‹ De la colonisation du SénégalChapitre 7 sur 63 · FRAUDES DES COMMERÇANTS · texte numérisé non relu

FRAUDES DES COMMERÇANTS

Comme les primes portaient sur chaque pied de coton, les commerçants, avertis à l’avance de la visite des inspecteurs désignés, faisaient enfoncer dans la terre d’innombrables petits morceaux de bois, et, après une réception cordiale et un déjeuner copieux, on faisait promener dans les plantations l’envoyé admimistratif qui notait de bonne foi des quantités de pieds imaginaires.

On recensa ainsi en 1895, 4.573.000 kilogrammes de

coton sur les établissements particuliers, et 1l ne fut

exporté du Sénégal que 14.877 kilogrammes de coton

égrené. Une telle différence ouvrit les yeux au gouver-

nement qui, en présence d’une fraude aussi palpable, supprima aussitôt les primes. Dès lors, la culture fut abandonnée. Les commerçants, pour se tirer d’embarras, préférèrent calomnier le Sénégal et déclarèrent qu’il était

-improductif au point de vue agricole.

Page 1