DIFFICULTÉS DU SYSTÈME DES COLONS LIBRES
La plus grave difficulté du système des colons libres provient, comme on l’a vu, de l’acclimatation. Si on trouve des gens qui veuillent tenter la fortune, 1l est à craindre que leurs insuccès ou leur mort n’entrainent de nouveau l'abandon de la culture dans la colonie.
L'insalubrité du climat n'empêche pourtant pas un certain nombre d’Européens de se rendre chaque année au Sénégal. C’est une erreur de croire qu'on yÿ devienne riche. Là, comme presque partout ailleurs, l’ère des grandes fortunes commerciales est close. La traite de la gomme dans les escales du fleuve est une duperie, où Maures et traitants parviennent mutuellement à se tromper, et en fin de compte personne ne rentre dans ses
frais. La concurrence fait tous les jours baisser les prix.
des marchandises et la pièce de cotonnade bleue appelée « Guinée », dont on se sert pour les transactions, est vendue meilleur marché par les traitants indigènes qu’elle ne s’achète en France. Je puis d'autant plus avancer ce
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fait que J'ai été moi-même leur collègue pendant quatre ans. J’afñirme de plus qu'il n’y a pas une grande opération de traite qui ne se solde par un déficit annuel d’inventaire.
Les appointements des employés européens engagés généralement pour une période de trois années sont dérisoires et personne ne gagne à ce vieux trafic de la gomme qu'il faut remplacer par d’autres produits, et certes ils ne manquent pas au Sénégal.
L'exploitation de l’arachide par les noirs est déjà un acheminement vers la culture, mais il y a une foule de graines oléagineuses telles que le beref, par exemple, qui, Supérieur à l’arachide, donnerait d'excellents résultats.