‹ De la conduite de la guerreChapitre 35 sur 64 · REPRISE DE LA MARCHE A LA MOSELLE · texte numérisé non relu

REPRISE DE LA MARCHE A LA MOSELLE

r* armée,

IP armée.

12 août

Les ordres donnés dans la soirée du 1 1 s'exécutent sans difficulté, dans la journée du 12; ils amènent :

/ La 3^ division de cavalerie à Be'tange, Le I" corps à Boulay, Halling, Le VIP corps à Marange, Le VHP corps à Boucheporn, en

deuxième ligne, La r* division de cavalerie à Fou-

Le IIP corps à Faulquemont,

Le X^ corps è Landroff, avant-garde (')

à Delme, La Garde à Morhange, Le IV^ corps à Munster, Le IX^ corps à Saint-Avold, avantgarde à Longeville, Le XIP corps à Barst, La brigade Barby à Remilly, La brigade Redern à Raucouri, La brigade Bredow aux environs de

Dieuze, Division de cavalerie de la Garde à Oron.

(') Ordre du 12 août, 4*^30 soir.

12 août REPRISE DE LA MARCHE A LA MOSELLE 267

Mais pendant que ces mouvements s'exécutaient, « la cavalerie transmettait de nouveaux rapports, dont le contenu paraissait d'autant plus étrange (') qu'il impliquait une nouvelle modification dans les plans de l'adversaire. Tandis que, le 10 août, on l'avait vu s'établir sérieusement derrière la Nied française et reporter ses troupes en avant de Metz, depuis le ii, au contraire, on constatait, sur tout le front de la I'^ armée et du IIP corps, des mouvements rétrogrades vers la place (^) ».

Dès le II, en effet, une reconnaissance d'officier de la V^ armée {^) arrivée à Pontigny, à 2'' 45, avait fait savoir que la Nied était évacuée entre Pontigny et Northen; les hauteurs en arrière n'étaient plus occupées; un camp établi à Northen et évalué à 5o.ooo hommes la veille était levé. Ce renseignement parvenait télégraphiquement au Grand Quartier Général le 1 1 à S*" 45 du soir. Au moment donc où Moltke venait de lancer son ordre pour la concentration devant la Nied, la situation était changée, cet ordre *n'y répondait plus.

Le même jour, 1 1 également, une autre reconnaissance d'officier ('^), jelée en avant par la 3^ division de cavalerie, remarquait, dès 5 heures du matin, qu'un camp de 4o-<^oo hommes environ, établi aux Étangs, abattait ses tentes. « A l'ouest de la Nied française, les routes de Saint-Avold et de Boulay à Metz étaient couvertes de colonnes profondes de toutes armes se dirigeant vers la place ; la reconnaissance les suivait au delà dçs Etangs et, à ii''3o du matin, elle voyait l'arrière-garde ennemie faire halte à BelJecroix, au

(') Tout parait bientôt étrange quand on raisonne au lieu et place de l'adversaire.

(*) Guerre franco-allemande, par l'État-major prussien. (5) Lieutenant Asseburg, de la i3« division d'infanterie. (4) Capitaine de Hymen, du b^ uhlans.

2 08 LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE 12 aOÛt

point de jonclion des deux roules. L-^s autres renseignements étaient également conçus dans le même sens ('). »

Le lendemain la, la reconnaissance dépassait Bellecroix et apercevait de nombreux campements français qui semblaient s'étendre jusque sous les murs de Metz.

On voyait également d'importants rassemblements français à l'ouest de Puche (r^ division de cavalerie), à l'ouest de Laquenexy et de Coincy (6^ division), aux environs de Grigy et de Borny (6* division^.

En avant de l'aile gauche au contraire, les reconnaissances signalaient que le pays était libre entre Moyenvic et Nancy. On avait trouvé Nancy, Dieulouard, Pont-à-Mo usson inoccupés. Il en était de même, devant l'aile droite, entre la Nied et la Moselle.

De l'ensemble des renseignements recueillis, et en partie vieux de la veille, « il résultait que les Français avaient abandonné de nouveau la position à l'ouest de la Nied qu'ils avaient prise et même partiellement fortifiée peu avant; que cependant ils se trouvaient encore en masses considérables à l'est de Metz, mais que le pays au-dessus de cette place et jusqu'à la Moselle était au contraire complètement dégagé et que les principaux points de passage de la rivière n'étaient même pas gardés (') ».

Voilà bien une nouvelle situation qui fait tomber dans le vide tous les projets de la veille. Gommenl va-t-elle être interprétée?

Au quartier général de la IP armée, « on était près de penser que l'ennemi exécuterait seulement un changement de rive, s'établirait sur la rive gauche de la Moselle et utiliserait Metz comme tête de pont if) ». Mais comme la cava-

(') Guerre franco-allemande, par l'État-major prus&ien. (^) Vos DER GoLTZ, Op 'rations de la Ih armée.

J2 août REPRISE DE LA MARCHE A LA MOSELLE 25()

lerie faisait savoir que les ponts de la Moselle étaient intacts notamment à Dieuloiiard, « ces nouvelles contredisaient la supposition précédemment émise. Pour y voir clair, il parut nécessaire d'envoyer, aussi vite que possible, de grandes masses de cavalerie sur le plateau entre la Moselle et la Meuse. Le général Voigts-Rhetz reçut donc, le 12 août à 2 heures du soir, l'ordre de confier cette importante mission à la cavalerie du général dç Rheinbaben. Dès lors la 5^ division de cavalerie dut être réunie en entier...

« Le général de Rheinbaben devait se retirer immédiatement sur Pont-à-Mousson et Dieulouard, et le lendemain matin i3 août, de bonne heure, une division d'infanterie du X^ corps, avec l'équipage de pont léger, devait le suivre par Delme sur Pont-à-Mousson ('). »

Au Grand Quartier Général l'opinion est autre; ce n'est pas d'une simple reconnaissance sur la rive gauche de la Moselle qu'il s'agit, mais aussi de l'occupation des points de passage de la rivière. « D'après la situation reconnue, on estimait que la première mesure à prendre était de faire avancer vivement les têtes de colonne de la IP armée, afin de s'assurer de l'importante ligne de la Moselle avant que les reconnaissances de la cavalerie allemande ne vinssent donner à l'ennemi l'idée de l'occuper de nouveau. »

A cet effet, dès l'après-midi du 12, l'ordre était envoyé à la 19* division, du X* corps, de continuer jusqu'à Delme, où elle bivouaquait à minuit.

Les rapports des deux commandants en chef, reçus à Saint-Avold « dans l'après-midi, déterminaient le Grand Quartier Général à profiter sans délai des circonstances favorables offertes par la situation actuelle ».

(') Von der Goltz, Opérations de la II^ armée.

2(30 LA MANŒUVRe POUR LA BATAILLE aOÛt 2/

A 4'' 3o du soir, l'ordre suivant est donc expédié aux trois armées :

Saint-Avold, 12 août, 4'' 3o soir.

«i Autant que les renseignements recueillis permettent d'en juger, la masse principale des forces ennemies se relire par Metz, au delà de la Moselle.

« Sa Majesté ordonne ce qui suit :

La I'^ armée se portera, demain i3 août, sur la Nied française : le gros sur la ligne Les Etangs, Fange, et fera occuper la gare de Gourcelles; la cavalerie poussera des reconnaissances sur Metz et franchira la Moselle en aval. La L^ armée couvrira ainsi la droite de la IP,

« La IP armée gagnera la ligne Buchy, Château-Salins, placera ^ses avant-postes sur la Seille et cherchera à s'assurer, si cela est possible, des ponts de la Moselle à Pont-à- Mousson, Dieulouard, Marbache, etc.. La cavalerie fera des reconnaissances au delà de la Moselle.

(( La IIP armée continuera son mouvement vers la ligne Nancy, Luné ville ('). y>

Gomme on le voit, Moltke sitôt délivré de la menace qui a momentanément interrompu sa manœuvre de la Moselle la reprend sans plus d'information, dût-il pour cela créer de nouveaux dangers.

C'est bien d'ailleurs tout ce 'qu'il y a à faire, pense-t-il, car « la masse principale des forces ennemies se retire par Metz au delà de la Moselle ». A l'inverse de Frédéric- Charles, qui, ne comprenant pas l'altitude de l'adversaire, conclut tout d'abord à la nécessité d'une forte reconnaissance de cavalerie sur le plateau entre la Moselle et la

(') Guerre franco-allemande, par l'Etat-major prussien,

12 août REPRISE DE LA MARCHE A LA MOSELLE 26 1

Meuse, Moltke voit sans vérification l'ennemi abonder dans le sens de son hypothèse et conclut tout d'abord à s'assurer l'importante ligne de la Moselle, idée contestablement juste, car, si cette ligne n'est pas enlevée par surprise, c'est par une bataille qu'il faudra l'avoir : en poussant pour cela les têtes de colonne de la IP armée à Pont-à-Mousson, Dieulouard, Marbache, etc., moyen très discutable, car sans aucune certitude, c'est la manœuvre par une aile qui recommence comme à Rohrbach, brisant le dispositif des forces en deux tronçons, même en trois (avec la IIP armée).

Les justifications fournies par Moltke à cet ordre appellent l'attention; après avoir étabh la situation qui va résuUer de son exécution, il envisage les trois hypothèses les plus dangereuses, pense-t-il.

i) « Cet ordre amenait la P^ armée directement sur Metz ; le général de Steinmetz devait donc prévoir le cas où l'adversaire qui lui faisait face à i5 kilomètres à peine, l'attaquerait avec des forces peut-être très supérieures. Toutefois, la Nied formait dans cette éventualité une bonne position défensive, et, en supposant même que la I'^ armée dût reculer, il suffisait à la IP armée de faire front pour arrêter net la poursuite de l'ennemi. »

L'argumentation est discutable. Le premier obstacle opposé à une attaque française est celui de la Nied; encore fallait-il pour en tirer tout le parti possible, étant connue l'infériorité numérique de la I'^ armée, qu'il fût organisé, fortifié : rien de tel n'est prescrit. D'ailleurs, pense-t-on, si la P^ armée est forcée de reculer, la IP en faisant front est en état d'arrêter net la poursuite. Or, si la P^ armée recule après avoir défendu la Nied, c'est qu'elle est battue. Un pareil résultat est inacceptable de parti pris. Quant à la IP armée, elle pourra bien arrêter la poursuite par un changemant de front, mais pas de sitôt; le changement de front

2C2 LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE 12 aOÙl

devant la Nied exigeait quatre jours, du ii au î5. Celui de la Moselle eût été au moins aussi long. Comment cette armée se serait-elle ensuite comportée devant un adversaire victorieux, réduite pour plusieurs jours à ses propres forces ?

Mais la situation des armées allemandes est encore plus grave, si les Français attendent pour assaillir la P^ armée que la IP ait passé la Moselle. La F* est bien alors réduite à ses propres forces, et l'on se demande, d'autre part, quel est le sorJL réservé, dans ce cas, à la IP dont les communications sont coupées et qui ne va trouver que des détachements ennemis sur la rive gauche de la Moselle.

2) « D'autre pari, le déploiement de la T* armée sur la Nied assurait la IP armée, qui s'avançait sur un large front vers les ponts de la Moselle, contre toute entreprise des Français sur la rive droite, car la P* armée pouvait passer immédiatement à l'offensive, si l'ennemi se hasardait à défiler devant son front pour marcher vers le sud ('). »

La combinaison paraît indiscutable, à la condition absolue, toutefois, qu'il fût prescrit à la P^ armée de surveiller activement l'adversaire et de préparer contre lui une puissante offensive.

De ce qui précède il résulte donc que la I" armée devait à la fois organiser puissamment la défense de la Nied et se tenir prête à agir offensivement sans délai, le cas échéant; sans ce double rôle que Moltke ne lui indique en aucune façon, la manœuvre présentait une forte lacune que la suite des événements montrera surabondamment.

3° « Si, au contraire, les Français traversant Metz remontaient la rive gauche à la rencontre de la IP armée, celle-ci

(0 Guerre franco-allemande, par l'État-ranjor prussien.

12 août REPRISE DE LA MARCHE A LA MOSELLE 203

pouvait en cas de nécessité se replier sur l'armée du Prince Royal, tandis que la I'* armée, laissant des troupes en observation devant Metz, serait en position de franchir la Moselle au-dessus et dans le voisinage de la place, et de se porter sur les derrières de l'adversaire. »

L'argumentation est faible en tout point. Car enfin lancer la IP armée, la plus forte, sur la rive gauche pour entrevoir qu'elle aura à se replier si l'adversaire agit, c'est bien avouer qu'elle est trop faible devant un ennemi résolu, qu'elle n'est certaine d'échapper à la défaite que par l'inaction de celui-ci ; au total, qu'il est imprudent d'aborder la rive gauche de la Moselle avec une seule armée sur trois, ce qui est la vérité. Quant à la perche de salut, la IIP armée, qu'on lui tend pour mettre fin à un succès de l'ennemi, elle est à quatre ou cinq jours de marche en arrière ; le i3, elle atteindra, seulement avec ses premières troupes, Loudrefing, Azoudange, Avricourt et Repaix (près Blâmont); la suite des événements montrera qu'on ne peut l'appeler en deux jours à la grande bataille ; la IP armée a donc largement le temps d'être battue seule, plusieurs fois, sur la rive gauche, avant de recevoir aucun secours de la HP. Le secours de la P^ armée, « franchissant la Moselle au-dessus et dans le voisinage de la place, et se portant sur les derrières de l'adversaire », est au moins aussi problématique. La partie entreprise sur la rive gauche de la Moselle est donc par organisation très risquée. Elle ne peut réussir que dans le cas de l'immobilité complète de l'adversaire.

Tels sont, une fois de plus, les résultats que l'on doit attendre de cette manœuvre du gros des forces, demandant la sûreté de la troupe d'attaque (IP armée) aux organes voisins du corps de bataille (P= et IP armées) ; ils ne peuvent la fournir en raison des dislances et par le fait qu'ils ne sont ni disposés ni organisés pour cela.

2G4 LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE 12 ttOÛt

Si nous rapprochons également l'ordre de Moltke du 1 2 au soir, ceux qu'il a donnés le 9 à la Sarre et le 11 devant la Nied, nous constatons que :

Le 9, devant un ennemi battu et perdu de vue, il commande aux armées ;

Le 1 1 , devant un adversaire brusquement découvert à faible dislance, il commande des corps d'armée;

Le 12, devant l'ennemi en retraite, il reprend le commandement des armées.

Cette constatation, qui se représentera, montre bien l'impossibilité de sa part de mener son groupe d'armées devant un adversaire dont il faut tenir compte, parce qu'il n'a ni le temps (possibilité matérielle), ni la sûreté voulue (possibilité tactique) pour changer son dispositif de marche en dispositif d'attaque, le conduire en particuher.

Quoi qu'il en soit, les instructions du Grand Quartier Général recevaient un commencement d'exécution de la IP armée le 12 au soir: elle avançait sur Pont-à-Mousson et Dieulouard, la 5° division de cavalerie suivie de la 19^ division d'infanterie (à Delme le 12, à Pont-à-Mousson le i3), pour s'assurer la possession du point important de Pont-à- Mousson, c( puis s'avancer entre la Moselle et la Meuse dans la direction du nord jusque vers la route Metz, Verdun, afin de voir bientôt clairement si l'ennemi se retirait de Metz sur cette route.

« Pendant ce temps, la 6' division de cavalerie devait se porter aussi vite que possible, avec son aile gauche au delà de la Scille, en amont de Metz, vers la Moselle, afin d'observer de là les routes conduisant de Metz vers l'ouest, et d'assurer tout le mouvement en question contre la forteresse... On communiquait ces dispositions à la T" armée. On supposait qu'elle opérait de la même manière, avec sa

l3 août REPRISE DE LA MARCHE A LA MOSELLE 205

cavalerie en aval de Metz, et on avait l'espoir d'entraver ainsi les intentions de l'ennemi ('). d

Les escadrons de la 5^ division de cavalerie atteignaient le soir même la Moselle à Frouard où ils occupaient la voie ferrée ; à Pont-à-Mousson, où ils étaient surpris par la cavalerie française du général Margueritte.

13 août

Les mouvements dans cette journée s'effectuaient conformément aux ordres donnés par les commandants d'armée, en exécution de l'instruction du Grand Quartier Général de Saint-Avold, 12 août, [\^Zo du soir.

A RMEE

VII* et 1" corps l VII^ entre Courcelies et Pange, se portaient \ \" entre Courcelies -Ghaussy et

sur la Nied française : ' Landonvillers ;

VHP corps en réserve sur la Nied allemande, entre Bienville et Varize;

1'* division de cavalerie à l'aile gauche entre Orny et Mécleuves;

3^ division de cavalerie à l'aile droite à Argancy;

Quartier général de l'armée : Varize.

Les deux premiers corps et les divisions de cavalerie devaient avancer des avant-gardes vers Metz; la IIP division, des détachements au delà de la Moselle, en aval de Metz.

On visait à faire passer cette division de la même façon sur la rive gauche, a pour isoler la place ainsi que les troupes qui y seraient restées et obtenir de précieux renseignements sur le point où se serait arrêté le gros des forces ennemies.

(■") Von der Goltz, Historique de la //« armée.

266 LA MANŒUVHE POUR LA BATAILLE j3 aOÙt

« Contre toute attente ('), après avoir reculé jusqu'à Metz^ l'ennemi ne paraissait pas vouloir aller plus loin ; au contraire, il reportait vers l'est une partie des forces restées sur la rive droite, et que l'on avait d'abord ramenées jusque sous les forts ('). »

On avait trouvé occupés, le 12, les villages en avant de Flanville ; à hauteur de celte localité et de Goincy, il y avait de grands camps des deux côtés de la route, « les indices pouvaient faire présager chez l'ennemi l'intention de reprendre l'offensive avec Metz pour point de départ; dans ce cas, comme la V^ armée avait ordre de marcher jusqu'à la Nied française, on devait nécessairement prévoir une bataille. Cependant, comme l'ennemi ne prolongeait pas son mouvement, la P* armée atteignit sans combat la position qui lui avait été assignée ».

A 2 heures du soir^ Sleinmetz, de son quartier général de Varize, en faisant connaître ces faits au Grand Quartier Général, ajoutait que « l'on voyait des camps ennemis à Servigny, sur les hauteurs de Borny, et dans le voisinage de Metz ; qu'on avait trouvé occupés les villages de Nouilly, Mey, Vantoux; il semblait donc que l'ennemi voulût défendre la position prise en arrière des deux ruisseaux qui se réunissent au-dessous de Vantoux ».

Les renseignements parvenus dans la soirée étaient de même nature. Il y avait un grand camp à Mercy-lès-Metz, un bivouac à Jury, des troupes à Ghesny, un autre camp important en deçà du bois de Grimont ; un autre moindre à Ghieulles ; des avant-postes sur la ligne Failly, Poix, Servigny. Ces renseignements étaient communiqués au Grand Quartier Général.

(") Lire : « Coatrairement à l'hypothèse de Mollke qui a vu la masse principale des Français se retirant sur Metz au delà de la Moselle. » (^) Von Schell, Opérations de la b^ armée.

l3 août REPRISE DE LA MARCHE A LA MOSELLE 267

Entre temps d'ailleurs, le chef d'état-major de la I'^ armée, général de Sperling, intrigué dès le matin par l'attitude reconnue, chez l'adversaire, et « voulant obtenir des renseignements précis, était parti de Laquenexy et, passant par Flan ville, s'était porté jusqu'à la ligne des extrêmes avant-postes à Retonfey ; il rendait compte qu'à ii heures du matin Ars-Laquenexy n'était pas occupé, mais qu'à midi l'ennemi y avait envoyé de l'infanterie. Le général von der Goltz, commandant l'avant-garde du VIP corps à Laquenexy, fit occuper par deux bataillons les bois entre Ars-Laquenexy et Laquenexy. Les vedettes du I" corps, placées au bord de la route sur la hauteur au delà de Flanville, ne purent découvrir un camp qui avait été signalé à Coincy; de ce côté, les extrêmes avant-postes d'infanterie ennemie occupaient la ligne Coincy, Flanville, château de Gras; il y avait un escadron à Noisseville. De ce qu'il avait vu par lui-même le général de Sperling tira la conclusion qu'il n'y avait pas, en deçà de Metz, de masses ennemies assez fortes pour agir offensivement, car sans cela l'ennêtni n'aurait pas pu souffrir que nos avant-postes vinssent s'établir jusque sous son nez (') ».

Cette conclusion déduite logiquement de l'attitude de l'adversaire était contraire à la réalité, comme on le sait. Dans la journée du i3, la plus grande partie de l'armée française était encore sur la rive droite, en état par suite d'attaquer.

Page 1