CHAPITRE II OBSERVATIONS
OBSERVATION I. — Plaiethoraco-abdominale. — Pas d’intervention. — Huit mois après, mort de hernie étranglée.
Ambroise Paré nous parle, dans ses mémoires, d'un capitaine qui, pendant un siège, fut blessé par une balle traversant l’appendice xyphoïde et le diaphragme.
Le capitaine souffrit pendant huit mois.
Autopsie. — A l’autopsie, on trouva le gros intestin engagé dans le thorax où il avait pénétré par une plaie du diaphragme permettant tout au plus le passage du petit doigt.
OBSERvATION II. — Plaie thoraco-abdominale. — Pas d’intervention. — Hernie consécutive.
Brancaoëlo (D’après Jahresbericht Virchouw, 1883, t. IT).
Trois plaies pénétrantes de poitrine. Coup de couteau. Pas d’intervention. Guérison.
Trois mois après, hernie diaphragmatique diagnostiquée et vérifiée à l’autopsie, après décès dans une attaque d’apoplexie.
OBSERvATION III. — Plaie thoraco-abdominale. — Pas d’intervention. — Hernie consécutive.
Cuervo x SERRANO (Gaz. med. Ilal. Lomb., n° 23).
. Un nègre vigoureux fut atteint dans le 6° espace intercostal gauche, sur la ligne axillaire antérieure, d’une plaie pénétrante de poitrine — sur laquelle les renseignements manquent d’ailleurs. — Aussitôt sortit de la plaie une masse volumineuse, sanglante. Mort le 5e jour, après des vomissements incoercibles.
Autopsie.— A l’autopsie, hernie de l’estomac, du côlon transverse
À et du lobe gauche du foie.
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OBsERvATION IV. — Coup de couteau au niveau du 7° espace intercostal. — Traitement médical. — Mort 6 mois après. — Hernie diaphragmatique étranglée de l'estomac, du côlon et de l’épiploon.
Menpez (Bulletin Médical Argentin, 1890).
Homme de 23 ans qui a reçu, six mois avant d'entrer à l’hôpital, un coup de couteau dans le côté gauche, 7° espace intercostal, au niveau de la ligne axillaire. Entré à l'hôpital Saint-Roque le 8 mai 1890. Vomissements fréquents, constipation et anorexie.Traitement médical. Les symptômes s’aggravent. Mort le 25 du même mois.
Autopsie. -— Hernie diaphragmatique volumineuse dans la cavité pleurale gauche, qui comprime le poumon correspondant qu’elle a transformé en une languette large de 2 centimètres, ainsi que le cœur qui se trouve dévié à droite.
La hernie était formée par l’estomac,le côlon transverse et latota-
lité du grand épiploon.
L’estomac distendu par les gaz avait effectué une rotation considérable, sa grande courbure était en relation avec la paroi thoracique, la clavicule et le médiastin. Tous les ‘organes avaient pénétré dans la cavité pleurale à travers une solution de continuité du diaphragme, de forme ovoïde, de 8 centimètres de large et située à 6 centimètres du bord gauche du cenire phrénique.
OBsERvATION V. — Coup de couteau dans le 7° espace intercostalgauche. — Six mois après, mort. — Hernie étranglée de l’épiploon et du côlon transverse.
: Menpez (Revue de la Société médicale argentine)
Il s’agit d’un homme de 32 ans qui a reçu, 6 mois avant d’entrer à l’hôpital,un coup de couteau dans le 7° espace intercostal gauche, au delà de la ligne axillaire.
À son entrée à l’hôpital, il présente tous les signes d’une occlusion intestinaleet le diagnostic porté fut celui dehernie diaphragmatique avec occlusion intestinale, Mort le 13 mars.
Autopsie.— Volumineuse hernie diaphragmatique quioceupe la -
cavité pleurale gauche et qui a refoulé le poumon correspondant.
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Cette hernie était formée : 1° par le grand épiploon à sa partie antérieure, congestionné et œdématié ;
2° Une grande partie du côlon transverse, de couleur rouge violacé et présentant un notable degré d’injection sanguine. Le côlon seul est distendu par les gaz.
La hernie a été produite par une plaie du diaphragme située sur le bord gauche du centre phrénique : l’épiploon hernié avait contracté des adhérences partielles avec les bords del’orifice diaphragmatique.
L’estomac se trouvait appliqué contre la voûte du diaphragme, de telle sorte que son bord postérieur regardait en avant.
OBSERVATION VI. — Plaie du thorax. — Hernie épiploïque. — Résection de l’épiploon. — Suture de la paroi. — Un an
après, hernie stomacale.
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Homme de 34 ans qui, pour se suicider, s’est donné plusieurs coups de couteau dans l’hypocondre gauche. On a fait la suture de ces plaies. Une d’elles, située dansle7‘espaceintercostal gauche, près de la ligne mamelonnaire, a donné issue à un fragment d’épiploonirréductible que l’on a réséqué. Pas de pneumothorax, pas de signes d’inflammation de la plèvre et du péritoine. Guérison rapide.
Le malade est revu un an après : la cicatrice de la plaie par où faisait hernie l’épiploon est soulevée par une tumeur aplatie qui s'étend verticalement de la 6° à la 7e côteet horizontalement de la ligne mamelonnaire à 11 centimètres en arrière de cette ligne.
A chaque effort de toux, latumeur se distend dans tous les sens et est sonore à la percussion. La réduction s’opère facilement avec gargouillement, à l'exception d’une petite portion pâteuse qui reste adhérente à la paroi thoracique, au niveau de la partie interne du 7e espace intercostal.
De plus, au niveau du 6° espace intercostal, existe une autre cicatrice qui est également soulevée par les efforts de toux.
La hernie parait être formée aux dépens de la face antérieure de l'estomac.
D'ailleurs il n’existe aucun trouble respiratoire ou digestif.