‹ De la colonisation du nord de l'Afrique; nécessité d'une association nationale pour l'exploitation agricole et industrielle de l'AlgérieChapitre 4 sur 53 · DÉVELOPPEMENT DU MOUVEMENT COLONIAL. PROS- PÉRITÉ AGRICOLE · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DU MOUVEMENT COLONIAL. PROS- PÉRITÉ AGRICOLE

Dès raimée 1833, les travaux de la colonisation avaient acquis une remarquable activité. A la ville , comme dans les campagnes, la propriété avait changé de maîtres , et les nouveaux acquéreurs avaient beaucoup à faire pour effacer les traces des dévastations de la guerre. On déblayait, on remuait le sol, et des constructions et des plantations s'élevaient de tous côtés. Mais renfermée dabord dans le cercle très-restreint des points occupés, ce ne fut guère que deux ans plus tard que la culture commenc a à se hasarder au loin , et à prendre assez d'assurance pour exploiter ou pour créer des établissemens agricoles au-delà de nos avant-postes et, par conséquent, isolés au milieu des Arabes'.

' Situation des ctablissemens français dans l'Algérie, I"* part., ch. II, p. 16 et 27.

C'est dans la banlieue dWlger, de tous les points de la régence celui qui avait le plus souffert des suites de l'invasion , que l'heureuse intluence de la reprise des travaux s'est fait d'abord le plus sentir. Le massif de belles habitations qui forme autour de la ville une large ceinture de maisons de plaisance et de jardins pittoresques, a recouvré insensiblement toute la richesse de son ancien aspect et tout le luxe de sa végétation africaine.

Dans les campagnes , on retrouve les mêmes signes de prospérité. L'agriculture a pris un développement énergique et rapide, assurent les rapports officiels ; et « les céréales croissent aujourd'hui sur des terres où , de mémoire d'homme, jamais charrue n'était venue tracer un sillon * ».

Cela est vrai non-seulement du Sahel et de la plaine d'Alger, mais d'un grand nombre de points beaucoup plus éloignés. C'est surtout du côté de l'est que se portent le plus volontiers les entreprises des colons. Quelques-uns , franchissant la plaine, ont été s'établir jusqu'aux pieds de l'At-

' Poyage pittoresque dans la régence d'Jlger, pendant l'année i854, par MM. C. Lcssoïc el W. Wyld, liv. I, p. i, i855. — Tableau lie la situation des ctablisseniens français ^ !L' pari., ch. Xll[, p. 277 <;t 278. — De Constantine et de la domination française en Afrique, par E. De^niarestel H. Rodrigueï, p. i55et i56. iSd;.

las, sur le territoire de Khachna et des Beni- Moussa. Vers l'ouest et le sud, oîi il y a pourtant de si belles terres, la culture n'a pas lait les mêmes progrès '.

D'après les recherches statistiques de l'administration , la superficie des terrains en état de culture et de rapport, dans les communes déjà lormées, ou dans les chefs-lieux d'exploitation occupés par les Européens, derrière la ligne de

' S'ilualion des établissemens français dans l' Algérie j [). 278 et 282.

'< Pendant plusieurs années, la province de Bonc a joui d'une trancjuillité plus grande qu'aucune de nos provinces. Depuis deux anS;, des forces considérables ont été dirigées de ce côté , quelquefois égales, souvent supérieures à celles qui se trouvaient à Alger. Cependant, ni celte tran([uiliité, ni cet accroissement de lioupes qui devaient ouvrir \\\\ plus grand débouché aux ressources du pays, n'ont excité à produire le petit nombre des colons de Bone.

» C'est à la manitre dont la propriété , à Bone , est réparlie entre les colons européens, qu'il faut attribuer un semblable état de choses. Là, surtout, se montre à nu cette plaie de l'accapareiuent des terres qui menaçait de s'étendie plus loin à la suite (le nos armées, si l'administration , par des prohibitions formelles, n'avait arrêté les progrès du mal.

» Au contraire, la division du sol aux environs d'Alger, a miluc sur les bons résultais «pie les colons oui obteiuis; dans cette circonscription, on voit peu de grands propriétaires. Les petites et les moyennes propriclcs dominent, et sut" celles-là on plante la vigne 5 on greffé l'olivier j celles-là aussi produisent le plus de céréales et fournissent les meilleurs fourrages.» — Ibid., p. 281 et 282.

protection militaire , peut se résumer comme il suit :

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