XII. Conclusion de ce Chapitre
Que simon âme connaît la grandeur de Dieu, la connaissance de Dieu m'apprend aussi à juger de la dignité de mon âme , que je ne vois élevée que par le pouvoir qu’elle a de s’unir à son Auteur, avec le secours de sa grâce.
C’est donc cette partie spirituelle et divine, capable de posséder Dieu, que je dois principalement estimer et cultiver en moi-même. Je dois , par un amour sincère , attacher immuablement mon esprit au Père de tous les esprits, c’est-à-dire à Dieu.
Je dois aussi aimer pour l’amour de lui, ceux à qui il a donné une âme semblable à la mienne, et qu’il a faits, comme moi, capables de le connaître et de l’aimer.
Car le lien de société le plus étroit qui puisse être entre les hommes, c'est qu’ils peuvent
ET DE SOI-MÊME. CHàP. V. 265 tous en commun posséder le même bien , qui est Dieu.
Je dois aussi considérer que les autres hommes ont , comme moi , un corps infirme , sujet à mille besoins et à mille travaux , ce qui m’oblige à compatir à leurs misères.
Ainsi, je me rends semblable à celui qui m’a fait à son image, en imitant sa bonté. A quoi les princes sont d’autant plus obligés, que Dieu, qui lésa établis pour le représenter sur la terre, leur demandera compte des hommes qu’il leur a confiés.