‹ De La Conduite A Tenir dans les Plaies Thoraco-AbdominalesChapitre 12 sur 32 · CS · texte numérisé non relu

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On se demandait encore : Faut-il fermer ?

Depuis Guy pe CuauLrac, on discute. Ambroise Paré et CHassarGNAC laissent ouvert. VALENTIN, DUPUYTREN, Larrey ferment. |

Howarp ferme toutes les plaies de poitrine, dans la guerre d'Amérique — mais pas de succès, par défaut d’antisepsie.

On injecte du vin, de l’eau miellée, de la teinture d’iode.

Puis arrive l’antisepsie.

Dans leur travail: De la conduite du chirurgien dans les cas de plaies pénétrantes de poitrine par arme blanche(1), Huaugr et PÉRAIRE conseillent d'intervenir le moins possible.

Lucas-CHAMPiONNIÈRE (2) fait remarquer : «au contraire de ce qui se passe pour les plaies de l'abdomen, pour

lesquelles la tendance à l'intervention est de plus en plus

marquée, il faut être pour la poitrine extraordinairement réservé. Non seulement il n’y a pas lieu d'intervenir dans l'immense majorité des cas, mais il faut éviter au patient les moindres mouvements. »

Rien que les déplacements pour pratiquer l’ausculta- : tion peuvent être funestes au sujet qui vient d’être frappé, et il doit étre examiné avec une extrême discrétion.

Cela est vrai des plaies par arme blanche et des plaies par arme à feu. Ceci soit dit, bien entendu, des plaies par balles de revolver, telles qu’on les observe surtout dans les hôpitaux.

(1) Revue de chirurgie, 1895.

(2) Académie de médecine, mai 1899.

CROIRE du

Dans les plaies de poitrine ayant déterminé de grandes hémorragies à évolution rapide et menaçante, il ya infiniment plus de chances de guérison d'abandonner le malade à lui-même dans un repos absolu, que d’intervenir par une opération.

DeLorMe (1) répond : s’il y a hémorragie abondante, il faut aller droit au vaisseau, en pratiquant à la paroi du thorax une brèche plus ou moins étendue.

Les cas malheureux d'intervention pour plaies de poitrine sont dus au retard apporté à ces interventions.

On se demande, en effet,en quoi une incision intercostale un peu étendue, une résection d’une ou plusieurs côtes, faites rapidement, peuvent être considérées comme susceptibles d’aggraver notablement l’état d'un blessé.

En quoi et pourquoi une thoracotomie, quand lethorax est déjà ouvert, serait-elle plus dangereuse qu’unelaparotomie ? Et DELoRME persiste à croire que l'intervention chirurgicale est préférable à l’immobilisation.

Personnellement,nous nous rangeons à l'opinion de De- LORME,etnous ne voyons pas {rès bien pourquoi il faudrait laisser un malade sans le bénéfice de l'intervention, sous prétexte que sa plaie est thoracique. Dans la lutte contre le couteau aveugle de l’assassin, le malade succombera si le chirurgien pose les armes et ne va pas se rendre compte et réparer une à une les lésions. Objecter qu’il y a des blessés qui guérissent seuls, c’est dire qu’on a tort

(1) Académie de médec., juin 1899.

d'opérer l’appendicite, puisque les cas de guérison spontanée ne sont point rares.

. Ce qui tue, c’est l'hémorragie ou l'infection des séreuses par un viscère lésé ; le repos, c’est la mort ! il faut courir au secours du blessé!

Lisons le traitement des plaies du diaphragme dans le Dictionnaire de Jaccoup (tome XII, p. 361), article d’Ar-

mand Després. «Il faut tenir les malades dans la position

suivante : le thorax un peu élevé par des coussins, de façon que le poids des viscères s'oppose le plus possible à leur pénétration dans le thorax; les cuisses fléchies sur

le bassin devront être maintenues dans cette position,afin

de relâcher le plus possible les muscles de l’abdomen; le

malade évitera de parler et de faire aucun effort. » Voilà tout le traitement! Et cependant, même s’il n’y

avait pas d’hémorragie, même si aucun viscère n'était

sectionné, il faut savoir que le diaphragme guérit diffi-

cilement seul à cause de l’écartement des lèvres dela plaie,

de sa mobilité, de la présence presque fatale de la hernie.

CRuvEILHIER affirme même que les plaies du diaphragme

ne se cicatrisent pas spontanément et qu’elles se trans-

forment en anneaux fibreux: c’est aller trop loin. Percy

est du même avis.

R£éperro a fait des expériences sur le chien. Il fait des plaies diaphragmatiques. Quelque temps après, ilsacrifie l'animal. Trois fois le diaphragme est cicatrisé sans adhé-

rence abdominale ou thoracique ; 3 fois il trouve des ori- fices donnant passage à des organes abdominaux.

Beare, dans une observation (intéressante aussi à un

autre point de vue), a trouvé dans un abcès situé entre la face supérieure du foie et la voûte diaphragmatique,deux

fragments de poumon qui avaient été séparés de cetorgane par la constriclion résultant dela cicatrisation d’une plaie du diaphragme à travers lequel le poumon s’était hernié ; la communication entre la plèvre et le péritoine s'était donc oblitérée.

La cicatrisation des plaies du diaphragme est donc possible. Mais il reste là un point faible qui peut céder ultérieurement et donner lieu à une hernie.

Il ne suffit pas en effet de survivre, il faut voir à quel prix on échappe à la mort.

Percy est d'avis que, quand la Crevasse du diaphragme netue pas sur-le-champ, elle donne naissance à des infirmités pires que lamort : constipalion opiniâtre, angoisse habituelle,syncopes fréquentes,vomissements journaliers, douleurs de poitrine, de larégion épigastrique, coliques, etc.

BarrHouin et BECKER nous retracent le même tableau,

la même vie misérable jusqu’au jour où les malades succombent d’étranglement herniaire.

D'ailleurs, lisons l’histoire des plaies thoraco-abdominales traitées médicalement.

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