitation n'en ont que faire, et les colonies mixtes peuvent se contenter d*un afflux modéré d'Européens. Si la France envoyait tous les ans 15 à 20,000 colons en Afrique, ce serait assez pour servir de cadres à une immif^ration d'Européens étrangers d'égale importance et à la considérable population indigène. L'arrivée régulière en Afrique de 15 ou 20,000 émigrants français chaque année constituerait, au bout d'un siècle, de l'autre côté de la Méditerranée, une société de dix ou douze millions d'hommes de langue française et d'esprit français.

Le véritable nerf de la colonisation, ce sont plus encore les capitaux que les émigrants. La France possède des capitaux à foison ; elle les fait volontiers voyager ; sa main confiante les dissémine aux quatre coins de l'univers. Elle en a déjà pour ÎO on 25 milliards de par le monde, et chaque année ce chiffre s'accroît d'un milliard au moins. Si le tiers ou la moitié de cette somme, si même le quart se portait vers l'Algérie, la Tunisie, le Sénégal, le Soudan, où nous finirons bien, j'espère, par assurer notre prédominance, quels

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