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De la congestion cerebrale apoplectiforme dans ses rapports avec l'epilepsie

I. Déjà deux séances presf|nc loiil entières onl élc consacrées à la lecliirc cl à la discussion de l'œuvre de M. Trousseau, ayant pour titre : De la congestion cérébrale apoplectiforme dans ses rapports avec l'épilcpsie. Pourtant, à la fin de la dernière séance, après une seconde allocution dans laquelle, sur mes instances, notre collègue a bien voulu donner une définition de sa congestion cérébrale apoplectifornic, un meiobrc éininent de cette Académie, auquel on ne reprochera certes point (le manquer de perspicacité, M. le professeur Malgaigne, demandait à M. Trousseau une explication plus satisfaisante sur cette malencontreuse congestion.

On l'a dit avec raison : Nonomnia posswnus omnes-. Un autre a dit, il est vrai, avec son style superbe et un orgueil national digne d'admiration, que le mot impossible n'était pas français, mais cet aphorisme napoléonien ne doit pas être pris à la lettre comme un décret impérial ou bien un article d'évangile. Nous conviendrons volontiers aussi que, s'il élail donné à quelqu'un de faire mentir la sentence : Non omnia possimus omnes, plus que tout autre, iVJ. Trousseau pourrait revendiquer un si beaM privilège. Mais, (|uelqnc privilégié que soit notre collègue, il n'a pas encore conquis le don de

l'infaillibilité, cl, sans porter alleinfp cpc u

Armantes qualités, il noîs sera

qu .1 lui arme quelquefois de se tromper con.me ^ , !

rnortel. J'ajouterai qu'on peut lui reproche c a^^^ ^^

e jouer un peu trop des règles et des lois de' la logiq e d la ph.losoph.e en général, et de la logique et de ph.e médicales en particulier, ce qui 1' ve a d,." moms j'a.me à le croire, si nous avions ici ùn ec «; d Ph. osoph.e médicale, qui ne manquerait pas de e rap e e, I ordre, dans l'occasion. Or, dans la note sur laquelle la scuss.on est ouver.e, M. Trousseau a, de prime-\b d n ché

" d'u.:: ^"f^ ^'"^ '«Sic,ue,%n ne défiiwssa pas d une manière claire et précise, cerlaines expressions et certains étals morbides, qui en avaient grand besoin. Certes si les mois apoplexie, congestion apopiectiforme, épilepsie' elonnemenl cérébral, impatience cérébrale, etc. et les états morbides qu'ils désignent, eussent été nettement déterminés cela aurait singulièrement simpli/ié, facilité et abrégé la discussion. °

II. M. Trousseau nous a-t-il au moins appris quelque chose de nouveau sur la congestion cérébrale qu'il appelle apopiecliforme et sur celle à laquelle il ne donne pas ce no.n^ Je vous le demande à tous, messieurs. Comme M. 3Ialgai-ne vous désirez, sans doute, un supplément d'instruction supplément que nul plus que lui ne serait habile à nous donner et qu'il ne nous refusera pas, j'aime à l'espérer. C'est peu que la noie et le discours ne nous aient pas fourni dé nouvelles lumières sur les différentes espèces de congestion cérébraleils ont eu de plus le triste avantage d'embrouiller en quelque sorte toutes nos idées à ce sujet. En effet, messieurs, avant que M. Trou.sseau n'eût fait passer devant nos yeux son espèce de fantôme de la congestion cérébrale apoplectiforme dans ses rapports avec l'épilepsie, ce mal, qui, lui aussi, répand la terreur, qui de nous ne croyait suffisamment connaître la congestion cérébrale, telle qu'elle existe réellement, et aurait même songé à demander sérieusement des explica-

tious sur cet état morbide, qui se rencontre si souvent, sous l'influence de causes parfaitement déterminées, et dans les conditions les plus diverses?

Permettez-moi, messieurs, quelques considérations sur cette matière. Ainsi que le mot lui-même l'indique, une congestion sanguine du cerveau consiste essentiellement en une augmentation de la quantité de sang que contient cet organe à l'état normal, état morbide que le mot hypérémie, créé par M. Andral, représente de la manière la plus heureuse, Cela posé, on peut ramener k deux grandes espèces la congestion cérébrale telle qu'on l'observe dans tant de cas différents, savoir la congestion cérébrale active, et la congestion cérébrale passive. Je m'explique sur ces mots (ï active et de passive. J'entends donc par congestion cérébrale active celle qui s'opère sous l'influence d'une sorte d'afflux ou de fluxion du sang, comme si ce liquide y était attiré par un aimant (si j'ai bonne mémoire, Bichat, bien avant moi, s'est servi de cette comparaison), phénomène vital que le divin vieillard a signalé dans les termes suivants : ubi stimulus, ubi fluxus. Je nomme, au contraire, congestion passive celle qui se produit par toute cause capable de s'opposer au libre retour vers le cœur du sang contenu dans le système veineux cérébral (on peut, avec M. Piorry, remplacer l'adjectif passive par une expression plus propre que celle-ci à représenter exactement l'espèce d' hypérémie qm nous occupe).

Voulez-vous maintenant, messieurs, que je vous signale quelques-uns des principaux cas dans lesquels on observe nos deux espèces de congestion sanguine ou d'hypérémie du cerveau? j'obéis. Voici un artiste, un poëte, un musicien, par exemple qui, doué du feu sacré, travaille avec ardeur, et qui, tout à coup, au milieu du génie, de l'inspiration qui l'agite, comme la sibylle de Virgile, peut s'écrier : Deus, ecce deus t Regardez-le bien : son visage s'anime et rougit; son œil brille, son regard étincelle, toutes les artères de sa tête battent avec une énergie inaccoutumée. Eh bien! ce que le visage vous présente n'est que l'image de ce qui se passe dans le cerveau lui-même. Or, cet état, cette sorte d'érection du cerveau n'est

vraiment autre chose que le premier degré ou l'un des premiers degrés de la congestion sanguine aciiuo du cerveau. Vous faut- .1 des exemples de degrés plus élevés de celte espèce de congestion.^ Voyez ce qui se passe chez un homme en proie à un violent accès de colère, chez un fanatique, chez un maniaque furieux, elal s, voisin de la colère ou de la fureur ordinaire pa.ssagere, quon a dit de cel le-ci qu'elle n'est ([u'un court accès de manie aiguë : ira furor brcvis est, comme on pourrait vice versa, dire que celledernière n'est qu'une violente colère prolongée. Quoi qu'il en soit, voilà des exemples bien évidents bien éclatants, et, si j'ose le dire, bien authentiques de congestion sanguine cérébrale ûc/ù-e à l'étal le plus simple.

Présentons maintenant des cas de congestion sanguine cérébrale/^.ssrye. Vous avez tous vu, messieurs, un nombre plus ou moins grand de ces malheureux atteints d'une affection chronique organique du cœur, dans laquelle un rétrécissement considérable de l'un des orifices auriculo-ventriculaires oppose un invincible obstacle au libre passage du sang veineux à travers ces orifices. Or, vous le savez, parmi les accidents qui signalent ce genre d'affection, se rangent la teinte violacée, bleuâtre et le gonflement de la face, des lèvres en \>^Y\,m\.\\\iiY {fades propria), la saillie et la lividité des yeux, la distension des veines jugulaires, etc., etc. Eh bien Tmessieurs, dans ce cas encore, la face est pour ainsi dire l'image, le miroir du cerveau, et vous avez devant vous un frappant exemple de congestion sanguine cérébrale /w.çsfyp. Au reste, rien n'est plus facile que de produire, en quelque sorte à vofonlé, une congestion de celle espèce, il suffit de faire un cObrl plus ou moins viotenl cl plus ou moins prolongé; et, puis(]ue je parle d'ellort, et ([ue je vois en ce momen't, non loin de moi, notre savanl collègue, M. Bourdon, je m'empresse de rap|)eler que c'est à lui que la science est redevable de la véritable théorie de rellorl (1). Avant ses belles et ingénieuses recherches, on ignorait le grand rôle (pic joue l'action des muscles constricteurs de la glotte dans le mécanisme de l'effort.

(1) Recherches sur lo lUKanismc do la rcsinratim ; Paris, 1820.

Grâce k M. Bourdon, qui ne sait que ^^.'i^^f']^ est une condition essentielle de la production de 1 effort de e le "orte, par exemple, que si l'on introdu.t dans la glotte "/inJune sonde par laquelle l'air puisse entrer et ^ortir librement, cet animal ne peut plus fa.re un effort Je lapn 11 Tci d'au ant plus volontiers la belle théorie decoure te rù n t e collègue que dans l'épilepsie bien caractérisée les 'virements convulsifs n'épargnant pas 1- muscles constricteurs de la glotte, il en résulte une constriction de celle-ci, cm'il faut prendre en très grande considération. ' M Trousseau lui-même a signalé dans sa note 1 espèce de congestion dont nous nous occupons ici. Mais, après 1 avoir signalée, il ajoute : « On croit avoir eu affaire a une congestion active lorsque, en fin de compte, il ne s'est agi que d une attaque d'éclampsie ou d'épilepsie. » En conscience, messieurs, quels sont les médecins, vraiment dignes de ce nom qui méritent le reproche d'avoir commis une pareille erreur? Un reproche qu'on pourrait adresser plus justement à M Trousseau, c'est d'avoir, au début du passage dans lequel il est question de celte congestion, écrit ces mots : .1 est, j en conviendrai, une forme convulsive qui peut en imposer pour une conaestion cérébrale. » Comment une forme convulsive pmielle en imposer, sérieusement parlant pour une congestion cérébrale^ Et pourquoi M. Trousseau , d'un autre côte, dit-il que cette forme convulsive peut en imposer pour une congestion cérébrale, lorsqu'il déclare lui-même, dans le cours de ce pas<^age qu'il Y a eu une énorme congestion? 11 n'y a donc point là, si Ton parle rigoureusement, une forme convulsive qui en impose pour une congestion cérébrale, mais une atta- (lue convulsive qui a bien eu pour elîel une véritable congestion cérébrale, ainsi que M. Trousseau finit par en convenir lui-même. Il échappe, en apparence, à la contradiction flagrante que nous signalons ici, en ajoutant qu'il s'agit d'une congestion passive et non d'une congestion active. Mais alors pounpioi, au lieu du mot congestion cérébrale, n'avoir pas tout de suite employé le mol congestion cé\éhrA\Q passive, savoir celle que tous les bons observateurs ont admise en pareil cas?

seau sous le „o,„ de cougeslL cérébr eC ^c" to™"'

reviendrons plus loin sur la définition proposée oar M Tm , seau etnous verrons alors que cet,e^rfi"uo7s-ap,' "

a une sorte d état ecchymotique du cerveau, c'est-à-dire à une espèce part.culière d'hé.orrhagie de la pulpe céréh^ " Pou, le moment, il ne nous reste plus qu'à comparer sous le pomt de vue de ses eiïets. la congestiol sanguine ci- d sus ecnte avec celle que M. Trousseau a nommée Igest cérébrale apoplectiforme. Or, vous n'avez pas oubl^n s s.eurs, que, selon l'éminent professeur, cette congestion u il admetlau ,1 y a quinze ans. il ne l'admet plus aujouïl J il lu. subst.tue (pour les cas où il l'admettait jadis).. qu;i ? une des plus effrayantes affections du cadre nosologique \epileime, puisqu'il faut l'appeler par son nom. Certes, mes' s.curs, la congestion que nous avons décrite comme étant ce le admise par tous les médecins (M. Trousseau excepté, s II le désire), diffère heui'eusement beaucoup, sous le piin de vue de ses eftets, de celle qu'il a considéi-ée dans ses rapports avec I ep.lepsie, surtout s'il s'agit particulièrement de a congestion du cerveau proprement dit (hén.isphèi-cs céréb.-aux). Pour le prouver, il suffit de rappeler que dans aucun des cas que nous avons signalés de congestion active ou passive du cerveau, on n'a rencontré ni la perle subite de connaissance, m les auli-es symptômes gravesdont pai-leiM. Trousseau, à propos de sa congestion cérébi-ale apoplectiforme dans

ses rapports avec répilepsic, phénomènes qu'il allribuc depuis quinze ans à cette dernière maladie (1).

IV De tout ce qui précède, faudrait-il conclure, messieurs, quclàcongeslioncérébraleordinaire, telle que nous laconnaissons tous, à l'inverse de la congestion cérébrale apoplectiforme dont M. Trousseau ne parle d'ailleurs aujourd hui que pour en nier l'existence, dans les termes que nous rapporterons textuellement plus bas, faudrait-il conclure, dis-je, que la congestion cérébrale proprement dite, quel que soit son degré, et quelle qu'en soit la cause, Be se lie par aucun rapport avec l'épilepsie? C'est là certainement une sérieuse question, bien digne de toute l'attention des praticiens, auxquels M. le professeur Trousseau aurait rendu l'un des plus signalés services, s'il leur en avait donné une exacte et complète solution. Nous avons le regret de dire qu'on chercherait vainement cette précieuse solution dans la note de M. le professeur Trousseau, qu'après ces réflexions préliminaires, nous allons discuter, avec tous les égards dus à son savant auteur. Notre unique objet est de montrer qu'il y a dans celte note des assertions et des doctrines qu'on ne saurait admettre dans toute leur teneur, sans s'exposer à commettre des erreurs plusou moins dangereuses, sous le double rapporldu diagnostic et de la thérapeutique. C'est précisément dans le même but, je me plais à le reconnaître, que M. Trousseau a composé sa note, ainsi qu'en témoigne la fin de cette note que, pour celte raison, et pour que tout le monde sache bien immédiatement de quoi il s'agit, je vais transcrire ici tout entière.

(1) J'insisle ici, et non sans motifs, sur la nécessité de ne pas confondre le cerveau proprement dit avec les autres centres nerveux , tels que le cervelet, la protubérance annulaire, la moelle allongée, etc. Effectivement, une seule et même affection étant donnée, ses effets, ses phénomènes varieront singulièrement selon qu'elle aura son siège dans tel ou tel des grands centres nerveux, de telle sorte, par exemple, que dans un cas on pourrait observer des phénomènes de manie aiguë, et dans l'autre des phénomènes d'épilepsie.

syncope, je dis que b.en souvent, les simples veriiLs énilen ques, que des vertiges liés à un mauvais état de j^o^^,' u ades maladies de l'oreille, sont considérés à or o ' des congestions de l'encéphale (1). ^ » Que si les propositions que j'ai cherché à défendre <;nnt vra.es, on .n'accordera que la lhé,-apeutique dev a moins IZ vent recour,r aux médications .évulsives et anti l l 1 ic,ue " m.ses sans cesse en œuvre pour combattre e s pCE ongest.ons cérébrales, et qu'il faud.-a chercher d'au es m d a .ons pins confor.nes à l'idée <,ue l'on doit se for.n des tais d.vers que l'on a confondus t.-op souvent sous la mên e denom.nat.on (2), » ®

sJelZ "c^ .""^ 9ui a cours dans la

snence cesl que la congestion céréôrale apoplccti forme e^t «ne maladie commune. Il ne se conioniP nJrV fl«pri;nn nr. ■ contente pas d énoncer cette

agaiant.e de 1 Académie, parla manière dont il l'énonce 0.-, .ness.eurs, celte fréquence de ce que notre savant collègue appelle une congestion cérébrale apoplecti forme, loin d'él.-e si bien établie, co.n.ne il le dit, que l'on a mauvaise g.-âce à pa la.ti'e en douter, est une question que nul praticien ou clinicien, du mo.ns à ma connaissance, n'a étudiée d'une manière lormeUc, expl.c.tc cl pour ainsi dire magistrale, ouex professo.

^ (1) il est fâcheux que M. Trousseau ne fasse ici aucune mention des états anémique ou chloro-anémique, cause si commune de verti^îes d'é tourdisscments, ,1e défaillances, etc., tous phénomènes trop souvent 'attribues a des congestions cérébrales ou à d'aulres a/îeclions cérébrales qui n'ont d'existence alors que dans l'imagination de ceux qui les admettent.

(2) Il est encore fâcheux qu'à cette occasion M. Trousseau n'ait pas cru devoir dire un seul mot de tout ce que quelques-uns de ses confrères et contemporains ont écrit déjà sur les indicalions Ihérapeutiq nos , qui dérivent des états si8'nï\lé5 dans la note ^)récéde^^te.

Il n'est pas d'mie saine philosophie, d'uQC saine logique, d'éla-

h,;: ::lLn ralt acq^s une chose qui est ^P^- ^ lion QueM. Trousseau et un certain nonibie de se;, conlrtres ' icnt P^fessé cette doctrine, et aient agi en conséquence, je In h n. Mais alors qu'ils parlent pour eux et non pou cZ qui ne pensent pas, qui n'ont pas pensé comme eux, e u il t ouvent bon que je ,ne place parmi ces derniers. Depu.

ans, M. Trousseau, dit-U. ne .oU plus de çon.es . érébrale apoplectiforme, et pourtant, ajoulc-t-.l, mes con res eu voient tout autant qu'auparavant; ,1 faut donc, eontinue-t-il, « que je me trompe ou qu'ils se trompent . Or, uelque g ande (,ue soit la modestie de l'éloquent prolesseu, , bien, comme de raison, de n.ettre l'erreur e sm. côté,'sans quoi, cela va sans dire, il changerait cn-e d ' Voyous avec lui les arguments pour et contre : « Un homme, avec ou sans symptômes préalables, tonibe ^ubUement frappé d'apoplexie; on le relève hébété, et, pendant un quart d heure, une heure, plus longlemps peut-être, il reste la lete lourde, l'intelligence confuse, la démarche mal assurée. Le lendemain tout est fini. On dit, selon M. Trousseau, que le malade a eu une congestion cérébrale apoplectiforme. 11 Ta dit cornme les autres, mais il y a quinze ans qu'il ne ledit plus. « - H est assez, singulier de voir notre collègue, à l'occasion d un seul et même malade, déclarer : ici (ju'il est tombé subitement frappe iVapo'jlexie, et la qu'il n'a pas eu de congestion cérébrale apoplectiforme. S'il a été frappé d'fl/ro/5teîe, comme vous le suppo'^cz a quoi bon nous parier de congestion cérébrale apoplectiforme? En eiïct, de deux choses l'une : ou bien l'apoplexie et la congestion cérébrale apoi)leoliforme constituent pour vous un seul et même étal morbide, ou bien ils constituent deux étals morbides diiïérenls. Dans le premier cas, vous auriez eu tort de nier la congestion apoplccliforme, puisque vous aviez admis l'apoplexie, c'est- à-dire la même afl'ection sous un autre nom, mutato nomine. Dans le second cas, il est bien clair (lue l'apoplexie, une fois admise, exclut la congestion cérébrale apoplccliforrnc, puisque celle-ci n'est plus la même chose que l'autre. Mais laissons de côté cette dispute

tiens ca sens conu;ire Ja'ris tgu en.^oi'r IT'' oudo ra„i,-e, j'cQ cherche c„ va n M T ' ".ornent, ne discale pas. n'arg „ e ,t "o?"""' """'^ '° -.«^,sanr.d,scn,e.pr„s.a:rpr^^^^^^^^^^

" hsenl pour que tout rentre dans Tordre. On t ue ce n a

les autres. Il y a quinze ans queje ne le dis plus. »

^ est a la suite de ce second cas que M. Trousseau déve loppe les motifs de son changement d'idée, dé aian a o ;

sapait, n était pas assurément nécessaire. Quels sont donc messieurs, es motifs de la conversion doctrinale de no r co : eguc ans la matière dont il s'agit? C'est que les phén n ènl lont ,1 est ..uestion, dans les cas ci-dessus exposés on é é ob erves par lui chez des sujets épileptigues.

ius uÏ/«/ r'"'"'''' T'-^''-^^^'-^" «'^ «llendu

jusqu a 18Z.5 sans avoir jamais fait encore cette remarque et

sans avoir su que bien des praticiens n'avaient point attribué a une congestion cérébrale apoplectiforme des pertes de connaissance et autres phénomènes, tels que ceux dont il s'agit ici Uuoil une vingtaine d'années avant 1845, M. Trousseau avait été interne à la maison des fous de Charenlon. et il ne savait pas encore que sans congcslion cérébrale apoplecliforme certains individus peuvent éprouver des vertiges, des étourdissements, perdre connaissance, tomber, puis revenir à euxmêmes, sans conserver aucune suite notable de pareils accidents! Non, notre savant collègue ne se rend pas justice, il se calomnie pour ainsi dire, en nous faisant une pareille confcs-

sion. Mais, nous dit-il, parmi les épilepliqucs qui sont venus me cousuller. la plupart avaient été considérés comme (.•appes d'apoi.lexie ou de congestion apoplecliforme par des médecins antérieurement consultés. Qu'est-ce à dire? depuis quand estil permis de mettre à la charge de la science les erreurs de ceux qui l'exercent sans la connaître suffisamment? Non crimen artis, quocl professons est, voilà un de ces aphorismes que M Trousseau connaît aussi bien que moi et que tous nos collègues, et qui trouve malheureusement une nouvelle application dans les cas signalés par notre collègue, Ah! certes, il n'est pas malheureusement le seul qui ait eu l'occasion de constater de pareilles erreurs de diagnostic et tant d'autres. J'ai déjà bien des fois, à cette tribune même, insiste, non sans quelque tristesse, sur de telles erreurs, si faciles à commettre, dans une science telle que la nôtre, lorsqu'une longue et profonde expérience ne nous a pas familiarisés avec toutes les questions dont elle se compose. Pour ne parler en ce moment que de l'espèce d'erreur de diagnostic sur laquelle M. Trousseau a cru devoir appeler l'attention de l'Académie, je déclare hautement que, moi aussi, j'en ai rencontré de nombreux exemples. Mais je m'empresse de répéter encore une fois que longtemps avant l'époque où M. Trousseau reconnaît, avec une candeur et une sincérité dignes des plus grands éloges, avoir commis les erreurs ci-dessus indiquées, la science nous fournissait toutes les données nécessaires pour nous en préserver. Je ne doute point que M. Trousseau lui-même, mieux informé, ne vienne conlirmer quelque jour une déclaration trop flatteuse pour nos devanciers et nos contemporains, pour qu'on n'éprouve pas de la satisfaction en la proclamant à cette tribune.

Cette congestion cérébrale apoplecti forme dont nous étourdit ainsi notre ingénieux collègue, comme d'une chose universellement admise, pourrait \nQQ, jusqu'à un certain point, et peutêtre à plus juste titre que la lièvre puerpérale, être considérée comme une sorte de nouvelle dent d'or. Je n'irai pas jusquelà pour ma part, c'est-à-dire nier que les médecins aient admis cette espèce. Mais j'avoue que je suis encore à ignorer

voTlf " " '''''^'^ co fondît

avec la congesl.on cérébrale ordinaire ou proprement 1 te

nlu'.' ''''''''''' diirèrent-elles dLc for L en n 1 une de 1 autre, et à quels caractères certains, évidents

la un petit problème que AJ. Trousseau n'aurait pas dû né-

hien'll' rf '"■'■'^ de vouloir

l))en nous définir ce qu'il appelle la congesdon cérébrale APOPLECxiPonME. Avec son obligeance et sa grâce accoutu.nées, ■I sest empresse de nous donner la définition suivante ' « Nous disons qu'il y a apoplexie (,u.nd nous voyons un homme violemment jeté à terre et prostré. Or, dans l'épilepsio comnie 1 a fait judicieusement remarquer Van Swieten dans Commentaires sur Boerhaave, les attaques d'épilepsie sont fréquemment accompagnées de petites ccchvmoses, en nombre infini, sur la face, sur le cou, sur la poitVine. Il est bien permis de supposer que le violent eflort qui a produit ces milliers d eccbymoses, s'est fait sur le cerveau aussi bien que sur les capillaires de la peau, et que la substance grise surtout est criblée aussi de ces taches ecchymotiques. C'est Ik ce que j'appelle lacongeslion consécutive (l). »

Voilà donc, d'après M. Trousseau, en quoi consiste la congestion cérébrale apoplectiforme. Ainsi définie, cette congestion ne saurait être confondue, en ellét, avec la congestion ordinaire du cerveau. î\Jais ainsi définie, la congestion céré-

(1) Extrait textuel du compte rendu de la séance de l'Académie par l'Union médicale.

brale apopleclilorme n'apparlicnl plus à l'ordre des congés ion^ sanguines proprement dites, soita..^;' s. pa.s.^ des fluxions ou des stases sanguines, mais bien a 1 oïd.e des hémorrhagies.

V Vous le vovez, messieurs, malgré la meilleure volonté du monde, ce n'est pas chose facile que de bien saisir la pen^ sée la doctrine de M. Trousseau ; cette doctrine brille, si I on peu'l ainsi dire, par son obscurité. Ce serait ici 1 occasion de répéter cet aphorisme de Gaubius : Melius est sistere nradum, quam progredi per tenebras, si nous ne savions que, retournant pour ainsi dire cet aphorisme, M. Trousseau, ultraprogressiste en ce point, nous enseigne qu'il vaut mieux marcher au milieu des ténèbres que de cesser de marcher.

Ce qui ressort, de la manière la plus éclatante, et de la note lue par M. Trousseau et du discours qu'il a prononce a la dernière séance, c'est qu'il n'est pas encore parvenu à se former des idées précises, exactes, sur les alTections désignées sous les noms d'apoplexie, de congestion apoplecti forme, à'épilepsie, d'accidents épileptiformes, etc. Et puisque, d'après sa déclaration formelle, il n'a pas eu la prétention d'innover en ces matières, il ne s'oiïcnsera point si nous prenons la liberté de lui dire que la science, telle qu'elle est aujourd'hui constituée, contient tous les éléments nécessaires à la solution des problèmes de diagnostic dont il s'est occupé. C'est là ce que nous allons essayer de démontrer.

Qu'entend-on généralement aujourd'hui par apoplexie? L'hémorrhagie cérébrale, c est-à-dire un état morbide, anormal, parfaitement défini qI distinct.

Qu'entend-on aujourd'hui par épilepsie? Une névrose cérébrale sur le siège précis de laquelle on peut bien disputer, sans doute, mais qui diflcrede l'apoplexie ou de l'hémorrhagie cérébrale, sans quoi son classement parmi les névroses proprement dites serait un véritable contre- sens nosologique.

Or, par cela même que Vapoplexie et Vépilepsie occupent une place aussi distincte dans le cadre nosologiquo, on en

<lo,l roncinrc ,|„c les syn,pl6,„cs de |'„„e el de la„ire ne «.n.».on, elrc les n.fmes. Celle coneinsion e. „ ^ „ , forme a l'ob.ervalion exnele, p„ism,e les .v.npita", ! ; ™";

^isient en d edrayanles convulsions, se prosentant son. nno onne qu. n'appartient qu'à cette ^nection nd s que le ymptômes vra.ment caractéristiques d'une apop ie^ ce à-d,re d une hémorrhagie cérébrale, consistent en d énon enes paralynçues (sans doute, ces phénomènes panlvt Z peuvent exister dans des lésions autres que l'hém S •"a.s .1 ne s'agit pour le moment que de montrer posul à q«. ex.ste, sous le rapport séméioiogique. entre 1 ep e 1 liemorrhagie cérébrale). ' "^''^'^

Celte différence établie entre l'apoplexie ou l'hémorrhagic erebrale entraîne, en quelque sorte, l'idée de celle qui exi^Ie épl"ptTroîI!ï^^^ apop.ectiformeset les affections dites

Une seule dilliculté se présente ici, c'est l'espèce de perle de connaissance ou de simple défaillance, de deliguium animi qui est généralement considérée comme le premier degré de 1 cpilepsie, sous le nom peu rigoureux de petit mal, de vertige epileplique. Mais quel vrai praticien pourrait confondre un tel état avee une apoplexie réelle, une congestion apoplecti forme?

VI. Quoi qu'il en soil de la précédente définition deM Trousseau, ilestévidentquepour êlreaulorisé àsoutenir que les phénomènes apoplectiques, épileptiques, éclamptiqws, signalés par lui, ne sont point des eflels d'une congestion cérébrale (quel que soit niainlenanl le nom qu'il lui donne), soit active, soit passive, il aurait fallu commencer par décrire exactement les effets qui appartiennent ç^npropre à celle congestion, et montrer en quoi ils diffèrent de ceux que M. Trousseau rapporte aujourd'hui à ïépilcpsie. Or, c'est ce qu'il n'a point fait. Remarquez bien d'ailleurs, messieurs, que pour nous faire connaître les effets réels de la congestion cérébrale, il n'aurait pas fallu seulement décrire la congestion du cerveau en gé-

néral, mais aussi les congestions spéciales de chacun des centres nerveux distincts dont se compose le système encéphalique, tels que les lobes cérébraux ou le cerveau proprement dit, le cervelet, le mésocéphale, la moelle allongée. Rien, absolument rien de tel ne se trouve dans la note de M. Trousseau.

Que la congestion du cerveau proprement dit ou des lobes cérébraux ne produise pas par elle-même, ou sans réagir sur d'autres centres nerveux, la perte subite de connaissance, les phénomènes épileptiques, ceux encore que M. Trousseau appelle plus particulièrement apoplectiques, ce n'est pas moi qui le nierai, puisque bientôt je m'eiïorcerai de démontrer, et cela contre M. Trousseau, que l'hémorrhagie de ces lobes elle-même ne détermine pas les accidents foudroyants dont il s'agit.

Mais je n'oserais affirmer que si M. Trousseau eût acquis par des expériences sur les animaux et des observations cliniques exactes, en ??0)?ï6re suffisant, uneconnaissancecomplète, approfondie, des deux espèces de congestion sanguine, dont les centres nerveux situés à la base du crâne (cervelet, protubérance annulaire, moelleallongée) peuvent être le siège, il serait venu avec tant d'assurance, avec une conviction qui, lui a-t-on reproché à cette tribune même, lui manque si souvent en médecine, proclamer du haut decette même tribune, que la congestion rt;5op/ec/«/b?'me, et j'y joindrai maintenant la congestion épileptiforme (1), n'a jamais été observée par lui depuis quinze ans, et constituerait des états morbides purement nominaux, imaginaires, au lieu d'étals réels, dans les cas spécifiés par notre collègue, c'est-à-dire ceux que, depuis quinze ans, il considère comme des exemples d'un accident épileptique ou éclamptiquc. Que notre savant collègue ne nous

(I) Comme ces expressions prêtent à l'équivoque, et n'ont pas encore reçu de définition précise dans le cours de cette discussion, fidèle aux principes de la logique, je dis que par congestions apoplecliforme et épilepliforme, j'entends seulement des congestions ayant des rapports directs ou indirects avec les affections que l'on a désignées et que l'on désigne encore par les noms ù'apoplesie et A'épilepsie.

BOniLLAUD. a

objecte pas ici que nous introduisons une nouvelle inconnue dans le problème, attendu que le litre de sa noie ne [)orte point congestion épileptiforme (1), uiais uniquement cort^es/Zo/i apoplecti forme. On comprend, eu ellet, que si M. Trousseau eût admis l'existence d'une congestion épileptiforme, tout en niant celle d'une congestion apoplecti forme, dans les cas dont il traite, certes, il n'aurait pu s'enq^êchcr de nous articuler au moins quelques mots de cette congestion épileptiforme, ne fût-ce que pour la distinguer, je ne dirai plus de la congestion cérébrale apoplectiforme, puisqu'il la nie, mais de cette congestion cérébrale ordinaire, qu'on ne saurait nier, dit-il, sans être insensé.

Au reste, si M. Trousseau nous objectait qu'il reconnaît l'existence d'une congestion cérébrale primitive épileptiforme, je ne lui demanderai pas seulement où il en place le siège, question qui ne doit pas l'embarrasser, s'il a constaté, vu, ce qu'on appelle vu, celte congestion, car il fallait bien qu'elle fût quelque part, mais encore à quelle espèce, active ou passive il la rapporte. Je ne serais pas surpris que M. Trousseau ne pût, sans quelque bésilation, répondre à ces délicates questions. S'il en était autrement, je m'en féliciterais et j'en (cliciterais tout le premier mon savant collègue, car, en y répondant ici, il aurait bien mérité de l'Académie et de ce public médical en général, dont les vives sympathies sont depuis longtemps acquises au célèbre professeur.

En attendant cette réponse victorieuse, que l'on veuille bien me permettre de rappeler en ce moment les résultais de certaines expériences faites sur les centres encéphaliques de divers animaux. Si vous stimulez, d'une manière plus ou moins vive, les centres nerveux de la base du crâne (cervelet, moelle allongée), l'animal tombe, s'agile convulsivement, se lord dans tous les sens, écume quelquefois, éprouve des rou-

(l) Il est bien entendu qu'il s'agit ici d'une congestion primitive, et non de la congestion consécutive aux violentes convulsions de l'attaque épileptique confirmée, à ces sortes d'efforts que j'ai appelés épilepliques. (Voir plus haut ce que j'ai dit des effels de l'effort en général, si ingénieusen:ient expliqué par notre collègue M. Is. Bourdon.)

lenienls et des contorsions dans les yeux, et nous offre, en un mot, le tableau d'une allaiiue épilepticiuc. Or, dans ce cas, il existe bien, coinnie coaséqucncc de hi stimulation [uln stimulus, ibi (luxus), une congestion cérébelleuse active.

Stimulez-vous, au contraire, de la nième manière, les lobes cérébraux en général, ou leccrveau proprement dit, point d'attaque épileptiformc, point de chute. Au contraire, l'animal court en tous sens, sans connaître les objels qui l'entourent, se comporte conime s'il était fou : l'accès npileptique est pour ainsi dire remplace par un accès de folie ou de manie. Voyez, messieurs, quelle diiïérence dans les lésions fonctionnelles, selon que la lésion des centres nerveux porte sur te! ou tel d'entre eux.

Je me résume sur la question actuellemeul discutée, et je dis :

Oui, sans doute, il est arrivé, et cela très sûuvcrI, à des médecins, de confondre Vapoplexie msntcVépilepsie, et, pour nia part, j'ai vu un très grand nombre de ces errcui'S de diagnostic et de bien d'autres. Mais ces erreurs, je me plais ii le rcpéicr, n'auraient pas été commises par leurs auteurs, s'ils avaient bien connu les signes propres ;i chacune de ces deux affections, tels qu'ils sont exposés dans les. traités spécialement consacrés à leur étude, et dans les traités classiques de nosographie en général.

Puisse la notede M. Trousseau, mal interprétée par certains praticiens, ne pas devenir l'origine d'une nouvelle espèce d'erreur de diagnostic, laquelle consisterait à reconnaître l'existence d'une épilepsie plus ou moins bien caractérisée chez des sujets qui n'en seraient point réellement affectésl Ce ne serait pas, je m'empresse de le déclarer bien haut, la faute de notre collègue, dont l'enseignement, d'ailleurs, s'il avait pu contribuer à propager une erreur quelconque, semblable h la lance d'Achille, ne tarderait pas h guérir le mal qu'il aurfrit pu faire.

. Passons maintenant h une seconde catégorie de cas

scion M. Trousseau, l'on rapporterait encore à une comjestion cérébrale apoplectiforme une certaine série à'accidenis dont M. le docteur Ménière arécemmenl entretenu l'Académie, et qtd ont leur siège (toujours selon notre collègue) dans les canaux demi-circulaires. Quels sont ces accidents? En voici l'énumératiou, faite par M. Trousseau lui-même. « M. le docteur Ménière, dit-il, a observé depuis longtemps un grand nombre de malades qui sont pris subitement de vertiges, de nausées et même de vomissements, qui tombent à terre après avoir marché comme un homme ivre, et se relèvent difficilement, restent pâles, couverts d'une sueur froide, presque lypothymiques, et voient se renouveler ces accidents un grand nombre de fois. » M. Trousseau ajoute que ces malades sont traités vigoureusement par des saignées, des sangsues, des purgatifs; que les rechutes fréquentes modifient peu h peu le diagnostic, mais que les malades s'en inquiètent énormément, surtout les médecins, les gens instruits, bien entourés, ceux qui savent la

gravité des lésions cérébrales » M. Ménière, poursuit notre

collègue, a recueilli, par centaines, des observations établissant que ces prétendues lésions cérébrales sont bien évidemment des lésions de l'appareil auditif, dans les canaux demicirculaires. »

Je ne m'oppose point à ce que M. le professeur Trousseau /ocfl/«se aussi dans les canaux demi-circulaires les accidents énumérés plus haut. Mais il me permettra de ne pas accepter, sans réserve, unn localisalionAms\ hardie. D'ailleurs, M. Trousseau conviendra bien volontiers, je n'en doute pas, que les lésions des canaux demi-circulaires ne peuvent par ellesmêmes, d'une manière immédiate, produire les accidents cérébraux dont il est question. Il aurait donc dû nous faire connaître quelles sont les parties des centres nerveux encéphaliques sur lesquelles peuvent réagir les lésions des canaux demi-circulaires, et comment cette réaction, dont il aurait fallu préciser l'espèce, détermine alors directement les accidents dits cérébraux. M. Trousseau n'a pas cru devoir se charger d'une pareille tâche. Il se contente d'enseigner ici qu'il y a des accidents, mal à propos désignés sous le nom de con-

nestion cérébrale apoplecti forme, qui ont leur siège dans les canaux d end -circulaire s, comme il avait dit plus haut que de pareils accidents, mal à propos attribués ïi une congestion cérébrale apoplectiforme, provenaient d'une épilepsie plus ou moins caractérisée. Comment une épilepsie et une lésion des canaux demi-circulaires peuvent-ils également donner lieu à des accidents tellement semblables, que, dans l'un et l'autre cas, ou les désigne sous le môme nom de congestion cérébrale apoplectiforme? Je laisse à notre habile collègue le soin, assez difficile, de résoudre cette nouvelle question. Mais, en attendant qu'il l'ait résolue, on fera sagement de reconnaître avec nous, que pour un clinicien expérimenté, un véritable accès d'épi iepsie bien caractérisée, normale pour ainsi dire, ne saurait être confondu avec les accès dont nous venons d'exposer les phénomènes, d'après le texte même de M. Trousseau. Une telle erreur d|e diagnostic ne serait donc rigoureusement possible que pour des accès épileptiformes sans convulsions, sans ce cri pathognomonique qui les précède, et assez connu de vous tous, messieurs, pour qu'il me suffise ici de le rappeler. Or, pour confondre ces petits accès eiix-inèmes avec une véritable congestion cérébrale dite apoplectiforme, il faudrait diagnostiquer celle-ci eu l'absence de tous ses signes caractéristiques, et même en présence de signes contraires, comme la pâleur du visage, par exemple, qui précède si souvent les petits accès dits épilepliques.

YII. Pour M. Trousseau, « il est encore une autre maladie qui, sans cesse, est décorée du nom de congestion cérébrale, il veut parler du vertige lié à des désordres gastriques. » Nous épargnerons à, l'Académie la discussion d'une assertion qui, si malheureusement elle était démontrée, serait trop humiliante pour le corps médical en général, et pour les corps médicaux enseignants eu particulier. 11 semble que M. Trousseau ait eu le même sentiment que moi, puisque, après avoir ainsi déclaré que le vertige lié à des désordres gastriques, qui se présentent sous deux états distincts, est sans cesse décoré du nom de congestion cérébrale, il termine ainsi cet article de

^■ix noie : « Pourlanl, messieurs, comme je ne veux rien exijcrer, ,,c supposerai r,ue les deux élals (,„e je viens de c sont rarement, méconnus par les médecins, cl, je supposerai <m .!.in:a,s ,1s ne sont pris pour des congeslions cérébrale^ » Les mcdccms seraient peu reconnni..sanls s'ils ne rcmerc,a,en t pas ^F. Trousseau de sa gracieuse I,ypolhèse. Pourquoi faut-Il qu après cette concession, celte indulgence il leur adresse aussilôt une autre accusation des plus graves?

VIII. « iMais, dit-il, il est un accident qui accompagne souvent les hemorrhagies du cerveau, et qui, pour TuNiVEnsALrrÉ des médecins, est considéré comme une congestion «Voici comment .1 s'explique à ce sujet (comme à notre habitude nous citons textuellement) :

« Lorsqu'un malade est frappé d'apoplexie, soit que l'apoplexie reconnaisse pour cause une hémorrhagie cérébrale soit qu'elledcpcndcd'un ramollissement, ce qui est plus fréquent qu'on ne le dit et qu'on ne le croit, soit qu'elle résulte d'une embnheou tmitau moins d'uneobliléralionsubited'unedes artères principales de la base du cerveau; lors, dis-je. qu'un malade est frappe d'apoplexie, il y a quelquefois uneperte de connaissance subite, et l'oblusion de l'intelligence et du mouvement dure plusieurs heures, plusieurs jours, puis tout rentre dans l'ordre, à cela près d'une hémiplégie légère, qui diminue lentement cl finit par disparaître après qiichiues mois. Comme les

premiersaccidentsonlclépresqucfoudrnyanls, comme entre la gravité de ces premiers phénomènes et les troubles ultérieurs

de l'inlelligence, delà sensibilité et du mouvement, il ne paraît pas y avoir de relation suflisnntc, on dit que l'hémorrhagie cérébrale a été accompagnée de congestion; que la congestion, phénomène essentiellement transitoire, a produit les accidents apoplectiques i)ropremenl dits, que, dissipée, elle a laissé l'hémorrhagie peu copieuse avec V hémiplégie, si peu grave d'ailleurs, qui a succédé à ces grands accidents apoplectiques. »

Pourquoi faiiL-il (|ue M. Trousseau, après nous avoir parlé d'î/n accident qui accompagne les congestions cérébrales, au lieu de s'en tenir à ces termes de la question, fasse aussitôt

intervenir deux nouveaux états morbides, savoir, le ramollissement du cerveau, une en.bolie ou toulau moins une ob téralion subite de l'une des principa es artères du ce veau comme si ces deux derniers états et 1 hemorrbag.e cei ebi aie e res^^emhlaient assez pour les rapprocher de cette açon, et leur attribuer pour eiïct commun, ïapoplexie, sans déterminer la sisuification de ce dernier mol? Riais poursuivons.

M Trou<^seau ne veut pas nier absolument l'existence d une conqeslion dans le cas actuel, cl il avoue même qu'il est tente de l'admettre dans une certaine mesure. Mais il est, selon lui, un autre phénomène dont on n'a pas assez tenu compte, qu U sache du moins, il veut parler de ce qu'il a appelé 1 etomement cérébral. Lorsque l'encéphale subit soudainement une déchirure et une compression, il supporte, dit M. Trousseau, celte grave lésion avec une impatience, qui varie suivant les individus, mais qui peut être portée fort loin chez certaines ncrsounes 11 veut eu chercher un exemple dans les lésions iraumatiques du cerveau, et il fait l'hypothèse suivante. Qu'un soldat reçoive une balle dans la tète , que, dans une rixe un individu reçoive un couj) de couteau qui pénètre dans le cerveau ; ils sont jetés à terre comme s'ils étaient tra[)pés d'un coup de massue. . . Cette stupeur immédiate est ce que M Trousseau a appelé Xctonnement cérébral, et quelque incorrecte que puisse être, dit-il, celte appellation à laquelle d renoncerait bien volontiers, toujours est-il, selon lui, que le fait existe, et qu'il ne saurait être contesté par personne. Des cas qu'il vient de supposer, il se croit en droit de conclure que, lorsqu'il se fait uu épanchement de sang subit dans le corps strié ou dans la couche optique, la stupeur immédiate que l'on attribue d'ordinaire à la congestion simultanée, peut, eu partie tout au moins, être imputée à ïétonnement cérébral (1.) .

Que de nouvelles assertions, je ne dirai pas entièrement gratuites, mais qui ne reposent sur aucune démonstration

(1) Toula l'heure M. Trousseau, confondant l'cfTet avec sa cause stipposee, avait écrit que la Uupcur immédiale esl ce qu'il a appelé élonnetne»l cérébral.

fonncllel Et d;aborc], de quel droit M. Trousseau affirme-t-il qu ctaut donnes les premiers accidents, les accidents presque foudroyants ^o^,, ,\ parle, dans le cas d'une hémorrhagie du COI ps sine ou de la couche optique, V universalité des médecins considère ces accidents comme une congestion ? Je vois parmi vous n.ess.eurs, un certain nombrede collègues, qui, deméme <l >cM. Trousseau et moi, n'ont pas manqué d'occasions pour observer 1 hcmorrhagie des couches optiques et des corps stries. Nous faisons partie, ces honorables collègues et moi del universalité des médecins. Eh.bien! quel est ceinid'entrè nousqui aitainsi considéré les ^z^làm^ presque foudroyants, les accidents apoplectiques proprement rfzVs, comme une congestion? Nul de vous ne se lève, messieurs, pour me répondre • Ccst moi! Je m'en félicite. Mais si, par malheur, vous vous fussiez tous levés comme un seul homme pour me répondre ainsi, j'aurais eu le courage de faire bande à part et je me serais écrié moi aussi : Etiamsi omnes, ego non !

En second lieu, où sont les preuves cliniques, expérimentcdes, de l'existence de cç,phénomène nouveau, désigné par M. le professeur Trousseau, sous le nom à'étonnement cérébral, (Vimpatience cérébrale, auquel doit être imputée, en partie tout au moins, la stupeur immédiate, que, selon lui, l'universalité des médecins attribue à la congestion, assertion dont vous pouvez maintenant apprécier la valeur et l'exactitude?

A Dieu ne plaise qu'cnneitii, comme je le suis, des pures disputes de mots, je revienne ici sur ces expressions d'étonnement cérébral, d'impatience cérébrale, sinon uniquement pour montrer que, dans les cas allégués par noire collègue, le besoin d'une expression nouvelle quelconque ne se faisait nullement sentir, puisque rien ne démontrela réalité de l'état morbide pour la désignation duquel elle a été créée. Puisque M. Trousseau ne veut pas nier absolument la congestion, avouant même qu'il est tenté de r admettre dans une certaine mesure, il eût été fort à propos de la part de noire collègue de. donner cette mesure, en ce (pii concerne celte congestion, si lani est que la congestion existe, en ce qui concerne l'étonnemcnt cérébral, si tant est qu'il existe bien réellement, en

ce cm. concerne la déchirure, la compre^ion q^Vf^^f/^^ hol": bien réelles dans les cas cVlK-.n.orrhag.e cerc ra e^en oonéral de la commolion, de la contusion, qui, «il Scyi 3'." tue reçue dans le cerveau, .iennent s'apuler la echirure et à la compression. L'Académie aurait su gic a Cus 0 u de lui avoir ainsi bien mesuré le degré de parcip ion de chacune des causes ci-dessus énumerees aux rouiènes et accidents dont il étudiait le mecan^n 1 aura peut-être, pensé, que c'est un som dont 1 pou^all se Ilser, persu dé que, parlant à des académiciens els que rmcssieurs, il pouvait s'en référer à la sagesse de votie nbui 1 Ce n'est pas moi qui le blâmerai d'une conhance que suis heureux de partager. Mais, à vrai dire pou on lompte personnel, je n'aurais pas ete fâche qu M. Ti o^^ c^^^^^^ m'ei^t témoigné moins de confiance, et en eût agi comine s •1 is compfétement ignoré le rôle ,^ son étonnen^ent cc^ebral l même celui de la cogestion cérébrale, dans les ca en uestion. bien entendu, c.r j'ai eu soin demontijr precedemient combien étaient nombreux d'autres cas dans lesquels celte congestion était évidente comme la clarté du jour.

Les mots ont leur étoile, a dit un orateur illustre. L avenir dira si ceux imaginés par M. Trousseau sont nes sous une heureuse ou sous une malheureuse étoile. Je souhaite qu elle soit heureuse, mais ix la condition qu'il définira les objets auxquels il les a consacrés, si, chose peu probable, ces objets existent bien réellement.

Nous reviendrons tout à l'heure sur certains phénomènes que M. Trousseau paraît assigner à Vapoplexie, à la congestion apoplectiforme, considérée d'une manière générale. Mais auparavant, et pour ne pas l'oublier, qu'il nous soit permis, puisqu'il est question d'étonnement, de nous étonner que M. Trousseau, passant en revue les divers états morbides dans lesquels certains médecins ont admis une congestion cérébrale (apoplectiforme ou non), n'ait pas fait la plus petite mention de ces états anémique et cliloro-anémique, dont nous avons tant de fois signalé la fréquence, soit a cette tribune.

sou dans nos cours de clinique, soit dans la plupart de nos ouvrages C'est pourtant dans cet ordre de cas que 4 cZ met sur la plus large échelle, l'espèce d'erreur d dia- no ^ ont s est occupé M. le professeur Trousseau. Je n'm.ÏÏ nullement en disant ici que, depuis trente ans que n,oSX t.on s est fixée sur cette grande question de dLnostic et de pratiquai ne s'est passé presque aucun jour où, soit à l'hôpital, ot dans ma cl.ent le particulière, je n'aie rencontré un ou plusieurs exemples de l'erreur dont nous nous occupons

Je ne sais si je me trompe; mais je suis tenté de croire qu un jour viendra, tôt ou tard, que M. Trousseau, se livrant d une manière plus continue et plus approfondie, à l'élude si leconde en instructions des états anémique et chloro-anéniiquc, reconnaîtra que ces états, qui se rattachent d'ailleurs par les plus étroites connexions aux névroses de toule espèce I epilepsie comprise, bien plus fréquemment que celle-ci' delerminent des étourdissements, des tournoiements de tête' des vertiges, de la tilubatiou, des défaillances, des Ivpothvmies, des syncopes, syncopes qui, dans certains cas, sont suivies de mort, ainsi que j'en ai rapporté divers exemples à cette tribune (1). Les malades, et les médecins peu familiarises avec la connaissance de la chloro-auémie, sont d'autant plus portés à co;iuuctlro l'erreur de diagnostic dont nous parlons, qu'un bon nombre de chloro-anémiques rougissent avec une extrême facilité, éprouvent des bou liées de chaleur au visage, etc. Je ne puis passer outre sans rappeler ici combien d'individus atlcinls de celte afleclion, si admirablement étudiée par Lallemand sous le nom de spermalorrhée ou de pertes séminales, se croient aussi menacés d'fl/»o/;/me, la(iuellc, dans ce cas encore, est purement imaginaire...

Il est temps de revenir maintenant sur la physiologie, et, si j'ose le dire, sur le mécanisme de ces accidents presque foudroyants, de ces accidents apoplectiques proprement dits, sur

(1) Quelques-uns de ces exemples, dans lesquels, par la plus scandaleuse erreur de diagnoslic, on avait cru à l'existence d'une attaque d'apoplexie, d'une congestion cérébrale, étaient relatifs à de jeunes femmes chloro-anémiques récemment accouchées.

reite perte de connaùsanccsMte, (lui, selon M. Trousseau, se :Llont quelquefois chez un individu ^rappo -o ^-^^^^^ rhaaic cérébrale assez peu copieuse pour que, après la cessa lion des accidents ci-dessus indiqués, il ne reste plus qu une

d'invoquer les cas généraux, les suppositions abstraites. U cnit-narcher, en quelque sorte, au ^^j^-^ '^^^^^^^ courir par conséquent grand risque de s «g^^^^r^O^ f bius i vaut mieux s'arrêter en pareil cas : Satins est sistere gradum, quarn proyredi per tenebras. Telle n'est pas je oisje répéter la philosophie de M. Trousseau : il aime - - . lo ophie inverse. Âjaxd'un nouveau genre, il ne 1"' ^H» ] pas de combattre dans l'obscurité (1), Certes, je suis de eux S«i ne refusent pas à la hardiesse, pourvu .lu'elle ne so.lpa. poussée jusqu'il ce degré qui constitue la témérité, le juste tribut d'éloges qui lui est dû. Toutefois, j'avoue que, dans la guerre scientifique, je n'aime guère à combattre au sein des ténèbres, et que, sans être un Âjax, j'invoque volontiers alors la lumière Notre lumière, en pareille guerre, notre véritable flambeau se trouve dans un nombre suffisant de cas particuliers exactement recueillis. C'est donc à la lueur de ceflambeau que je vais m'engager dans la discussion de notre problème Si notre collègue M. Trousseau, mettant eu pratique cette méthode numérique h laquelle un de nos éminents col- RMrucs ]M. Louis, a l'honneur d'avoir attaché son nom, eût appuyé chacune de ses assertions d'un nombre déterminé de faits particuliers exaclemcnl recueillis et rigoureusement analysés, il eût moins agité peut-être le public médical et celte académie; mais, par une compensation qui n'est pas à dédaigner, il aurait obtenu sans réserve tous les suffrages des vrais amis du progrès de la saine médecine.

(1) On sait que le héros grec défiait Jupiter lui-même, mais à la condilion que le maître de l'Olympe ferait disparaître l'obscurité au milieu de laquelle combattaient les Grecs et les Troyens:

Grand dieu! lève la nuit qui nous couvre les yeux, Kt combats contre nous à la clarté des deux !

Eh bieii l en ce qui concerne l'hémorrhagie cérébrale nrn prement uc(celle qui a son siège dans les hémi hè e c^' braux), ,1 existe des centaines de cas particulier r cueil s par divers auteurs, qui démontrent que, dans l'in Ise n ' r'te des cas. il ne se manifeste point cette perte de co„3: sance subite et autres accidents foudro ants do e M. Trousseau Que s, donc ces accidents éclatent q.elouet^ ■ Is supposent des conditions spéciales, des particularités soH e siège, sou d'étendue, soit de complication, sur I s ue M. Trousseau a garde le plus profond silence. Ce n'est pas en effet, l'hypothèse d'un état morbide nouveau du cerveau quel que soit le nom ù^étonnement cérébral ou tout au tr^ qu on u. donne, qui peut être invoquée ici, puisque cet état, su était réel, se rencontrant dans tous les cas d'hémorrhagie cérébrale, les accidents foudroyants ou apoplectiformes proprement dits, n'existeraient pas ,..%.^i-/seulement mais toujours. Donc, encore une fois. M. Trousseau ne nous a point appris pourquoi l'hémorrhagie cérébrale détermiae quelquefois nn^ perte subite de connaissance et aut.es accidents foudroyants. Dans celte immense majorité de cas où la maladie indiquée ne détermine point ces accidents, on observe une hémiplégie plus ou moins complète, accompagnée ou non soit d un simple embarras de la parole, soit d'une perle totale ou a peu près de cette précieuse faculté, les autres facultés intellectuelles et les autres sensations restant ordinairement intactes. Toutes ces particularités s'expliquent par la diversité de siège et l'abondance variable de l'hémorrhagie. L'Académie n'a peut-être pas tout à fait oublié les recherches dont j ai eu I honneur de l'entretenir, à plusieurs fois, sur les rapports qui existent entre la perte totale ou partielle de la parole et le siège de l'hémorrhagie dans les lobules antérieurs du cerveau.

Dans tous ces cas, il y a pourtant apoplexie, puisque ce mol, dans l'état actuel de la science, est universellement accepté comme synonyme d'hémorrhagie cérébrale. Pourfjuoi donc, dans le langage de M. Trousseau, les mots apoplexie, congestion cérébrale apoplecti forme, sont-ils spécialement

employés pour désigner la perte subUe connaissance^^^^ senliment cl du mouvemcnl, qu, repelons-le PO"' fois ne se rencontre pas dans l'.mmensc majorile des cas i^apoplexie ou d'hémorrhagie cérébrale proprement dite !

IX 11 est une autre espèce anatomique d'hémorrhagie des centres nerveux qui donne lieu à un cortège de phénomènes des plus curieux. C'est elle qui, d'une manière toute spéciale s'annonce par des étourdissemenls, des tournoiements de lèle, des vertiges, accompngnés souvent de vomissements (c'est M. le docteur HiUairet qui. le premier, a hxe son. attention sur ce dernier phénomène). Une fois bien développée, l'affection ne permet plus à ceux qui en sont atteints de se tenir solidement debout, de garder leur éciu.hhrc et de marcher librement, de sorte qu'il leur arrive souvent, s ils e^savent d'exécuter ces divers actes, de tomber par terre, mais en conservant toute leur connaissance, ainsi que le libre exercice de leurs facultés scnsitives et intellectuelles, y compris la parole. 11 y a plus : bien qu'ils ne puissent exécuter les mouvements coordonnés dont se composent la marche et la station, ils ne sont point hémiplégiques comme ceux atteints d'hémorrhagie cérébrale proprement dite, et ils peuvent volontairement étendre, lléchir, porter en dedans ou en dehors, etc., tant les membres inférieurs que les membres supérieurs.

C'est dans ce genre de cas, messieurs, que 1 hemorrhagic, à la présence de laquelle sont dus les curieux et singuliers phénomènes ci-dessus énumérés, a pour siège ce grand centre nerveux encéphalique connu sous le nom de cervelet.

Cette hémorrhagie cérébelleuse dont les symptômes se trouvent si merveilleusement d'accord avec la doctrine de ceux qui, sur la foi des expériences les plus nombreuses, ont considéré le cervelet comme l'organe qui préside à la marche et ix la station, cette hémorrhagie ou apoplexie cérébelleuse méritait d'autant plus d'èlre étudiée par Trousseau que, comme nous venons de le dire, c'est k elle qu'appartiennent plus spécialement et en quelque sorte directement ces verliges, ces étourdissemenls et autres symptômes analogues,

placés par notre collègue parmi ceux qui, selon lui consli-

~ p'^^""'"^"- apopiocti,;,:";;

En avons-nous fini, messieurs, avec la grande question de a .fterence des ormes sémciologiques ou symplomal < ue de \ apoplexie ou de i'hémorrhagie des centres nerveux elcéphahques, selon qu'elle a son siège dans tel ou tel de ces centres? Pas tout à fait encore. Que dis-je? il ^ ois Veste prec.se,nent k vous n.ontrer une forme qui, plus encore que toutes les autres, se rapporte au sujet de lu note de M Trousseau sur sa congestion cérébrale apoplecliforme dans ses rapports avec l epilepsie. '

Veuillez donc, messieurs, prêter l'oreille la plus attentive au recit des faits suivants, relatifs à cette forme symptomalique : j i "

Un homme tombe tout à coup, au milieu de la nuit, dans un état comateux; perte de la sensibilité et de la mvotilitérespiration stertoreuse '

Voilà bien un cas qui se rapproche de ceux dont il est question au début de la note de M. Trousseau. Que notre savant collègue nous dise si notre malade actuel est allectc d'une congestion cérébrale apopicctiforme ou d'une épilepsie

ou d'une hémorrhagie cérébrale proprement dite il né

nous répond point

Comme le malade est mort, l'autopsie cadavérique va nous repondre, et voici dans quels termes : foyer sanguin récent, du volume d'un gros pois au centre de la protubérance annulaire

Est-ce clair? Des trois affections dont il est expressément question dans la note de M. Trousseau, aucune n'existe. Mais il s'en rencontre une autre dont il n'avait été fait aucune mention, explicite du moins.

Passons à un second cas.

Un homme tombe, privé de connaissance : roideur, convulsions des membres alternant avec un état decollapsus, écume à la bouche, état épilepti forme.

Ce second cas, messieurs, rentre plus directement encore, s'il se peut, que le premier, dans la catégorie de ceux dont s'est occupé i>j. Trousseau.

Qu'il veuille bien nous dire s'il s'agit, dans ce second cas, d'iineépilcpsieoud'unecougeslion cérébrale a/Jo/;/ecri-/bme,ou

me apoplexie, d'une liémorrbagie cérél)rale proprement dite.

Mais laissons encore parler l'autopsie cadavérique, car notre second malade mourut au bout de cinq heures.

Protubérance cérébrale transformée en une poche remplie de sang en partie coagulé. Cet épancliemeut s'était fait jour latéralement à la surface de la protubérance par une petite ouverture, et en arrière dans le quatrième ventricule qu'il distendait.

Dans ce cas encore, il s'agit évidemment, messieurs, de phénomènes épilepliques ou épileptiformes, mais survenus à la suite d'une hémorrhagie de la protubérance annulaire qui s'était fait jour dans le quatrième ventricule. Quant à une congestion cérébrale apoplectiforme, à une apoplexie ou hémorrhagie cérébrale proprement dite, il n'en est point question. Quelle n'eût pas été l'erreur de ceux (jui, dans ce cas complexe et pour ainsi dire hybride, n'auraient reconnu d'abord qu'une épilepsie pure et simple 1

Les deux cas que nous venons de rapporter ont été consignés par M. le professeur Cruveilhier dans son remarquable article : Apoplexie, du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques.

Je vais en rapporter un troisième que j'ai recueilli moimême, et que j'ai publié dans l'article de ma Nosographie médicale, consacré à Y hémorrhagie de la moelle allongée.

Le 26 mars 1828, un balayeur, âgé de cinquanlc-cinq ans, tombe tout à coup, comme s'il eût été frappé de la foudre (il était alors occupé à sou métier, rue de l'Université). Apporté aussitôt dans le service de M. Lerminier, k la Charité, il était agité de convulsions analogues à celles de l'épilepsie, et il avait de l'écume à la bouche... la respiration devient sterlorcuse, et, au bout de deux ou trois heures, le malade succombe dans un état de résolution cl de paralysie générale.

Quel est, dans ce nouveau cas, le diagnostic de M. Trousseau? S'agil-il d'une hémorrhagie cérébrale proprement dite, ayant donné lieu à cet étonnement cérébral, sous l'empire duquel se manifestent les accidents foudroyants ou apoplecti-

formes propH-nicnl dits? Non, dira-l-il; car il existe, ici des convu s.onsep.lcptiformes, de l'écu.ne à la bouche, comme dans le cas précédent, et sans doute on a trouvé, à Tautopsie cadavérique, les mêmes lésions que dans ce dernier

CRS

Voici les résultats de cette autopsie cadavérique : dans les deux tiers postérieurs de la moelle allongée existait un fover (hémorrhagique). Le sang, récemment épanché, avait déchire la substance médullaire ; le foyer occupait toute la longueur de la moelle allongée, et s'était fait jour dans le quatrième ventricule; il s étendait vers les prolongements qui vont s épanouir dans le cervelet. - Les hémisphères cérébraux et cérébelleux n'étaient le siège d'aucune hémorrhagic ni d'aucune autre lésion notable. Dans ce nouveau cas, quelle n'eût point encore été Terreur de diagnostic des médecins qui, de prime abord, auraient jugé qu'il s'agissait d'une épilepsie pure et simple!

L'inspection des organes nous a montré que ce troisième cas diiïérait des deux premiers en ce que, dans celui-là, l'hémorrhagie avait pour siège la moelle allongée, tandis que, dans ceux-ci, elle occupait le mésocéphale. Dans le troisième cas comme dans le second, l'hémorrhagie s'était fait jour dans le quatrième ventricule, et, dans ces deux cas, il existait également des phénomènes épileptiformes, lesquels faisaient défaut, ou au moins n'ont pas été indiqués pour le premier cas, dans lequel il n'est pas mention non plus d'épanchement sanguin dans ce quatrième ventricule.

X. N'est-il pas vrai, messieurs, qu'en projetant ainsi la lumière des faits sur les divers points de la question très compliquée que nous discutons, on voit peu à peu les ombres, les ténèbres se dissiper, et que notre esprit reçoit en môme temps toutes les données dont il avait besoin pour la solution de cette question? Notre esprit sait, en effet, maintenant que ni l'hémorrhagie /jar/îW/e du cerveau, ni rhéinori'hagie/x/r//e//e du cervelet, ces deux principaux centres nerveux encéphaliques, ne produisent par elles-mêmes les accidents foudroijants ou apoplectiques proprement dits. Il sait que ces accidents écla-

teul, au coulrairc, dans les cas d'hémorrhagie du mésocéphale et de la moelle allongée, et ils sont les signes caracleris iques de celle espèce d'hémorrhagie, comme l'hém.plegie, plus ou moins complète, est un des signes de l'hémorrhag.e cérébrale, l'embarras ou l'impossibilité de marcher, de s'équilibrer; un des signes de l'bémorrhagie cérébelleuse. Il y a loin, bien loin de là, messieurs, k cet étonnemeni cérébral auquel M. Trousseau croyait pouvoir imputer, au moins en partie, les «mdents foudroyants apoplectiques proprement dits de 1 hémorrhagie cérébrale, quand ces accidents existent.

Mais observe-t-on elîeclivemenl les accidents dont il s' agit dans l'bémorrhagie du cerveau lui-même? Telle est la dernière question particulière qui nous reste à résoudre, et que nous avions réservée, n'ayant pas alors en notre possession tous les éléments de sa solution. Eh bien! oui, messieurs, on les rencontre quelquefois, et cette circonstance, qui semblerait devoir ruiner notre doctrine sur le siège de l'hémorrliagie dans les cas de ce que l'on a désigné sous le nom d'apoplexie foudroijante, vient, au contraire, la confirmer de la manière la plus satisfaisante. Quels sont, en ell'et, les cas exceptionnels dans lesquels l'héraorrhagie du cerveau proprement dit se présente sous la l'orme foudroyante? Ces cas sont ceux où l'hémorrhagie est assez abondante, assez étendue, pour que le sang épanché exerce une compression sur la protubérance annulaire et sur la moelle allongée elles-mêmes; ces cas sont ceux où le foyer hémorrhagique du cerveau s'est fait jour dans les ventricules, et va comprimer plus directement encore les deux centres nerveux que nous venons d'indiquer, de sorte que nous avons encore ici, indirectement il est vrai, la condition qui, dans les trois cas rapportés plus haut, avait imprimé à Vapoplexie sa forme foudroyante. Sans doute, l'hémorrhagie de la moelle allongée ou de la protubérance manque ici; mais c'est une vérité depuis longtemps démontrée que la compression des centres nerveux suffit, quand elle est assez forte, pour empêcher l'exercice de leurs fonctions.

Après tout ce qui précède, c'est bien le lieu de rappeler celte grande maxime de Bichal : « Qu'est l'observation, si l'on

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