CONCLUSION DE CE CHAPITRE
Que si mon âme connoît la grandeur de Dieu, la connoissance de Dieu m'apprend aussi à juger de la dignité de mon âme, queje ne vois élevée que par le pouvoir qu'elle a de s'unir à son auteur, avec le secours de sa grâce.
C'est donc cette partie spirituelle et divine, capable de posséder Dieu, queje dois principalement estimer et cultiver en moi-même. Je dois, par un amour sincère, attacher immuablement mon esprit au père de tous les esprits, c'est-à-dire à Dieu.
Je dois aussi aimer, pour l'amour de lui, ceux à qui il a donné une âme semblable à la mienne, et qu'il a faits, comme moi, capables de le connoître et de l'aimer.
Car le lien de la société le plus étroit qui puisse êlre entre les hommes, c'est qu'ils peuvent tous en commun posséder le même bien, qui est Dieu.
Je dois aussi considérer que les autres hommes ont, comme moi, un corps infirme, sujet à mille besoins et à mille travaux : ce qui m'oblige à compatir à leurs misères.
Ainsi, je me rends semblable à celui qui m'a fait à son image, en imitant sa bonté. A quoi les princes sont d'autant plus obligés, que Dieu, qui les a 'établis pour le représenter sur la terre, leur demandera compte des hommes qu'il leur a confies.