POUR LA MISSION
Les Sérères, comme je l'ai dit tout à l'heure, les dé- testent cordialement. Le Sine et le Saloum se souvien- # nent encore des abominations du prophète Maba qui pro- cédait aussi à la conversion par le meurtre et le pillage.
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Dernièrement les Sérères de M’Bodiène se séparèrent des Saloumes. Le jour dela transplantation des cases est choisi par le personnage le plus important qui le tient secret. Les Sérères firent une exception pour le R. P. Jouan, missionnaire du Saint-Esprit. Mondor, le chef du village, vint le trouver et l'invita à la transplantation.
— « Mon père, lui dit-il, le gouvernement français im-
pose partout des chefs musulmans. Nous, Sérères, nous neles aimons pas. Ils sont trompeurs et nous détestent. Nous sommes fétichistes, mais nous préférons venir habiter près de l’église, à côté de la croix plantée par les missionnaires. » — Autour de Gueréou et de Paponguime habite la tribu des Nones, race sauvage et fière, pleine de défiance pour les blancs et que nous laissons envahir par l'islamisme pour lequel elle professe elle aussi la plus grande horreur. Depuis quatre ans que ce pays nous est soumis, on lui à envoyé des chefs musulmans qui le tyrannisent, le pillent, le rançonnent à chaque instant, toujours sous le couvert de la loi. Les missionnaires ont essayé d’adoucir leur sort et le gouverneur, sur lintervention de M° Barthet, avait nommé un chef non musulman, mais il est revenu depuis sur cette décision.
Il me serait facile de multiplier des exemples pour prouver que l’islamisme n’est pas aussi sympathique aux noirs qu’on veut bien le dire, et que sa protection parmi les peuples encore fétichistes est purement impolitique. Je suis persuadé qu'il n’est peut-être par encore trop tard pour arracher à la religion de Mahomet une bonne partie du Cayor, le Baol, le Sine, le Saloum et une par-
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