LES COLONS LIBRES
J'ai nommé d’abord les colons libres. J’avoue que, pour ma part, je ne conseillerai jamais à un cultivateur français de s’expatrier pour aller chercher fortune au Sénégal, car, dans la situation actuelle, 1l serait très étonnant qu'il pût réussir. [l ne trouverait rien sous la main qui pût l’aider et le guider dans ses tentatives, et dépenserait en premiers frais tous ses capitaux.
Des colons hbres ne pourraient alors se recruter que parmi d'anciens soldats agriculteurs, ou bien‘ parmi des commerçants déjà établis au Sénégal. Le cas de soldats d'infanterie de marine ou autres corps, restant dans le pays pour s’adonner au commerce après leur temps de service écoulé, se présente rarement ; 1l y a donc peu à espérer a fortiori qu'ils voulussent s’y faire agriculteurs.
Quant aux commerçants, J'ai fait voir quelle défiance ils témoignaient à l'égard de toute innovation. Le personnel de leurs employés se compose de Jeunes gens de dix-huit à vingt-cinq ans. Ils quittent la mère-pairie après deux ou trois ans de stage dans des maisons d’armements. Ils sont actifs, plems d’audace et souvent d'intelligence, mais n'ont aucune notion agricole.
Les représentants ou agents des maisons de Bordeaux
aussi dans le commerce, sont rompus aux afro galaises, mais m'ont pas plus que leurs ie des connaissances en agriculture.
colons libres soit absolument impraticable? Je ne le pente pas, car des mulâtres ou des noirs pourraient entrepren- ïS dre ce qui semble encore difficile pour des Européens. … Je ne me dissimule pas Routes que RATE is uns