‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 101 sur 207 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

tifs ; on dit : VhomiM est capable de raisonner ou de parler; L'or est pesant et maniable; Platon et Arisiote sont philosophes.

La raison est que le genre et l'espèce sont regardés comme la substance môme au lieu que la différence, la propriété et Taccident sont regardés comme ajoutés à une substance.

Pour le propre et Taccident, l'affaire est claire ; car Tun et l'autre supposent manifestement la chose constituée. C'est pourquoi on ne peut pas dire substantivement : L'homme est la faculté derire^ ni Archimède est la géométrie; mais on dit adjectivement : L'homme est capable de rire; Archimède est géomètre. Et pour ce qui est de la différence, quoiqu'elle soit de l'essence de l'espèce prise précisément, elle est regardée comme ajoutée au genre, qui, étant indéterminé de soi, est déterminé par la différence à une espèce particulière ; par exemple, l'animal par le raisonnable à l'espèce de l'homme.

Voilà donc pourquoi la différence est énoncée adjectivement, aussi bien que le propre et l'accident : parce que, comme l'accident, par exemple la géométrie, ajouté à une substance, compose avec elle ce tout qu'on appelle le géomètre, ainsi la différence, par exemple le raisonnable ajouté à l'animal, compose avec lui ce tout qu'on appelle l'homme.

Et ce qui se dit ici des véritables substances, comme de l'animal et de l'homme, se doit entendre de tout ce qui est exprimé par noms substantifs, c'est-à-dire des formes abstraites par précision, par exemple, blancheur et géométrie. Ainsi on dit substantivement : La blancheur est une couleur ^ et La géométrie est une science.

qui sont le genre et Tespèce ; et on dit a(]yectivement : La blancheur est une couleur propre à dissiper la vue; La géométrie en soi est démonstrative; La géométrie d^un tel est peu sûre; parce que ces termes et autres semblables expriment les différences, les propriétés et les accidents.

Ces deux manières d'énoncer, Tune substantivement, et Tautre adjectivement, sont encore expliquées en d'autres termes. On dit : Ce qui est énoncé substantivement est énoncé in recto^ dans le cas direct, c'est-àdire au nominatif; au lieu que ce qui est énoncé adjectivement, est dit et énoncé in obliquOy dans les cas indirects, où la chose est expliquée comme unie et attachée à une autre ; parce que, dire, par exemple. L'homme est raisonnable, ou L'homme est sain, c'est dire : L'homme a en lui-même le principe de la raison, L'homme a en lui-même la santé. Mais la force de ces façons de parler se remarque mieux dans les langues grecque et latine que dans la nôtre, qui, à proprement parler, n'a point de cas.

Au reste, il ne faut pas prétendre qu'on puisse réduire à une exacte logique toutes les façons de parler que l'usage a introduites dans les matières que nous venons de traiter : il suffit d'en avoir entendu le fond.

Toutes ces choses par où Porphyre et Âristote ont préparé le chemin aux catégories étant expliquées, il est temps maintenant de parler des catégories ellesmêmes.

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