‹ De la colonisation du nord de l'Afrique; nécessité d'une association nationale pour l'exploitation agricole et industrielle de l'AlgérieChapitre 3 sur 53 · INTÉRIEURE. — LIGNE DE PROTECTION MILITAIRE · texte numérisé non relu

INTÉRIEURE. — LIGNE DE PROTECTION MILITAIRE

Examinons maintenant si la situation actuelle (le l'Alge'rie , d'après les renseignemens que le gouvernement a recueillis avec, beaucoup de soins , et communiqués récemment aux Chambres, n'est pas de nature h favoriser la formation d'une grande entreprise agricole et industrielle sur les différens points du littoral, où la souveraineté de la France est reconnue.

Deux événemens capitaux, en 1837, ont donné un nouvel aspect et de nouvelles limites a notre établissement : lalamcuse convention de laTafna, d'une part, œuvre impolitique du pouvoir, et de l'autre part , la prise de Constantine , œuvre glorieuse de nos soldats. L'un , dans l'ouest , a pacifié la régence par l'abandon d'une partie de nos possessions territoriales, tandis que l'autre, dans l'est , a compensé nos pertes , en soumettant à

notre autorité une province d'une merveilleuse richesse.

Le traité de la Tafna a été la conséquence du principe de l'occupation restreinte, auquel le gouvernement parait s'être arrêté définitivement, après avoir poursuivi pendant longtemps un système d'envahissemens successifs.

Pour bien comprendre la position que cette convention nous a faite, quant à l'occupation du sol , il ne faut pas oublier la circonscription territoriale de la régence , au temps de la domination des Turcs. Alors l'Algérie , composée des quatre grandes provinces d'Alger, de Titterie , d'Oran et de Constantine, présentait une superficie d'environ 15,000 lieues carrées. Ayant pour limites, au nord, les cotes de la Méditerranée , à l'est, les États de Tunis, à l'ouest, l'empire de Maroc , et au sud , les solitudes du désert, elle était protégée par des frontières naturelles sur ses deux principales lignes de prolongement. Les plages de la mer, les montagnes de l'Atlas, et les sables mouvans du Sahara, dans ce système politique, formaient , au revers de chacun de ses côtés , comme autant de remparts contre l'invasion.

Le traité de la Tafna nous a fait perdre ces avantages, en brisant l'unité du littoral africain, en isolant les uns des autres les points occupés par nos troupes , et en resserrant notre souve-

raineté dan« les bornes étroites d'une ligne conventionnelle ^ Bref, le territoire dont la France

■ Voici les principaux articles du traite de la Tafna , en ce (jui touche la délimitation du territoire : *

« La France se réserve dans la province d'Oran : Mostaganem, Mazagran , et leurs territoires ) Oran , Arzew , plus un territoire ainsi délimité . à l'est , par la rivière de la Macta et le u)arais d'oîi elle sortj au sud, une ligne partant du marais cidessus mentioiHié, passant par le bord sud du lac Sebgha et se prolongeant jusqu^à l'Oued-Malah ( Rio-Salado), dans» la direction de Sidi-Saïd , et de cette rivière jusqu'à la mer , de manière à ce que tout le terrain compris dans ce périmètre soit territoire français.

» Dans la province d'Alger : Alger, leSaliel , la plaine de la Mitidja, bornée à l'est jusqu'à l'Oued-Kadra et au-delà j au sud, par la première crête de ia première chaîne du Petit-Atlas jusqu'à la Cliiiïa, en y comprenant Blidah et son territoire j à l'ouest, par la ChilTa jusqu^au coude de Mazafran , et de là , par une ligne droite jusqu'à Ja mer , renfermant Colcoh et son territoire , de manière à ce que tout le terrain compris dans ce périmètre soit territoire français.

» L'émir administrera la province d'Oran , celle de 'literie et la partie de celle d'Alger qui n'est pas comprise , à l'ouest , dans les limites indiquées à l'article 2. Il ne pourra pénétrer dans aucune autre partie de la régence. La Fi-ance lui cède : Rachgoun , Tlemsen , le Méchouar et les canons qui étaient anciennement dans celte dernière citadelle. Et de son côté , il s^oblige à faire transporter à Oran tons les eilëls , ainsi (jue les munitions de guerre et de bouche, de la garnison de Tlemsen. »

Par une autic clause . l'émi)' « s'engage à ne concéder aucun point du littoral à urie puissance quelconque sans l'autorisation de la France. » — Convention du 3o rnai iSSy, art. 2, 5, 9 et i5.

s'est réservé la domination directe, ne comprend qu'une superficie de 200 lieues carrées , au lieu de l'imposant développement de l'ancienne régence ^.

Le gouvernement, pendant la dernière session, a invoqué l'aspect favorable des affaires, sous l'influence du nouvel état de choses, comme une justification complète de sa politique; mais, la paix également possible à des conditions plus avantageuses, aurait été beaucoup plus rassurante pour l'avenir, si elle eût été basée sur la ruine de la puissance de nos ennemis et la conservation de toutes les parties du territoire conquis par notre brave armée.

«Le traité nous assure la possession tranquille de la portion de pays dans laquelle l'autorité française circonscrit volontairement son action immédiate, lit-on dans l'exposé des motifs présenté par le ministre de la guerre, à l'appui de la demande des crédits extraordinaires d'Afri-

* Non compris la province de Constanline , la plus belle peut-être de l'Algérie. Cette contrée a une étendue de i5o lieues de côtes et une profondeur de 85 à 200 lieues.

«Le traité de la Tafna, sur i,4oo lieues de territoire que vous possédiez, ne vous en a laissé que 200, faisait observer M. Mauguin à la Chambre des députés, dans la séance du 9 juin i858. Encore, quelles parties du territoire ave^-vous conservées ? Des enclaves qui ne communiquent les uns a^ec les autres qiie par la

que. Ce territoire suffit à la population européenne, qui est venue attacher ses destinées à celles de l'occupation, et à des émigrations bien plus nombreuses. Il suffit encore aux efforts de la civilisation qui, de là, peut, par des conquêtes pacifiques s'avancer et s'étendre vers l'intérieur ^ . »

Nous aimons h reconnaître, tout en condamnant les concessions que le gouvernement a faites à l'émir Ab-el-Kader, pour mettre un terme aux malheurs de la guerre , que la pacification de la colonie a été un bienfait dont chaque jour on ressent davantage les heureuses conséquences. Aujourd'hui, la sécurité publique, le premier et le plus indispensable de tous les élémens de travail, a deux garanties, celle de la paix conclue avec rémir et celle de la ligne de protection formée par notre établissement militaire 2.

' Situation des èlablisscmens français dans L'Algérie. Exposé du ministre ilc la guerre, p. 3 et 4-

- « Une occupatiou dont toutes les vues seraient militaires , et qui se concentrerait dans les forteresses, ne répondrait point à l'attente de la France. Elle serait à la merci des hostilités de terre et de mer, et les ressources qui ne sauraient où s'alimenter, seraient bientôt épuisées. 11 faut supposer alors que le cercle d'occupation sera agrandi, qu'il sera étendu de manière à dotmer à ragiiculturc assez de latitude pour se développer, que vous appellerez enfin à l'aide de cette occupation militaire une colonisation agricole (jui pourra fournir à ses besoins, et la mettre à

— saune armée de 48,000 hommes et de 11,372 chevaux, avec une formidable artillerie, de nombreux équipages militaires et de rapides moyens de transports, assurent l'occupation et

l'abri du danger de l'isolement^ ii eu résultera une sorte d'assurance mutuelle, car l'agriculture ne peut prospérer qu''à 1^ ombre protecti'ice de nos drapeaux.

» Si l'on envisage la colonisation sous le point de vue commercial , on reconnaîtra que dans la régence , comme partout ailleurs , le commerce sera un moyen d'enrichir les colons et de multiplier les l'essources de l'occupation militaire; mais qu'il n'y aurait pas de commerce non plus, s'il n'y avait ni protection, ni production. La colonisation commerciale entre donc nécessairement dans la mutualité d'assistance que les divers systèmes doivent se prêter. L'absence de l'un des trois compromet l'existence des deux autres ; réunis, ils sont puissans^ séparés, ils succombent. En un mot, sans commerce, point d'encouragement à l'agriculture qui produit 3 sans agriculture, point de sécurité pour l'occupation militaire , sans occupation militaire, rien ; et dès lors, point d'influence.

» Quant à l'application , elle doit être modiliée dans ses détails, suivant les exigeances des localités, suivant les circonstances souvent éventuelles, souvent imprévues, et enfin suivant les idées gouvernementales du chef de la colonie. Le mode d'application ressortira de l'aspect moral et physique du pays, et l'on peut dire ici, par exemple, que la nuance militaire dominera à Oran et à Bougie , que les développemens agricoles l'emporteront à Bonc, que l'un et l'autre s'établiront fortement à Alger, et que le commerce s'étendia partout avantageusement. » — M. de la Pinsonnière, Rapport sur la colonisation de V ex-régence d'Alger. V^ part., p. 17 et 18.

la garde du pays. De ces forces considérables, une partie forme comme autant de corps de réserve et occupe les positions et les places importantes d'Alger, de Blidah, d'Oran, de Mers- L'1-Kébir, d'Arze^Y , de Mostaganem, de Constantine, deStora, de Bone, de Bougie et de la Calle; et l'autre partie, toujours en observation ou en mouvement, par des camps fortifiés, des patrouilles, des reconnaissances et des incursions fréquentes, maintient les communications de la capitale avec les ports , les villes et les établissemens de la colonie ^

' Tableau officiel de Ict situation des étahlissemais français dans l'Algérie. Exposé dcsmoîifs, p. ^ et i8. Docuraens divers, p. i58 et 278.

L'armée d'occupation, en i85i, se composait seulement de 17,959 hommes. Les deux années suivantes, l'occupation de Bone et de Bougie la fit porter d'abord à 22,45 1, et, bientôt après, à 27,762 soldats. En i854, l'eifectif des troupes françaises s'éleva à 5i,865 hommes, cl, en i855, époque de l'expédition de Mascara, à 5o,885. Pendant l'année i856, marquée parles expéditions de la Tafna, de TIemcen et de Constautine, l'année d'occupation a présenté un total de 5i,45o soldats. La glorieuse campagne, qui a l'ait tomber la capitale de l'ancienne Numidie en notre pouvoir, en 1857, ^ élevé le chiffre de nos forces militaires à 4^,067 hommes. Le nombre des chevaux, qui n'était en i85i, que de i,4i5, avait été porté, en iSS", ù 7,2043 et les corps étrangers, formés à la première de ces deux époques, de 5,025 hommes , se composaient à la seconde, de 5,825. — Situation des établissemens français, I"" part., ch. VII, p. 126 et 127. ..

S'il existe plusieurs points où la sûreté des relations laisse encore beaucoup à désirer, il en est d'autres où les rapports sont mieux établis. D'Alger, on communique, par terre, avec Oran, par la plaine, avec Blidah, l'une située à douze, l'autre à soixante-seize lieues du siège du gouvernement central * ; et de Constantine , par les voies militaires improvisées depuis deux ans, on peut se rendre aux ports de Bone et de Stora, séparés de la capitale de l'est, celui-ci, par un intervalle de dix-huit, celui-là, par une distance de trente-cinq lieues.

Vers le commencement de l'année 1839 , plusieurs courriers arrivèretit à Alger, après avoir traversé le littoral sur plus d'un tiers de sa longueur : c'étaient des eslafettes qui apportaient les dépêches du général Galbois et des principaux chefs de la province de Constantine. Ils avaient mis onze jours, en passant par Hamza, à parcourir une ligne irrégulière de cent à cent vingt lieues ^.

Il importait surtout de protéger contre les entreprises et les incursions de l'ennemi la grande plaine qui s'étend nu -delà du massif

' De l'hahlisstnienl des Français dans la rcgence d^AlgtVj, pat' M. Geiity de Biissy, ex-inlondant civil. T. I", ch. II. p. 75.

■ Le Journal des Débats du j/f jimvier iSSg.

d'Alger. «Notre territoire à nous, et notre quartier-général en Afrique, c'est la Mitidja » , a dit admirablement un jeune officier dont l'armée française regrette encore la fin prématurée ^. En effet, la prospérité et la consolidation de nos possessions d'outre-Méditerranée ne peuvent être assurées que par l'occupation militaire et la culture pacifique de cette belle portion de l'ancienne régence.

Le système de défense qui couvre les travaux agricoles des colons d'Europe , dans la plaine de la Mitidja, se développe sur deux lignes d'inégale longueur et dans la forme d'un triangle.

Au point de départ des deux lignes, on remarque, à l'est, le camp de l'Hamise, h l'ouest, celui du Massa fran, et, à l'extrême point où elles se rencontrent, au sud, les troupes cantonnées dans le district et la ville de Blidah. Le camp de l'Hamise est relié par un blockhauss à la maison carrée, et, par un autre poste intermédiaire, au corps établi au pied du contre-fort des montagnes des Beni-Moussa, sur le prolongement de la ceinture de l'est.

A notre frontière du sud et du sud-ouest ,

' Défense et occupation de la i illc d'Alger. Notes laissées par le capitaine Emile Giaiid, et publiés par le capitaine du génie Guillemon, p. i\/\. Toulon, iSSj.

sont, d'un côté, le corps d'occupation de Coléah, et , un peu en arrière de cette ville , le camp chargé de garder les deux seuls gués du Mazafran; et, de l'autre côté , de forts détachemens de troupes occupés à surveiller tous les endroits que laissent à découvert les travaux d'escarpement élevés sur les bords de l'Oued-Bouffarick , de la Chiffa et des marais de la plaine.

Le camp central de Bouffarick, posté dans l'intérieur de la Mitidja, vers le sud, se tient prêt pour toutes les éventualités ; aussi est-il un des jalons les plus importans de la ligne télégraphique , qui communique avec les hauteurs d'Alger , par Bouzaréah , Dolhy-Ibrahim et Douéira '.

Tout fait présager qu'entre les divers camps fortifiés de la plaine, il en est qui deviendront le principe de nouvelles villes. Les populations indigènes s'accoutument elles-mêmes à leur voisinage et font aussi leurs moissons sous la protection de nos soldats. Elles fréquentent volontiers et approvisionnent abondamment les marchés improvisés au centre de ces agrégations militaires. « 11 faut voir le mouvement du charroi , rapportait dernièrement un journal officiel, qui, dans la direction des camps, sillonne

' Tableau q/f/ciel, l^'^ j[)ini.; [). i58, t5g. — he National du i8 février iSSg.

les routes à dix, à douze lieues de notre capitale. On se croirait en Europe. Ce ne sont que voitures de planches, de poutres, de farines, de vins, de barriques, de sucre, etc. * »

Souvent nos troupes l'ont des reconnaissances (jui embrassent un parcours de plus de soixante lieues, sans avoir à tirer un seul coup de fusil '^. Ces espèces d'explorations militaires ont même été exécutées par les généraux Voirol, Négrier et Galbois, avec des colonnes mobiles, composées en grande partie d'auxiliaires musulmans ^. Pour attirer les indigènes sous nos dra-

• Le Moniuu)- unU-ersel du 7 juillet i858.

■ Le Journal des Dtbats du i4 octobre i83B.

^ Les corps indigènes au service de la France se composent de Zouaves, de Spahis et de Turcs. Les Zouaves forment plusieurs bataillons d'infanterie, au nombre de 1,242, et les Spahis et les Turcs composent un corps de cavalerie de i, 552 hommes. Quoique les Français soient admis dans ces corps étrangers , ils y sont en minorité. Ainsi, sur les dix compagnies de Zouaves, huit sont indigènes et deux seulement françaises.

« Les Zouaves sont une espèce d'hommes robustes et agiles , tjui ont toujours rendu les plus signalés services, lit-on, dans un recueil périodique. La coiniaissance parfaite qu'ils ont acquise du pays el de la manière d'y faire la guerre , l'audace intrépide dont ils ont donne tant de preuves , leur adresse à surprendre l'ennemi et à le poursuivre à travers les halliers , leur ont valu 1 honorable sobriquet de Chacals. Le lieutenant-colonel Lamoricière commande ce beau corps et veille avec un soin tout paternel au bien-être de ses soldats dont il est adoré. » — Re'^'ue africaine i II* liv., décembre i835, p. 4^-

peaux, il a suffi de ieur donner quelques burnous rouges , ou de leur assurer la paie la plus modique pendant la durée de la campagne K

Presque tous les chefs des tribus arabes de la province de l'Est, en recevant une nouvelle investiture de la France, se sont engagés à travailler au maintien de la paix , à veiller à la sûreté des routes, à opérer pour notre compte la perception du tribut d'usage, et à nous soutenir en cas de guerre contre nos ennemis ^.

' Nouvel aperçu sur l'Algérie. Par iM, Léon Bloiidol;, directeur des finances à Alger. Ch. V, p. ii5. i838.

^ hc Journal des Débats du 28 octobre i8'58j et le Nouvelliste du 18 février i85g.

Le système d'administration ijiie le juarcchal V.dée vient d'organiser dans la province de Conslantine, est à la fois un retour aux traditions hiérarchiques du passé et une innovation d'une liante importance dans les formes du gouvernement colonial. S'il a l'inconvénient de constituer entre nous et les Arabes des pouvoii's intermédiaires, qui peut-être ne s'associeront pas toujours assez franchement à nos idées , il a aussi l''avar)tage d'ailcrmir la paix intérieure, en conciliant les susceptibilités de la fierté iiidiuène avec les devoirs de l'obéissance envers l'autorité française.

Conformément à l'arrêté du 5o septembre 1828, l'administration de la province, divisée en plusieurs circonscriptions, a clé déléguée à des chefs indigènes. Trois khalifas, outre celui (jui commandera les Arabes du désert, sous le nom de Chcick-cl- Arab, ont été chargés de la direction des tribus de la Medjiana, de Fcrdjiona et du Sahel : et toutes les peuplades indigènes, non comprises dans ces divisions administratives, ont été rangées sous les ordres de trois autres chefs, qui prennent le titre de

i^e prélèvement de l'impôt sur les liabitans , dans le cercle de Bone , s'accomplit en notre nom et sans opposition , j)ar les troupes indigènes '. Un commissaire l'raneais, au port de la Italie , où nos pères ont laissé tant de souvenirs , commande une garnison exclusivement lormée de musulmans -. Et , suivant les termes de la convention laite le 13 juin 1835, au camp du Figuier, entre le général Trézel et les chefs des Douairs et des Smélas, ces cavaliers arabes, soldés par notre administration militaire , sont toujours prêts à prendre les armes pour s'associer aux expéditions des Français ^.

Les x\rabes ont repris partout leurs travaux, et chez eux, toutes les terres sont culti-

Caïds des Amcis-Cheiaga, des Haiacla^ et des Heinieiichas. La ville de Constantine doit être, en outre , administrée par un hacliem, ayant le rang de khalifa.

Au nombre des fonctions et des devoirs des khalifas et des caïds, il faut mettre, en première ligne, la perception de l'impôt soit en argent, soit en nature, et son versement dans le trésor ou dans les magasins de l'Etat ; l'exercice de la police des routes, le maintien de la tranquillité du pays ; et, comme moyen de répression et de défense, l'organisation et l'entretien, dans chaijue tribu, d'un corps de cavaliers qui devra marcher à la guerre sur la première convocation du commandant-général àcs troupes françaises.— Arrêté du 5o septemine i<S58, arl. 3, 4> 5, '-, 8 cl lo.

' Le Afonileur algérien du i'' juin i858.

^ Tableau des ètablissemens //-^nçaiv, I'" pari., p. 5i.

■* Tableau officiel, p. 137.

vées. Ainsi, en deçà comme en delà de notre ligne de points fortifiés ^ la culture du sol est en pleine activité.

A Alger, Bone et Oran, les relations de commerce établies entre nous et les autres tribus de l'intérieur, qui viennent échanger les produits de leurs récoltes contre ceux de l'industrie européenne, prennent chaque jour une plus grande extension ^^. L'abondance des denrées envoyées de tous les points aux Français, a déjà produit une diminution considérable dans le prix des objets de consommation. Nous ajouterons, toujours sur la foi des déclarations officielles, que dans le temps même où les habitans de l'intérieur apprennent le chemin de nos villes, les négocians français commencent à pénétrer, pour les affaires de leur commerce, dans les pays occupés par les Arabes qui avoisinent nos frontières -^

' Situation des élablissemcns français dans l'Algérie. Exposr du ministre de la guerre, p. vu. -" Le Moniteur algérien du i^"" juin i838. * Tableau officiel. ]L\])osé , p. iv.

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