CULTURE DU COTON
L'intention de M5 Kobès était d'occuper les noirs Fs de grande culture du coton, du mil et du riz qui croissent là-bas spontanément. Le coton surtout, qui pouvait dans cr l'avenir être un débouché sérieux pour la colonie, était l'objet de la ce du missionnaire. .
cer les premiers travaux sans une mise de fonds assez id considérable. L'évêque fit SU aux œuvres de la propa- sé | gation de la Foi et grâce à leurs aumûnes et à une per- : HAS sonne charitable d'Alsace, M. Herzog, il obtint une “5 Re: avance d'argent qui lui permit de ae aux FE | frais. # À la fin de décembre 1862, 1l s'embarquait pour le sé ESS négal, amenant avec lui les pères Engel et Risch. Débar- pee qué le 29 jar 1865, 1l partait Immédsess de “2 ne
quelques apprentis.
Salt
M°° Kobès se mit à l’œuvre immédiatement pour édifier la mission. « Dans moins de cinq mois, écrivait-il au
ministère de la marine et des colonies, nous sommes
parvenus à construire en maçonnerie solide un corps de
bâtiment de cinquante-deux mètres de long sur neuf mè-
tres delarge, ayant un rez-de-chaussée et un demi-étage. »
On ne saurait croire au prix de quelles fatigues les missionnaires vinrent à bout de construire leur maison. Ils durent prendre eux-mêmes la truelle en main et ne craigmirent pas de travailler des journées entières en plem soleil.
Ils déployèrent une activité sans pareille, fabriquant des briques sur place. L’immense quantité de chaux nécessaire aux constructions fut préparée par eux au moyen de coquillages entassés sur les bords de la Fasna, à huit kilomètres de N’Gazobil. É
La mission s'élevait déjà, dominant les flots et les broussailles, quand le farouche Maba, musulman fanatique, fit irruption dans le Sine et le Saloum pour con- vertir ces peuples l'épée à la main. Il se précipita sur le pays au moment des semailles, massacra tout sur son passage, emmenant les femmes et les enfants en captivité, etse retira après avoir semé autour de lui la mort et l’incendie.
La famine éclata partout dans cette contrée désolée, tandis que des marabouts suscités par Maba, après son départ, volaient les enfants pour les vendre. Il en vint, m'a-t-on dit, de Rufisque et de Dakar qui se livrèrent à cette mdustrie et y firent fortune.
Voilà comment les musulmans sénégalais entendent la
CAMOCE
prédication. Is détruisent les peuples qu'ils ne peuvent convertir, et nous ne faisons rien pour arrêter l’envahissement de l’islamisme. |
Dans ces tristes circonstances, la mission servit de refuge à tous les malheureux émigrés du Saloum. Ils vinrent y demander asile et protection, s’établhrent auprès des pères du Saint-Esprit et ne tardèrent pas à former, aux alentours, les villages de Saint-Joseph, de Saimte- Marie, de la pointe de Sartène, de Saint-Benoit, de N'Bodiène et de Saint-Michel de la Fasna.
La plupart de nos villes coloniales ont pour origine un premier noyau formé autour de nos missions, Car par-
tout où les missionnaires s’établissent, ils apportent avec
eux le gage d’une civilisation pacifique.
Les pères faisaient distribuer gratuitement du r1z à tous les noirs, leur donnaient un salaire journalier et, grâce à l'émigration toujours plus grande, purent avoir des bras suffisants pour mettre leur culture en exploitation.
LA CULTURE A N’GAZOBIL
Ils fondèrent tout d'abord des écoles de garçons et de filles auxquels ils enseignaient les premiers éléments de notre langue, puis nommèrent dans chaque village un chef de travail.
On commença sans retard à défricher les terrains in-
cultes, puis on sarcla le coton, aux sons joyeux du tamtam. Les noirs, naturellement paresseux, se mirent avec la plus grande ardeur à un travail auquel on savait les intéresser. Les pères eurent bientôt plus de bras qu’il ne
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leur en fallait, car la libéralité des « marabouts blancs » et les réjouissances de N’Gazobil étaient connues au loin.