‹ De la colonisation du nord de l'Afrique; nécessité d'une association nationale pour l'exploitation agricole et industrielle de l'AlgérieChapitre 26 sur 53 · FRAIS DE RECOLTE · texte numérisé non relu

FRAIS DE RECOLTE

Un homrae qui passera quatre heures , tous les trois jours, pendant quatre mois que durera la récolte, en évaluant le temps à une demijournée chaque fois, fait cinq journées par raois^

eii tout , vingt journées , à i fr. 25 c 25 l'r. i

Frais de séchage 6

Dépense pour égrenage 20

Frais d'emballage (j

Usure d'outils 10

Dépenses imprévues et transport 5 5o

Total. -■?. fr. 5o

Total général. i55 fr.

li'licctaro avant donnô 200 kilonramnios de

coton égrené et nettoyé , chaque kilogramme , d'après ces bases, a coûté 77 cent. 1/2, «proportion qui, même en admettant les prix les plus bas, laisserait encore au producteur de beaux bénéfices» *.

Une observation ajoute encore à l'importance de ces résultats.

Pas un de nos colons, sans en excepter le propriétaire des quatre hectares , ne possède les machines en usage dans les pays où vient le coton. On le reconnaît assez par les 20 francs portés à la colonne des dépenses pour égrenage des produits. L'emploi d'une machine aurait di-

' Tableau de la situation des ctablissemens français dans l' Algérie j 1I« part., p. 280 et 281.

« Pour le coton longue soie , les mêmes produits ne paraissent pas avoir été obtenus : le prix de revient du kilogramme serait pour cette espèce de coton de i fr. 26 cent. La raison en est qu'un hectare de coton longue soie ne produit que loo kilogrammes net , les capsules coûtant bien plus à l'égrenage et ne contenant que 1/5 de coton et 2/5 de graine, au lieu de donner 2/5 de coton et 5/5 de graine, comme le coton courte soie.

» Quant au coton arbuste, les essais faits jusqu'à ce jour laissent encore la question indécise. Il reste à savoir ce que feront les cotonniers arbustes, s'ils s'acclimateront et s'ils donneront des produits abondans. Leur durée de plusieurs années et le peu de soins qu'exigeront les plantes , en feront peut-être une culture plus profitable encore que le coton herbacé 3 c'est un point sur lequel on espère être fixé l'an prochain. En attendant, les échantillons obtenus de coton longue soie sont de la plus grande beauté.» — Ibid.

rainiié de plus de moitié cet article des frais généraux ^

11 tombe sous le sens que notre association , plus favorisée du côté des moyens d'exécution, se trouverait placée, par cela même, dans une position beaucoup plus avantageuse. En appliquant à la récolte du coton, comme à toutes les parties de l'agriculture, les méthodes perfectionnées et les procédés mécaniques de la haute industrie, elle réduirait considérablement les dépenses de la production.

L'alliance du cotonnier arbuste et du cotonnier herbacé dans ses plantations formerait un des élémens les plus féconds de sa prospérité.

L'ennemi capital de nos possessions africaines, l'émir Abd-el-Kader, songe déjà à imjilanter chez lui cette industrie et h s'en assurer les avantages. «Il vient, est-il dit dans les rapports officiels, de charger un négociant d'Alger de lui faire venir d'Egypte de la graine de coton et vingt fellahs habitués à cette culture , qu'il se rappelle fort bien avoir remarquée lorsque, jeune encore , il se rendait en pèlerinage à la Mecque. » -

L'Egypte est, (Mieflet, devenue un pays modèle pour la culture du coton.

' Tableau oJ/icUl , [>. 28 t.

Ibid., racmc page.

Elle a accompli des prodiges qui doivent stimuler puissamment l'industrie française. Grâce à l'esprit entreprenant et à l'e'nergique volonté d'Ibrahim-Pacha , les plantations de cotonniers ont pris un développement extraordinaire dans les provinces soumises à son autorité. Après six années d'existence, celles-ci donnaient déjà 7,000,000 de kilogrammes de coton. En 1813, les produits étaient quadruplés, et aujourd'hui ils sont de plus de 50,000,000 de kilogrammes ^.

C'est là un glorieux exemple à suivre. Qu'il ne soit perdu ni pour la France , ni pour notre association.

* Précis de la Géographie universelle j par Malte-Brun et Huot, t. X, p. i68 et 169.

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