CONCLUSION
non en oubliant que l'effet de l'offense est en raison directe de la susceptibilité de la personne à laquelle elle s'adresse et non en raison de l'intention de l'offenseur. Enfin, le membre qui dénonçait à la tribune un article offensant remplissait un rôle qui n'a rien de bien généreux ni de bien estimable.
Non, Tattfïque, l'offense peuvent être un conseil énergique à ne plus mal faire ou un stimulant à mieux faire. Prises collectivement les Chambres doivent en dédaigner la répression et le plus souvent, agir autrement, c'est satisfaire l'offenseur et lui dresser un décor d'apothéose. L'opinion publique doit seule intéresser les individualités parlementaires; les intérêts et Thonneur de la nation doivent seuls inspirer le Parlement; or, celle-là et ceux-ci sont indépendants des écrits venimeux. Si ces articles sont pure calomnie le peuple en fait vite justice et, s'ils sont mérités, le mieux est de se taire et s'en tenir à cet apophtegme de lord Coke, le rival politique de Bacon, qui, cherchant l'idéal d'un bon parlementaire disait : « 11 faut que le bon parlementaire soit comme l'éléphant! » L'éléphant, selon Coke, n'a pas de fiel! (Laboulaye, Histoire des États- Unis, t. III, p. 344).
Jean-Maurice MAZëT.
Paris, le 18 mai 1904.
Vu : Vu :
Le président de la thèse, Le Doyen,
E. GHAVEGRIN. GLASSON.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris^ L. LIARO.