‹ De la complicité intellectuelle et des délits d'opinion de la provocation etChapitre 16 sur 52 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

PROPAGATION DE CES DOCTRINES ET DE CES VIOLENCES PAR LA PRESSE ET LES MOYENS DE DIFFUSION ACTUELS.

On ne se rend pas assez compte des conditions modernes de la divulgation, de la propagation de la pensée.

En 1600, rimprimerie était encore dans son enfance en France.

En 1673, il n'existait que deux gazettes et deux gazetiers, et leurs feuilles ne s'occupaient pas de ce que nous appelons aujourd'hui les questions politiques et sociales.

Jadis, les réflexions moroses des auteurs enclins au pessimisme restaient consignées dans leurs livres d'un débit fort rare; elles n'avaient qu'une action indirecte et surtout très lointaine sur l'opinion publique.

Aujourd'hui, les conditions de la divulgation, de la propagation des écrits ont absolument changé. L'imprimerie s'est développée étonnamment, la presse a pris un développement tout à fait prodigieux. Par le colportage devenu libre, on assiste à une diflTusion vraiment fantastique. Les journaux à 5 centimes tirent à des centaines de mille exemplaires; les feuilletons, livraisons à bon marché, pullulent; les affiches provoquent, les kiosques retiennent les regards. Il se publie à Paris, par an, mille six cent cinquante journaux et revues périodiques; sur le nombre, il y en a bien deux cent cinquante qui se livrent à la triste besogne que nous venons de décrire. A dix personnes par journal ou revue de cette espèce, cela forme un effectif de deux mille cinq cents écrivains, sans compter la province.

Qu'on ajoute à cela les réunions, les cercles d'études sociales, les bourses du travail, les syndicats, les chemins de fer, le service militaire qui arrache les paysans à leur foyer, les grands centres industriels, et l'on aura l'idée de l'ébuUition produite.

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