‹ De la connaissance de Dieu et de soi-m^emeChapitre 34 sur 56 · ET RÉGLER LES MOUVEMENTS EXTÉRIEURS, DEVOIT NOUS ÊTRE · texte numérisé non relu

ET RÉGLER LES MOUVEMENTS EXTÉRIEURS, DEVOIT NOUS ÊTRE

DONNÉE, ET NE l'A PAS ÉTÉ SANS UN GRAND DESSEIN.

Mais quoique l'âme soil avertie des besoins du corps, et de la diversité des objets, par les sensations et les passions, elle ne prolileroit pas de ces avertissements sans ce principe secret de raisonnement, par lequel elle comprend les rapports des choses^ et juge de ce qu'elles lui font expérimenter.

Ce même principe de raisonnement la fait sortir de son corps, pour étendre ses regards sur le reste de la nature, et comprendre l'enchaînement des parties qui composent un si grand tout.

A ces connoissances devoit être jointe une volonté maîtresse d'elle-même, et capable d'user, selon la raison, des organes, des sentiments, et des connoissances mêmes.

Et c'étoit de celte volonté qu'il falloit faire dépendre les membres du corps, afin que la partie principale eût l'empire qui lui convenoit sur la moindre.

Aussi voyons-nous qu'il est ainsi. Nos muscles agissent, nos membres remuent, et notre corps est transporté à l'instant que nous le voulons. Cet empire est une image du pouvoir absolu de Dieu, qui remue tout l'univers par sa volonté, et y fait tout ce qu'il lui plaît.

Et il a tellement voulu que tous ces mouvements de notre corps servissent à la volonté, que même les involontaires, par où se fait la distribution des esprits et des aliments, tendent naturellement à rendre le corps plus obéissant ; puisque jamais il n'obéit mieux que lorsqu'il

ET DE SOI-MEME. ISo

est sain, c'est-à-dire quand ses mouvements naturels et intérieurs vont selon leur règle.

Ainsi, les mouvements intérieurs qui sont naturels et nécessaires servent à faciliter les mouvements extérieurs qui sont volontaires.

Mais en même temps que Dieu a soumis à la volonté les mouvements extérieurs, il nous a laissé deux marques sensibles que cet empire dépendoit d'une autre puissance. La première est, que le pouvoir de la volonté a des bornes, et que l'effet en est empêché par la mauvaise disposition des membres, qui devroient êire soumis. La seconde, que nous remuons notre corps s^ns savoir comment, sans connoître aucun des ressorts qui servent à le remuer, et souvent même sans discerner les mouvements que nous faisons, comme il se voit principalement dans la parole.

Il paroît donc que ce corps est un instrument fabriqué, et soumis à noire volonté, par une puissance qui est hors de nous ; et toutes les fois que nous nous en servons, soit pour parler, ou pour respirer, ou pour nous mouvoir en quelque façon que ce soit, nous devrions toujours sentir Dieu présent.

l'intelligence a pour objet des vérités éternelles,

QUI ne SOiNT AUTRE CHOSE QUE DIEU MÊME, OU ELLES SONT

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